Elle a encore blasphémé, dimanche matin, en croyant célébrer une pauvre nigériane qui s’était noyée dans la Durance en voulant franchir la frontière française. De quel droit exhume-t-elle cette inconnue de la tombe où elle repose dans un cimetière des Alpes ? Elle y a été autorisée par la défunte, sa famille, ses amis ? De quelle autorité se revêt-elle pour insinuer, malgré les décisions de justice d’abandon de poursuites, que sa mort a été provoquée par des gendarmes ?
Cette pauvre migrante est livrée à la curiosité abjecte de nos contemporains pour mieux faire ressortir la complaisance envers eux-mêmes de passeurs fautifs, leur admiration de leur ouverture aux « autres », leur indignation rance et surjouée (l’affaire a déjà sept ans), leur appropriation d’un corps qui a certainement souffert pour vulgairement crier haro sur des ennemis politiques, des adversaires idéologiques.
La triste Sintes et ses passions communautaristes est loin de nous apporter la sérénité.