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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 10:40

Fadela Amara, soumise aux vents dominants, fait la putassière envers sa nouvelle idole. N'a-t-elle pas été secrétaire d'état de 2007 à 2010 ?

Corinne Le Page ne résiste jamais au désir de trahir : la liste de ceux qu'elle a abandonné au gré de ses intérêts, rebaptisés convictions, s'allonge encore. Et pourtant, ancienne ministre de Juppé, elle a accepté de bonne grâce d'aider Borloo en 2008 en lui remettant un rapport sur la "gouvernance écologique".

Martin Hirsch, à force de ciseler son portrait de grande âme, a fait, une fois de plus, un faux mouvement et vient de barrer son front de la marque ignominieuse de la trahison. Il fut "haut commissaire aux solidarités actives" (pour un personnage de cet acabit, ministre n'était pas assez, il fallait un titre particulier) de 2007 à 2010.

Anne Lauvergeon, dans ses leçons de stratégie, pratique surtout une tactique de défense de son ego, en oubliant ses erreurs à la tête d'Areva, et en se souvenant des phrases confidentielles de ses entretiens privés. Il lui avait été proposé d'être ministre dans un gouvernement Fillon, si j'en crois ses écrits ?

Jacques Attali, croit devoir montrer ses talents de prévisionniste, en se ralliant à Hollande. Malheureusement pour son nouveau Dieu, a liste de ses erreurs est impressionnante. Il s'enorgueillit de l'influence qu'il a eu sur les décisions ministérielles grâce à a présidence de la commission pour la libération de la croissance française (rebaptisée modestement commission Attali) depuis 2007.

Leur point commun n'est pas d'avoir changé d'avis ou de conviction (ce qui, après tout, est signe d'intelligence), mais de ne pas avoir fait campagne pour ceux dont ils célèbrent maintenant l'éloge. Ils se bornent, avec la poltronnerie qui les caractérise de se rallier in extremis à celui qui leur paraît le plus apte à leur donner une place. Mais quel capitaine (même d'un pédalo!) voudrait des rats qui désertent le navire adverse ?

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 17:18

Bernard Guetta s'insurge, s'afflige, s'indigne, enrage, que personne ne manifeste contre le régime syrien, qu'aucun parti n'appelle à ... on ne sait trop quoi. Il imagine, un temps, que l'on livre des armes aux insurgés, avant d'avouer que c'est inutile ! Il aurait pu préciser que c'est déjà fait par les pays suniites tels que le Qatar et l'Arabie Séoudite, celà n'aurait nui en rien à son devoir d'information.

L'action selon le sachant de France-Inter, ce serait de manifester. C'est court, vieil homme. Les pleurnicheries ne servent à rien, lorsque l'on sait l'impossibilité pour les occidentaux d'envisager une opération militaire contre la Syrie, faute de moyens techniques, faute de moyens financiers pour soutenir une lutte longue, faute de solidité morale des opinions publiques. Mais à tout prendre les larmes ne font de mal à personne et satisfont la bonne conscience de celui qui les verse.

Le véritable problème de Bernard Guetta est son absence d'analyse. Pourtant d'autres ont mis à sa disposition des outils de réflexion (par exemple les dialogues de Gérard Chaliand et Vincent Desproges sur France-Culture, les articles de journaux du Moyen-Orient, et en particulier turcs). Mais le pauvre homme ne vit qu'avec ses quelques obsessions parisiennes, répandre la démocratie (comme en Irak par exemple), admirer les révolutions (comme celle de Lybie au passage),  être aux côtés des conquérants de la liberté (comme les frères musulmans en Egypte).

Son seul propos est que nous proclamions tous notre haine de Bachar El Assad. Oui, certes, personne ne va défendre un tortionnaire, assassin d'enfants. Tout appel en ce sens est parfaitement oiseux, sauf à considérer que nous sommes des psychopathes qu'il est urgent de guérir. Les seuls propos qui seraient intéressants serait de savoir pourquoi cette guerre civile a éclaté en Syrie, quelles sont les motivations des différentes communautés religieuses (les 65% de sunnites, les 15% d'alaouites, les 10% de chrétiens, et les 15% de druzes et autres), des différentes communautés  culturelles (celle de la côte, celle de Damas, celle d'Alep, celle d'outre-Euphrate) qui ont connu des histoires différenciées qui se mesurent en milliers d'années; quelles sont les inquiétudes des grandes puissances régionales (Turquie, Iran, Arabie Saoudite, Israël); quels sont les scénarios possibles (création d'un sanctuaire alaouite/chrétien, intervention militaire turque, terrorisme chiite).

Non, tout ceci n'intéresse pas notre penseur diplomatique du service public de France-Inter. Il fuit faut proclamer depuis sa chaire médiatique le langage convenu qui plaira dans les couloirs de sa maison, chez ses vieux amis, dans les cercles qui l'encensent dans la capitale. 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 10:41

Elle a donc trouvé son gigolo trop cher, pour aller lui faire un procès en extorsion de fonds ? Pendant des années, elle a pondu livres et films  relatant avec complaisance sa recherche du plaisir, de la jouissance : elle en trouve, elle en en crie et ne veut pas payer. Elle nous a assommé de ses états d'âmes, en prétextant que c'était de la littérature ou du cinéma, et maintenant elle nous accable des détails sordides de sa vie dans les prétoires, en croyant que c'est recherche de justice, alors qu'il s'agit au mieux du hurlement d'un Harpagon femelle déplorant la perte de sa cassette, ou de la vengeance d'une amoureuse déçue de la froideur de son sigisbée.

Plus que de la femme déçue, c'est la procédure de l'intellectuelle dont la vanité a été éraflée . La manipulatrice manipulée. La penseuse bafouée par un médiocre. La scribouillarde de romans et de scénarios, flouée par un inventeur d'intrigues véritables. Car Rocancourt n'a peut-être guère de talent de plume ou de réflexion, mais il est un authentique aventurier, autrement vivant que les vedettes sexuelles qui grenouillent dans l'imaginaire de la dame. Et la dame, furibarde, non seulement l'envoie en prison, mais tente à tout prix de détruire les quelques souvenirs, vrais ou faux, qu'a tenté de se construire le pauvre Rocancourt.

Misérable ? c'est peut-être le condamné, c'est surtout la pimbêche qui se sert de ses faiblesses pour mieux accabler son ennemi.

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 14:13

 

L'humour, à la différence de l'humeur (simple manifestation d'irritation épidermique), et de l'esprit (faire rire des autres), est censé faire rire de soi-même. Le problème avec Sophie Aram, qui se revendique humoriste, est qu'elle m' afflige.

Passe pour sa propension au graveleux :

- les ménagères qui " attendent de se faire fourer pour les fêtes"

- DSK qui "sort son engin et... sodomise ..."

- les députés âgés qui devraient "prendre leur retraite avant de s'apercevoir qu'ils ne sont plus tout à fait étanches"

- les ministres qui "doivent se concentrer sur ce qui se passe au-dessus de la braguette".

Passe encore pour sa tendance à glousser avant de délivrer ses plaisanteries de garçonne de bain, son incapacité à recevoir une réplique alors qu'elle agonit se sous-entendus son interlocuteur.

Mais ce qui ne passe pas, est que dans cet emballage cradingue et mal ficelé, elle veuille nous faire passer sa doxa estampillée "France-Inter" : mélange confus de toutes les bienpensances de toutes les associations "convenables" (style Green Peace, Ligue contre le Racisme, ATD Tiers-Monde, CRAN, etc... ), de toutes les rumeurs complotistes propagées par les "gentils médias (Mediapart, Libération, etc...). La sauce du militantisme, de la vulgarité et du contentement de soi est parfaitement indigeste. Ne pourrait-elle aller rire ailleurs ?

 

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 10:48

L'"Exercice de l'état" de Pierre Schöller, est un film à  voir. Pas d'intrigue nauséeuse à base de sexe, de prévarication, ou de complot. Un journal au quotidien d'un ministre, avec une tension forte du récit , le spectateur se demandant jusqu'au bout si le ministre va s'effondrer psychologiquement, accéder à une sorte de rédemption, ou se complaire dans son ambition personnelle. Le portrait est troublant de vérité, et l'on pense à je ne sais combien d'excellences avec leur  "proximité du terrain",  leur "langage de vérité", leur aptitude à défendre n'importe quel projet dont ils ont dit pis que pendre peu de temps avant, leur absence total d'imagination et de faculté d'initiative suppléée par une arrogance tatillonne envers leurs collaborateurs les plus proches.

Saint-Jean, le ministre incarné avec finesse dans le film par Olivier Gourmet, est un médiocre qui ne doute pas de lui-même quoique son entourage soit plus sceptique comme sa conseillère en communication qui lui dit carrément la vacuité de son personnage, ou son directeur de cabinet qui tente tant bien que mal de donner une colonne vertébrale à ce guignol.  Comme tout médiocre qui s'ignore il se laisse absorber, au détriment d'une réflexion qu'il laisse à d'autres,  par des tâches de second rang :

- une passion pour le téléphone, qui absorbe une grande partie de son énergie; répondre diplomatiquement aux puissants; invectiver les collaborateurs qui ne suivent pas, ne réfléchissent pas assez;  et surtout, en permanence être aux aguets des dernières nouvelles sur tous les fronts politiques grâce aux réseaux dont il dispose;

- une frénésie de l'image qu'il doit donner à son public, car il est un acteur qui compte, promis à un destin qui dépasse les fonctions qu'il occupe déjà;  et son temps est dilapidé en voyages et déplacements entre une cérémonie de compassion pour des accidentés de la route, des discours insipides dans des cours d'usines, des séance de photo pour un magazine, des réceptions protocolaires; avec avant et après chacun de ces micro-évènements le temps perdu en réunions de cabinet pour préparer l'affaire, pus pour juger de son impact;

- une ingratitude forte pour ceux qui travaillent pour lui marquée par son absence d'humour, son incapacité à écouter la vérité, son aptitude innée à la courtisanerie; il pratique avec brio l'adage selon lequel "il faut être fort avec les plus faibles et faible avec les plus forts".

Les deux personnages qui l'accompagnent en permanence sont un vivant contrepoint :

- le directeur de cabinet, magistralement interprété par Michel Blanc, est un résumé du sacrifice de l'intelligence, de la capacité de décision aux caprices d'un veule;

- la conseillère en communication, tout aussi magistralement interprétée par  Zabou Breitman,  est une sorte d'esclave qui pallie avec diligence les insuffisances de son maître et n'est du coup guère dupe de sa fragilité.

Mais ce film n'est pas seulement une belle oeuvre d'art. Elle est un témoignage particulièrement réaliste. Qui ne pense à Xavier Bertrand,  Yves Jégo, Dominique Busserau, et tant d'autres. Qui surtout ne trouve confirmation de ses intuitions quant au rôle destructeur des outils de communication dans l'exercice des postes de responsabilité : l'initiative devient une gageure lorsque vous êtes épié en permanence par des journalistes, lorsque vous vous soumettez à la tyrannie du téléphone portable; la pensée devient un exploit lorsque de décideur vous devenez le jouet des instruments de communication. La conception est perdue au profit de la manoeuvre. L'autorité est abandonnée pour la transmission des ordres. 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 10:20

A quoi sert la Banque de France et son président Christian Noyer ? Etaient-ils chargés de la surveillance des banques françaises ?

Son illustre prédécesseur Jean-Claude Trichet avait marqué son action à la Direction du Trésor, puis à la Banque de France comme un des responsables de l’écroulement du Crédit Lyonnais. Christian Noyer fait mieux avec l’effondrement de Dexia.  Comme il  nous le déclarait avec emphase naguère (le 23/10/2010) : « les stress tests donnent une vue fiable et crédible des capacités de résistance du système bancaire européen », et pour faire bonne mesure il nous assénait « Le système bancaire français est solide et résilient ». Il lui faut attendre le 26/9/2011 pour concéder que « le modèle de Dexia était confronté à un certain nombre de problèmes ».

Tout ceci relève-t-il de sa naïveté, de son impréparation, de sa fausse bonne conscience, de son aveuglement en matière de contrôle.  Un peu de tout probablement. Les seules questions à se poser sont la crédibilité du personnage, et l’énigme de sa survivance à ce poste de responsabilité. Est-ce lui qui va nous rassurer sur l’état des autres établissements de crédit, qui va faire partie des négociateurs chargés de mettre en place une nouvelle gouvernance bancaire, qui va apparaître comme un des experts sur la place de Paris. Comment ne manifeste-t-il pas son honnêteté intellectuelle en démissionnant sur le champ. Mais la colonne vertébrale de ce gens-là n’est pas d’os et de moelle, mais de caoutchouc et de sérum physiologique : sans émotions, sans orgueil, ils plient au gré des tornades.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 16:04

Pourquoi Claire Chazal triomphe-t-elle encore sur les écrans et sur les ondes ?

J'écoutais sur Radio Classique son interview de Muriel Mayette ,le directeur général de la Comédie Française, Tous les poncifs nous furent servis avec l'application et avec l' insupportable sérieux d'un ramasseur de moto-crottes :

- que je m'extasie sur le côté "écologique et développement durable" de la structure en bois construite pour abriter les activités de la Comédie Française pendant les travaux de rénovation de la salle Richelieu;

- que je hurle d'admiration devant ce "lieu" sublime (nécessairement sublime) du 104, dont peu ignorent que c'est une coquille vide;

- que je sussure avec émotion les "difficultés pour une femme de s'imposer dans un monde d'hommes".

 

Mais son absence d'imagination se marie avec une imperturbable servilité qu'elle nous présente comme de la courtoisie. Pas croyable que personne ne fasse descendre de son petit escabeau cette pépertuelle cireuse de pompes. Pourtant son astiquage (des souliers naturellement) de Strauss-Kahn avait déjà soulevé une floppée de sarcasmes. Mais il faut croire que la souplesse de l'échine, la pauvreté du langage et l'inusable expression de compassion sont des atouts qui la font survivre.

 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 11:46

Alain  Minc, feu de Saint-Elme s’accrochant aux mats des navires des grands patrons du CAC 40, ou des ténors de la politique. Brillant de ses succès qui conduisirent à la catastrophe la seule affaire qu’il ait jamais dirigé (Cerus) , il assomme de ses conseils éclairés des interlocuteurs pétrifiés devant tant d’audace.

Edwy Plenel, artisan frénétique de la transformation d’un journal de référence en une feuille secouée par une lourde crise morale, s’est autoproclamé journaliste de référence qui fait jaillir au sein des ténèbres de l’information la flamme de la vérité dans sa start-up de communication sur internet.

Ils virevoltent tous deux sur les plateaux de télévision, devant les micros des radios, pondant avec une fébrilité étonnante livres sur livres pour exposer leurs pensées, leurs pantomines, leurs avis, leurs vies, insatisfait de leurs rôles d’hommes de l’ombre, jouissant de parader devant des millions de gens, soucieux d’oublier leurs passés sans gloire, avides de prouver aux yeux de tous leurs étonnantes qualités.

Rien de ce qui est intelligent ne leur est étranger. Tout chez leurs interlocuteurs est médiocrité. A partir de cet adage simpliste, ils nous donnent des leçons, nous assomment de leurs préjugés. Si tant est qu’ils fussent originaux, décapants, drôles, constructifs, mais baste rien de tout celà. L’un est européen avec intransigeance, l’autre altermondialiste avec fanatisme, l’un se cramponne aux vertus du libéralisme, l’autre aux délices de l’étatisme, et les deux sont sur la même longueur d’onde pour exhaler leur anticléricalisme, leur tolérance vis-à-vis de tout et n’importe quoi, leur ouverture (ah le mot magique qui absout tous les péchés du raisonnement, et donne bonne conscience aux auditeurs crédules). Ils se rejoignent bien au sommet de la montagne de leur suffisance dans leur adoration de leur moi.

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 21:37

L’ISF est un impôt pour les pauvres. Il s’agit de calmer leurs envies haineuses de la richesse, de les conforter dans l’idée que l’absence de travail et de réussite n’est pas discriminante, de les conforter dans leur prétention à vouloir profiter de tout sans payer pour rien.

Pourquoi pas si c’était le tribut à payer à la démocratie. Mais le problème est que ce prélèvement s’effectue sur les millionnaires et ne concerne guère les milliardaires qui ont l’arme de la délocalisation d’une partie (voire de la quasi-totalité) de leurs revenus et leur fortune. Il ne répond pas vraiment à la demande du bas peuple, sauf à considérer que l’envie s’exprime surtout sur la richesse proche et palpable : jalousie d’un plus bel appartement à côté de chez soi, d’une plus belle maison du voisin, d’une plus belle voiture.

L’ISF est un impôt pour les députés. Il s’agit pour eux de briller dans les réunions électorales en déclamant contre l’accumulation de richesses toujours issue de moyens impurs ; il s’agit pour eux de se répandre dans des tracts montant leur lutte exigeante pour plus de liberté réelle au détriment des accapareurs.  Les députés ont eu l’impertinence de voter à plusieurs reprises l’instauration de cet impôt antiéconomique et inquisitorial, ils n’ont jamais eu le courage de l’abroger pour trouver des modes de financement moins délirants comme l’augmentation des droits de succession.

L’ISF est devenu la nouvelle marotte du député de Merdrignac, Marc Le Fur. Abandonnant ses  passions (les élevages porcins,  la bioéthique, que sais-je encore) il nous balance l’idée d’inclure les œuvres d’art dans la base de l’ISF. C’est une richesse non productive, clame-t-il, il faut la taxer. Il a raison en ce sens l’efficacité économique voudrait que l’on taxe tout ce qui est improductif afin de forcer les détenteurs à vendre et réintroduire des capitaux dans les circuits économiques. Mais ce pauvre Le Fur ne voit que son doigt qui pointe vers la lune. Derrière cette mesure démagogique, affublée d’un vague voilage économique, il en oublié la vertu cardinale de tout impôt : la simplicité du prélèvement. Comment va-t-il nous définir une œuvre d’art : celle qui a un prix supérieur à combien ? Celle qui est vieille ou celles qui sont produites actuellement ? Faudra-t-il généraliser des visites domiciliaires du fisc pour traquer les fraudeurs ?

Et par-dessus tout, obscur iconoclaste de Merdrignac, où croyez-vous que doivent être les innombrables œuvres d’art encore en France, ensevelies dans les tombes des musées, transformées en centres de vacances,  ou donnant quelque plaisir à des amateurs un peu fortunés ?

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 10:10

Elle parle anglais ! Quoi de plus incroyable, de plus admirable, de plus confondant, de plus insoupçonnable de la part d’un ministre de la République. Elle est idolâtrée par les Barrot, Barnier, Sarkozy, et tant d’autres ignorants pour savoir débiter avec aisance, dans les langues de Shakespeare et de Steinbeck, toutes les âneries qu’ils sont obligés de faire traduire. Les mêmes qui s’indignent de ce que nos gamins sont exécrables dans leur apprentissage des langues étrangères, pérorent dans un pidgin souffreteux dans les enceintes internationales. Les mêmes qui veulent imposer à nos bambins de s’habituer aux parlers du monde dès leur plus tendre enfance, traînent leur inculture avec désinvolture parmi les grands de la mondialisation. Heureusement, ils ont Christine Lagarde qui est capable de téléphoner en anglais directement à n’importe quelle sommité de la Terre.

Une fois l’admiration devant ce talent incontestable, exprimé et réitéré, il faut se rendre à l’évidence, nous sommes arrivés au bout du rouleau. L’élégante dégingandée a de la classe, de l’allure, de l’amabilité, toutes qualités remarquables chez le péquin moyen mais qui ne sont que petits amuse-gueules pour la grande prêtresse des finances de la France. Sa grande spécialité est de commenter avec satisfaction la statistique qui prouve la pertinence de son action (enfin, de celle des conseillers de l’Elysée qui la tutorent) : tout l’art est de choisir la série qui prouve la diminution de l’aggravation, le renversement de tendance, le changement de pente, la transformation de telle exponentielle en courbe moins inquiétante et d’attirer l’attention sur la pertinence des mesures prises par le gouvernement pour aboutir à un si heureux résultat.

Mais quand aux idées sur la politique économique, nul ne l’a jamais entendu en proférer une. A croire qu’elle ne sait pas exactement de quelle matière il peut s’agir. L’industrie est un gros mot qui pourrait fâcher les sensibilités vertes.  L’emploi une inconnue dont il suffit de dire qu’il est une priorité. L’euro une religion, contre laquelle toute attaque est un sacrilège, un crime de lèse Europe. Les impôts une salade qu’il suffit d’assaisonner des expressions de décentralisation, d’outil de justesse sociale. Le monde financier, une caverne de brigands, qu’il faut protéger néanmoins des excès des altermondialistes.

Ah pourquoi est-elle sortie de sa piscine ? Pourquoi n’agite-t-elle plus ses jambes effilées au galbe superbe ? Qu’est-elle venue faire dans ce marigot où elle nage si mal ? Quel triste spectacle de voir cette pauvre petite poule d'eau plonger désespérément dans le grand bain de Bercy pour tenter d'y trouver quelques miettes de réforme.

 

P.S. J'avais publié ce petit portrait le 19/12/2010.  Depuis l'histoire s'emballe, et maintenant notre nymphe se propose de remplacer un satyre.

 

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