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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 10:48

L'"Exercice de l'état" de Pierre Schöller, est un film à  voir. Pas d'intrigue nauséeuse à base de sexe, de prévarication, ou de complot. Un journal au quotidien d'un ministre, avec une tension forte du récit , le spectateur se demandant jusqu'au bout si le ministre va s'effondrer psychologiquement, accéder à une sorte de rédemption, ou se complaire dans son ambition personnelle. Le portrait est troublant de vérité, et l'on pense à je ne sais combien d'excellences avec leur  "proximité du terrain",  leur "langage de vérité", leur aptitude à défendre n'importe quel projet dont ils ont dit pis que pendre peu de temps avant, leur absence total d'imagination et de faculté d'initiative suppléée par une arrogance tatillonne envers leurs collaborateurs les plus proches.

Saint-Jean, le ministre incarné avec finesse dans le film par Olivier Gourmet, est un médiocre qui ne doute pas de lui-même quoique son entourage soit plus sceptique comme sa conseillère en communication qui lui dit carrément la vacuité de son personnage, ou son directeur de cabinet qui tente tant bien que mal de donner une colonne vertébrale à ce guignol.  Comme tout médiocre qui s'ignore il se laisse absorber, au détriment d'une réflexion qu'il laisse à d'autres,  par des tâches de second rang :

- une passion pour le téléphone, qui absorbe une grande partie de son énergie; répondre diplomatiquement aux puissants; invectiver les collaborateurs qui ne suivent pas, ne réfléchissent pas assez;  et surtout, en permanence être aux aguets des dernières nouvelles sur tous les fronts politiques grâce aux réseaux dont il dispose;

- une frénésie de l'image qu'il doit donner à son public, car il est un acteur qui compte, promis à un destin qui dépasse les fonctions qu'il occupe déjà;  et son temps est dilapidé en voyages et déplacements entre une cérémonie de compassion pour des accidentés de la route, des discours insipides dans des cours d'usines, des séance de photo pour un magazine, des réceptions protocolaires; avec avant et après chacun de ces micro-évènements le temps perdu en réunions de cabinet pour préparer l'affaire, pus pour juger de son impact;

- une ingratitude forte pour ceux qui travaillent pour lui marquée par son absence d'humour, son incapacité à écouter la vérité, son aptitude innée à la courtisanerie; il pratique avec brio l'adage selon lequel "il faut être fort avec les plus faibles et faible avec les plus forts".

Les deux personnages qui l'accompagnent en permanence sont un vivant contrepoint :

- le directeur de cabinet, magistralement interprété par Michel Blanc, est un résumé du sacrifice de l'intelligence, de la capacité de décision aux caprices d'un veule;

- la conseillère en communication, tout aussi magistralement interprétée par  Zabou Breitman,  est une sorte d'esclave qui pallie avec diligence les insuffisances de son maître et n'est du coup guère dupe de sa fragilité.

Mais ce film n'est pas seulement une belle oeuvre d'art. Elle est un témoignage particulièrement réaliste. Qui ne pense à Xavier Bertrand,  Yves Jégo, Dominique Busserau, et tant d'autres. Qui surtout ne trouve confirmation de ses intuitions quant au rôle destructeur des outils de communication dans l'exercice des postes de responsabilité : l'initiative devient une gageure lorsque vous êtes épié en permanence par des journalistes, lorsque vous vous soumettez à la tyrannie du téléphone portable; la pensée devient un exploit lorsque de décideur vous devenez le jouet des instruments de communication. La conception est perdue au profit de la manoeuvre. L'autorité est abandonnée pour la transmission des ordres. 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 10:20

A quoi sert la Banque de France et son président Christian Noyer ? Etaient-ils chargés de la surveillance des banques françaises ?

Son illustre prédécesseur Jean-Claude Trichet avait marqué son action à la Direction du Trésor, puis à la Banque de France comme un des responsables de l’écroulement du Crédit Lyonnais. Christian Noyer fait mieux avec l’effondrement de Dexia.  Comme il  nous le déclarait avec emphase naguère (le 23/10/2010) : « les stress tests donnent une vue fiable et crédible des capacités de résistance du système bancaire européen », et pour faire bonne mesure il nous assénait « Le système bancaire français est solide et résilient ». Il lui faut attendre le 26/9/2011 pour concéder que « le modèle de Dexia était confronté à un certain nombre de problèmes ».

Tout ceci relève-t-il de sa naïveté, de son impréparation, de sa fausse bonne conscience, de son aveuglement en matière de contrôle.  Un peu de tout probablement. Les seules questions à se poser sont la crédibilité du personnage, et l’énigme de sa survivance à ce poste de responsabilité. Est-ce lui qui va nous rassurer sur l’état des autres établissements de crédit, qui va faire partie des négociateurs chargés de mettre en place une nouvelle gouvernance bancaire, qui va apparaître comme un des experts sur la place de Paris. Comment ne manifeste-t-il pas son honnêteté intellectuelle en démissionnant sur le champ. Mais la colonne vertébrale de ce gens-là n’est pas d’os et de moelle, mais de caoutchouc et de sérum physiologique : sans émotions, sans orgueil, ils plient au gré des tornades.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 16:04

Pourquoi Claire Chazal triomphe-t-elle encore sur les écrans et sur les ondes ?

J'écoutais sur Radio Classique son interview de Muriel Mayette ,le directeur général de la Comédie Française, Tous les poncifs nous furent servis avec l'application et avec l' insupportable sérieux d'un ramasseur de moto-crottes :

- que je m'extasie sur le côté "écologique et développement durable" de la structure en bois construite pour abriter les activités de la Comédie Française pendant les travaux de rénovation de la salle Richelieu;

- que je hurle d'admiration devant ce "lieu" sublime (nécessairement sublime) du 104, dont peu ignorent que c'est une coquille vide;

- que je sussure avec émotion les "difficultés pour une femme de s'imposer dans un monde d'hommes".

 

Mais son absence d'imagination se marie avec une imperturbable servilité qu'elle nous présente comme de la courtoisie. Pas croyable que personne ne fasse descendre de son petit escabeau cette pépertuelle cireuse de pompes. Pourtant son astiquage (des souliers naturellement) de Strauss-Kahn avait déjà soulevé une floppée de sarcasmes. Mais il faut croire que la souplesse de l'échine, la pauvreté du langage et l'inusable expression de compassion sont des atouts qui la font survivre.

 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 11:46

Alain  Minc, feu de Saint-Elme s’accrochant aux mats des navires des grands patrons du CAC 40, ou des ténors de la politique. Brillant de ses succès qui conduisirent à la catastrophe la seule affaire qu’il ait jamais dirigé (Cerus) , il assomme de ses conseils éclairés des interlocuteurs pétrifiés devant tant d’audace.

Edwy Plenel, artisan frénétique de la transformation d’un journal de référence en une feuille secouée par une lourde crise morale, s’est autoproclamé journaliste de référence qui fait jaillir au sein des ténèbres de l’information la flamme de la vérité dans sa start-up de communication sur internet.

Ils virevoltent tous deux sur les plateaux de télévision, devant les micros des radios, pondant avec une fébrilité étonnante livres sur livres pour exposer leurs pensées, leurs pantomines, leurs avis, leurs vies, insatisfait de leurs rôles d’hommes de l’ombre, jouissant de parader devant des millions de gens, soucieux d’oublier leurs passés sans gloire, avides de prouver aux yeux de tous leurs étonnantes qualités.

Rien de ce qui est intelligent ne leur est étranger. Tout chez leurs interlocuteurs est médiocrité. A partir de cet adage simpliste, ils nous donnent des leçons, nous assomment de leurs préjugés. Si tant est qu’ils fussent originaux, décapants, drôles, constructifs, mais baste rien de tout celà. L’un est européen avec intransigeance, l’autre altermondialiste avec fanatisme, l’un se cramponne aux vertus du libéralisme, l’autre aux délices de l’étatisme, et les deux sont sur la même longueur d’onde pour exhaler leur anticléricalisme, leur tolérance vis-à-vis de tout et n’importe quoi, leur ouverture (ah le mot magique qui absout tous les péchés du raisonnement, et donne bonne conscience aux auditeurs crédules). Ils se rejoignent bien au sommet de la montagne de leur suffisance dans leur adoration de leur moi.

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 21:37

L’ISF est un impôt pour les pauvres. Il s’agit de calmer leurs envies haineuses de la richesse, de les conforter dans l’idée que l’absence de travail et de réussite n’est pas discriminante, de les conforter dans leur prétention à vouloir profiter de tout sans payer pour rien.

Pourquoi pas si c’était le tribut à payer à la démocratie. Mais le problème est que ce prélèvement s’effectue sur les millionnaires et ne concerne guère les milliardaires qui ont l’arme de la délocalisation d’une partie (voire de la quasi-totalité) de leurs revenus et leur fortune. Il ne répond pas vraiment à la demande du bas peuple, sauf à considérer que l’envie s’exprime surtout sur la richesse proche et palpable : jalousie d’un plus bel appartement à côté de chez soi, d’une plus belle maison du voisin, d’une plus belle voiture.

L’ISF est un impôt pour les députés. Il s’agit pour eux de briller dans les réunions électorales en déclamant contre l’accumulation de richesses toujours issue de moyens impurs ; il s’agit pour eux de se répandre dans des tracts montant leur lutte exigeante pour plus de liberté réelle au détriment des accapareurs.  Les députés ont eu l’impertinence de voter à plusieurs reprises l’instauration de cet impôt antiéconomique et inquisitorial, ils n’ont jamais eu le courage de l’abroger pour trouver des modes de financement moins délirants comme l’augmentation des droits de succession.

L’ISF est devenu la nouvelle marotte du député de Merdrignac, Marc Le Fur. Abandonnant ses  passions (les élevages porcins,  la bioéthique, que sais-je encore) il nous balance l’idée d’inclure les œuvres d’art dans la base de l’ISF. C’est une richesse non productive, clame-t-il, il faut la taxer. Il a raison en ce sens l’efficacité économique voudrait que l’on taxe tout ce qui est improductif afin de forcer les détenteurs à vendre et réintroduire des capitaux dans les circuits économiques. Mais ce pauvre Le Fur ne voit que son doigt qui pointe vers la lune. Derrière cette mesure démagogique, affublée d’un vague voilage économique, il en oublié la vertu cardinale de tout impôt : la simplicité du prélèvement. Comment va-t-il nous définir une œuvre d’art : celle qui a un prix supérieur à combien ? Celle qui est vieille ou celles qui sont produites actuellement ? Faudra-t-il généraliser des visites domiciliaires du fisc pour traquer les fraudeurs ?

Et par-dessus tout, obscur iconoclaste de Merdrignac, où croyez-vous que doivent être les innombrables œuvres d’art encore en France, ensevelies dans les tombes des musées, transformées en centres de vacances,  ou donnant quelque plaisir à des amateurs un peu fortunés ?

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 10:10

Elle parle anglais ! Quoi de plus incroyable, de plus admirable, de plus confondant, de plus insoupçonnable de la part d’un ministre de la République. Elle est idolâtrée par les Barrot, Barnier, Sarkozy, et tant d’autres ignorants pour savoir débiter avec aisance, dans les langues de Shakespeare et de Steinbeck, toutes les âneries qu’ils sont obligés de faire traduire. Les mêmes qui s’indignent de ce que nos gamins sont exécrables dans leur apprentissage des langues étrangères, pérorent dans un pidgin souffreteux dans les enceintes internationales. Les mêmes qui veulent imposer à nos bambins de s’habituer aux parlers du monde dès leur plus tendre enfance, traînent leur inculture avec désinvolture parmi les grands de la mondialisation. Heureusement, ils ont Christine Lagarde qui est capable de téléphoner en anglais directement à n’importe quelle sommité de la Terre.

Une fois l’admiration devant ce talent incontestable, exprimé et réitéré, il faut se rendre à l’évidence, nous sommes arrivés au bout du rouleau. L’élégante dégingandée a de la classe, de l’allure, de l’amabilité, toutes qualités remarquables chez le péquin moyen mais qui ne sont que petits amuse-gueules pour la grande prêtresse des finances de la France. Sa grande spécialité est de commenter avec satisfaction la statistique qui prouve la pertinence de son action (enfin, de celle des conseillers de l’Elysée qui la tutorent) : tout l’art est de choisir la série qui prouve la diminution de l’aggravation, le renversement de tendance, le changement de pente, la transformation de telle exponentielle en courbe moins inquiétante et d’attirer l’attention sur la pertinence des mesures prises par le gouvernement pour aboutir à un si heureux résultat.

Mais quand aux idées sur la politique économique, nul ne l’a jamais entendu en proférer une. A croire qu’elle ne sait pas exactement de quelle matière il peut s’agir. L’industrie est un gros mot qui pourrait fâcher les sensibilités vertes.  L’emploi une inconnue dont il suffit de dire qu’il est une priorité. L’euro une religion, contre laquelle toute attaque est un sacrilège, un crime de lèse Europe. Les impôts une salade qu’il suffit d’assaisonner des expressions de décentralisation, d’outil de justesse sociale. Le monde financier, une caverne de brigands, qu’il faut protéger néanmoins des excès des altermondialistes.

Ah pourquoi est-elle sortie de sa piscine ? Pourquoi n’agite-t-elle plus ses jambes effilées au galbe superbe ? Qu’est-elle venue faire dans ce marigot où elle nage si mal ? Quel triste spectacle de voir cette pauvre petite poule d'eau plonger désespérément dans le grand bain de Bercy pour tenter d'y trouver quelques miettes de réforme.

 

P.S. J'avais publié ce petit portrait le 19/12/2010.  Depuis l'histoire s'emballe, et maintenant notre nymphe se propose de remplacer un satyre.

 

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 15:57

Quelles conlusions tirer de ces déclarations d’intérêts remplies par les membres du gouvernement :

- ils ne s’intérèssent jamais au financement de l’économie à de très rares exceptions près ; est-ce sale de contribuer au capital d’une entreprise, de lui fournir des moyens de créer des emplois ? ou bien n’y ont-ils même pas pensé parce qu’ils ne croient pas aux bienfaits de l’initiative individuelle ? ou bien sont-ils trop timides (ou sans expertise) et ont choisi de faire gérer leurs avoirs par des « traders » au sein de sicav et autres fonds de placement et fonds d’investissements ?

- ils ne croient pas qu’un emploi public soit une responsabilité : Claude Guéant n’a jamais été préfet ?  Ils n’y a pas de fonctionnaires en disponibilité dans tou l'effectif gouvernemental ?

- ils ne croient pas qu’appartenir à une école de pensée puisse être d’intérêt : Xavier Bertrand n’est pas franc-maçon ? Et les autres ne croient-ils en rien, pas de catholiques pratiquants, pas de musulmans respectant les preceptes du coran, pas de juifs assidus à la synagogue ?

- à de rares exceptions près ils ne se passionnent pour rien : quasiment pas de membres d’associations de quelque nature que ce soit, quasiment pas de professeurs de quoi que ce soit ; le monde semble-t-il se résume pour eux à des partis, des assemblées locales ou nationales, des sièges au gouverement.

- ils appartiennent à des familles insipides (à l’exception de Valérie Pecresse) qui ne font rien, n’ont rien fait et ne possèdent rien.

 

Ces déclarations d’intérêt sont une insulte pour ceux qui les consultent : le summum est atteint par Claude Guéant dont on apprend seulement qu’il a été secrétaire général de l’Elysée, scoop incroyable ; ce brave homme n’a rien fait d’autre, il n’a pas d’autres avoirs que des sicav ? Il n’a pas de famille , son fils François n’est pas député suppléant d’un député hors d’âge, son gendre Jean-Charles Charki n’est pas le fondateur d’une société de conseils financiers ?

 

Pourquoi toutes ces déclarations pour nous assommer de néant dans quasiment toutes les cases. Ou faut-il croire que toutes ces excellences ne sont que des gens sans intérêt ?

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 16:23

Il faut écouter le commentaire mis sur internet par la mairie de Paris à propos de l’exposition sur l’anniversaire de la Commune de Paris de 1871.

D’une guerre civile, courte mais violente, engageant des gens sans foi, ni loi de chaque côté, nous est brossé le tableau irénique d’une révolte populaire (par le vrai peuple des quartiers de l’est parisien, contre les majorités bourgeoises et rurales du reste du pays) , brandissant l’étendard de la liberté , au nom du droit des pauvres d’égorger les riches (au moins leurs représentants supposés, le clergé par exemple),  au nom de la défense de la patrie (sous l’œil ironique des soldats prussiens cantonnés autour de la ville), au nom d’une culture révolutionnaire (brulons les archives de la ville, incendions les témoignages d’un passé qui gêne).

Propos indécents, offensants, stigmatisant une majorité , pour porter au pinacle quelques idéalistes enrégimentés par des exaltés dangereux. Que dire du sinistre Clusel, qui s’autoproclame général, se révèle d’une incapacité effarante et terminera sa vie dans des combats antisémites contre le capitaine Dreyfus. Que penser  de Théophile Ferré qui a donné son aval à l’exécution de l’archevêque de paris retenu comme otage.  Et la vierge rouge, l’inoubliable Louise Michel, tout autant antisémite que ses inspirateurs. Quelle morale pouvait attendre de gens qui ne connaissent que les amalgames, les raisonnements simplificateurs, les exécutions comme mode de gouvernement.

Eh bien notre bon maire patronne la célébration de ces caricatures de héros. A force d’avoir peur de montrer la moindre inclination pour les Versaillais (représentants démocratiquement élus d’une majorité de français), ou pour Thiers (le fondateur de la troisième république), il en arrive à cautionner des criminels.

Les massacres de septembre 1792 (exécution de suspects de quoi ?), la libération de l’Odéon en mai 1968 (occupé par quelle force de répression ?),  les trahisons devant l’ennemi (les insoumis de 1917, les porteurs de valises de la guerre d’Algérie), étaient des sujets trop limités pour une commémoration, la Commune de Paris de 1871 offre une magnifique synthèse  à la bien-pensance de notre équipe municipale.

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 17:16

En 2004 Alain Juppé est condamné à 18 mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité pour avoir couvert l’embauche de permanent du RPR par la mairie de Paris ; d’autres membres du RPR sont condamnés dont la trésorière qui écope de 10 mois de prison avec sursis.

En 2005 Michel Roussin est condamné à 4 ans de prison avec sursis, 50 000 euros d’amende, et cinq ans de privation des droits civiques dans l’affaire des marchés publics de l’Ile de France.

En 2006 Georges Pérol  est condamné à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende dans l’affaire des HLM de Paris.

En 2009 Jean Tibéri est condamné à 10 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et trois ans d’inégibilité dans l’affaire des faux électeurs du 5ème arrondissement.

En 2003 classement sans suite par le juge Courroye de l’affaire des frais de bouche de la ville de Paris (fausses factures, et détournements de fonds, l’affaire la plus juteuse).

Jacques Chirac est passé au travers des gouttes, ses amis ont écopé.  La Mairie de Paris, a été un centre actif de corruption, ont jugé néanmoins les tribunaux. Son maire fut intouchable. Ce gros travailleur, ce dévoreur de dossiers, a toujours tout ignoré.

Et maintenant, dans un chœur touchant, ses ennemis de naguère, Delanoë comme Cohn-Bendit, ses critiques journaleux, prétextent de l’ancienneté des faits, de l’âge du capitaine, de la santé du susdit capitaine, voire de sa popularité pour demander qu’un voile pudique soit jeté. Ce serait dommage bien entendu pour la justice qui n’a que faire de ces raisons pour établir un délit. Ce serait surtout dommage pour l’équité : une récompense de la lâcheté.

Chirac a toujours dit qu’il se moquait du jugement de l’histoire : il n’a pas tort, elle, sera sans pitié, à la hauteur de la médiocrité des politiques menées par ce personnage. Son abandon de tous ses fidèles, au fur et à mesure du développement des affaires, son culot monstre pour dénier toute responsabilité, montrent qu'il se moquait aussi de tous ses contemporains : derrière le cynique se cache un misanthrope.

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 17:02

Après n’avoir fait pas grand-chose dans divers ministères (intérieur, défense, justice), voilà Michèle Alliot-Marie qui se lance dans la diplomatie avec un succès qui laisse pantois :

-          A quoi bon se promener à Gaza, si le résultat n’en est que de se faire conspuer par des foules, et de consacrer publiquement l’absence étrange sur ce théâtre de notre pays,

-          A quoi bon aller en Tunisie, si le résultat n’en est que de laisser papa faire son petit marché immobilier, et de se voir de facto interdite de séjour là où notre présence en ces jours si cruciaux devrait être quasi permanente,

-          A quoi bon faire la grosse voix sur un sujet juridique au minimum peu clair, avec comme conséquence inévitable une fâcherie publique entre la France et le Mexique, alors que ce pays non seulement fait partie du G20, mais en prendra la présidence à la suite de la France,

-          A quoi bon une ministre des Affaires Etrangères qui n’a jamais exprimé publiquement ce qu’elle pensait, en tant que soit disant représentante d’une sensibilité gaulliste, de l’intégration de nos forces à l’organisation militaire de l’OTAN, de l’alignement sur la politique d’intervention américaine en Afghanistan,

-          A quoi bon une femme schizophrène, saisie d’incontinence verbale quand il faudrait se taire, et muette du sérail quand il faudrait s’exprimer,

-          A quoi bon une personnalité qui court après les fonctions (ministre, premier ministre, président) sans imaginer que ces fonctions nécessitent une colonne vertébrale, et non pas une simple rigueur de maintien,

Parmi les fausses gloires de la politique nationale, elle est une des reines. Que le ciel puisse lui tomber sur la tête : c'est la prière que je fais.

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