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9 février 2023 4 09 /02 /février /2023 21:39

Nous sommes avec l’Ukraine dans un dilemme difficile. Ou nous admettons un triomphe relatif de la Russie qui annexe la Crimée et le Donbass, voire les oblasts de Zaporijia et de Kherson ; ou lui est infligée un défaite totale avec son retour sur les frontières d’avant 2014. Dans les deux cas notre seul sujet, comme pour les américains d’ailleurs, n’est pas l’Ukraine dont les frontières n’intéressent pas grand monde, ni même son régime moins démocratique que soumis à des oligarques mais les relations entre Europe et Russie. Certains pensent qu’un triomphe de la Russie l’amènera à croquer après, une Moldavie et une Biélorussie qui ne font partie ni de l’Europe, ni de l’OTAN, voire à demander une neutralisation des pays baltes ou de la Finlande, tout cela dans une atmosphère de guerre froide ou chaude avec ses voisins européens. D’autres pensent qu’une défaite totale de la Russie pourrait conduire à une explosion de la fédération de Russie, analogue à celle de l’Union soviétique des années 1990, avec un règne de milices locales et de pouvoirs régionaux fantoches sous influence chinoise ou turque. Ces deux perspectives sont inquiétantes pour l’Europe et complètement contraires à ses espoirs de coprospérité et d’élargissement de sa sphère démocratique.

Je pense que le triomphe absolu de la Russie avec la réintégration de l’Ukraine dans l’orbite russe a été évité avec l’échec de l’opération spéciale de Poutine dans les premiers mois de 2022. Certes les armées ukrainiennes sont moins nombreuses que les armées russes ; mais dans un contexte de défense de son territoire un rapport de un à trois n’a rien de dirimant ; et le sous-équipement des russes n’est pas près d’être guéri, car il leur manque certaine technologies et ils subissent les contraintes de l’embargo des pays occidentaux.

Ce succès peut néanmoins ne pas durer car le rééquipement de la Russie va prendre du temps, mais finir par être réalisé par Poutine ou ses successeurs ; la mobilisation de l’Ukraine et le soutien technique des occidentaux ne peut pas se poursuivre sans une asphyxie d’un pays aux infrastructures très abimées, au régime encore kleptocratique et à l’identité fraiche et donc fragile.

 

Le but de guerre des occidentaux est que la guerre non seulement se termine mais ne renaisse pas dans un avenir proche.

 

Une première solution est d’intégrer l’Ukraine dans l’OTAN pour qu’elle bénéficie du bouclier américain. Encore faut-il que l’intérêt américain pour ce conflit somme toute secondaire pour eux, ne s’affaiblisse avec un renouveau et de l’isolationnisme et de la crainte de la montée en puissance de la Chine. Cette intégration militaire n’est donc pas probablement suffisante et doit être accompagnée par une intégration à l’Union Européenne. Mais celle-ci sera longue et finalement ne garantit pas grand-chose tant qu’il n’existe pas de force militaire européenne crédible.

 

Une autre solution est de considérer qu’il existe un monde slave qu’il faut associer à l’Europe. La Russie est de toute évidence dans une impasse : économiquement boiteuse, politiquement asphyxiée par manque de libertés, stratégiquement menacée par deux mondes prêts à la dépecer : la Chine d’aujourd’hui, le panturquisme de demain. L’impossibilité de conclure un accord à long terme avec un Poutine isolé au milieu de ses milices et ses services secrets, sans appuis avérés de son peuple est certaine. Mais il importe de traiter avec lui, non pour le plaisir de lui céder la Crimée, d’autonomiser le Donbass, mais pour avoir une aire de départ pour la phase suivante qui sera une Europe du Finistère à Vladivostock.

 

L’intérêt de l’Europe n’est pas de s’élargir en incorporant l’Ukraine. Le problème de la Biélorussie se posera alors tôt ou tard dans des termes analogues : élargir l’aire de la démocratie, élargir le glacis militaire face à une Russie militarisée et vindicative. Si vraiment une des idées force de l’Europe, est qu’elle est le symbole de la paix, il lui faut d’urgence le prouver. Il lui faut écarter le bellicisme, l’espèce d’ivresse du soulèvement des nations face aux empires, et trouver des solutions qui écartent ces tentations à court-terme pour viser tout de suite une option beaucoup plus ambitieuse, beaucoup plus large, l’incorporation de la Russie à l’Europe.

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20 janvier 2023 5 20 /01 /janvier /2023 15:46

Moïsi dans ses analyses géopolitiques oublie systématiquement quelques points qui nuisent à leur pertinence. Son apologie de l’OTAN qu’il présente comme le dernier rempart crédible contre une Russie impérialiste, l’âme de la lutte des valeurs de la démocratie contre le totalitarisme doit être sérieusement nuancée.

La présence parmi les membres de l’OTAN d’un pays comme la Turquie rend difficile le mythe d’une alliance dévolue à la défense de valeurs : quand elle aide l’Ukraine, elle soutient en même temps les Azéris dans leur anéantissement de l’Arménie, dernière enclave dans une région panturque ; quand elle combat le régime d’Assad, elle participe aussi à l’écrasement des Kurdes tant à l’intérieur de ses frontières qu’en Syrie ; quant aux valeurs de la démocratie à l’intérieur même de ce pays, le moins que l’on puisse dire est qu’elles sont largement méprisées par le président Erdogan ; la seule réalité de cette inclusion de la Turquie dans l’OTAN est le cynisme des occidentaux qui oublient leurs grands principes pour les seules réalités de l’importance de la base aérienne d’Incirlik, et de la force de l’armée turque à la frontière du Proche-Orient, des Balkans et du Caucase.

Le double égoïsme américain et allemand transforme l’Alliance Atlantique en un outil qui ne vise pas principalement la défense de l’Europe contre tout agresseur potentiel, mais la création d’une zone tampon entre l’Union Européenne et la Russie sous un condominium américano-germanique. Depuis la chute de l’empire des soviets les Etats-Unis se sont acharnés à démanteler une puissance russe déjà rabougrie : élargissement de l’OTAN à des anciens membres du Pacte de Varsovie, refus de la réintégration de la Crimée à la Russie, éclatement de la Serbie ; cette politique paraît disproportionnée par rapport à l’importance de l’ennemi supposé, bien éloignée de son affrontement avec la puissance grandissante de la Chine maintenant et de l’Inde dans le futur, aux antipodes de tout son isolationnisme consubstantiel ; les rationalités peuvent être de plusieurs ordre : volonté de stimuler les capacités défensives de l’Europe en créant des abcès sur ses flancs, idée d’un dépècement complet de la puissance coloniale résiduelle de la Russie tant en Asie Centrale (au profit du panturquisme) qu’en Sibérie (dans le prolongement de l’Alaska), création d’un protectorat économique allemand sur une Europe de l’Est incluant l’Ukraine et la Biélorussie. Toutes ces idées peuvent convenir à l’Allemagne : elles les a déjà mis en pratique dans la vassalisation économique qu’elle a entrepris avec la Tchéquie, la Pologne ; une sorte de partage d’influence avec les turcs n’est pas pour lui déplaire, la Turquie lui servant déjà de réservoir d’une main d’œuvre qui lui fait défaut ; quant à sa renonciation aux délices de l’utilisation à bas prix des matières premières russes, elle peut imaginer que ce n’est que provisoire et qu’il sera possible d’en retrouver la disponibilité avec un pays vaincu.

Dans tout ce panorama la place des pays méditerranéens (péninsule Ibérique, France, Italie, Grèce) est secondaire, cantonnée aux relations avec le Maghreb, pour laisser la Turquie et la péninsule arabique s’occuper de la stabilisation d’un Proche Orient qui s’élargit jusqu’à la Lybie. L’OTAN n’est pas et n’a probablement jamais été en état de mort cérébrale, mais est le fer de lance d’un l’impérialisme américain totalement avoué, avec comme mercenaires au sein de l’Union Européenne le bon petit soldat allemand, dans l'indifférence des intérêts de la France et de ses voisins du sud.

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5 décembre 2022 1 05 /12 /décembre /2022 10:38

L’agression barbare des russes n’excuse en rien les propos et les images des correspondants de guerre envoyés en Ukraine par Antenne 2. Une bande de trois pantins, pardon, de trois pantines, Oliéric, Vahramian, Burgot, nous abreuvent de fausses nouvelles, d’approximations, de sentimentalisme directement concoctés dans les studios du président Zelinsky. Une fois un cimetière est présenté comme un charnier preuve de la cruauté tartare, une autre elles prétendent ignorer que les tirs sur la centrale nucléaire de Zaporijia occupée par les russes viennent d’Ukraine, elles oublient qui a bien pu saboter le pipe-line Norsk Stream propriété et construction russe, elles négligent de préciser que sur le pont de Kertch circulaient des civils quand il est atteint par des bombes ukrainiennes, et enfin elles nous assomment de paroles de femmes au choix enceintes, mères, veuves, en danger. Le plus ridicule est de les voir casquées, sous triple protection de gilets pare-balle, bafouillant au milieu au milieu de soldats équipés de casquettes, et de civils en simple manteau.

Un peu de tenue les pantines, et moins de propos qui puent la propagande !

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30 novembre 2022 3 30 /11 /novembre /2022 12:28

Les ukrainiens s’offusquent que les russes soient partis de Kherson avec la statue de Potemkine, le conquérant de la Crimée et de la steppe le long de la mer Noire pour la tsarine Catherine la Grande. Les français avaient déménagé celle de Lyautey érigée sur la plus belle place de Casablanca pour la replacer devant la façade de leur consulat. J’imagine que les russes feront de même quand ils ouvriront leur consulat à Kherson. Il faut arrêter de gémir Monsieur Zelenski.

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24 octobre 2022 1 24 /10 /octobre /2022 12:02

La guerre en Ukraine, quoique, en réalité, très locale, a eu l’effet de faire réfléchir sur les politiques de l’énergie d’abord mais aussi sur l’équilibre futur des puissances. Plus particulièrement elle est devenue un révélateur de la politique américaine, ses moyens, ses arguments, ses buts.

 

Toujours cette même méthode américaine : faire la guerre en déversant des milliards de dollars. Il est vrai qu’ils n’ont guère d’autres armes, leurs troupes de révélant tellement inefficaces depuis les années 1950 dans leurs quatre grandes interventions : échec en Corée où il ne réussirent à sauver que la moitié du terrain, échec au Vietnam qui s’est transformé en une déroute sur l’ensemble de l’Indochine, échec en Afghanistan qui a fini dans une débandade honteuse, échec en Irak après quelques succès initiaux contre une armée surestimée et une défaite politique qui s’est terminée dans le malheur des populations irakiennes et syriennes. Aux côtés de leurs Gis surarmés, sans moral, souvent drogués, ils ont chaque fois tenté de se rattraper en déversant des tonnes d’armements qui ont servi le plus souvent d’arsenal à leurs ennemis, et les milliards de prétendus programmes de développement qui ont plus enrichis es bandes d’escrocs que les peuples auquels ils étaient destinés.

Le vieux Joseph Biden a voulu reprendre les vieilles formules avec l’Ukraine, de l’argent, des armes, en apportant néanmoins une amélioration substantielle, pas de soldats américains décidément trop incompétents. Mais cette profusion d’argent et de matériel dans un pays aussi tenu par des oligarques mafieux n’augure rien de bon quant à un avenir démocratique et sans corruption.

 

Les arguments utilisés par l’OTAN, bras armé des Etats-Unis chez ses satellites européens, sont en partie curieux : si il est indubitable que les russes sont des agresseurs, et que leurs armées commettent des crimes de guerre, leurs positions sont plus difficiles sur les territoires autonomes des régions du Donbas et de Crimée ; les sécessions de l’Ukraine y sont considérées comme inadmissibles alors qu’elles seraient valides pour Jérusalem et le Golan, ou encore le Kossovo ; et à l’inverse Taiwan qui pour la loi internationale si souvent invoquée a toujours fait partie de la Chine mais dont l’autonomie est défendue au nom de valeurs éternelles st surtout opportunistes.

 

Mais, derrière des méthodes qui n’ont pas fait leurs preuves dans l’histoire, derrière une argumentation qui manque pour le moins de cohérence, quels sont les véritable buts de guerre des Etats-Unis ? Ils sont obscurs, et il n’est pas aisé de les deviner. Essayons de lister ceux qui seraient envisageables :

  • affaiblir la Russie, qui est l’objectif le plus souvent avancé par les américains, ne semble pas raisonnable ; la Russie de toute évidence est un pays en plein désarroi, avec des armées désuètes techniquement, mal commandées,  et une économie qui n’ a pas su s’orienter vers de nouvelles technologies et est restée accro à l’extraction des matières premières ; son potentiel de nuisance se résume à la possession de l’arme nucléaire et à l’immensité de son territoire et de ses ressources. Pourquoi affaiblir un pays qui est un nain militaire dans les armements conventionnels et une puissance économique de deuxième rang avec le risque de le satelliser à la Chine la puissance montante et voisine ?
  • affaiblir l’Europe, semble être une vieille ligne de conduite. Elle s’était déjà manifestée avec l’inclusion de la Turquie dans l’OTAN, ce qui était mettre le diable dans un couvent. Réitération avec la guerre contre la Serbie qui aboutissait à créer un chancre dans les balkans, jamais guéri depuis. Le maintien d’un front de guerre (active ou larvée) entre Ukraine et Russie contribue à réarrimer l’Europe de l’est et du nord aux américains, à introduire un clivage entre Europe germanisée et Europe dite du Club Med, à bloquer le développement industriel du continent européen particulièrement en matière d’industries de la défense.
  • Unir ses alliés contre la Chine qui rêve de partager le condominium mondial. C’est certainement le but essentiel des américains. Il n’est pas sur que la tactique utilisée, affaiblir les russes et les européens soit la bonne. Le risque est, à long-terme, en affaiblissant trop la Russie de laisser la Chine dominer l’espace sibérien d’une manière ou d’une autre et d’unir ainsi une population gigantesque et un espace gigantesque. Le risque est en affaiblissant trop l’Europe de lui faire perdre son âme et son allant, sa mission de compréhension et de médiatrice dans les affaires du monde, en clair de laisser l’Afrique comme champ de bataille entre américains et chinois.

 

Personne ne sait ce que peut devenir une guerre. L’exaltation des combats et de ceux qui les mènent peut toujours conduire à des catastrophes qu’au début nul n’envisageait ni ne désirait. La place de l’Europe est de chercher activement la paix car elle n’a aucun intérêt à voir se poursuivre une guerre sur ses flancs, elle devrait avoir pour but de guerre la sauvegarde de ses intérêts en particulier pour la poursuite de son développement industriel et de son indépendance énergétique. Tout milite pour que l’Europe fasse pression sur les Etats-Unis pour qu’il arrête de se mêler de nos affaires européennes, sur la Russie pour qu’elle se sensibilise aux dangers chinois et turcs, sur l’Ukraine pour qu’elle cède une Crimée qui n’a été que brièvement partie de son territoire, et qu’elle admette un compromis sur les territoires séparatistes du Donbas. Tout est hors de portée de dirigeants européens, désunis, partagées entre l’égoïsme allemand, et les terreurs des pays de l’est ex-soviétiques. Faut-il laisser du temps au termps ou espérer qu’une nouvelle administration américaine choisisse une politique plus conforme à ses intérêts à long-terme ? Les deux ?

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15 octobre 2022 6 15 /10 /octobre /2022 16:35

Que Zelenski soit belliciste, il en a le droit après tout, puisqu’au moment critique d’une possible invasion de Kiev il a préféré rester sur place et démontré son courage ; qu’il fixe comme but de guerre de reconquérir les régions sécessionnistes du Donbass et la Crimée est logique puisque, russophone ne parlant guère l’ukrainien, il définit sa patrie à ses pénates ; qu’il refuse de négocier avec Poutine peut se comprendre s’il n’a pas oublié que ce dernier avait envoyé des commandos pour l’assassiner.

 

Mais les commentateurs français des médias ? Comment ne pas être indisposé par leurs hurlements d’intransigeance :

  • ignominie de ceux qui font combattre les autres (les ukrainiens) tandis qu’ils sont assis confortablement dans leurs studios éloignés des champs de bataille ; le courage délégué !
  • ignorance de ceux qui n’ont jamais connu les querelles entre les Cosaques du Don et les Tatares de la Volga et de Crimée; qui ont oublié la frontière entre les catholiques et les orthodoxes qui passe au milieu de l’Ukraine ; qui croient que l’ukrainien est une langue alors que ni Gogol, ni Zelenski ne se sont souciés de la parler ; qui oublient avec entêtement les accords de Minsk ; la géopolitique rabougrie à l’instant présent !
  • partialité de ceux qui s’offusquent des crimes (avérés) des russes et affirment que frapper le pont de Kertch ou transitent les civils, assassiner des membres des familles d’oligarques poutiniens, frapper de missiles à proximité de la centrale de Zaporija, se servir des écoles, hôpitaux comme boucliers humains pour y stocker des réserves militaires relèvent des nobles nécessités de la glorieuse défense ukrainienne ; ricanements de hyènes !

 

Heureusement que quelques-uns osent dire qu’il s’agit d’une guerre civile qui a débuté en 2014 et qui se transforme en guerre contre l’Occident à force d’ingérences et de provocations. Que les accords de Minsk restent encore une trame intéressante. Que l’agression et les crimes de guerre russes incontestables, ne doivent pas faire oublier les responsabilités des Ukrainiens dans le déclenchement de la guerre et même ses crimes dans la conduite de ses armées.

 

La guerre est un mal souverain, il conduit et les soldats et les dirigeants à trop souvent engager des actions qui les déshumanisent. Les prétentions impériales de la Russie sur une région industriellement sinistrée sont insupportables. La prétention ukrainienne de nous faire croire qu’il existe un pays de ce nom qui devrait exercer sa souveraineté sur la Crimée et la région du Donbass sont inacceptables. La volonté russe d’externaliser leur autoritarisme et leur cleptocratie n’excusent pas l’hypocrisie ukrainienne  à nous camoufler qu’ils sont pas un pays d’oligarques vérolé par la corruption. Tout ceci paraît une base saine pour engager une négociation entre pays qui partant d’une même absence de valeurs devraient pouvoir trouver un terrain d’entente.

 

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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 12:12

Excellent article d’Hubert Védrine dans le Figaro d’hier où il analyse l’impéritie de l’Europe Occidentale face à Poutine qu’elle a laissé se dévoyer dans la pauvreté, l’isolationnisme, et enfin une aventure impérialo-nationaliste condamnable. L’idée n’est pas de se lamenter sur le passé, mais de ne pas oublier d’en tirer des leçons. La première qui est clairement dite est que la politique étrangère de l’Europe ne doit pas se décider à Washington qui n’a ni les mêmes intérêts, ni la même compréhension, ni les mêmes objectifs. La deuxième qui est sous-jacente quoique non expressement énoncée est que l’Ukraine quoique devant être protégée contre des agressions (au moins pour montrer la résolution franco-allemande aux pays de l’ex-pacte de Varsovie), n’est pas un acteur essentiel de notre futur ; il lui, faudra donc transiger, sous la pression européenne, à un moment qui n’est pas encore venu, sur la définition et de ses frontières orientales en Crimée et dans les républiques séparatistes du Donbas, et du statut de ses minorités russophones.

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14 juillet 2022 4 14 /07 /juillet /2022 09:30

Etrange cette obsession de transformer la guerre russo-ukrainienne en nouvelle guerre froide. La Russie d’aujourd’hui n’est qu’un agresseur de second rang par rapport à l’Union Soviétique : son PIB est au douzième rang mondial, derrière l’Allemagne, la France, l’Italie, juste devant l’Espagne et elle n’a donc pas la puissance économique nécessaire pour conduire une guerre sur le long-terme avec les européens, voire de lancer d’autres opérations de conquête et d’occupation; son armée a prouvé sa puissance hoquetante face à l’Ukraine, faute de moral de ses soldats, faute de matériels moderne, faute de capacité de manœuvre. Sa seule force n’est que le reflet de la faiblesse de ses adversaires : une Ukraine qui est un pays encore trop jeune, miné par les dissensions séparatistes et pourri par la corruption de ses oligarchies ; une Europe qui est coupable pour son impéritie militaire (hormis la France, et encore), et sa stratégie de dépendance énergétique suicidaire.

La Russie a voulu détruire l’Ukraine en tant que pays indépendant. De toute évidence elle est en train de perdre son pari et ne réussira qu’à annexer les régions irrédentistes du Donbas et peut être à s’emparer d’une bande territoriale le long de la mer d’Azov ; elle va réussir à faire de l’Ukraine un pays lié à l’Europe par des accords économiques qui faciliteront les investissements des pays européens et permettront son décollage ; les provinces perdues par l’Ukraine ne seront pas recouvrées de sitôt faute de force de frappe, et de volonté des pays européens. La guerre « chaude » est donc probablement bientôt finie et un mur d’indifférence risque de perdurer entre un occident qui va finir par se réarmer et à conquérir une relative indépendance énergétique et une Russie qui ne pourra qu’osciller entre autarcie appauvrissante et vassalisation envers la Chine.

L’attitude des Etats-Unis a été, comme au Moyen-Orient naguère, celle d’un boutefeu qui n’a pas voulu (peut-être avec raison) arrêter la Russie dans son agression, tout en tentant de vassaliser l’Europe au sein de l’Otan. Que des atlantistes forcenés comme Dominique Moïsi exalte la politique américaine se comprend, mais n’est pas nécessairement conforme aux intérêts de tous les pays européens. La Pologne, les états baltes sont angoissés par une peur historique, l’Allemagne est obsedée par son matérialisme mercantile, et se raccrochent à ce parapluie américain qui n’est qu’une servitude et surtout un mauvais calcul à long terme car America first n’est pas une doctrine qui protège des intérêts de puissance largement différents pour l’Europe.

 

La mauvaise foi des atlantistes est de grossir la menace russe, flatter les peurs des pays de l’est européen, s’extasier devant l’héroïsme de l’Ukraine pour mieux vendre l’assujettissement de nos pays à l’égoïsme des Etats-Unis.

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8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 09:40

 

Condamner l’agression de Poutine et les crimes commis par son armée avachie et sauvage n’implique pas de s’extasier devant le bataillon Azov,  le comportement de boutefeu de Zelinsky, et le nationalisme prétendu admirable de l’Ukraine.

L’ancien président Lulla a résumé de façon claire ce que pensent beaucoup en dehors de l’Europe occidentale et même à l’intérieur de celle-ci. Les crimes de Poutine n’exonèrent pas les responsabilités occidentales dans le déclenchement du conflit, et n'excusent pas les aberrations de conduite du président ukrainien.

L’hystérie des cercles bruxellois et des médias français est de tenter de faire oublier les fautes passées et les insuffisances actuelles des gouvernements européens et ukrainiens, en élargissant la responsabilité des potentats du Kremlin à tous les russes. Quelle absurdité, quel manque de respect pour leur culture, quel manque de reconnaissance pour leur contribution essentielle à la Libération.

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22 février 2022 2 22 /02 /février /2022 18:24

 

L’ami des mafieux de Saint-Petersbourg a fait du chemin. Il a probablement gardé de son apprentissage des réflexes de brutalité, d’insouciance de toute forme de morale ou d’attendrissement. Mais après ses années de règne, il a acquis un talent indéniable, comme son prédécesseur Staline, pour ramasser les mises en prenant un minimum de risques.                                                                  

L’exemple de l’Ukraine est une parfaite illustration de sa méthode. Il a abusé américains et européens, hypnotisés par l’idée qu’il allait envoyer ses chars sur Kiev, leur faisant croire qu’il voulait négocier un accord avec l’Ukraine qui recolerait les accords de Minsk sous les auspices de l’Europe et des Etats-Unis. Il ne voulait rien négocier du tout ; ses deux objectifs ont été brutalement dévoilés : amputer l’Ukraine des provinces du Donbas déjà irrédentes, et négocier en direct avec les Etats-Unis après avoir disqualifié les européens. Ces deux objectifs correspondent à sa volonté de réaffirmer la place de la Russie, comme héritière de l’U.R.S.S. :   

- l’Ukraine est ravalée au rang de marche de l’empire que l’on peut recomposer sans vouloir l’occuper ;

- les Etats-Unis sont le seul interlocuteur avec lequel la Russie peut accepter de traiter et de faire des concessions ;

 

Je ne suis pas sur que Biden, ou son entourage se soient laissés abuser. Finalement le coup de force de Poutine en reconnaissant une indépendance des provinces irrédentes du Donbas ne les inquiète que peu ; rectification à la marge de l’empire russe guère plus importante que les affaires de l’Ossétie, de l’Abkazie, voire de la Transnistrie. Elle conforte leur idée que Poutine ne veut pas s’embarrasser du poids d’occuper les provinces d’Ukraine qui lui seraient hostiles. L’atout supplémentaire pour les américains est qu’il justifie la perpétuation de l’existence de l’OTAN et la vassalisation de l’Europe.

 

Je suis sur que les européens ont perdu sur toute la ligne. Ils ont cru à leur politique de gribouille qui a laissé leurs prétendus amis ukrainiens se moquer de l’application des accords de Minsk et refuser toute avancée sur le problème du statut des russophones et en particulier de ceux du Donbass. Toujours cette idée absurde que les choses s’arrangeraient à force de ne rien faire. Puis, dans l’urgence, en dehors de toute idée directrice, ces grotesques missions de petit télégraphiste essayant en vain d’obtenir une désescalade. Ils y ont perdu leur peu de prestige de grande puissance. Ils ont révélé leur impuissance. Ils vont se tirer une balle dans le pied en prenant des sanctions économiques dont les pays européens seront les premiers à souffrir en exportant moins vers la Russie et en important moins de gaz à bas prix.

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