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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 10:18

Le débat politisé sur l’identité de la France a été lancé malencontreusement. Du coup beaucoup se sont installés dans une bunkerisation de leurs opinions liées à leur marquage à droite ou à gauche. Et pourtant le sujet existe. Et je ne crois pas du tout qu’il relève de ce positionnement droite-gauche. L’identité nationale ne se résume pas à des idées : la république, la laïcité, la démocratie, la parité ; je pense même qu’elle n’a rien à voir avec des idées car elle relève d’une mémoire collective dans laquelle entre l’histoire (de certains et non pas celle de tous), les territoires (limités géographiquement et n’incluant pas le monde entier), les cultures (consensuelles et non pas toute manifestation culturelle aussi respectable soit-elle). « Nous sommes ce que vous fûtes, vous serez ce que nous sommes » écrivait Renan en citant les spartiates.  L’identité nationale s’inscrit dans la longue durée. Et le problème actuel est notre civilisation du court-termisme, de l’immédiateté. L’action n’est valorisée que pour ses résultats tangibles et instantanés. Les seules références qui semblent compter sont celles d’aujourd’hui (l’art contemporain, la musique d’aujourd’hui, la constitution de maintenant, les combats actuels). Ce n’est que l’écume. Il est un peu dommage que la France qui a donné ces illustres historiens de la longue durée (les Braudel, Febvre, Chaunu) se polarise sur l’écume des évènements d’aujourd’hui. Certains veulent faire commencer la nation en 1789 avec la déclaration des droits de l’homme qui bien entendu a une généalogie (chrétienne surtout). D’autres avec la libération de la France en 1945 et la mise en application du programme du Conseil National de la Résistance qui est un mix de doctrines de tous bords. Certains, enfin, tétanisés par l’idée d’être passéistes , n’y voient qu’un carrefour  des cultures et des populations du monde de maintenant.

Ils sont bien réducteurs. Et pourquoi la France ne serait-elle pas aussi et surtout un sentiment, une passion, une intuition. Pourquoi toujours ce rationalisme desséchant, appauvrissant.  Ah que j’aimerais un débat qui ne soit pas dans les préfectures (la fonctionnarisation, vieil ennemi national), un débat qui soit interdit à toute personne disposant d’un mandat électoral  (que l’on purge la discussion des pensées électoralistes).

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 16:07

Les interdits se multiplient. Un dernier exemple sur le grand journal de Canal+. Alain Duhamel a eu bien du mal, face à Thomas Legrand et Joseph Macé-Scarron,  à défendre l'idée qu'il était possible de discuter de l'identité nationale ou française, ou de l'immigration, ou encore de l'Islam; le tout était de le faire au moment opportun et avec les mots qu'il fallait.
Une saine réaction face à la bordée d'injures envers tous ceux qui abordent le sujet, citons au hasard : fasciste, nazi, colonialiste, islamophobe, débateurs à la con etc ...
Quand même étrange dans une société qui se targue d'être en pointe sur la défense de la liberté, d'entendre ce concert sur quasi toutes les ondes, dans presque tous les éditoriaux,  que la seule vérité est l'Universalisme, que toute autre opinion relève de l'étroitesse d'esprit voire d'un esprit de haine de l'"étranger"; l'autre vérité intangible, à les entendre, est le relativisme, que toute autre opinion relève du commutarisme. Tout celà est enrobé d'un respect idolâtre des "Lumières", de la Révolution, et de la laïcité.

On a envie de redire que les vérités sont multiples (sauf bien entendu dans les théocraties).  Que la discussion est le seul moteur possible pour trouver des solutions (sauf pour les despotes éclairés ou non). Que la confrontation des idées, est bien entendu dangereuse (on peut être converti par son adversaire, on peut être submergé par des réactions populistes), mais ce danger doit être non seulement affronté mais désiré. Même dans les religions la vérité révélée est soumise au doute permanent.





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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 15:20

Les belle voix résonnent pour stigmatiser la votation de nos amis suisses. Amusant d’entendre celle des laïcards défendre la présence de minarets (voir articles et commentaires de Libé) ! Rigolo le concert  des éditorialistes contre la démocratie directe, contre la tyrannie de la majorité, leur déception de constater que les sondages ne veulent rien dire !

Mais vous avez tort de leur  jeter la pierre, Monsieur Frappat, en dénigrant  leur souci de l’identité, en vitupérant leur hypocrisie. Vous auriez mieux fait d’essayer de comprendre. Personne n’a interdit  le culte musulman en Suisse, juste voté une interdiction de signes trop marqués. Le sujet est bénin. Il marque néanmoins le refus d’une islamisation rampante ; celà est-il un sujet trop dur à aborder ? Que faut-il penser de la polygamie, du statut des femmes, des pratiques d’excision, de la chariah, du Coran parole révélée et intouchable ; toutes ces pratiques culturelles sont-elles  miscibles dans notre civilisation ? Oui, Non ? Si oui dans quelles conditions ? Voilà ce que, sans hypocrisie vous auriez pu aborder.

Une civilisation n’a pas à être ouverte ou fermée (le choix d’un des adjectifs est un préjugé) elle existe ou meurt. Pour exister elle doit s’adapter, mais pas se renier. Vous préférez, semble-t-il, exorciser les peurs dans la repentance, c’est votre choix.

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 09:59

On essaie de nous construire une parcelle d'identité nationale autour du football, du maillot bleu, de la fraternité du black-blanc-beur, de la marseillaise chantée dans les stades.  A l'arrivée nos héros sont Zidane (le type au coup de boule), Thierry Henry (le tricheur qui veut rejouer le match une fois qu'il est sur que c'est trop tard), notre expresssion les défilés de la victoire sous le drapeau algérien pour célébrer la victtoire de l'Algérie sur l'Egypte et notre combat la défense des niches fiscales pour des joueurs soucieux de commercialiser leur image avec un maximum de profit.
Non vraiment cette idendité là bâtie sur des valeurs de compromis, de "realpolitik" au mieux m'indiffère; au pire elle m'exaspère lorsqu'elle est défendue explicitement ou implicitement par quasi tous les hommes politiques. On ne bâtit par la fierté nationale sur l'abscence de contrôle de soi, la triche, les exploits d'étrangers et surtout les profits de stars surpayées.

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 10:32

Je n’adhère pas du tout aux propos de Max Gallo. L’ « identité française » , l’expression de Braudel, beaucoup plus parlante et moins connotée que « l’identité nationale », qu’il définit est un mythe d’aujourd’hui  bâti  en effet sur un héritage jacobin : centralisme, droit du sang, égalité, laïcité. A ce titre beaucoup ne participent pas de cette identité française.  Les propos de Michel  Wierviorka (cité par La Croix du 29/10) sont intéressants : si j’ai bien compris « l’identité nationale » ne devrait être qu’une notion purement juridique ; l’identité française doit exister comme un amalgame, un résidu, des additions, des mélanges (l’expression est de Braudel), le sol tempéré par le sang, l’égalité bridée par la liberté, le centralisme borné par le provincialisme. J’irai plus loin en disant qu’un amalgame se doit d’être cohérent ;  des cultures antagonistes ne peuvent faire un amalgame (c’est le cas de la Belgique avec son opposition entre flamingants et francophones) ; des mélanges doivent être acceptables (le problème  de la chariah, de pratiques comme l’excision ou la polygamie) ; le résidu ne doit pas être inexistant (l’exemple de la Suisse est éclairant, coexistence de communautés qui se méprisent entre elles et ne sont unies que par la peur d’être diluées) ; les additions doivent être dosées sous peine de fragiliser l’ensemble (l’exemple le plus instructif a été il y a 20 ans l’éclatement de l’URSS, qui aforce d’avoir voulu absorber trop, s’est délitée).

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 17:09

Quelle curieuse expression que « l’identité nationale », !  Pourquoi ne pas avoir choisi le titre du dernier livre inachevé de Braudel : « l’identité de la France ». Que l’on dise de quoi l’on parle au lieu de se cacher derrière une généralité. Mais de toute évidence, il s’agit de manœuvres électorales et non pas d’une recherche difficile. Deux propositions d’approche de Braudel méritent d’être citées :

-          L’identité de la France … c’est un résidu, un amalgame, des additions, des mélanges.

-          L’identité de la France … ce n’est pas un discours, une équation, une formule, une  image, un mythe.

Comme on est loin de cette prudence méthodologique. Déjà Mr Besson nous serine, dans l’émission « Mots Croisés » que la France c’est la laïcité, la République,  Renan … Un rêve de mépris de l’histoire longue au profit de l’immédiat , un rêve de mots à la mode, un rêve de conformisme. A ce titre, une foule du passé est d’emblée exclue, avec au hasard, Louis XIV, notre roi le plus célèbre,  ou Chateaubriand, un de nos plus grands prosateurs. Mais aussi une foule contemporaine qui ne se sent pas particulièrement laïque, car elle croit le religieux a une place essentielle dans sa vie et donc fatalement avec des implications sociales. Mais aussi une foule qui ne porte pas particulièrement dans son cœur une République à la constitution faiblarde, aux mœurs peu nobles, à l’arrogance certaine.

Bien entendu pour définir l’identité nationale,  qui de plus compétents que des préfets (qui n’en peuvent mais) entourés des forces vives ( ?) de la nation. La plaisanterie n’est plus racoleuse, elle est indécente, avec  toute honte bue la révélation qu’il ne faut pas laisser du grain à moudre au Front National. Qu’en pensent les "forces mortes" de l’identité de la France ?

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