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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 10:30

Il est anormal de passer au crible le passé de Monsieur Soumaré. Il est normal de ressortir les petites phrases dites un jour par Monsieur Frêche.  Monsieur Soumaré,   nous dit qu’il a bien été condamné et que sa peine est prescrite ; n’aurait-elle pas été prescrite que cela ne changerait rien, comme il le dit lui-même, il a payé son dû à la société ; son seul tort est le péché par omission, et ce n’est pas rien. Monsieur Frêche n’a  pas été condamné ; il ne peut donc bénéficier d’une quelconque prescription et il semble légitime aux commentateurs de ressortir à satiété des petites phrases dites dans le passé et de tenir pour non recevables les explications du fautif.

Dans le monde politique d’aujourd’hui les mots ont plus d’importance que les actions. Je ne trouve pas très catholique de reprocher des paroles volées par des micros dans des rencontres qui n’ont rien à voir avec des réunions électorales ou des déclarations de programme et de ne pas stigmatiser  le manque de transparence.

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 09:54

La campagne de lutte contre la grippe A (H1N1) est révélatrice de plusieurs errements :
- l'application de la politique du parapluie
- la projection du film catastrophe
- le final, triomphe de la tartufferie

La politique du parapluie est motivée par la crainte des juges. Il s'agit pour le personnel politique tout autant de se protéger que de promouvoir une politique sanitaire. Les politiques vivent dans la hantise des procès faisant suite à l'affaire du sang contaminé ; hantise absurde puisque les ministres mis en cause et leurs conseillers ont bénéficié tous de non-lieux  (à l’exception d’un seul qui a été condamné très légèrement). La justice n’a donc pas édicté une obligation d’agir face à une présomption de risque ; elle a examiné cas par cas si les mis en cause avaient rempli leurs devoirs d’action lorsqu’ils disposaient d’une information fiable. C’est exactement l’inverse du principe de précaution et la seule application d’une règle universelle de prévention en cas de danger avéré. La deuxième affaire dite de la canicule est encore plus absurde puisque un certain nombre de médias se sont étonnés que des gens meurent lorsque les conditions climatiques sont rudes ; cette révolte devant les conditions météorologiques s’est transformée en une virulente attaque contre un ministre ; le monde politique a conservé une crainte panique d’une mise en accusation devant le tribunal populaire. Là le dévoiement du principe de précaution est particulièrement visible : la mort anticipée de quelques grabataires, de personnes en fin de vie a soulevé des indignations « vertueuses » sur notre absence de respect des « aînés » ; on ne raisonne plus, c’est la « Grande Peur ».

 

La projection du film catastrophe suit nécessairement la mise en application du principe de précaution. Ne sachant pas trop quel est le problème, ignorant à peu près quelles sont ses conséquences, l’homme politique (l’administration aussi) se doivent de gonfler le sujet afin de justifier leurs actions. Les experts de tout poil sont appelés à la barre afin de décrire la terrifiante réalité supposée et les lendemains encore plus sinistres. L’autojustification de ses erreurs se marie avec des statistiques tronquées (par exemple le nombre de morts par la grippe A(H1N1)  qui n’est jamais comparé avec les morts des simples grippes saisonnières)  des absences troublantes (où en sont les pays de l’hémisphère Sud qui ont connu cette pandémie avant nous) des prédictions sans intérêt pratique (et si le virus mutait ? et alors le vaccin servirait-il ?).

 

Le final est grandiose. Articulé sur trois thèmes : la grippe peut reprendre dans les mois qui viennent, les vaccins vont être vendus à d’autre pays, la commande de vaccins est partiellement annulée.  Chacune de ces petites musique relève d’un registre différent : l’affabulation (la grippe peut reprendre, elle peut surtout ne pas reprendre), le mensonge (qui va acheter des vaccins en voie de péremption, pour une pandémie en voie d’extinction ?), la malhonnêteté (annuler une commande alors que ce n’est pas prévu au contrat ça s’appelle renier la signature de l’état).

Après avoir mal anticipé, mal géré, affabulé, mentit et s’être comportée comme un vulgaire escroc, je ne vois pas d’autre issue pour Madame Bachelot que de se retirer immédiatement de la vie politique.  Elle rattraperait par un geste fort l’image lamentable de l’Etat qu’elle a donné.

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 21:17

Chantal Delsol stigmatisait dans le Figaro d'ajourd'hui "la mise en cause systématique, ironique et méprisante, de la volonté populaire". Elle pourra ajouter "la mise en cause haineuse".
Daniel Cohn-Bendit, après avoir fait allusion au nazisme,demande aux Suisses de revoter. Tant que le "peuple" n'aura pas compris il devra retourner aux urnes jusqu'à ce que la "bonne décision" soit votée. Les Irlandais, en ont fait l'expérience : vous n'aimez pas le Traité de Lisbonne ? Décision absurde, revotez sinon gare ... Les Français ont eu droit à une consultation et puis comme ils n'étaient pas d'accord, le jouet du vote démocratique leur a été retiré. Quant aux anglais et bien d'autres peuples européens ils n'ont pas eu à voter, c'est encore plus simple. Un traité qui engage l'avenir ne doit pas être laissé entre des mains inexpertes.
Daniel Cohn-Bendit, partisan de la démocratie directe rappelons-le, peaufine sa position : "la démocratie directe doit être encadrée par une constitution qui ne permette pas de voter sur n'importe quoi". Certains experts définiront ce qu'est le n'importe quoi (ce qui en principe est très large). Ils permettront d'encadrer les électeurs pour l'adoption uniquement de bonnes décisions. Il ne faut pas faire confiance au peuple.

Peut-être. Mais alors il ne faut pas être démocrate, Monsieur Cohn-Bendit.



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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 23:02

La politique n’est pas un métier. Ou plutôt ne devrait pas l’être. La réalité est tout autre en France : il y a ceux qui en ont fait une profession, et qui se targuent d’avoir une connaissance fine de tous les rouages de l’état, une aptitude éprouvée à  gérer leur communication, et un cuir tanné face aux attaques de leurs ennemis et aussi de leurs amis ; et puis il y a ceux que l’on dit curieusement issus de la « société civile ». Expression bizarre : existerait-il une sorte de caste « militaire » opposée à la caste des « civils » ; voudrait-on dire par là qu’il faut être initié très jeune par une sorte de service initiatique ?

 

La sélection du personnel politique est un problème grave qui se pose à beaucoup de démocraties. Cette sélection est particulièrement étrange en France . Constatons  le, par exemple, au niveau du gouvernement :  

-          Sur 39 membres du gouvernement (ce qui est beaucoup),  13 femmes (ce qui est déjà peu), et sur ces 13 femmes , 4 filles de députés ! A croire que les vocations féminines s’épanouissent mieux dans le cocon familial ?

-          Sur 39 membres du gouvernement, peu d’authentiques représentants du monde économique : je n’en ai compté que 8 (créateurs de leur entreprise, avocats d’affaires, cadres ou employés de société, en oubliant les passages épisodiques  et alimentaires entre deux mandats) ; à croire que les trois quart des actifs ne pensent qu’à leurs sous, ou à ceux de leurs actionnaires ?

-          Sur 39 membres du gouvernement il faut chercher les scientifiques de formation : à priori 6 ; ces formations si prisées pour nos enfants, n’emportent pas l’adhésion de nos décideurs politiques.

Ces quelques remarques ne font que ressortir l’ incroyable professionnalisation de nos élites politiques. Tout le monde s’étripe sur les modes de représentation (qui doit et peut voter, type de scrutin), mais la sélection des candidats que ce soit à des élections ou à des postes gouvernementaux reste confisquée par les apparatchiks. Car il s’agit bien d’une caste, en place, et n’entendant pas laisser sa place. La montée de la représentation féminine en est bien entendu handicapée. Mais aussi la dramatique sous représentation du monde économique. Il ne s’agit pas nécessairement de donner une image fidèle du pays au niveau de nos gouvernants. Mais la quasi-absence du monde de l’entreprise explique beaucoup d’orientations technocratiques. Mais la quasi-absence du monde scientifique explique beaucoup d’approximations sur des sujets techniques.  La France du coup se trouve sous la coupe de juristes, d’administrateurs publics qui ne fondent leur action que sur la règle, ses transgressions. Cette exclusivité est une calamité.

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 09:14
Alors où se cache-t-il ce brave virus A-H1N1 ? Quel nom barbare, pourquoi ne pas avoir continué de l'appeler virus de la grippe mexicaine (ça avait une allure exotique et macabre), ou de la grippe porcine , ou encore mieux de la grippe cochonne. Dans les couloirs de l'OMS ou dans ceux du Ministère de Madame Bachelot ?

La réaction de panique des autorités (et d'elles seulement car celle des populations est parfaitement mesurée) est comme toute panique, disproportionnée et engendre un immense gachis. On dit qu'un milliard d'euros a été dépensé en France pour des masques, des vaccins et autre Tamiflu. Comme l'exprimait  le professeur Gentilini, spécialiste des maladies infectieuses, c'est une "pandémie de l'indécence". Que d'argent dépensé au détriment de recherches sur d'autres sujets : tuberculose, SIDA, lèpre, malaria.

Et si c'était la première fois : non. Souvenez-vous de la célèbre grippe aviaire (la grippe à Pierre ?) avec la tentative du gouvernement, aidé par les médias télévisuels, de répandre une atmosphère de crise. Souvenez-vous de la traque de malheureux poulets dans nombre de fermes, avec les images extraordinaires d'opérations de commandos investissant des lieux supposés de contamination. Peut-être 250 décès en France.

Et si c'était la deuxième fois : non. Souvenez-vous de l'encéphalopathie spongiforme bovine (la maladie de la vache folle, enfin un nom qui avait de la gueule). Là se furent de grands buchers de bovins qui enfumèrent nos campagnes. Avec pour conséquences imprévues des chutes brutales de consommation de viande, une gestion calamiteuse de la graisse animale provenant des animaux équarris. Peut-être 23 décès en France.

Ces gestions calamiteuses auraient du faire école. A croire qu'il règne une abscence de courbe d'expérience dans nos milieux gouvernementaux. A croire que Madame Bachelot serait sourde (Monsieur Chirac ne riez pas) aux leçons du passé. A croire que le travail des autorités est non pas de gérer sereinement mais d'amplifier les rumeurs et de gesticuler.

Ceci dit le président Sarkozy est très content de l'engagement total de sa ministre Bachelot comme il nous l'indique dans son entretien au Fiagaro de ce matin. Donc j'imagine mal qu'il suspende immédiatement notre contribution à l'OMS, qu'il demande à Fillon la démission du ministre de la Santé, qu'il propose le remplacement de Martin Guespereau directeur de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail, voire la dissolution immédiate de cet AFSSET, organe de propagande du principe de précaution.


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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 10:25

Le renouvellement des générations est en marche sous l'impulsion de l'Elysé. Deux exemples. Mais il y en a surement d'autres que le Palais se fera un plaisir d'indiquer.

Jean Sazkozy, fils de Nicolas, brillant élève en deuxième année de droit à 23 ans, a été désigné comme futur président de l'EPAD pour remplacer in vieillard atteint par la limite d'âge nommé Patrick Devedjian.

François Guéant, fils de Claude, lui a été choisi comme député suppléant de Loïc Bouvard député du Morbihan et doyen d'âge de l'Assemblée Nationale. François Guéant a été présenté à sa future circonscription de Ploërmel par Brice Hortefeux lui-même en 2005. L'ancien suppléant de Bouvard n'a pas fait le poids.

Dans les deux cas se montre le visage de la courtisanerie. Tous aident le "jeune poulain" pour se faire bien voir du maître : Balkany quui ne tarit pas d'éloges sur Jean Sarkozy, Estrosi qui est subjugué par le talent de François Guéant.

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