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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 16:07

Les interdits se multiplient. Un dernier exemple sur le grand journal de Canal+. Alain Duhamel a eu bien du mal, face à Thomas Legrand et Joseph Macé-Scarron,  à défendre l'idée qu'il était possible de discuter de l'identité nationale ou française, ou de l'immigration, ou encore de l'Islam; le tout était de le faire au moment opportun et avec les mots qu'il fallait.
Une saine réaction face à la bordée d'injures envers tous ceux qui abordent le sujet, citons au hasard : fasciste, nazi, colonialiste, islamophobe, débateurs à la con etc ...
Quand même étrange dans une société qui se targue d'être en pointe sur la défense de la liberté, d'entendre ce concert sur quasi toutes les ondes, dans presque tous les éditoriaux,  que la seule vérité est l'Universalisme, que toute autre opinion relève de l'étroitesse d'esprit voire d'un esprit de haine de l'"étranger"; l'autre vérité intangible, à les entendre, est le relativisme, que toute autre opinion relève du commutarisme. Tout celà est enrobé d'un respect idolâtre des "Lumières", de la Révolution, et de la laïcité.

On a envie de redire que les vérités sont multiples (sauf bien entendu dans les théocraties).  Que la discussion est le seul moteur possible pour trouver des solutions (sauf pour les despotes éclairés ou non). Que la confrontation des idées, est bien entendu dangereuse (on peut être converti par son adversaire, on peut être submergé par des réactions populistes), mais ce danger doit être non seulement affronté mais désiré. Même dans les religions la vérité révélée est soumise au doute permanent.





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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 18:25

Très amusant de lire Me Geoffrin en défenseur des religions. Juste un petit problème : l'Islam n'est pas seulement une religion, c'est aussi une culture et un système politique. La seule expérience récente d'un Islam réduit à une simple religion a été menée par Ataturk; c'est donc possible; mais il faut quand même garder en tête qu'Ataturk a imposé sa volonté avec beaucoup de détermination, sinon de brutalité; et les résultats en Turquie ne sont pas encore complètement acquis. La voie est donc étroite pour nos pays occidentaux : il leur faut trouver le moyen de laisser les musulmans pratiquer leur religion à titre privé sans qu'ils empiètent sur la sphère publique. Les signes extèrieurs de la religion islamique doivent chaque fois être analysés pour savoir s'ils sont ou ne sont pas
des manifestations d'un impérialisme culturel, voire politique. C'est vrai pour le ramadan, les nourritures dans les cantines scolaires, la pratique de la polygamie, le port de la burka, et même pour le minaret (qui n'a pour fonction que de lancer l'appel du muezzin). Pour reprendre l'exemple d'Ataturk, afin de restreindre l'Islam au statut de religion privée, il n'a pas hésité à transformer l'ancienne Sainte-Sophie de Mosquée en musée, à abolir le califat, à interdire le port du voile dans les administrations et les écoles, à transférer du vendredi au dimanche le jour chomé hebdomadaire. Pleins de gestes symboliques. Il serait peut-être nécessaire aux pays occidentaux de marquer cette volonté d'accepter la religion, tout en refusant son envahissement culturel.

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 21:17

Chantal Delsol stigmatisait dans le Figaro d'ajourd'hui "la mise en cause systématique, ironique et méprisante, de la volonté populaire". Elle pourra ajouter "la mise en cause haineuse".
Daniel Cohn-Bendit, après avoir fait allusion au nazisme,demande aux Suisses de revoter. Tant que le "peuple" n'aura pas compris il devra retourner aux urnes jusqu'à ce que la "bonne décision" soit votée. Les Irlandais, en ont fait l'expérience : vous n'aimez pas le Traité de Lisbonne ? Décision absurde, revotez sinon gare ... Les Français ont eu droit à une consultation et puis comme ils n'étaient pas d'accord, le jouet du vote démocratique leur a été retiré. Quant aux anglais et bien d'autres peuples européens ils n'ont pas eu à voter, c'est encore plus simple. Un traité qui engage l'avenir ne doit pas être laissé entre des mains inexpertes.
Daniel Cohn-Bendit, partisan de la démocratie directe rappelons-le, peaufine sa position : "la démocratie directe doit être encadrée par une constitution qui ne permette pas de voter sur n'importe quoi". Certains experts définiront ce qu'est le n'importe quoi (ce qui en principe est très large). Ils permettront d'encadrer les électeurs pour l'adoption uniquement de bonnes décisions. Il ne faut pas faire confiance au peuple.

Peut-être. Mais alors il ne faut pas être démocrate, Monsieur Cohn-Bendit.



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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 15:20

Les belle voix résonnent pour stigmatiser la votation de nos amis suisses. Amusant d’entendre celle des laïcards défendre la présence de minarets (voir articles et commentaires de Libé) ! Rigolo le concert  des éditorialistes contre la démocratie directe, contre la tyrannie de la majorité, leur déception de constater que les sondages ne veulent rien dire !

Mais vous avez tort de leur  jeter la pierre, Monsieur Frappat, en dénigrant  leur souci de l’identité, en vitupérant leur hypocrisie. Vous auriez mieux fait d’essayer de comprendre. Personne n’a interdit  le culte musulman en Suisse, juste voté une interdiction de signes trop marqués. Le sujet est bénin. Il marque néanmoins le refus d’une islamisation rampante ; celà est-il un sujet trop dur à aborder ? Que faut-il penser de la polygamie, du statut des femmes, des pratiques d’excision, de la chariah, du Coran parole révélée et intouchable ; toutes ces pratiques culturelles sont-elles  miscibles dans notre civilisation ? Oui, Non ? Si oui dans quelles conditions ? Voilà ce que, sans hypocrisie vous auriez pu aborder.

Une civilisation n’a pas à être ouverte ou fermée (le choix d’un des adjectifs est un préjugé) elle existe ou meurt. Pour exister elle doit s’adapter, mais pas se renier. Vous préférez, semble-t-il, exorciser les peurs dans la repentance, c’est votre choix.

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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 09:33

Que recouvre le pacte social sur la santé ? Personne ne le sait réellement puisqu'aucun référendum, aucun "Grenelle", aucun grand programme ne traite ou n'a traité du sujet depuis le programme du Conseil National de la Résistance. Beaucoup a été fait, mais sans vraiment redéfinir globalement l'objectif qui était "d'assurer à tous les citoyens des moyens d'exisence lorsqu'ils sont incapables de se le procurer par le travail". Cette idée noble et simple a depuis été mise en application par tous les gouvernements (maladie, vieillesse, RMI). Jamais il n'a été question de la gratuité de tous les soins. Elle ne fait pas partie du pacte initial. Cette idée de gratuité plombe le système : l'exemple le plus récent est la vaccination contre la grippe H1N1, maladie bénigne qui va coûter un milliard à l'état. Les gouvernements successifs ont essayé plutôt mal que bien de résister à cette idée de gratuité. Les tickets modérateurs, les forfaits hospitaliers, les déremboursement de médicaments de confort ont été des tentatives en ce sens. Tentatives trop craintives pour être un remède à la crise financière de la Sécurité Sociale. La crise est maintenant trop grave pour que ne soit pas lancé le débat pour revenir à l'esprit du texte du Conseil National de la Résistance : oui à la solidarité lorqu'elle est utile et nécessaire, non à la gratuité des soins.

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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 09:57

Les sénateurs y ont pensé. Pourquoi le gouvernement ne les suit pas en rétablissant le taux de TVA à 19.6% dans la restauration ?
L'INSEE l'a constaté, les prix de la restauration ont augmenté au lieu de baisser. Dans ma petite lorgnette quotidienne également j'ai vu le prix de la "formule" de mes bistrots favoris enfler au travers de changements astucieux  des ingrédients de ladite formule.
L'histoire bizarre de ce cadeau fiscal (seul terme possible puisqu'il n' a pas de contrepartie à l'effort de l'Etat) est intrigante. Parti d'une promesse abracadabrantesque et non tenue d'un président à la dérive. Repris à la volée par le nouveau chef (pour prouver que lui saurait faire ce que le vieux s'était révélé incapable de réaliser ?). Maintenu par les duettistes synchronisés Lagarde et Woerth malgré les broncas des parlementaires et des médias et au mépris d'une cohérence de pensée élémentaire : on ne peut se targuer de lutter contre les niches fiscales et en créer une et la maintenir.
Serait-ce pour flatter une catégorie d'électeurs ? Etrange, ils sont nombreux certes, mais moins nombreux que leurs clients qui ricanent sur l'augmentation des marges de leur bistrôt favori.
Serait-ce par arrogance ? L'Etat, dans son immense sagesse, ne peut se tromper. Tant de compétences entre L'Elysée et Bercy ne peuvent être prises en défaut.
Serait-ce par indifférence ? Peut-être bien. Pas de manifestations dans les rues pour stigmatiser des profits illicites (illicites car la promesse des bristotiers était soit de baisser les prix, soit de faire de nouvelles embauches, soit d'améliorer les conditions des salariés en place, jamais de se garder cette marge supplémentaire comme un super bonus).
Probalement un petit rata concoté avec les trois ingrédients. Les trois recettes de l'ochlocratie : flatter des clientèles (les unes après les autres, nécessairement, puisque les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres), gouverner en fonction des mouvements de foule (abroger les mesures qui suscitent des manifestations, garder celles qui n'émeuvent pas assez le peuple), mépriser au quotidien les naïfs qui vous ont confié les rênes .

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 09:59

On essaie de nous construire une parcelle d'identité nationale autour du football, du maillot bleu, de la fraternité du black-blanc-beur, de la marseillaise chantée dans les stades.  A l'arrivée nos héros sont Zidane (le type au coup de boule), Thierry Henry (le tricheur qui veut rejouer le match une fois qu'il est sur que c'est trop tard), notre expresssion les défilés de la victoire sous le drapeau algérien pour célébrer la victtoire de l'Algérie sur l'Egypte et notre combat la défense des niches fiscales pour des joueurs soucieux de commercialiser leur image avec un maximum de profit.
Non vraiment cette idendité là bâtie sur des valeurs de compromis, de "realpolitik" au mieux m'indiffère; au pire elle m'exaspère lorsqu'elle est défendue explicitement ou implicitement par quasi tous les hommes politiques. On ne bâtit par la fierté nationale sur l'abscence de contrôle de soi, la triche, les exploits d'étrangers et surtout les profits de stars surpayées.

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 14:31

Premier jugement exemplaire sur la catastrophe AZF.
Le tribunal a sanctionné une enquête sortie de l'ornière dès le début , sous l'influence d'un gourvernement acharné, dix jours après le onze septembre, à nier toute possibilité d'acte terroriste; les enquêteurs se sont orientés sur la piste accidentelle et ont donc négligé de recueillir, quand il en était encore temps, les éléments pouvant éclaircir d'autres hypothèses (attentat ou malveillance).
Le tribunal n'a pas considéré qu'il fallait absolument un coupable lorsque subsiste le doute.

Le seul point désolant est la complaisance avec laquelle les médias relaient les propos de ceux qui n'admettent pas l'application de ces deux principes. Propos haineux qui sont habituels et qui relèvent du lynchage  (il faut un coupable), du mépris de l'industrie et de ses salariés (c'est un encouragement à la diminution de la sécurité dans les usines), de la complaisance dans la lutte contre les odieuses multinationales (le méchant TOTAL), de la théorie du complot ("ils" se sont tous ligués contre le gentil manant).

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 09:53

Une fois de plus au nom de la réforme nécessaire de la taxe professionnelle, le président impose des solutions dangeureuses et inefficaces sur quasi tous les plans :
- une base de taxation future absurde ; la valeur ajoutée qui est proposée, faut-il le rappeler, inclut la masse salariale et les amortissements ; celà restera donc un impôt sur les salaires et les investissements
- un lien perdu entre l'entreprise et la commune; comme le disait un maire, "au nom d'une péréquation à déterminer, les communes qui ont accepté des établissements industriels vont être dépouillées au profit des communes qui les ont refusés"; un encouragement, à la délocalisation;
- enfin une méthode qui est celle du mépris vis-à-vis des autorités territoriales en bouleversant les financements avant d'avoir abordé le problème des compétences.
Un prodigieux résumé de la méthode Sarkozy : beaucoup d'affichage au détriment de la réflexion et de l'efficacité.

Pourrait-on espérer, à cette occasion, une coalition d'intérêts pour rejetter la réforme telle qu'elle est présentée et préconiser un nouvelle approche qui associe députés et maires. Certes le danger sera de perpétuer des conservatismes ou de recréer des baronnies. Certes le danger sera que les collectivités locales ne s'imposent pas les économies budgétaires qui devraient s'imposer à elles aussi. Mais de grandes voix sont là,celles d'Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Gérard Collomb pour canaliser ces dangers. A eux d'innover en proposant conjointement la création d'une émanation de l'Association des Maires de France pour dire non au projet tel qu'il est et le réécrire.

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 10:23

La France (d’autres pays aussi, peut-être, mais je ne le sais pas) s’abîme dans la compassion. Et que je te plains les pauvres handicapés, et que je pleure sur le sort des sans-papiers, et que je m’attendris sur les femmes battues, et  que je frémis sur le sort des victimes de viols. Que des causes qui, bien entendu, méritent que l’on s’occupe d’elles.  Que des causes qui ne méritent pas ces larmoiements publics, ces traitements simplificateurs.

Je trouve obscène cette appropriation par les politiques, les pipoles, les vedettes du show-biz, les intellectuels du malheur du monde. Vieille attitude de Tartuffe. Je ne les crois pas. Je soupçonne la mise en avant de leur mérite, de leurs bons sentiments. Je crains la campagne d’auto-promotion, de relance d’une carrière, d’entretien du buzz, d’occupation de l’espace public.  Je crains la mise en scène, le remake de l’affaire Calas, la réédition de « J’accuse », la suite de « Sans famille ».

Ah j’imagine la réponse des grandes âmes : qu’importe les motifs si ces actions servent à soulager la misère du monde ; qu’importe le côté paillette si un tout petit mieux a été apporté quelque part à quelqu’un. Plutôt Tartuffe que Ponce-Pilate. Plutôt l’ouverture à tous les problèmes des autres qui nous agressent que le repli égoïste sur soi.

La réponse n’est pas satisfaisante. Dans la longue quête pour soulager le malheur des autres, les pleurnicheries, l’émotion, n’ont pas été les moteurs les plus efficaces. Flatter le goût de chacun pour contempler le malheur des autres et en profiter pour lui extorquer une aumône ne peuvent être des principes de base pour conduire une action. L’apitoiement brouille les esprits, méconnait la logique et peut conduire surtout à la haine des fauteurs du malheur. C’est ce que l’on constate tous les jours à travers nos médias : juste après l’affliction arrivent les commentaires vengeurs, les incitations à la répression, les recommandations de punition.

La moralisation pesante qui s’étale sur toutes les ondes (ne discriminez pas, aidez les malheureux, sauvez des vies etc..) a de fait une conséquence : la mise au pilori de catégories entières de population qui se trouvent brutalement assimilées à des cyniques, des profiteurs, des irresponsables ; et l’on brode sur les patrons voyous, les délinquants de la route, les nationalistes fascisants, les obsédés des bonus et des primes. Plein de petits tiroirs dans lesquels sont rangés des pans entiers de ceux qui nous entourent. Et plus on stigmatise et plus on espère promouvoir sa cause.

Cette gigantesque tartufferie va alors jusqu’à défendre l’indéfendable : des déserteurs afghans venant s’enfuir en France sont présentés comme des réfugiés ; la discrimination qui est la qualité éminente de choisir devient une honte parce qu’elle ne peut qu’ être entachée de racisme, de jeunisme, de je ne sais quelles autres formes de mépris; la repentance qui n'est qu'une forme particulièrement criticable de la responsabilité collective. Oui les tartuffes préfèrent les larmes au raisonnement et à la logique. Ils préfèrent les dévoiements de l'émotion populaire à la sobriété des actions individuelles menées avec discernement.

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