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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 12:08

Maintenant que les candidats à la présidentielle commencent, enfin, à s'ébrouer sur la question de produire français, il faudrait qu'ils aillent peut-être un peu au-delà de simples slogans du style 'j'achète français" ou "je vérifie par un label que c'est bien produit en France". Ce ne sont pas des cris inutiles, tout au contraire, mais sur certains secteurs il est désormais quasi -impossible de pouvoir suivre leurs propositions; il suffit de prendre au  hasard le textile, ou la chaussure.  On aimerait que les postulants à la responsabilité suprême dans notre république aillent un pas plus loin dans leurs raisonnements et nous expliquent d'abord leur analyse de ce déclin qui continue (les délocalisations se poursuivent), et les actions qu'ils comptent entreprendre pour inverser la vapeur et rapatrier usines et emplois à l'intérieur de nos frontières.

Mais existe-t-il, au sein de l'état, une administration chargée de les aider sur ce sujet, de leur proposer des diagnostics, de leur suggérer des solutions ? La réalité est qu'il n'en existe plus. Le Commissariat au Plan a été dissous en 2006, remplacé par un Centre d'Analyse Stratégique dont le conseil d'orientation est exclusivement composé de fonctionnaires, politiques et universitaires (personne du monde l'Industrie !), dont les rapports sont sur les sujets à la mode tournant autour de l'écologie, le numérique, mais qui ne pond rien sur les aciéries, le raffinage, les vapocraqueurs, la construction automobile etc... etc.... Il existait naguère au sein d'un ministère de l'industrie des fonctionnaires chargés de suivre les problèmes des établissements industriels; depuis 1992 ils sont devenus également chargés de l'environnement, ce qui était marier la carpe et le lapin. En 1997 le ministère de l'industrie a été fondu dans celui des finances, puis au gré des remaniements éclaté entre celui des finances et celui de l'environnement, ce qui au mieux indique la profonde indifférence de nos gouvernants pour disposer d'un outil compétent pour gérer les législations qui s'appliquent aux entreprises et pour promouvoir des axes de développement.

La triste réalité et qu'au gré des complaisances accumulées au fil des ans, il ne reste plus comme interlocuteur des entrepreneurs que les DREAL (Directions Régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) dont l'intitulé même indique les priorités. A part cela ils sont confrontés avec  les différents gendarmes chargés de les surveiller (essentiellement Inspection du Travail, AFME, Haute Autorité de la Concurrence et bien entendu fisc).  Les gendarmes sont indispensables et ils font leur travail avec peut-être trop d'excellence, n'étant, de fait, soumis qu'à leur interprétation rigoureuse de leur arsenal de lois, décrets et circulaires. Le porte-parole naturel des industriels que devrait être les DREAL a oublié complètement son rôle; il n'entend jamais se faire leur interprète face aux autres administrations; il refuse de servir d'intermédiaire entre établissements et autorités locales. Les DREAL se sont recroquevillées sur la protection de l'environnement et ne conçoivent leur rôle que comme celui d'un gendarme supplémentaire. Leur seul objectif est  au travers d'une protection des intérêts locaux de la population de faire fermer un maximum d'installations industrielles. Leur titre de gloire est de faire du quantitatif sur le nombre de contraventions, de mises en demeure, de consignations, de dénonciations au parquet.

Les DREAL, peuplées de fonctionnaires qui n'ont pas trouvé un emploi dans le privé, exhalent leur rancoeur là où elles devraient être l'aiguillon de la relocalisation. Ses ayatollahs se passionnent pour la dépollution, les cercles de danger,  au lieu de s'intéresser aux conditions de survie, au maintien des emplois. S'il est bien une initiative que devraient proposer nos politiques ce serait de recréer un véritable défenseur de l'industrie au sein de l'administration et de faire disparaître l'aberration des DREAL.; de recréer un véritable ministère de l'industrie indépendant des gnomes de Bercy et des fumeux de l'Environnement.

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 17:53

Michel Camdessus trouve trois raisons à la perpétuation de la crise : la perte de confiance qui se transforme en rumeur (toute décision des états européens est analysée négativement), la mauvaise gestion des états depuis des décennies qui les a amené  à un endettement devenu insupportable si des mesures drastiques (que personne ne propose) ne sont pas prises, la perte de valeurs qui a laissé monter dans nos sociétés consumérisme et absence de solidarité.

Je trouve qu'il mélange trois facteurs qui ne sont pas de même nature. Le premier n'est que la conséquence du second et le second la conséquence du dernier. La perte de confiance n'est que le reflet désabusé de l'opinion mondiale face à des états qui ont oublié de se gérer depuis belle lurette.  L'accroissement des dettes n'a été qu'un mode de gestion laxiste de gouvernants qui n'avaient qu'une idée : préserver un modèle social bâti sur la compassion et la paresse. Sur ce dernier point l'exemple le plus éclairant est  celui des sub-primes qui a mis le feu aux poudres : l'état américain dans un double souci de loger tous les malheureux a aboli l'idée qu'un prêt à un individu puisse nécessairement être remboursé; on prêtait à des gens sans revenu, sans actif;  la sanction a plongé dans un malheur encore plus grand ceux que l'état américain a cru aider et a provoqué une immense déflagration qui a d'abord failli emporter le système bancaire et qui maintenant menace les états.

La perte de valeurs est véritablement au centre du sujet :  c'est elle qui explique que l'on puisse décider de faire produire des richesses dans des pays émergents au prix d'un effroyable dumping social et écologique, tout en maintenant la fiction que ce transfert nous est bénéfique. C'est elle qui autorise les consommateurs à refuser une juste rémunération des producteurs au prix d'une idéologie débridée qui sacralise la productivité au détriment de la qualité, tout en laissant croire que l'inflation de la consommation est synonyme de récompense individuelle. C'est elle qui nous a fait croire que le parasitisme était la doxa du futur : pendant que les autres produiraient, nous leur offririons nos services, nos prestations; l'avenir était dans le service pendant que les émergents se contentaient de la production. Tous ces raisonnements faux étaient bâtis sur le mépris d'un travail de création exigeant, au profit d'un travail de contrôle et de préconisation moins fatigant, sur la préférence donnée à la consommation au meilleur prix, au détriment de la production de qualité, sur la satisfaction immédiate des besoins des pays développés au détriment d'une évolution consensuelle et harmonieuse des pays émergents.

Ces valeurs perdues sont celles qui favorisent le travail de création, la juste rémunération de la production, la préservation des richesses héritées. Dans sa folie consumériste l'occident a oublié la transmission du passé (antidote contre l'arrogance), la fraternité avec le monde (nécessité vitale), la responsabilité d'exploiter ses talents (obligation morale).

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 22:26

Je n'en reviens pas moi-même, mais je vais rendre hommage à Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne, cette entité apatride, sans contrôle démocratique, enfantée par le funeste traité de Maastricht.

Il a osé dire tout haut que le délire budgétaire des états membres de la zone euro n'avait pas à être corrigé par l'artifice de la planche à billets; que les gouvernants n'avaient pas à tenter d'oublier tous leurs errements cumulés depuis des dizaines d'années par un coup de gomme de l'inflation; une telle opération ne conduirait qu'à perpétuer la gestion laxiste qui fut de règle; elle ne mettrait pas fin à l'enflure exagéré des dépenses; la boursouflure d' administrations remplies de sinécures, d'emplois de faveur; la gabegie de dépenses baptisées sociales qui oublient les plus faibles au profit des mieux défendus; le délire d'investissements publics sans contrôles. Le message du bon docteur Mario est clair : les déficits budgétaires devront être corrigés, non par un tour de passe passe magique mais par des réformes de structures qui feront mieux rentrer l'impôt et surtout fera baisser les dépenses.

Il a avec tout autant de vigueur indiqué son souci de donner aux organismes de financement de l'économie une garantie illimitée, et des moyens de financement à coût raisonnable. Le message est fort :  ce sont les entreprises, les initiatives individuelles qui vont relancer la machine économique grippée de l'Europe; ce sont eux qui pourront bénéficier de moyens. Il ne s'agit pas de faire de la relance guidée par les états sous la forme d'un énième plan baptisé keynesien pour doper les investissements, ou la consommation. Il ne fait pas confiance à des états qui ont marqué de leur impéritie 40 ans de gestion, mais de redonner le pouvoir à ceux qui sont à même de produire,  de créer des emplois .

Bravo, Monsieur Draghi. Vous avez cerné le véritable problème : ce n'est pas celui de survie d'états obèses, c'est la relance de l'initiative multipolaires, venant de toutes les bonnes volontés.

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 15:40

Il faut lire le rapport annuel de Green Peace. Vous pouvez au moins en tirer deux conclusions : les donateurs français ne représentent qu'environ 5% des contributions, alors que les pays anglo-saxons et germaniques doivent en représenter les 3/4. Ils nous assurent qu'ils ne perçoivent aucune subvention d'état mais reçoivent des dons de fondations : lesquelles ? mystère.

Pudeur ou absence de transparence caractérisent cette organisation non gouvernementale. Il est extraordinaire que pour n'importe quelle société il vous est possible de consulter des comptes détaillés par zone géographique ou par activité, il vous est possible de connaître les rémunérations des dirigeants, il vous est possible surtout d'avoir une analyse précise des revenus. Rien de tel pour Green Peace : tout est camouflé derrière trois chiffres si globaux que l'on arrive même pas à connaitre le véritable nombre de contributeurs par pays, ou de savoir qui sont ces fondations si généreuses.

Quant à lire les statuts et les règles d'administration interne, il faut avoir le coeur bien accroché : on devine néanmoins que derrière la fondation de droit privé néerlandais qui est en quelque sorte la holding de tête, se cache une procédure complexe pour filtrer tous les candidats à ce qui leur sert de conseil d'administration, et laisser le pouvoir en réalité aux deux plus gros contributeurs, l'Allemagne et les Pays-Bas.

Qui a fait une enquête sérieuse sur qui dirige Green Peace et qui est derrière. Je n'imagine aucun complot, mais tout simplement des abus de position dominante des représentants néerlandais et germaniques. C'est ce qu'il faudrait bien avoir en tête lorsque sont relatés les derniers "exploits" ou "victoires" de cette organisation.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 16:18

Quatre communes en bord de mer d 'une importance quasi-identique : Trébeurden, Pleumer-Bodou , Trégastel. Perros-Guirec. Quatre communes aux moyens insuffisants, aux problèmes analogues.

Ensemble elles disposeraient d'une population de presque 19 000 habitants et d'une surface de 61 km2 qui se comparerait honnêtement avec Lannion et  ses 19 000 habitants sur 44 km2.

Ensemble elles offriraient aux estivants qui sont leur ressource économique majeure ,voire quasi unique : la corniche de granit rose qui court sur les quatre communes, trois ports de plaisance à Trébeurden, Ploumanach, Perros, un golf à Trégastel, un casino à Perros, un festival de piano de qualité à Perros, une réserve d'oiseaux dans les sept iles, une réserve maritime dans les fonds sous-marins près de l'ile Millau, un patrimoine local de chapelles et mégalithes particulièrement riche à Pleumer.

Qu'attendent-elles pour fusionner, fusionner complètement, pas en créant des syndicats de communes, des organismes nouveaux et inutiles ? Une seule Mairie (au lieu de quatre bâtiments refaits à grands frais), un seul service technique plus étoffé et plus compétent, une seule politique d'aménagement qui mette un point final au mitage pratiqué par chacune d'entre elles, une seule politique d'accueil des touristes et d'implantation des services et activités qui leur sont utiles.

Pourquoi cela ne se fait pas, n'est même pas évoqué, à cause de quoi  : de misérables ambitions locales ? d'ancestrales rivalités ? De niveau d'endettement très inégale entre les quatre communes ? Des surreffectifs d'employés municipaux ici ou là ?  Je n'en sais rien mais si l'on veut trouver des élus municipaux plus à la hauteur, il faut nécessairement élargir le nombre des éligibles, et donc des électeurs.

VIte un réferendum pour organiser la fusion des quatre communes de la Côte de Granit Rose.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 15:22

Les politiques d'aujourd'hui doivent être considérés comme des gens sans enveloppe physique (ils ne sont en particulier ni nabot, ni gros, ne louchent pas, etc...), sans désir (ils ne vont pas aux putes, ne regardent pas d'un oeil concupiscent jeunes femmes ou jeunes hommes, etc...), sans défaut d'élocution (ils ne bégaient pas, n'ont pas d'accent maghrébin ou norvégien, ne zozotent pas, etc...), dépourvus de lieu d'origine (ils ne sont pas nés en Norvège, à la Martinique, en Algérie ou dans une cité de banlieue France ), dépourvus de parents (ceux-ci ne sont  ni  auvergnats ou parisiens car cela présume d'un préjugé favorable et ni camerounais ou russes car cela présume d'un préjugé défavorable); il vaut mieux qu'il ne soit pas fait mention de leur religion car dire de quelqu'un qu'il est juif est une façon d'exprimer son antisémitisme, qu'il est musulman de dire son islamophobie, qu'il est catholique de supposer son absence d'esprit laïque.

Nos hommes politiques sont dans l'idéal des ectoplasmes qui sont nés hors-sol, n'ont pas reçu de leurs parents une quelconque éducation qui ait pu les marquer, ne sont structurés par aucune pensée métaphysique, dont les orientations sexuelles relèvent du secret d'état. Ils sont des esprits purs, imprégnés par des idéaux dont ils ne changent jamais (variante un : ils ont des convictions inébranlables, variante deux : il n' a jamais changé d'idées), et préoccupés uniquement du bien-être de leurs concitoyens (variante  un : ils sont au service de l'état, variante deux : ils sont au service du public).

Il n'est pas admis de faire allusion à leur sexe, à leur culture, à leur environnement, à leurs croyances religieuses sans immédiatement se faire taxer de racisme, de sexisme, ou autre horreur en isme, et être immédiatement menacé d'un procès. Il n'est as admis de se moquer de leurs tares physiques, intellectuelles, caractérielles si vous n'avez pas votre certificat d'aptitude au métier d'humoriste; sinon vous êtes censé attaquer en-dessous de la ceinture, vous livrer à des manoeuvres nausébondes,  vous complaire à des insinuations de bas étage.  A force de répudier toute critique,  il ne reste plus de viande sur l'os.

Il faut admirer le sectarisme, la sclérose dans les idées, car chez les purs esprits qui nous surveillent ces comportements sont synonymes d'honnêteté intellectuelle, de force de caractère, de mépris des contingences. Il faut haïr l'esprit souple qui est accessible au raisonnements, qui accepte la remise en cause de postulats, qui croit que la maïeutique  ne se limite pas aux salles d'accouchement.

En bref il est interdit de s'intéresser à l'enveloppe charnelle de nos élus, de la façon dont sont arrivées à maturité ses convictions, et il est malséant de mettre en doute la solidité des doctrines qui les habitent. A y réfléchir quelle différence avec des Dieux ?

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 11:51

Les coups de canifs à la démocratie sont innombrables dans notre pays :

- décisions stratégiques non approuvées par le parlement : déclarations de guerre (à la Lybie, à l'Afghanistan pour les derniers conflits d'envergure), politique financière (remise entre les mains de l'autorité indépendante de la BCE),  politique industrielle et commerciale ( cadenassée par d'innombrables traités ou accords internationaux et européens).

- libertés individuelles bafouées : droit de propriété mis à mal par un état qui refuse de le protéger,, droit de traitement égalitaire piétiné par des systèmes de quotas, droit d'expression restreint par des lois dites mémorielles, droit de manifestation limité par le triomphalisme de la laïcité.

- surveillance des individus portée à des extrémités insupportables : délation organisée voire récompensée (Haute Autorité de la Concurrence, Douanes), traque technologique exacerbée de nos mouvements (radars sur les routes, caméras dans les rues),  fichiers de surveillance de nos activités croisés dans tous les sens (fisc, sécurité sociale).

- droit à une justice équitable mis en danger d'une part par une avalanche incontrôlée de lois, décrets, arrêtés plus illisibles les uns que les autres, souvent contradictoires, et d'autre part par un mépris du justiciable qui voit trop souvent son procès fait devant les médias avant même qu'une instruction soit terminée.

Dans ce paysage grisâtre, restait que l'expression de la volonté populaire restait à peu près intacte. Il fallait mettre fin à ce scandale; c'est en bonne voie grâce à la levée du secret du vote :

- les candidats à la présidence de la république sont contraints de passer par un système de recueil de 500 signatures convenablement éparpillées régionalement, au sein d'un corps électoral d'environ 50 000 personnes ; la procédure de ce tour préliminaire était nécessaire pour éviter les candidatures folkloriques, ou la transformation de la campagne électorale en simple outil de marketing personnel; elle devient vicieuse lorsque ce vote des 50 000 électeurs devient public : c'est la pise sous tutelle de l'élection présidentielle par les partis nationaux et les notables provinciaux; c'est l'assurance de voir augmenter le nombre de non-inscrits sur les listes électorales, le taux d'abstention aux élections et le nombre de bulletins blancs ou nuls jetés dans l'urne; c'est la certitude de voir se perpétuer gérontocratie, courtisanerie, absence de responsabilisation.

La démocratie se rouille alors que la classe politique devient inoxydable.

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 11:13

Le couple franco-allemand : lubie d'européiste qui a contre lui les leçons de l'histoire. Le général de Gaulle en avait fait les frais lorsqu'il a tenté un rapprochement stratégique entre la France et l'Allemagne dont le traité de l'Elysée signé en 1963 n'était que le moteur de démarrage ; l' adjonction d'un préambule par le parlement allemand, la mauvaise volonté du chancelier Erhard a rendu l'idée inopérante : "je suis resté vierge" avait conclu le Général. Mitterrand en avait fait les frais lorsqu'il s'est rallié du bout des lèvres à l'irrépressible réunification des deux parties de l'Allemagne, et a payé au prix fort pour l'économie française le prix de la remise à niveau de l'économie en lambeaux de l'Allemagne de l'Est. Le traité de Maastricht  fut un marché de dupes dont nous payons aujourd'hui les inconséquences : les pays qui l'ont appliqué ont cru se mettre à l'abri des secousses monétaires tout en bridant les velléités d'attirance vers l'Est de l'Allemagne  : ils ont aujourd'hui devant eux une Allemagne arrogante, imposant ses volontés et une crise qui les submerge.

 

Pour qu'il y ait un couple, il faut deux volontés pour surmonter les difficultés, les accrocs, les tentations d'éloignement. Cette volté est inexistante à Berlin : depuis 2007 l'égoïsme allemand prédomine, en refusant la moindre évolution des missions de la BCE, en refusant de payer pour les autres alors que les autres ont payé pour eux  pendant la réunification, en s'érigeant comme des parangons de vertu alors que le vice fondamental de l'Euroland s'étale en plein jour : une zone mark où l'Allemagne peut engranger des excédents économiques afin de financer ses déficits avec les pays émergents et ses fournisseurs d'énergie.

 

L'amitié franco-allemande est un leurre sur la compatibilité des politiques étrangères (qui pourrait imaginer la valeur d'une armée commune incapable d'intervenir sur un quelconque théâtre ?); un abus de langage sur le rapprochement des modèles sociaux (quel point commun entre ce pays vieillissant, qui regarde les enfants avec méfiance et le tonus démographique de notre pays ?), une absurdité sur la communauté de destin (comment rapprocher un pays au fort tropisme vers l'est, et le notre à cheval entre sa vocation méditerranéenne et sa vocation atlantique ?).

 

Quand donc reviendrons-nous à un mode de relation équilibré qui n'oublie pas aux portes des conciliabules des pays qui nous tiennent autant à coeur que l'Italie ou l'Espagne, avec qui nous avons tissé des liens séculaires d'entente comme la Grande Bretagne.  Quand donc nos politiques laisseront-ils tomber ce mythe de couple franco-allemand pour revenir sur terre et discuter avec cette superpuissance européenne, non comme des serviteurs dévoués, mais comme le héraut de tous les autres européens  atteints par un profond désamour contre cette Germanie aux abois. 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 11:33

Si AREVA s’exprime, défend sa stratégie, son métier, ses méthodes c’est du lobbying.  Si Ecologie-Les verts propose la suppression de la filière nucléaire, c’est une simple manifestation de la liberté d’expression. Voilà l’extraordinaire conception de la démocratie propagée par les porte-parole les plus représentatifs des écologistes, Duflot, Bové, Joly. Les 48 000 salariés d’AREVA n’ont-ils pas le droit de parler ? Leur opinion n’ est pas digne d’être entendue ? Seule la CGT esd-elle autorisée à dire quelque chose en leur nom ?  Leurs dirigeants ont-ils été condamné à une interdiction de médias, sont-ils sous le coup d’une condamantion judiciaire leur interdisant d’entrer en contact avec un quelconque homme politique ?

Les 30 000 adhérents et coopérateurs que revendique Ecologie les Verts ont-ils des drois à s’exprimer supérieurs aux membres des filières qu’ils critiquent ? Quelle légitimité autorise Eva Joly à considérer comme sacralisée la parole d’une représentante d’un parti et inconvenante celle qui s’exprime autrement que par le filtre d’associations, de mouvements politiques ? Pourquoi juge-t-elle que la  pensée d’un salarié est automatiquement polluée par son intérêt personnel ? Qui lui permet de condamner sans appel ceux qui se sont investis dans un métier qu’elle dénigre ? Quelle idée bizarre de l’égalité des droits que de réserver à des groupements baptisés partis politiques une sorte de monopole de l’expression sincère des convictions, une exclusivité de la pertinence des idées, une élimination hors du cercle des gens soucieux du bien public  de ceux qui ne militent pas, ne cotisent pas, ne sympathisent pas avec les partis.

Vraiment effrayant de voir défiler sur les écrans, tous ces invités écologistes, verts de rage à  l’idée que l’on puisse porter une autre parole que la leur, rouges de colère lorsqu’on les suspecte de magouilles électorales dans des luttes qu’ils prétendent mener. Degré zéro de la démocratie lorsque celui qui crie le plus fort croit pour celà avoir plus de légitimité. 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 11:37

Dans son livre, « Pour une révolution fiscale », Thomas Piketty (et deux acolytes) propose une réforme fiscale qui inspirera peut-être des propositions du candidat socialiste. Il  me parait utile de comprendre la philosophie qui se cache derrière la prétendue neutralité de l’économiste.  Tout d’abord tentons de pister quelques uns de ses préjugés. J’en ai pour ma part relevé quatre qui me gênent d’autant plus qu’ils ne sont pas explicites  :

-          Dans son univers où tout est évalué pour les besoins d’une meilleure efficacité fiscale, il oublie des travaux qui existent pourtant : la tenue du ménage d’une maison, l’élevage des enfants ; je ne suppose pas qu’il les considère comme non nécessaires, non utiles ; pourquoi donc sont ils éliminés de sa comptabilité ? Pourquoi considère-t-il comme plus gratifiant pour la collectivité d’être technicien(ne) de surface pour le compte d’autrui, ou gardien(ne) d’enfants des autres ? Ces activités lorsqu’elles sont officiellement rémunérées par des tiers entrent dans le revenu national (et donc dans le PIB), si elles sont effectuées à titre gratuit elles sont ignorées. Ce ne serait pas très grave, s’il ne s’agissait que d’un biais dans la comptabilité publique, le problème est que Piketty considère qu’une personne au foyer est une personne oisive : c’est ce qui ressort de sa suppression du quotient familial, la personne au foyer est censée avoir un revenu nul, la personne qui dispose des revenus paye au taux progressif sur l'ensemble de ses revenus ; en réalité le quotient familial fonctionne comme si celui qui gagne le plus ou qui perçoit seul des revenus paie une contribution de la moitié de ses revenus à l’autre qui travaille à la maison. L'idée sous-jacente de Piketty est la mise à l'index du travail au foyer.

-          Dans sa recherche d’une fiscalité juste il passe subrepticement de la notion d’effort proportionnel (chacun paye des impôts en relation avec ses gains) à la notion de taux progressif d’imposition ; je ne sais pour ma part distinguer si une taxation de 60% au-dessus d’un certain niveau de revenu est plus juste qu’une taxation de 55% ; de toute évidence ce n’est qu’une pétition de principe sauf à dire qu’il existe un niveau de gain inadmissible qui implique et que la progressivité de l’impôt sur le revenu grimpe jusqu’à 100%. Une progressivité plus forte du taux d’imposition sur le revenu n’est pas en soi plus juste, elle procure seulement plus de ressources fiscales prélevées sur une minorité. L'idée sous-jacente de Piketty est le plafonement des revenus.

-          Pour mieux traire le contribuable il imagine de le taxer sur un loyer fictif qu’il percevrait s’il était propriétaire. Sa justification, en dehors du fait que cela a déjà existé, ou existe ailleurs, est principalement de remettre sur un même niveau et les contribuables locataires dont le loyer ampute les revenus et les contribuables propriétaires qui par définition ne paient pas de loyer. En dehors de l’étrangeté d’avoir à payer un impôt   sur un revenu qu’on n’a jamais perçu et qu’on ne percevra jamais, l’idée sous-jacente est de rendre sans attrait la possession individuelle de son logement et de passer insensiblement à la socialisation de l’ensemble de l’immobilier.  Ce peut être une option, mais cela va à l’encontre du désir de millions de familles. L'idée sous-jacente de Piketty est la dépossession du foncier individuel.

-          Dans ce travail sur la fiscalité, donc théoriquement centré sur une optimisation et une simplification des recettes, curieusement il nous pond un petit chapitre sur le revenu d’autonomie des jeunes adultes qui participe au volet dépense et est donc hors-sujet. Néanmoins cette impérieuse nécessité qu’il a ressentie de l’introduire dans cet ouvrage révèle une dernière fois son préjugé fondamental contre la famille : il veut passer d’un système où les classes aisées aident leurs enfants et les moins riches bénéficient de bourses, à un système qui favorise l’autonomisation des jeunes par rapport aux adultes qui les aident pendant la période de leurs études ou de leur apprentissage. L'idée sous-jacente de Piketty est l'affaiblissement du lien familial.

Le livre de Piketty est donc bâti, non pas seulement sur une analyse des moyens de simplifier et rendre plus juste la perception des impôts, mais aussi sur la volonté de changer la société dans les domaines de la propriété et de la famille.  Le titre qu’il arbore « la révolution fiscale » est en grande partie un mensonge puisqu’il s’agit d’une révolution sociale induite par une nouvelle fiscalité.

Dans une deuxième partie j’examinerai quelques une de ses analyses qui ne me paraissent pas justifier les conclusions auxquelles il arrive.

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