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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 11:13

Le couple franco-allemand : lubie d'européiste qui a contre lui les leçons de l'histoire. Le général de Gaulle en avait fait les frais lorsqu'il a tenté un rapprochement stratégique entre la France et l'Allemagne dont le traité de l'Elysée signé en 1963 n'était que le moteur de démarrage ; l' adjonction d'un préambule par le parlement allemand, la mauvaise volonté du chancelier Erhard a rendu l'idée inopérante : "je suis resté vierge" avait conclu le Général. Mitterrand en avait fait les frais lorsqu'il s'est rallié du bout des lèvres à l'irrépressible réunification des deux parties de l'Allemagne, et a payé au prix fort pour l'économie française le prix de la remise à niveau de l'économie en lambeaux de l'Allemagne de l'Est. Le traité de Maastricht  fut un marché de dupes dont nous payons aujourd'hui les inconséquences : les pays qui l'ont appliqué ont cru se mettre à l'abri des secousses monétaires tout en bridant les velléités d'attirance vers l'Est de l'Allemagne  : ils ont aujourd'hui devant eux une Allemagne arrogante, imposant ses volontés et une crise qui les submerge.

 

Pour qu'il y ait un couple, il faut deux volontés pour surmonter les difficultés, les accrocs, les tentations d'éloignement. Cette volté est inexistante à Berlin : depuis 2007 l'égoïsme allemand prédomine, en refusant la moindre évolution des missions de la BCE, en refusant de payer pour les autres alors que les autres ont payé pour eux  pendant la réunification, en s'érigeant comme des parangons de vertu alors que le vice fondamental de l'Euroland s'étale en plein jour : une zone mark où l'Allemagne peut engranger des excédents économiques afin de financer ses déficits avec les pays émergents et ses fournisseurs d'énergie.

 

L'amitié franco-allemande est un leurre sur la compatibilité des politiques étrangères (qui pourrait imaginer la valeur d'une armée commune incapable d'intervenir sur un quelconque théâtre ?); un abus de langage sur le rapprochement des modèles sociaux (quel point commun entre ce pays vieillissant, qui regarde les enfants avec méfiance et le tonus démographique de notre pays ?), une absurdité sur la communauté de destin (comment rapprocher un pays au fort tropisme vers l'est, et le notre à cheval entre sa vocation méditerranéenne et sa vocation atlantique ?).

 

Quand donc reviendrons-nous à un mode de relation équilibré qui n'oublie pas aux portes des conciliabules des pays qui nous tiennent autant à coeur que l'Italie ou l'Espagne, avec qui nous avons tissé des liens séculaires d'entente comme la Grande Bretagne.  Quand donc nos politiques laisseront-ils tomber ce mythe de couple franco-allemand pour revenir sur terre et discuter avec cette superpuissance européenne, non comme des serviteurs dévoués, mais comme le héraut de tous les autres européens  atteints par un profond désamour contre cette Germanie aux abois. 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 11:33

Si AREVA s’exprime, défend sa stratégie, son métier, ses méthodes c’est du lobbying.  Si Ecologie-Les verts propose la suppression de la filière nucléaire, c’est une simple manifestation de la liberté d’expression. Voilà l’extraordinaire conception de la démocratie propagée par les porte-parole les plus représentatifs des écologistes, Duflot, Bové, Joly. Les 48 000 salariés d’AREVA n’ont-ils pas le droit de parler ? Leur opinion n’ est pas digne d’être entendue ? Seule la CGT esd-elle autorisée à dire quelque chose en leur nom ?  Leurs dirigeants ont-ils été condamné à une interdiction de médias, sont-ils sous le coup d’une condamantion judiciaire leur interdisant d’entrer en contact avec un quelconque homme politique ?

Les 30 000 adhérents et coopérateurs que revendique Ecologie les Verts ont-ils des drois à s’exprimer supérieurs aux membres des filières qu’ils critiquent ? Quelle légitimité autorise Eva Joly à considérer comme sacralisée la parole d’une représentante d’un parti et inconvenante celle qui s’exprime autrement que par le filtre d’associations, de mouvements politiques ? Pourquoi juge-t-elle que la  pensée d’un salarié est automatiquement polluée par son intérêt personnel ? Qui lui permet de condamner sans appel ceux qui se sont investis dans un métier qu’elle dénigre ? Quelle idée bizarre de l’égalité des droits que de réserver à des groupements baptisés partis politiques une sorte de monopole de l’expression sincère des convictions, une exclusivité de la pertinence des idées, une élimination hors du cercle des gens soucieux du bien public  de ceux qui ne militent pas, ne cotisent pas, ne sympathisent pas avec les partis.

Vraiment effrayant de voir défiler sur les écrans, tous ces invités écologistes, verts de rage à  l’idée que l’on puisse porter une autre parole que la leur, rouges de colère lorsqu’on les suspecte de magouilles électorales dans des luttes qu’ils prétendent mener. Degré zéro de la démocratie lorsque celui qui crie le plus fort croit pour celà avoir plus de légitimité. 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 11:37

Dans son livre, « Pour une révolution fiscale », Thomas Piketty (et deux acolytes) propose une réforme fiscale qui inspirera peut-être des propositions du candidat socialiste. Il  me parait utile de comprendre la philosophie qui se cache derrière la prétendue neutralité de l’économiste.  Tout d’abord tentons de pister quelques uns de ses préjugés. J’en ai pour ma part relevé quatre qui me gênent d’autant plus qu’ils ne sont pas explicites  :

-          Dans son univers où tout est évalué pour les besoins d’une meilleure efficacité fiscale, il oublie des travaux qui existent pourtant : la tenue du ménage d’une maison, l’élevage des enfants ; je ne suppose pas qu’il les considère comme non nécessaires, non utiles ; pourquoi donc sont ils éliminés de sa comptabilité ? Pourquoi considère-t-il comme plus gratifiant pour la collectivité d’être technicien(ne) de surface pour le compte d’autrui, ou gardien(ne) d’enfants des autres ? Ces activités lorsqu’elles sont officiellement rémunérées par des tiers entrent dans le revenu national (et donc dans le PIB), si elles sont effectuées à titre gratuit elles sont ignorées. Ce ne serait pas très grave, s’il ne s’agissait que d’un biais dans la comptabilité publique, le problème est que Piketty considère qu’une personne au foyer est une personne oisive : c’est ce qui ressort de sa suppression du quotient familial, la personne au foyer est censée avoir un revenu nul, la personne qui dispose des revenus paye au taux progressif sur l'ensemble de ses revenus ; en réalité le quotient familial fonctionne comme si celui qui gagne le plus ou qui perçoit seul des revenus paie une contribution de la moitié de ses revenus à l’autre qui travaille à la maison. L'idée sous-jacente de Piketty est la mise à l'index du travail au foyer.

-          Dans sa recherche d’une fiscalité juste il passe subrepticement de la notion d’effort proportionnel (chacun paye des impôts en relation avec ses gains) à la notion de taux progressif d’imposition ; je ne sais pour ma part distinguer si une taxation de 60% au-dessus d’un certain niveau de revenu est plus juste qu’une taxation de 55% ; de toute évidence ce n’est qu’une pétition de principe sauf à dire qu’il existe un niveau de gain inadmissible qui implique et que la progressivité de l’impôt sur le revenu grimpe jusqu’à 100%. Une progressivité plus forte du taux d’imposition sur le revenu n’est pas en soi plus juste, elle procure seulement plus de ressources fiscales prélevées sur une minorité. L'idée sous-jacente de Piketty est le plafonement des revenus.

-          Pour mieux traire le contribuable il imagine de le taxer sur un loyer fictif qu’il percevrait s’il était propriétaire. Sa justification, en dehors du fait que cela a déjà existé, ou existe ailleurs, est principalement de remettre sur un même niveau et les contribuables locataires dont le loyer ampute les revenus et les contribuables propriétaires qui par définition ne paient pas de loyer. En dehors de l’étrangeté d’avoir à payer un impôt   sur un revenu qu’on n’a jamais perçu et qu’on ne percevra jamais, l’idée sous-jacente est de rendre sans attrait la possession individuelle de son logement et de passer insensiblement à la socialisation de l’ensemble de l’immobilier.  Ce peut être une option, mais cela va à l’encontre du désir de millions de familles. L'idée sous-jacente de Piketty est la dépossession du foncier individuel.

-          Dans ce travail sur la fiscalité, donc théoriquement centré sur une optimisation et une simplification des recettes, curieusement il nous pond un petit chapitre sur le revenu d’autonomie des jeunes adultes qui participe au volet dépense et est donc hors-sujet. Néanmoins cette impérieuse nécessité qu’il a ressentie de l’introduire dans cet ouvrage révèle une dernière fois son préjugé fondamental contre la famille : il veut passer d’un système où les classes aisées aident leurs enfants et les moins riches bénéficient de bourses, à un système qui favorise l’autonomisation des jeunes par rapport aux adultes qui les aident pendant la période de leurs études ou de leur apprentissage. L'idée sous-jacente de Piketty est l'affaiblissement du lien familial.

Le livre de Piketty est donc bâti, non pas seulement sur une analyse des moyens de simplifier et rendre plus juste la perception des impôts, mais aussi sur la volonté de changer la société dans les domaines de la propriété et de la famille.  Le titre qu’il arbore « la révolution fiscale » est en grande partie un mensonge puisqu’il s’agit d’une révolution sociale induite par une nouvelle fiscalité.

Dans une deuxième partie j’examinerai quelques une de ses analyses qui ne me paraissent pas justifier les conclusions auxquelles il arrive.

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 11:03

Les vieillards qui veulent nous gouverner ont repoussé avec indignation l’idée de Montebourg d’instaurer un âge limite pour devenir député. Etonnant de ne pas vouloir regarder la réalité en face : ce parlement qui vote nos lois est bien celui qui a une moyenne d’âge la plus élevée dans notre histoire et parmi les démocraties occidentales. Les socialistes nous serinent des leçons sur la nécessité de la diversité, mais il ne semble qu’elle se décline que sur les plans de la couleur de la peau ou du sexe. L’âge ne fait pas partie de la diversité ?  Ils ont peur du racisme anti vieux ?  L’indignation des jeunes ne vient-elle pas en partie de cet accaparement du pouvoir par les classes les plus vieilles ?

D’ailleurs cet excellent Montebourg aurait pu élargir son registre dans son désir louable de renouveler nos élites parlementaires : combien de fonctionnaires parmi nos élus ? Est-il normal qu’une catégorie de salariés se retrouve grotesquement surreprésentée ? Qui imagine que la fonction publique est la seule apte à proposer des hommes de valeurs pour nous gouverner ? Ne faudrait-il pas obliger tout élu, et tout membre du gouvernement à démissionner de la fonction publique ?

Il aurait pu aussi se pencher sur les origines sociales de nos représentants : combien de fils de professeurs parmi nos élites parlementaires ? Ou encore sur leur cursus universitaire : où sont les ingénieurs ? Et pourquoi pas sur leurs opinions philosophiques : combien de francs-maçons ?

Un grand vent de diversité est souhaitable, indispensable pour renouveler nos élites, mais il ne passe pas nécessairement par la perpétuation de gadgets comme la parité homme/femme, ou l’instauration de critères à relents racistes.

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 10:41

Personne ne comprend ce que réclament les indignés. Mais de leurs discours incohérents vient peut-être une véritable réclamation : celle d’un ras le bol d’une jeunesse qui se considère comme exploitée. Mais je ne suis pas si sur qu’elle ait correctement analysé qui les exploite : ils s’en prennent aux banques, au système financier ; pourquoi pas, mais franchement ce n’est pas l’essentiel.

L’essentiel est un système instauré par l’état basé sur la préférence aux vieux ;  quelques exemples parmi tant :

-          Les organismes sociaux distribuent plus qu’ils ne perçoivent ce qui est la négation d’un système de solidarité par répartition ; le déficit est couvert par des emprunts qui sont une future ponction sur les jeunes qui auront un jour à les rembourser ; les jeunes devraient demander l’instauration d’une règle d’or qui serait qu’il soit interdit qu’un régime de solidarité social puisse être en déficit (soit il augmente ses recettes, soit il réduit ses prestations) ;

 

-          Tout les accords sur les conditions d’emploi des salariés (et plus particulièrement des fonctionnaires) contiennent des prescriptions sur des augmentations en fonction de l’ancienneté ; on comprend que l’expérience acquise soit rémunérée, mais la courbe d’expérience est variable suivant les individus et rien ne justifie que l’on s’écarte de l’augmentation au mérite en instaurant une rente pour ceux qui vieillissent dans leur emploi ;

 

-       Les rentiers bénéficient d'un taux de CSG plus favorable; c'est deux fois absurde : une fois parce que on ne comprend pas pour quelle raison des revenus de rente soient mieux traités que des revenus du travail; une fois parce que dans la CSG est incluse la RDS qui sert à rembourser les dettes des régimes sociaux, dettes qui ont plus pour origine les classes âgées que les classe jeunes

 

Oui les jeunes devraient se rebeller contre les rentiers qui abusent de leur position au sein des administrations pour mettre en place des systèmes qui les spolient. Le résultat est une sous-rémunération de l’ensemble de la jeunesse (professeurs débutants, stagiaires de tout poil, emplois en CDD sous-rémunérés en première embauche, internes en médecine et doctorants  sous le seuil de la pauvreté). Qu’ils arrêtent de se battre contre les bonus et autres rémunérations scandaleuses de traders : ils sont envoyés par des manipulateurs contre des ennemis qui ne représentent pas le gros de leurs exploiteurs.

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 12:04

Le blasphème fait-il partie de la liberté d’expression ? Oui a répondu Charlie Hebdo. Oui entonnent en chœur tous ceux qui se disent attachés à la laïcité.

La position est simpliste s’il s’agit uniquement d’autoriser des injures contre la religion catholique (ex religion dominante) et la religion musulmane (religion en plein développement sur notre territoire) pour au moins deux raisons :

-          Le blasphème est une injure envers tout ce qui est considéré comme sacré ou inviolable et le domaine du blasphème déborde largement les manifestations antireligieuses.

-          Le fondement de la liberté d’un individu est en réalité son aptitude à agir (parler, écrire) sans nuire à autrui ;

1° Tout le monde comprend qu’il est blasphématoire de proférer des propos négationnistes qui mettent en doutent la souffrance subie par le peuple juif pendant l’holocauste, par les peuples africains pendant la traite négrière. Qu’il y ait eu des lois votées à ce sujet ne rajoute d’ailleurs pas grand-chose au fait même qu’il n’est pas toléré de nier des évidences historiques. La tendance actuelle est même d’élargir ce domaine du sacré en considérant comme insupportable tout propos irrespectueux contre les femmes, les homosexuels, les communautés ethniques, culturelles ; faudrait-il penser que des adeptes d’une religion ne forment pas une communauté qui a le droit à un minimum de respect ?

 Là intervient la liberté de propos. Là commencent les difficultés pour trancher entre pouvoir tout dire et ne rien pouvoir dire. Il ne me paraît guère concevable de prétendre que vous ne nuisez pas aux adeptes d’une religion si vous dénigrer son Dieu. Tout le problème est de deviner ce qui est acceptable de ce qui est inacceptable. Tremper la croix du crucifié dans l’urine me paraît être une offense grave, insupportable, pour ceux qui le prient. Ridiculiser Mahomet et le Dieu qui l’inspire me paraît être une offense grave, insupportable pour les lecteurs du Coran.  Toujours la mesure et le bon sens doivent intervenir pour savoir jusqu’où le blasphème devient une blessure pour celui qui le supporte.

La liberté d’expression n’a rien à voir avec des lois, une constitution, un régime ; toutes ces structures ne sont pas là  pour la définir mais pour tenter d’en organiser l’exercice.  

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 10:41

Pourquoi faire une armée grecque (80 000 professionnels, 98 000 conscrits)  ? Pour dépenser 6 milliards d’euros ? Pour attaquer la Turquie et être immédiatement mise en déroute ? Pour préparer de nouvelles promotions de colonels grecs ?

Pourquoi faire un clergé orthodoxe rémunéré par l’Etat ? Pour administrer les 130 000 hectares de propriété de l’Eglise exonérés de taxes foncières ? Pour gérer toutes les fondations, et associations exonérées d’impôts sur les revenus ?

Pourquoi faire une fonction publique pléthorique, corrompue, inefficace ? Pour gérer les pots de vin qu’elle perçoit ? Pour ne pas percevoir les impôts qu’elle est chargée de collecter ? Pour manifester contre les plans de rigueur sur la place Syntagma ? Pour bloquer par des grèves le peu d’activité économique résiduel ?

Pourquoi faire une classe politique partagée depuis des lustres entre les clans Caramanlis et Papandréou ? Pour se partager des prébendes ? Pour faire la manche dans les organisations européennes et internationales ?

C’est de tout cela que les grecs doivent répondre. Entrés par effraction dans l’Europe sur le présupposé qu’ils étaient des héritiers d’une civilisation disparue depuis plus de deux millénaires, pas surveillés par une organisation bruxelloise dont on peut se demander à quoi elle sert, tricheurs dans les négociations qu’ils mènent depuis deux ans avec les autres pays de la zone euro, qu’espèrent-ils sinon une fois de plus faire chanter les allemands pour mieux prolonger l’indécence de l’existence de ce simulacre de régime.

La seule réponse n’est pas à une question que l’on ne connait pas lors d’un référendum hypothétique, mais le renversement  de ce régime, et l’organisation immédiate d’élections  pour une assemblée constituante.  Si le peuple grec n’est pas capable de cet effort que ses armateurs le rembarque et qu’ils aillent porter ailleurs leurs cadeaux empoisonnés.

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 14:29

Comme beaucoup d' intervenants sur ce net, je considère que le problème de la balance commerciale française devrait être une priorité alors qu’elle n’est jamais abordée par l’ensemble de la classe politique (une allusion,quand même par Sarkozy hier, c’est nouveau, sur la nécessité de la réciprocité des avantages consentis entre pays) . Le solde négatif de cette balance qui s’est dangereusement aggravé est le signal d’alarme de notre désindustrialisation sur le long-terme. Et c’est bien ce déséquilibre qui est à l’origine de l’explosion de l’assistanat, donc des dépenses publiques, donc des déficits publics (de plus financé absurdement par des emprunts sur les marché internationaux).

Réindustrialiser (donc créer des emplois, donc entrer dans un cercle vertueux) ne se fait pas uniquement à coup d’anathèmes contre « la main invisible du marché » (je ne sais si elle invisible, mais elle existe), les «fonds spéculatifs » (le sujet n’est pas l’existence d’épargne et de structures qui les gèrent, mais de la nocivité des produits dérivés), « les ogres du CAC40 » (on devrait être fier de leur existence), mais d’abord de trouver pragmatiquement les moyens de relancer l’initiative privée. Les trois que je sens possibles sont l’amélioration de la compétitivité, la libération des contraintes administratives, l’appui de l’état à des secteurs stratégiques.

1° L’amélioration de la compétitivité passe en vrac par une restauration des termes de l’échange entre la France et les pays émergents (TVA sociale ? Contingentements aux frontières de l’Europe ? Dévaluation de l’Euro), par la restauration des termes de l’échange avec l’Allemagne (Sortie de l’Euro ? Création d’une zone Mark et d’une zone Euro des pays du Sud), par un allègement des charges des entreprises (Encore TVA sociale ? Abolition des 35 heures ? )

2° La libération des contraintes administratives passe, tout aussi en vrac, par la réforme du contrat de travail (suppression des conditions de licenciement contre une augmentation substantielle des indemnités de licenciement ?), la facilitation de la mobilité (abolition des taxes sur les ventes immobilières ?), la réforme profonde de toutes les procédures d’autorisation de création d’établissements nouveaux, de leur construction, de leur exploitation (trop complexes, trop propices à des recours abusifs ou au moins dilatoires ? trop tatillonnes et favorisant l’action de petits chefs et d’associations de protection d’intérêts locaux ?)

3° L’appui de l’état à des secteurs stratégiques est surement indispensable, pour favoriser la recherche (avec des systèmes d’élargissement du crédit impôt recherche ? avec l’élargissement de l’autonomie des universités pour lancer des programmes ?), pour aider les entreprises sur des secteurs pointus ou qui ne sont pas encore arrivés à maturité (ce qui implique, souvent, de faire abstraction de règles bruxelloises ?), pour abandonner les aides d’aubaine (style ADEME ou autres organismes du même acabit) et concentrer l’effort de l’état sur  des sujets qui ne sont pas nécessairement à la mode mais créateurs d’emplois, pour relancer les programmes énergétiques (sans tabous sur le nucléaire, les énergies fossiles comme le gaz de schiste ?).

L’économie, en bref, ce n’est pas que de la monnaie, des banques, et de la fiscalité mais bien d’autres éléments qui concourent aussi (essentiellement ?) à pourchasser les attitudes, les situations de rentier, de bénéficiaires d’avantages acquis au profit du mouvement, de la vie, de l’audace.

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 12:01

Le délire médiatique a explosé. Les images du lynchage de Khadafi nous ont été montrées avec complaisance, en boucle, en détail ; la petite gêne des présentateurs se manifestait timidement dans le simple commentaire que ces images pourraient choquer des enfants. Mais ce ne sont pas que les enfants que cela choque, mais tous les adultes qui ont un mouvement de répulsion devant l’étalage de la cruauté, de la bêtise, de la mort donnée à celui qui est à terre par ceux qui on les armes. On se croyait revenu au temps des exécutions publiques, lorsque l’on servait au bon peuple, sa ration de sang, d’os écrasés, de têtes décapitées.

Le surprenant n’est pas que des actes de barbarie adviennent durant une guerre, mais l’acceptation par les journalistes d’une quasi normalité de ces actes, et de l’obligation qui en découlait de les montrer. L’un nous dit « cela existe, il faut donc le montrer », ce qui est absurdité et la négation même du travail de l’informateur qui est de choisir , trier, hiérarchiser. L’autre nie la réalité en nous précisant, au moment même où les images sont diffusées, « nous ne savons pas encore si Khadafi a été exécuté » ou « une enquête va être menée ». Le meilleur, il le sait, fut Bernard Henri-Levy qui après a excusé cette indignité en se réfugiant sous le parapluie de l’histoire : « notre Révolution Française a laissé faire les massacres de septembre ». BHL courant de plateau en plateau, pour célébrer « sa » victoire, offrait à l’ensemble des journalistes cette merveilleuse excuse d'entendre un philosophe, ami des révoltés de Benghazi, absoudre en direct des atrocités, au nom d’un égarement passager et de la justification par  des objectifs révolutionnaires.

Comme un impérator sanglant, BHL « le lybique »  éructait au micro sa compassion pour les exécuteurs, et son exécration de l’exécuté.

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 15:03

La pantalonnade des primaires du peuple de gauche s’est enfin achevée.

C’est une offense à l’esprit de la constitution que de convoquer une partie du peuple, en utilisant les listes électorales du pays, pour lui faire choisir quelqu’un qui n’a aucune fonction à remplir :

-          Pourquoi certains prennent-ils le droit de voter sous prétexte qu’ils adhèrent à certaines valeurs ; en contrepoint cela signifie que ceux qui n’y adhèrent pas, ou les trouvent incomplètes, ou les jugent dérisoires ne peuvent s’exprimer ; la procédure n’est admissible qu’au seing d’un ensemble qui ne peut être le peuple français dans son ensemble ;

-          Pourquoi un parti s’approprie-t-il des listes électorales qui n’ont été établies que dans l’unique but de procéder à des élections par le peuple de ses représentants ou de ses opinions ; en l’espèce il ne s’agit ni de l’expression d’une opinion (puisqu’il fallait signer une charte définissant l’opinion acceptable), ni de la désignation de représentants (des candidats à une élection ne représentent qu’eux-mêmes tant qu’ils ne sont pas régulièrement élus)

-          La désignation des candidats à la fonction de président de la république relève d’une procédure parfaitement explicite : ils doivent recueillir un certain nombre de signatures de grands électeurs ; doit-on considérer d’une part que ce recueil de signatures n’est plus de mise puisqu’un peuple de gauche s’est chargé de la tâche, et d’autre part que ceux qui ne seraient pas passés par cette consécration semi-populaire seraient moins légitimes.

C’est une triste leçon sur la démocratie participative que de voir émerger par élimination successive le moins transcendant des candidats :

-          Un premier tour pour éliminer celui qui avait des idées, celui qui avait les pieds sur terre, et celle qui avait une expérience d’un campagne présidentielle ; et un deuxième tour pour éliminer celle qui connaissait le mieux ses dossiers ;

Tout ce bataclan pour porter au premier rang un médiocre qui s’assume laisse perplexe sur le mécanisme même de la démocratie. Car le problème est plus large : beaucoup ont le sentiment que depuis la mort de Pompidou la fonction de président de la République n’a été occupée que par des hommes qui n’étaient pas à la hauteur des enjeux et qui ont sciemment barré la route aux meilleurs :

-          Giscard qui n’a pas su redresser la barre après la crise de 1974,

-          Mitterrand qui a d’abord fait n’importe quoi dans un premier mandat, puis plus rien dans un second,

-          Chirac qui a joué les rois fainéants pendant douze ans,

-          Sarkozy qui a voulu faire, mais l’a fait de façon trop velléitaire et se heurte à une crise mondiale sans plus savoir que faire.

De toute évidence le problème du choix du candidat se pose. Mais la réponse qu’ont voulu y apporter les socialistes n’est ni pertinente, ni efficace.

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