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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 10:41

Elle a donc trouvé son gigolo trop cher, pour aller lui faire un procès en extorsion de fonds ? Pendant des années, elle a pondu livres et films  relatant avec complaisance sa recherche du plaisir, de la jouissance : elle en trouve, elle en en crie et ne veut pas payer. Elle nous a assommé de ses états d'âmes, en prétextant que c'était de la littérature ou du cinéma, et maintenant elle nous accable des détails sordides de sa vie dans les prétoires, en croyant que c'est recherche de justice, alors qu'il s'agit au mieux du hurlement d'un Harpagon femelle déplorant la perte de sa cassette, ou de la vengeance d'une amoureuse déçue de la froideur de son sigisbée.

Plus que de la femme déçue, c'est la procédure de l'intellectuelle dont la vanité a été éraflée . La manipulatrice manipulée. La penseuse bafouée par un médiocre. La scribouillarde de romans et de scénarios, flouée par un inventeur d'intrigues véritables. Car Rocancourt n'a peut-être guère de talent de plume ou de réflexion, mais il est un authentique aventurier, autrement vivant que les vedettes sexuelles qui grenouillent dans l'imaginaire de la dame. Et la dame, furibarde, non seulement l'envoie en prison, mais tente à tout prix de détruire les quelques souvenirs, vrais ou faux, qu'a tenté de se construire le pauvre Rocancourt.

Misérable ? c'est peut-être le condamné, c'est surtout la pimbêche qui se sert de ses faiblesses pour mieux accabler son ennemi.

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 11:05

Les Grecs ne veulent pas payer d'impôts pour plein de bonne raisons :

- l'église orthodoxe parce qu'elle prétend avoir besoin de ses ressources pour faire la charité,

- commerçants et clients qui évitent de payer la TVA puisque c'est plus de profits pour les uns (économie au noir) et moins de dépenses pour les autres,

- les armateurs parce qu'ils ont placé leur fortune hors des frontières,

- tous les propriétaires fonciers parce qu'ils refusent l'établissement d'un cadastre,

Les Grecs ne veulent pas trancher dans leurs défenses :

- leur armée est toujours aussi disproportionnée par rapport à la taille de leur pays, avec des missions incompréhensibles : veulent ils annexer Chypre, se défendre contre une attaque turque sur trois ilots de la mer Egée ?

- leur fonction publique est toujours aussi pléthorique, incompétente, inefficace malgré des plans de réduction d'effectifs, toujours votés,  jamais appliqués,

Les Grecs prétendent toujours vouloir appartenir à l'Europe, en promettant et votant n'importe quoi :

- pour continuer de toucher des subventions,

- pour que certains abandonnent leur dettes, afin qu'ils puissent continuer d'emprunter à d'autres.

 

Au nom de quel principe l'Europe continue-t-elle d'aider de pareils jean-foutres, si ce n'est par peur, d'une contagion de la méfiance des marchés financiers, d'une fragilisation de nos établissements financiers si les banques grecques s'écroulent, de la propagation de l'idée que la sortie de l'euro est pensable pour d'autres pays. La peur est mauvaise conseillère dans les trois cas :

- les marchés financiers ne sont pas tétanisés par une faillite de la Grèce probablement inéluctable, mais par l'incapacité des gouvernants européens à trancher dans le vif,

- nos établissements financiers peuvent supporter la perte de leurs actifs grecs, et la Banque Centrale Européenne a déjà mis en pace un outil de maintien illimité de leur liquidité,

- la sortie de l'euro en catastrophe n'est une tentation pour personne; la réforme complète de l'euro est un impératif.

 

Alors à quoi bon tergiverser et charger la barque de pays déjà surendetté pour sauver un pays qui ne veut rien.

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 13:21

La question qui se pose au gouvernement n'est pas de sauver la raffinerie de Petit-Couronne, désuète, mal située, mal entretenue, mais de fortifier les raffineries encore existantes sur le sol français, sur la Seine (Gonfreville et Gravenchon), sur la Loire (Donges), à Marseille (Lavera, Berre, La Mède, Fos), sur le Rhône (Feyzin) et en Région parisienne (Grandpuits). L'arrêt de Port-Jérôme (et des autres raffineries de Petroplus à Creyssier, Ingolstadt, Anvers, Coryton) a eu pour immédiate conséquence un redressement salutaire des marges de raffinage. La surcapacité globale de raffinage en Europe a été partiellement gommée. Le but n'est pas de remettre en route des outils trop anciens au risque de fragiliser d'autres outils tangents comme le sont les raffineries françaises. Le véritable courage est de fermer Port-Jérôme, de ne pas la laisser agoniser entre les mains de groupes spéculatifs avides de faire un coup (lequel, je ne saisis pas trop bien, peut-être de récolter des subventions ?). Le dialogue est à mener avec les groupes encore actifs en France (Total d'abord, bien sur, mais aussi Esso, Ineos, Lyondell-Basell) pour qu'ils remettent à niveau leurs outils et d'éviter que ces derniers soient les prochains à fermer. Total, s'est enfin aperçu du retard qu'elle avait pris dans la modernisation de ses unités et a lancé un premier programme en particulier sur Gonfreville. Il est essentiel qu'un dialogue constructif s'instaure entre l'Etat et ces grands groupes pour décider d'un plan moyen-terme de sauvetage de toutes les raffineries qui nous restent, au prix probablement d'investissements lourds permettant d'adapter la production aux demandes du marché, de retrouver une flexibilité dans l'utilisation d'une large gamme de pétroles bruts, de disposer d'outils concurrentiels capables de résister aux concurrents et particulièrement à ceux des Pays-Bas et de Belgique.

Le problème urgent n'est pas d'imposer les pétroliers, de les assommer de réglementations, mais tout au contraire de conclure un partenariat avec eux pour éviter des délocalisations.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 12:18

Il faut lire le rapport public annuel 2012 de la Cour des Comptes, et surtout son chapitre 1 sur la situation d'ensemble. Je ne citerai que le dernier paragraphe de ce chapitre : "  Alors que les plans annoncés jusque là font porter l’ajustement

surtout sur des hausses des prélèvements, un ralentissement plus marqué des dépenses publiques est désormais indispensable. De nouvelles hausses des prélèvements obligatoires seront néanmoins nécessaires. Pour renforcer le potentiel de croissance à moyen terme, les impôts et cotisations sociales devront aussi être redéployés pour améliorer la compétitivité des entreprises. C’est en effet à un double déficit, des comptes publics et de la balance des paiements courants, que la France est confrontée. Dès lors, ces deux déficits doivent diminuer de pair pour permettre à notre pays de retrouver durablement le chemin de la croissance.  "

Sous des mots policés la critique de la timidité de l'action actuelle du gouvernement (effort de ralentissement de la croissance des dépenses insuffisant, hypothèses économiques pour les années à venir exagérément optimistes) est implacable; quant aux délires du programme économique des socialistes ils sont en filigrane considérés comme tout bonnement absurdes puisqu'ils oublient la réduction des dépenses et n'envisagent qu'une augmentation des recettes.

Au fil des paragraphes, la Cour demande une réduction du déficit structurel qui passe par la réduction des allocations de l'Etat aux collectivités locales, le rétablissement de l'équilibre des comptes sociaux qui implique une désindexation des prestations (allocations familiales, retraites), l'amplification de l'effort de réduction des dépenses publiques  (nombre des fonctionnaires, aides à l'efficacité économique non prouvées). Rien de tout cela ne figure dans un programme politique quelconque. La seule suggestion de la Cour retenue est l'amoindrissement drastique des niches fiscales.

 

Cette cure d'austérité n'est  jugée nécessaire que du fait de la constatation de trois phénomènes bien connus :

- un déficit de la balance des paiements qui traduit l'insuffisante compétitivité de l'industrie française, et qui s'aggrave année après année,

- un endettement qui va continuer de monter mécaniquement tant qu'il existera un déficit des comptes publics avant paiement des intérêts sur la dette,

- une dette placée à 68% chez des non-résidents (c'est le taux le plus fort de la zone euro, qu'il faut comparer avec les 46% de l'Espagne les 43% de l'Italie, les 50% de l'Allemagne).

La conjonction de ces trois phénomènes explique notre dépendance fondamentale envers les pays étrangers, et donc de leur jugement sur la pertinence de notre politique économique. Le scénario d'une perte de confiance envers notre politique économique conduirait irrémédiablement au renchérissement des taux d'intérêts donc à la faillite de l'état incapable de les payer, et à une chute des investissements des investisseurs privés incapables d'emprunter.

 

Le monde politique serait bien inspiré de respecter ces contraintes évidentes, de les intégrer dans ses perspectives, et de concentrer son originalité sur toutes les actions de relance qui n'impliquent pas de dépenses supplémentaires (il en existe beaucoup), et  une revue d'ambitions qui ne sont plus à l'ordre du jour (politique d'intervention militaire, aide la Grèce, ...).

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 16:10

Dans le délire égalitaire, il devient coupable de hiérarchiser les cultures. Dans la haine de soi, il devient coupable de célébrer sa culture par rapport à celles d'autres. Deux motivations qui conduisent à toutes sortes de délires sur de soit-disant phobies.

L'égalité des droits civiques est la mise entre parenthèses des qualités physiques et intellectuelles des adultes conscients, lors de l'exercice de leurs libertés constitutionnelles. Leurs origines, leur valeur, leur caractère, leurs aptitudes ne peuvent les empêcher de se déplacer, s'exprimer, choisir librement. Sur cette notion simple, fondement de la démocratie, est venue proliférer le cancer de l'égalitarisme qui veut imposer l'idée qu'il faut oublier toute différence au-delà même de la sphère des droits politiques : la notation devient un instrument de contrainte sur les moins doués et les moins aptes, la différence constatée est un indice de racisme, xénophobie, peur de l'autre. Et l'égalitarisme sort franchement du domaine individuel en pourchassant toute idée de hiérarchie entre moeurs, conduites : l'individu est englobé dans une catégorie qu'il devient interdit de critiquer au prétexte bizarre qu'une remarque sur un comportement pourrait être une insulte envers chacun des individus appartenant au groupe incriminé (ne rien dire sur les voyous des cités, etc...). L'égalitarisme, en veine de prospérité s'en prend même avec impudence à l'idée que peuples, cultures, religions, civilisations puissent être discriminées, critiquées, et (mot atroce( hiérarchisées); toute discrimination globale est une injure envers chacun des individus qui disparaît complètement au profit d'entité suprêmes.

La haine de soi est un autre type de pathologie, caractéristique de la dépression chez les individus. Elle se manifeste dans l'espace public par la théorie du multiculturalisme. Non pas sous l'aspect d'une fécondation réciproque entre cultures et civilisations, synonyme de vie , mais comme une manifestation de haine de ses origines, de son histoire, de sa fierté, au profit d'une adoration bêtifiante de tout ce qui est étranger, hors sol, exotique. La déferlante se vautre dans l'adulation des religions importées, des arts primitifs. Le summum est atteint dans une volonté de nier que des valeurs de beau et de bien qui nous sont spécifiques ont accompagné notre civilisation depuis ses origines.

Si l'égalitarisme est une caractéristique de la République et/ou du Socialisme, alors je ne suis ni républicain, ni socialiste car trop attaché au respect de l'individu.

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 17:11

 

 

La présentation du budget de Hollande remet le pendules à l'heure,  elle pourrait se résumer en une seule phrase : il faut des sacrifices des classes aisées pour sauver la fonction publique. Il n'est jamais question, à aucun moment de diminuer les dépenses, de continuer la décrue du nombre des fonctionnaires d'état, d'amorcer celle des fonctionnaires territoriaux, de recentrer les dépenses de sécurité sociale sur l'essentiel, de repenser la distribution des subventions. La seule règle de plomb est de trouver des recettes pour financer de nouvelles dépenses, d'alourdir par là encore le coût du travail, de ne pas diminuer le corset des contraintes pesant sur l'activité économique, de rater à terme le remboursement de l'excédent de dettes qui pèse sur les générations futures.

Tout le monde est prêt à faire des sacrifices; les classe aisées en premier : mais pas pour rien, pas pour entretenir une administration pléthorique, à la productivité insuffisante, à l'agitation non maîtrisée par l'état. Personne n'a envie de faire des sacrifices pour sauver, pour une période probablement très transitoire, des gens obnubilés par leur statut, leurs droits. A quoi bon se serrer la ceinture pour maintenir l'emploi de privilégiés.

Bien entendu pas une voix en ce sens chez les hommes politiques puisqu'ils sont issus dans leur grande majorité de la fonction publique. Ils défendent, cela va de soi, leur hégémonie. Ils s'offusquent d' attaques contre les fonctionnaires, qui stigmatiserait une catégorie de français.  La droite, sans trop de trompette, a essayé, courageusement, de s'attaquer à cette forteresse là où elle en avait le pouvoir. La gauche a saboté ces timides efforts en recrutant à tour de bras dans la fonction publique territoriale. Et maintenant elle proclame, haut et fort dans ce programme de gouvernement hollandais, l'intangibilité du nombre global de fonctionnaires, et la nécessité pour les autres de se serrer la ceinture.

Il est temps que des voix s'élèvent pour s'indigner de la prise en otage de notre démocratie par la classe des fonctionnaires.

 

 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 16:47

Suffisance d'élus qui se croient investis du pouvoir de nous dicter ce qu'il faut penser et de criminaliser , non pas l'injure, mais le fait même de penser autrement. Ils aggravent leur cas en feignant de considérer que ce pourrait être gênant pour les historiens, mais que leur texte ne les atteint pas  en réalité puisqu'ils sont spécialistes et sauront exprimer avec retenue le fruit de leurs recherches. Il faut donc considérer qu'exprimer sa pensée n'est loisible que dans des limites permises par la loi et que seuls des experts seront aptes à tutoyer les frontières de l'admissible. Inutile d'insister, tout ceci est contraire à une liberté fondamentale d'une démocratie : la liberté individuelle d'expression. La seule limite admissible est qu'elle n'injurie pas, ou ne calomnie pas un autre individu. De telles limites ne souffrent pas d'extensions proposées par un état, orchestrées par des communautés. En clair, proférer un mensonge ne peut être assimilé à une faute pénale.

 

Suffisance partagée entre la droite et la gauche ! A quoi sert-il d'avoir plusieurs partis censés représenter des courants d'opinions différents s'ils s'engouffrent, avec un même zèle, dans la même impasse. L'unanimisme de la représentation nationale rend inquiétant le vote de toutes les lois mémorielles : il signifie bien que toutes les opinions d'esprits très divers qui se sont exprimées depuis des années dans nombre de journaux ne reçoivent aucune écoute. Le parlement est sourd aux voix venant de tous bords, et préfère se rallier aux exigences de telle ou telle communauté. En clair il préfère privilégier un petit nombre au détriment d'un sentiment national.

 

L'hypocrisie de ce vote est qu'il camoufle quelques populistes visées électorales derrière de grands mots à la signification imprécise : la République (bananière ? autoritaire ? impériale ?), la France comme guide des Lumières dans le monde (ce ne serait pas un peu de l'arrogance, voire même de l'impérialisme de la pensée ?), les exigences européennes (aurions nous perdu notre souveraineté dans l'exercice de la démocratie ?).  L'hypocrisie de ce vote est patente dans le choix des leçons données : pas de mention du massacre de Vendéens (ordonné par la Convention), du massacre de Sétif (ordonné par des autorités françaises), et aussi des massacres perpétrés par les Hutus (l'Afrique c'est trop loin ?), les Khmers Rouges (L'Asie c'est encore plus loin), et encore la dékoulikation (la Russie c'est trop sensible), le Grand Bond en Avant (la Chine c'est susceptible).

 

Qui proposera l'abrogation de toutes les lois mémorielles et l'inscription dans la constitution d'un petit texte qui dise clairement que le mensonge, la bêtise, l'inculture, l'ignorance, l'approximation, ne pourront jamais être considérés comme des fautes pénales. 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 12:43

Les ordres de grandeur sont toujours intéressants à rapprocher : la passion du jeu a coûté aux  français un minimum de 13 milliards d'euros (fiscalité pour une grande partie , coûts et profits des entreprises de jeux). C'est l'ordre de grandeur de la taxe sur les produits pétroliers (14 milliards). C'est plus de deux fois  l'ISF (environ 5 milliards). C'est presque 1/3 de l'impôt sur le revenu (environ 50 milliards). C'est plus de deux points de TVA.  Curieusement ce prélèvement ne fait l'objet d'aucune discussion, d'aucune information (les données sont éparses, fragmentaires).

Et pourtant l' activité des jeux de hasard se développe avec des taux de croissance de rêve : le PMU a engrangé un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros en 2011 en hausse de 7%; Le Loto affiche avec 14 milliards d'euros en 2011 une croissance de 8%; quand au développement des jeux en ligne, avec une croissance de 12% en 2011, il atteint un chiffre d'affaires de plus de 9 milliards d'euros.

Tous ces chiffres donnent le vertige. Comment parler de pouvoir d'achat sans se pencher sur ce phénomène; ce prélèvement concerne de plus des classes peu favorisées : une étude déjà vieille de l'INSEE indique que la répartition des joueurs marque une légère surreprésentation des ouvriers et employés.  Le prélèvement monterait donc alors que toutes ces classes sociales pleurent misère. Il y a là un grand mystère qui n' a l'air d'intéresser personne (ou des gens trop discrets).

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 15:46

Perplexité. Tout le monde comprend que la crise est beaucoup plus que financière. Certains croient avoir des pistes, d'autres hésitent entre plusieurs voies, et quelques uns se fient à des hommes politiques. Ces derniers sont peu nombreux, car qui n'est frappé par les hésitations, les approximations, les changements de pied de tous les candidats avoués ou implicite. Mais tout le monde enrage de devoir choisir entre de tels postulants. Les uns choisissent Untel parce qu'ils ne supportent pas Machin Chose, les autres veulent uniquement chasser l'équipe actuelle, d'autres s'en foutent pourvu que l'on entende leur protestation, et  combien hésitent entre l'abstention, le vote blanc, ou le vote nul (sans compter les nombreux qui ne sont inscrits nulle part et dont l'opinion devrait compter quand même). Tout cela pour dire que le choix qui nous est proposé ne satisfait personne pour l'instant : un sortant qui n'a pas convaincu, un Hollande qui ne peut se targuer d'une expérience (diriger un parti ne prédispose en rien à tenir les rênes d'un état et avoir été maire de Tulles est quand même un peu mince), un Bayrou qui ne nous avait pas émerveillé lors de son passage comme ministre de l'Education Nationale, et ces trois leaders qui ne veulent à aucun prix nous décrire leur programme.

Une des conditions de la démocratie et de pouvoir changer de dirigeants, ou au moins de politique : encore faut-il que l'on nous dise pourquoi changer. Mais dans une hallucinante guerre de tranchées, aucun ne veut révéler ce qu'il entend faire. Et nous sommes tous en proie à l'horrible soupçon qu'ils n'en savent strictement rien. Alors on nous assaisonne de raisonnements spécieux  :

- le sortant prétend qu'il a fait au mieux au vu des circonstances; peut-être, mais les dernières annonces (TVA sociale, Taxe Tobin, Horaires de l'Education Nationale) montrent bien qu'il sent son bilan insuffisant.

- le candidat socialiste nous assène les mots de République, Modèle Français, Jeunesse; ce n'est pas en battant le rappel d'une histoire (qui n'est d'ailleurs guère convaincante), d'un système dont tout le monde voit qu'il est  bout de souffle, d'une classe d'âge (pourquoi celle-ci et pas une autre ?) que l'on a le droit de faire l'impasse sur un plan de bataille indispensable pour qui n'a jamais dirigé.

- le challenger centriste se retrouve dans la même situation en se servant de quelques autres mots, comme produire, instruire, construire; certes oui, qui ne serait d'accord; encore faut-il expliquer comment arriver à produire en continuant de subir le carcan européen (bon challenge pour cet européen convainc), comment instruire en ayant démontré son inactivisme à l'éducation nationale, comment construire un nouveau contrat social entre les individus et l'état sans remettre en cause "l'exception française ".

Cette campagne est un déni de démocratie. Elle est la preuve de la faillite des grands partis (l'UDF, le PS, le MODEM) incapables de présenter un programme adapté aux temps actuels, inaptes à faire émerger des personnalités aptes à le mettre en oeuvre. Elle est la preuve de la faillite de ce fameux théorème qui voudrait que les candidats à l'élection présidentielle ne sont pas des représentants de partis mais des êtres charismatiques qui nouent une connivence entre eux et le peuple  : ils sont ou impopulaires (Sarkozy prétendu ami des riches), ou évanescents (Hollande, le capitaine de pédalo), ou rescapés (Bayrou qui croit que sa montée dans les sondages signifie autre chose qu'un désamour pour les deux chevaux de tête).

La guerre économique fait rage et les futurs chefs nous font des cachoteries sur ce qu'ils entendent faire, se limitent à quelques mesures catégorielles (et hop une risette pour les Arméniens, et hop une main amicale pour les étudiants, et hop que je suis pour le mariage homosexuel). Sinistre à pleurer : les usines ferment, les emplois disparaissent, et leurs propositions sont de mettre des bâtons dans les roues de la recherche pétrolière, de l'énergie nucléaire, de la recherche agronomique, de la circulation sur les routes. Les exclus envahissent nos rues, les précaires s'enterrent dans une vie aux abois, et l'on nous parle du pouvoir d'achat de ceux qui ont un salaire décent, de l'âge de la retraite de ceux qui ont cotisé toute leur vie, des conquêtes sociales de la fonction publique ou autre statut assimilable.

Perplexité : faudra-t-il en arriver à faire une grève générale des urnes, ou sauront-ils se ressaisir quand les flammes viendront lécher les tréteaux sur lesquels ils pérorent. 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 19:23

La fin du règne du consommateur est annoncée. Pendant des décennies il a massacré le producteur en réclamant à tue-tête des prix moins élevés, plus de service, plus de concurrence, en récoltant à la sortie des produits standards, à la qualité de plus en plus en plus discutable, fabriqués et/ou distribués par quelques grandes marques qui oppressent leurs sous-traitants. Ce délire d'ogre affamé de produits a conduit à  une raréfaction du nombre de produits, et la diversité qui est une lutte légitime dans la défense des espèces est un combat oublié pour les consommateurs.

Au prétexte de pouvoir disposer de toujours plus, au moindre coût, s'est développé une fringale insatiable d'objets inutiles, de gadgets éphémères, de nourritures hors-saison, hors-sol. qui de fait ou spolient le producteur de sa rémunération légitime, ou le transforment en esclave lointain d'une demande mondialisée.

Mais la revanche approche, sous la double influence de la raréfaction des matières premières et de la révolte (ou de l'amélioration des conditions de vie) des esclaves. L'inéluctabilité de ces deux phénomènes est précipitée par la crise économico-financière qui frappe le globe : le consommateur-roi que les états encourageaient à consommer à coup de dépenses budgétaires extravagantes, de déficits commerciaux insoutenables, a creusé sa tombe. Les états occidentaux sont exsangues; leur  caractère de rentier vivant du crédit et du travail d'autrui a été mis en pleine lumière. Il leur faut maintenant avouer piteusement que produire dans son pays est sain, que consommer ce que l'on peut payer est rationnel,  et que pour arriver à ces fins il faut restaurer l'industrie, et rééquilibrer la balance entre ceux qui produisent et ceux qui consomment. 

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