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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 16:12

A force de mépriser la constitution Nicolas Sarkozy se prend en pleine figure les errements de certains de ses ministres.

Le premier ministre devrait diriger l’action gouvernementale ; il est écarté, humilié, au profit du secrétaire général de l’Elysée.

Les ministres devraient inspirer, chacun dans leur domaine, sous la coordination du premier ministre, et dans le respect des stratégies du Président, les diverses actions publiques ; ils sont là pour distribuer des éléments de langage préparés au Palais ; ils sont doublés par des conseillers sans responsabilité devant le Parlement, un Levitte pour les Affaires Etrangères, un Soubie pour les Affaires sociales, un Musca pour les affaires économiques.

La constitution bafouée (trahie ?), le gouvernement ridiculisé, que reste-t-il aux ministres  sinon la gloriole des voitures de fonctions, des réceptions, des places d’honneur, des escortes ; comment ne pas imaginer que certains, au comble de l’ennui, tentent de cumuler leur poste avec d’autres fonctions, passent leur temps à cultiver leurs réseaux, et s’étranglent de colère lorsqu’ils sont traités comme des gamins qu’il faut punir.

Culture du sérail qui n’ a jamais abouti qu’à des intrigues, des complots, des trahisons ; et maintenant il ne serait plus admis que l’on régule le système en étranglant les insoumis dans un coin sombre du harem.

Culture d’offices de cour, qui n’ a jamais attiré que des courtisans, des médiocres,  des arrivistes ; et maintenant il ne serait plus admis que les disgraciés soient exilés avec une prébende (mais je me trompe peut-être).

Qu’enfin le Président applique la Constitution. C’est d’ailleurs son devoir.  Qu’il continue comme avant et le régime s’abimera dans les intrigues et les affaires.

Qu’enfin le Premier Ministre applique la Constitution. C’est d’ailleurs son pouvoir. Changer de ministres n’a pas d’importance, il faut d’abord gouverner.

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 14:51

L’audition récente de l’amiral Guillaud, chef d'état major des armées françaises, devant le Sénat révèle bien des surprises, ou plutôt des confirmations de ce que l’on peut légitimement soupçonner sur les opérations où sont engagés 10 000 militaires français.

L’énumération des buts de guerre est surprenante au moins sur trois des cinq théatre théâtres qu'il cite (les deux autres sont des opérations de sécurisation de nos ressortissants en Côte d'Ivoire et au large de la Somalie) :

En Afghanistan , il nous précise qu’il s’agit :

-          de donner confiance aux Afghans en leurs institutions ;

-          de séparer les populations des insurgés ;

-          de faire comprendre aux insurgés que leur action est vaine,

-          et dattendre les décisions stratégiques du nouveau commandant en chef américain en Afghanistan !

Au Kosovo, il nous avoue qu’il faut se retirer mais qu’il attend les ordres de l’OTAN !

Au Liban, il nous indique qu’il a deux missions : une de contrôle de la zone, une de réserve d’intervention au profit de toute la FINUL … et qu’il attend les ordres de l’ONU !

 

Sur la nécessité de la FINUL, inutile d’épiloguer : depuis 1978, comme l’indique officiellement l’ONU, cette force « n’a pas été en mesure de remplir son mandat » ! Avec la possibilité de jouer uniquement un rôle d’observateur et  d’aide aux populations, sa crédibilité militaire est nulle ; son rôle diplomatique est voisin de zéro, étant un bras armé d’une organisation internationale qui n’ a su ni organiser un quelconque embryon de négociation entre Israël et ses voisin, ni protéger le Liban de l’existence de zones autonomes de facto.  Quelle est la politique de la France au Liban ? Le général ou ne sait pas, ou ne veut pas le dire. Singulière approche d’une information de la représentation nationale.

L’invasion du Kosovo par la KFOR , depuis 1999, afin selon les dires de l’OTAN d’y instaurer la paix et la stabilité, a été le dernier soubresaut d’une politique dans les Balkans marquée par les principes de l’interventionnisme humanitaire ; le résultat en a été l’éclatement du pays en de multiples petites républiques « ethniquement pures » ;  ce désastre mérite-t-il que la France s’y attarde ?

Enfin l’Afghanistan. L’intervention de loin la plus importante à ce jour. Là il ne s’agit plus d’une intervention de maintien de la paix, mais d’une véritable guerre, menée contre un ennemi, les talibans, soutiens et propagateurs d’un terrorisme international. Naturellement le mot de guerre n’apparait pas dans les propos du général ; l’armée déployée là-bas se retrouve, non pas officiellement avec un objectif clair d’écraser des ennemis identifiés, de réduire leurs chefs à l’impuissance, mais avec un programme digne d’une cellule d’appui psychologique.  Ce serait risible, s’il n’y avait pas tant de morts de part et d’autre.

Et même sur des objectifs aussi flous, les propos de l’amiral prêtent à discussion :

-          il avoue que la confiance des Afghans en leurs institution n’est pas au rendez-vous ; guère surprenant lorsque toutes les informations soulignent l’extraordinaire corruption qui règne au sommet de cet état fantoche ; mais la force de l’OTAN que je sache n’a jamais pris le taureau par les cornes, et a même plutôt laissé se développer la culture du pavot, source principale de tous les trafics ;

-          en se proposant de séparer les populations des insurgés il pointe le doigt sur la réalité qu’il s’agit d’une guerre civile ; certes les talibans sont une face « terrorisme international », mais ils ont aussi une face composante ethnique (Patchouns contre les autres), une composante religieuse (rigoristes contre laxistes),  et probablement une composante sociale (campagne et immigrés citadins des campagnes contres urbains) ; au nom de la lutte contre le terrorisme, faut-il vraiment faire la guerre au peuple patchoun ? Pourquoi ne tolère-t-on pas le rigorisme religieux en Afghanistan, alors qu’il en existe de même nature dans bien d’autres pays du Moyen-Orient ?

-          passons sur la langue de bois motivante qui transforme l’écrasement de l’ennemi en une  suggestion polie de bien vouloir déposer les armes !  Mépris de l’adversaire, de ses propres soldats ou des deux ?

Sans missions lisibles, esclaves d’ une stratégie décidée dans les lourdes instances de l’OTAN, ou de l’ONU, il vous aurait fallu dire que l’armée française est devenue une troupe mercenaire au service d’intérêts étrangers, et plus spécialement aux ordres des généraux américains.

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 09:59

Je ne voudrais pas apparaître comme cynique. Mais disons le tout net je préfère des corrompus aux Saint-Just.  Ne me faites pas dire que j’aime les escrocs. Mais je hais les idéologues. Rien ne me fait plus peur que ces deux expressions : il est intransigeant sur ses idées, il n’a jamais changé d’idées ; pourquoi admirer des gens qui sont sourds et rigides ?

Mais les Saint-Just ont le verbe haut. Pour eux le verbe est une arme. Ils l’utilisent, pour comme à la grande époque de la Terreur, assimiler doucement un suspect à un coupable.  Puis, toujours en référence à cette époque révérée du jacobinisme triomphant, ils assènent qu’il convient de sanctionner préalablement les suspects pour éviter qu’ils ne deviennent coupables.  Et l’on arrive à entendre des discours tout à fait surprenant du style :

-           mais pourquoi n’a-il- pas lancé des contrôles fiscaux ! (il faut des coupables réclamaient les jacobins à la tribune de leur club).

-          mais comment peut-il  (Mr Woerth) côtoyer quelqu’un  (Madame Bettencourt) à laquelle il a appliqué la loi (des rétrocessions fiscales) ! Ce ne sont plus les actes qui posent problème aux censeurs, ce sont les fréquentations, les sous-entendus de ce qu’ils ont peut-être fait , l’absence de moralité  du suspect érigée en dogme.

-          si sa femme est soupçonnée (de quoi, personne ne précise), alors par transitivité l’époux doit être soupçonné ! Toute notion d’autonomie individuelle est foulée au pied au nom de la solidarité proclamée du groupe des suspects.

Et aussitôt pour péroraison sont tenus ces éternels discours rousseauistes sur la vertu nécessaire de nos hommes politiques ; héritage de la vertu républicaine des romains. Refont surface au nom de l’exemplarité la nécessité de donner une image de transparence, d’une éthique qui transcende les banales règles de droit, une déontologie qui exige plus que ce que dit le droit et les usages.  Discours effrayants.

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 22:25

Avez-vous déjà entendu Manault Deva. ? Ses bons baisers  et sa voix de service public ?

Dans un interview complaisant, elle se dit mélange de musc, de soleil, de thé vert à la menthe , de pastas à la Firenze, de tiramisu, de tapas, d’embruns bretons . Quel brouet indigeste.  Quelle enfilage de perles : un peu de relent animal (le sexe ?), un chouïa d’odeur du désert (l’image tradi du sable chaud ?), un zeste d’Italie (la femme ?), de l’hispanisme (le désir du mâle ?), et pour couronner le tout la Bretagne (l’authenticité ?).

Sa seule authenticité est son immense, inépuisable, assourdissante vulgarité qu’elle nous étale pendant le petit déjeuner ; réellement de quoi vous faire avaler de travers votre bol de café au lait. Elle vous assomme de ce qu’elle pense être de l’humour, mais on entend des propos de pornographe.

Je ne comprends pas que les oreilles délicates de Philippe Val et de Jean-Luc Hess n’aient pas été agressées. Ils disent ne pas supporter les insultes ? Eh bien comment font-ils pour admettre ses propos androphobes . Allez les gars, il est temps de se ressaisir et de chasser de l’antenne cette langue putassière, qui réussit l’exploit d’être systématiquement avilissante en deux minutes.

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 16:01

Dans cette affaire Bettencourt, une fois de plus l’état se montre d’une malhonnêteté intellectuelle sans vergogne : il prétend confondre transparence fiscale (nécessaire pour pister les circuits de blanchiment) et fraude fiscale. Je ne sais pas au nom de quel droit naturel serait imposable en France de l’argent  possédé hors de France ; le principe même de l’impôt a toujours été la territorialité ; ce n’est que par un abus de droit que les états à cours de recettes fiscales tentent maintenant de venir imposer des sommes placées dans des états à fiscalité plus douce. Le discours trompeur a été d’assimiler havres fiscaux et secret bancaire ; les deux sont effectivement souvent mêlés, mais ce sont deux notions parfaitement différentes. Si des revenus ont été normalement imposés en France, je ne vois pas au nom de quel privilège étatique, il serait interdit de les exporter.  Si des revenus sont placés à l’étranger, pourquoi cette appétence de l’état tentaculaire à vouloir les taxer, les punir, les rapatrier. L’état français a inventé ces notions curieuses  de majorité fiscale  (si l’on passe plus de la moitié de son temps à l’étranger, alors on se retrouve détaché des impositions françaises, sinon gare au martinet), de droit de regard absolu sur avoirs à l’étranger .  Ce ne sont que des manifestations du droit au pillage érigé en principe de gouvernement.

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 23:23

Extraordinaire de croire que l’on va résoudre la crise de financement du régime des retraites  en repoussant l’âge de mise à la retraite, ou d’augmenter le nombre d’années de cotisations ; dans les deux cas à système économique équivalent on ne fait qu’augmenter le nombre potentiels de chômeurs ; au lieu d’avoir un déséquilibre de financement dans le régime vieillesse, on l’aura dans le régime chômage.  Toujours la même tactique utilisée par les politiciens de tous bords de repousser la poussière sous le tapis. Toujours les mêmes avis prodigués par  les conseillers de l’Elysée et de Bercy qui croient que l’on résout  les problèmes à coups de mesures techniques astucieuses.

Extraordinaire de se voiler la face devant un système économique qui périclite depuis des décennies en se révélant incapable de créer des emplois autres que ceux de fonctionnaires.  Car la seule véritable solution, si l’on veut faire survivre ce régime des retraites est bien d’augmenter le nombre des actifs (non celui des chômeurs) , aptes à contribuer à ce système. La seule issue est bien de créer des emplois utiles, qui ne soient pas de complaisance, qui n’obèrent pas encore plus les finances d’un état au bord de la faillite. La seule voie possible est d’encourager l’activité économique sans l’alourdir de charges croissantes, sans imposer tous les actifs d’impôts de plus en plus confiscatoires.

Il n’y a qu’une réforme qui compte  ( et ce n’est pas celle des retraites), c’est la relance de l’activité économique par tous les moyens avant qu’il ne soit trop tard ; avant que l’industrie ait déserté un sol français inhospitalier avec son concours de lois sociales, environnementales, sortant du raisonnable ;  avant que le commerce ne se soit enfui de nos villes et de nos ports qui considèrent avec suspicion tous les mots de négoce, de capitaux investis et de profit.

Faudra-t-il vraiment que le régime socialiste qui pèse sur la France s’écroule ? Ce serait dommage, ce serait dangereux.

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 09:18

La prise en otage de la France par ses fonctionnaires devient patente : l’opération, de longue haleine, menée depuis au moins Napoléon I, avec des accélérations sous le régime de Vichy, puis sous la cinquième république non gaullienne (Giscard, Chirac, Mitterrand), a été confirmée lors de la réforme des retraites. An nom de quelle pénibilité les douaniers, les infirmières, les gardiens de prison, les contrôleurs aériens  continuent-ils de bénéficier d’un départ à la retraite à un âge très inférieur à celui des autres français ? Au nom de quelle justice n’a-t-on pas harmonisé le calcul des retraites entre privé et public ?  Au nom de quelle logique, les cotisations des fonctionnaires sont-elles différentes de celles des autres ? Au nom de quel principe les fonctionnaires peuvent-ils cotiser à un fond de capitalisation pour leur retraite en déduction de leurs impôts sur le revenu ?

Toutes ces entorses graves au principe de fraternité ne s’expliquent par aucune idéologie. Elles perdurent, malgré quelques retouches, pour au moins deux raisons :

-          la raison du plus fort ; le plus fort étant celui qui a le pouvoir politique ; et nos hommes politiques sont dans une immense majorité des fonctionnaires

-          la raison des plus intimidants ; les plus intimidants étant ceux capables de plonger le pays dans une grève des services publics qui fait frissonner de peur.

Confusion des intérêts, chantage à l’interruption des services publics, et voilà la France et les Français embarqués dans une réforme des retraites aventureuse, destinée en priorité à toucher le moins possible aux avantages acquis des nantis de l’emploi public.

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 15:49

L’entrée de la Turquie en Europe est un vieil objectif. Jadis sous la houlette des Ottomans il a été mis à mal dans le passé par Juan d’Autriche, puis Sobieski. Le plat nous est resservi aujourd'hui par une république turque dite laïque, il demeure indigérable.

La culture turque actuelle, malgré les efforts vigoureux d’Atatürk , reste largement imprégnée par l’Islam ; Islam toujours présent depuis la chute de l’empire ottoman, et qui devient plus vivace depuis quelques décennies.  Cette montée du sentiment religieux correspond sans doute à l’immigration des populations les plus pauvres d’Anatolie vers les grandes villes ; le déracinement s’accompagne de la volonté de ces immigrés de l’intérieur de ne pas perdre tous ces repères. Istanbul (la plus grande ville du continent européen) montre des signes de plus en plus évidents de la montée d’une affirmation identitaire musulmane.

Le monde turc, de plus ce n’est pas seulement la Turquie, c’est aussi ces  républiques turques qui constituent un ensemble à la personnalité naissante et qui se manifestent une empathie de plus en plus affirmée. Derrière la Turquie se profilent  le Turkménistan (5 millions d’habitants dont 90% de turkmènes et d’Ouzbeks turcophones),  l’Ouzbékistan (28 millions d’habitants dont 80% d’ouzbek turcophones), l’Azerbaïdjan (9 millions d’azéris  turcophones), le Kazakhstan (16 millions ont 8 millions de kazakh turcophones), le Kirghizistan (5 millions d’habitants dont 4 millions de turcophones). On arrive aux frontières de la Chine avec la république autonome du Xinjiang avec sa population à moitié turcophone dont les revendications communautaires inquiètent beaucoup Pékin.

Le monde turc est un ensemble qui a des affinités culturelles fortes, qui est en plein démarrage économique pour des raisons variées (carrefour stratégique, ressources pétrolières) dont on ne voit pas pour quelles raisons il serait assimilable soit à l’Europe occidentale, soit au monde arabo-musulman, soit au monde persan. Tout l’intérêt de l’Europe est, non pas d’introduire chez elle des étrangers (ce n’est pas un mot de haine, c’est un mot d’admiration pour une civilisation forte et dynamique), mais de nouer des liens de partenariat forts  avec l’ensemble des pays turcs. Ils n'ont pas à être intégrés à quoi que ce soit, ils ont à être eux-mêmes, un pont entre des cultures différentes, affirmées et vivaces.

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 11:47

Une nouvelle crise financière pointe le nez. Le signe indiscutable en est que les banques recommencent, comme en 2008, à ne plus vouloir se prêter entre elles, ou au moins prêter à celles qu’elles soupçonnent de fragilité.  Elles imposent des conditions de plus en plus drastiques aux entreprises en termes de marges, de garanties, de conditions à respecter sous peine de remboursement immédiat.  Des rumeurs alarmistes courent sur les banques espagnoles empêtrées dans leurs prêts immobiliers (qui connaît le montant des créances irrécouvrables), les banques allemandes et leurs aventures dans l’ex Europe de l’Est, les banques chinoises, embarquées dans un train sans freins, qui ont financé du bon et du très mauvais. Cette nouvelle inquiétude se traduit aussi sur les marchés financiers qui flageolent un peu partout depuis deux mois.  A nouveau l’argent devient rare pour la bonne raison que les marchés le détruisent (en dévaluant vigoureusement les actifs) lorsqu’ils découvrent la faiblesse voire l’inanité des projets sous-jacents : c’est l’éclatement des bulles immobilières, industrielles, étatiques qui continue.

Face à ce nouveau danger, les Etats européens, réagissent en financiers : si l’argent devient rare, il devient urgent de prendre des mesures de précaution en restreignant au maximum ses besoins de financement publics et acter des programmes d’austérité de plus en plus lourds. Ces mesures sont surement nécessaires s’il s’agit de mettre fin à des dépenses non productives  (et il y en a légion après des décennies  de prodigalité). Mais le remède pour arrêter la fièvre, doit nécessairement s’accompagner de mesures de développement économique, la seule médecine connue pour remettre sur pied nos économies malade.  Il faut taper dans les dépenses de fonctionnement (en dépit des cris de tous ceux qui en profitent) et réorienter tout sur une relance de l’investissement (seule garantie d’un sauvetage possible dans le futur). Et l’investissement ce n’est pas seulement l’état ordonnateur ou incitateur de grands projets, mais aussi et surtout tous les entrepreneurs qui doivent être libérés  du carcan législatif qui asphyxie les initiatives industrielles sous prétexte de protéger les consommateurs.

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 10:58

Tous les gouvernements européens parlent de restrictions budgétaires, d’économies de fonctionnement. Dans le même temps  personne ne semble interloqué par le programme de réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre sur la période 1990-2020 ; la commission européenne  le chiffre à 70 milliards d’euros pour la période de 10 ans à venir (elle désirerait même le porter à  81 milliards pour atteindre un objectif de réduction de 30%). La question de la pertinence d’un tel investissement devrait être posée.  Pour au moins deux raisons : son fondement théorique,  son opportunité.

Sur le fondement théorique du caractère anthropique de l’augmentation des quantités de certains gaz à effet de serre, la polémique enfle. Les modèles fournis par le GIEC sont de plus en plus controversés par ceux qui pointent ses approximations théoriques sur en particulier le rôle de la vapeur d’eau et des nuages. Le problème aujourd’hui n’est pas de savoir si le GIEC a raison ou pas, c’est que les modèle doivent être développés et améliorer avant d’arriver à des conclusions justifiant d’actions pratiques. Il parait au moins hasardeux de se lancer des actions sur des bases aussi fragiles.

Sur l’opportunité de l’Europe de s’investir autant sur un sujet qui la concerne beaucoup moins que d’autres régions (les Etats-Unis, les pays émergents) il faudrait au moins se poser la question. Si le sujet est de montrer l’exemple, sans que les plus nocifs suivent, la réponse est claire : négocions d’abord, avant de se jeter à corps perdu dans une bataille inutile. Si le sujet est de développer une « industrie verte », encore faudrait-il la définir : ses contours actuels semblent au moins indécis ; ni les éoliennes, ni le photovoltaïque ne sont à l’heure actuelle, au vu des technologies déjà au point, des secteurs matures ; avant de se précipiter sur des solutions couteuses, ne serait-il pas plus judicieux de continuer la recherche fondamentale et appliquée ; le développement des véhicules électriques est probablement plus prometteur, mais là encore les modèles de voiture proposés méritent beaucoup d’améliorations ; là aussi, comme dans beaucoup d’aventures industrielles, il vaut mieux être le second à l’affut, que le premier qui essuie les plâtres.

Toutes ces remarques ne sont là que pour demander si un investissement aussi massif est bien réfléchi. Comme tout investissement il doit être analysé en terme de marché potentiel (à l’extérieur de l’Europe), en terme de surcoûts potentiels pour les industries existantes encore dans la Communauté,  en terme de retour des fonds ainsi ponctionnés au détriment d'autres initiatives.

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