1 septembre 2010
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Extraordinaire cette volée de bois vert sur la transaction envisagée entre la Mairie de Paris et le duo UMP-Chirac. Comme d’habitude les professeurs de vertu sonnent la charge, Eva Joly, bien entendu en tête ; elle a toujours eu une grande finesse pour se mettre sous les projecteurs de l’actualité. Et pourtant le dossier est ennuyeux ; et Delanoë l’a très bien sous-entendu, lorsqu’il fait allusion à la transaction faite avec Blondel. Je comprends de sa remarque que des emplois fictifs il y en a légion, et pas seulement avec Chirac pour subventionner ses activités politiques, mais aussi (je rajoute et surtout) pour aider les syndicats. Quid de ceux qui travaillent pour l’UNSA-Education ? Ils sont professeurs ou permanents des syndicats ? Où finit la défense des intérêts de la corporation et où commence l’abus. Qui peut ignorer que l’abus est gigantesque, que les emplois fictifs sont nombreux et peut-être indispensables pour faire fonctionner cette machine syndicale et les autres aussi. Ceux qui ne sont pas d’accord avec la transaction entre Mairie de Paris et Chirac devraient aussi engager le combat (peut-être nécessaire d’ailleurs) pour purger aussi le monde syndical de ces pratiques.
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politique
30 août 2010
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Derrière l’expression administrative « les gens du voyage » se cache un peuple ; peu importe que juridiquement ils soient français ou roumain ; on a l’air d’attribuer à des « papiers d’identité» un pouvoir de transmutation qu’ils n’ont jamais eu. La réalité de l‘existence d’un peuple tsigane (ou gitan, ou rom, ou manouche) ne fait pas l’ombre d’un doute : leur histoire existe, leur langue originelle existe. Leur originalité est forte : elle résiste à l’intégration dans les différents pays où ils sont passés. Ils ont peu être trouvé dans le nomadisme un moyen de lutte contre les cultures qui tentent de les noyauter, de préserver leur identité.
Comme tous les nomades, ils ne sont pas aimés par les sédentaires. Vérité incontournable depuis le néolithique. Pour les uns les attaches à un territoire ne sont que des symboles de subordination, pour les autres l’errance ne s’explique que par une propension à la rapine, au vol. Leur nomadisme est-il compatible avec notre pays ? Une fois évacués les mythes romantiques sur la beauté du voyage accessibles de fait qu’à des célibataires épris d’aventures, comment concrètement faire vivre une famille dans un pays de notre temps sans point d’attache fixe ? Comment éduque-t-on les enfants ? Comment distribue-t-on des prestations sociales, et réciproquement comment prélève-t-on des impôts ? La réponse passe par une sédentarisation, ou temporaire, ou plus probablement pour tenir compte d’activités non fixes, d’une installation sur un centre de résidence principal avec une nomadisation à partir de ce point fixe. Je ne vois pas que nos populations tolèrent de nouvelles entrées sans que soit négocié un pacte sur un style de vie compatible avec nos exigences. Cette idée n’est pas nécessairement iconoclaste lorsque l’on entend un Rom interrogé déclarer que s’il ne veut pas retourner en Roumanie c’est faute de terre pour y vivre !
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identité
30 août 2010
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André Babeau dans son article des Echos, « pour un nouveau modèle de protection sociale » critique, avec raison, le principe de l’universalité du versement des prestations sociales : principe simple et généreux, mais qui devient inapplicable lorsque les ressources financières des organismes sociaux deviennent de plus en plus contraintes. Plusieurs solutions sont possibles pour sortir de cette impasse. La première appliquée de façon parcellaire et erratique est de lier certaines prestations à un niveau maximum de ressources. La deuxième, suggérée par André Babeau est d’imaginer un taux de couverture sociale inversement proportionnel au niveau de revenu.
Sa solution qui est de rationaliser des pratiques déjà existantes , me paraît présenter au moins deux dangers majeurs : l’une évidente est de monter une usine à gaz administrative ; l’autre plus insidieuse est de faire régner une incertitude chez les bénéficiaires des prestations : il ne saurait plus vraiment quel serait son taux de remboursement au moment d’une maladie grave ; ses chutes de revenus (qui peuvent justement être concomitantes avec un besoin d’aide sociale) ne seraient prises en compte qu’avec retard. En définitive l’incertitude s’introduirait là justement où elle devrait disparaître : la solidarité sociale.
Pour atteindre l’objectif d’André Babeau, il existe une méthode, moins ambitieuse, qui ne remet en cause aucun principe, et applicable immédiatement : la fiscalisation totale de toutes les prestations sociales (allocations, remboursements maladies, aides, bourses) ; le paiement de cette fiscalité supplémentaire devrait être lié aux revenus monétaires de l’individu (il faut qu’il existe un bouclier fiscal, « horresco referens ») ; il est possible d’imaginer que pour la part de fiscalité qui n’ a pu être acquittée du fait d’un bouclier fiscal, l’état soit titulaire d’un droit sur les actifs de l’individu concerné. Un tel système n’est compatible qu’avec une universalité complète de toutes les prestations sociales.
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fiscalité
29 août 2010
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Ils parlent tous du retrait de leurs troupes d’Afghanistan. Obama a fixé la date pour 2012. Cameron s’interroge publiquement , comme Zapatero. Quelle entreprise bizarre où l’objectif fixé n’est pas de gagner une guerre (qui n’ d’ailleurs pas dit son nom comme toute opération dont on ne saisit pas bien le sens), ni de constater que le maintien de l’ordre est assuré (hypocrite objet officiel des missions). Non le but est de prouver, face à l’opinion publique, que l’on a fait des efforts raisonnables pour tenter de juguler le terrorisme des talibans et que si ces derniers ne se décident pas à comprendre où est le bien et où est le mal, alors les coalisés, avec une infinie tristesse, les laisseront méditer dans leur jus sur la grandeur des démocraties face au fanatisme de l’islamisme intégriste.
Un seul (ou quasiment), ne parle pas du retrait de ses troupes d’Afghanistan : Sarkozy. Deux possibilités : ou l’OTAN ne l’a pas encore informé de sa stratégie , ou il compte poursuivre en solitaire ce glorieux combat. Les trompettes ridicules lors de l’enterrement de deux nos soldats ne sont que des bruits de cymbales. L’hommage au devoir et au courage n’implique pas de dire des âneries : « la France restera en Afghanistan aussi longtemps que nécessaire ». Qu’est-ce que cette décision, qui n’est pas en ligne avec celle de nos alliés ? Que pense le gouvernement souverain ( ?) de l’Afghanistan de cet engagement sans but, ni durée ? Nécessaire à quoi : l’anéantissement des Patchouns ? L’éradication de l’Islam intégriste ? En somme beaucoup d’à peu près à la minute où il était opportun, en simple respect pour ces deux morts, de dire le pourquoi et les moyens de cette opération.
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monde
28 août 2010
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Avez-vous regardé la composition du comité sur l’élimination des discriminations raciales de l’ONU ? Dix-huit pays sont représentés, dont l’Algérie (connue pour sa tolérance envers les chrétiens), la Chine (célébrée pour son amitié pour les peuples ouighours et tibétains), la Russie (si douce pour les tchétchènes), la Roumanie (pays d’accueil de nos Roms qui n’arrivent pas à y rester), le Niger (où encore quelques milliers d’esclaves peuvent faire profiter de leur force des maîtres attentionnés) ; et il y a aussi le Togo, le Pakistan, le Guatemala, le Burkina-Faso etc… Que cette cohorte n’ait pas trouvé d’autre sujet d’intérêt que de se préoccuper, de s’inquiéter, de conseiller la politique française à propos des « gens du voyage », est intriguant. Qu’ils dénoncent une recrudescence du racisme dans notre pays est scandaleux (et je pense faux). Que les Kouchner et autres Lelouch se soient bornés à stigmatiser les caricatures et les amalgames de ce rapport émanant de l’ONU prouve uniquement qu’ils n’ont pas le sens de ce que doit être la diplomatie de notre pays : si une réponse valait, elle était le silence (méprisant bien entendu), et l’interdiction aux experts faisant partie de ce comité théodule de mettre les pieds en France. Mais avaler des couleuvres est croient-ils une caractéristique des diplomates. Rien n’est plus faux. Il serait plus intéressant de savoir pourquoi des représentants de ces pays ont eu l'idée de venir nous humilier.
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monde
28 août 2010
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J’entendais Paul Ariès sur je ne sais plus quelle radio hier. Un promoteur de la décroissance. Un promoteur de la gratuité généralisée. Pourquoi pas ? Le problème avec ce genre de pourfendeurs est leur incapacité à ne pas trainer dans la boue leurs adversaires qui sont un ramassis de riches et de parvenus abusant des pauvres gens ; Paul Ariès se montre remarquable sur ce plan en assimilant nazisme et révolution conservatrice, en fustigeant ses adversaires qui pensent mal. Leur deuxième défaut est de parsemer leurs discours de mots symboliques dont nous n’avons aucune définition : « les valeurs républicaine », « humanisme socialiste », « la production de lien humain » ; c’est beau, mais c’est inopérant de se réfugier derrière des expressions aussi imprécises. Un peu dommage que ses réflexions soient noyées dans ce pathos.
Tout n’est pas faux dans ce qu’il nous dit sur les méfaits de la publicité qui propage des désirs de consommation chez les plus faibles, les moins intégrés ; sur les méfaits d’une surconsommation qui s’apparente plus à du gaspillage qu’à une satisfaction de besoins ; sur le détricotage de l’identité de la France provoquée par la mondialisation. Au demeurant, ainsi énoncés, ce sont des constats plutôt basiques qui emporteraient l’adhésion s’ils n’étaient accompagnés d’une série de propositions qui elles renvoient à une socialisation à outrance : revenu mondial inconditionnel de subsistance (sorte de RMI mondialisé, qui ne va pas aboutir à beaucoup motiver les gens pour le travail, mais c’est justement son idée), gratuité extensive accordé à tout bon usage et taxation des mauvais usages (sorte d’emprisonnement généralisé, avec surveillance de votre conduite par des comités de quartier, et distribution de tickets de rationnement appelés droits de tirage), mise en priorité de la notion d’égalité devant celle de fraternité (qui devient inutile puisque la règle d’à chacun selon ses besoins pourra s’appliquer), et devant celle de liberté (qui devient extrêmement théorique, puisque la nécessité de partager un gâteau qui s’amenuise implique une vigilance de tous les instants des comportements hétérodoxes).
Que tout cela fait peur. Surtout énoncé, avec autant d’aplomb, par quelqu’un d’aussi brillant.
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politique
25 août 2010
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Une des qualités supposées d’Eva Joly est d’être scandinave. Dans la mythologie des médias français, ce qui vient de là-haut est paré de toutes les vertus : et les fermes d’éoliennes du Danemark, le système éducatif de Finlande, le taux d’alcoolémie voisin de zéro des conducteurs suédois, la probité politique des norvégiens. On nous parle moins du sous-investissement en infrastructures de la Norvège, de l’ahurissante manque de politique de prévention contre les accidents majeurs en Suède, des croisières de soulographes dans les eaux non territoriales de la Baltique ;
Une des qualités supposées d’Eva Joly est d’avoir utilisé, à l’envi, la prison préventive, le port des menottes, ce qu’elle avait sous la main comme moyens de pression pour faire passer aux aveux les méchants. Dans la grande tradition de l’Inquisition, il n’est pas de moyen qui ne soit justifié pour assurer le triomphe de Dieu et de son Eglise (maintenant les thuriféraires de l'éthique) ;
Une des qualités supposées d’Eva Joly est de représenter l’inflexible douceur des grand-mères dans notre monde de brutes. Mais sa politique « pure comme l’eau pure des glaciers », « exigeante comme l’acier de ses yeux bleus » se satisfait de toutes les contorsions d’une politicienne chevronnée : flirt poussé avec Bayrou jusqu’au moment où elle s’aperçoit que ledit Bayrou est sans avenir, conversion à l’écologie sans barguiner, utilisation de Cohen-Bendit comme faire-valoir avec volte-face pour rejoindre les Duflot et autres Placé dans la pure tradition du parlementarisme troisième république ;
Ah, la belle candidate pour symboliser la tartuferie, l’imposture et la soif du pouvoir pour le pouvoir.
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portrait
19 août 2010
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Mikhaïl Rudy nous a donné hier un concert que je veux garder en mémoire. Je l’avais écouté lorsqu’il avait remporté le concourt Thibaud-Long ; il était de ces lauréats dont on se souvient ; et pourtant je n’avais plus eu l’occasion de le réentendre. A Perros-Guirec, dans une salle ouverte sur le grand large, il m’a laissé entendre une interprétation des Tableaux d’une exposition de Moussorgski, vigoureuse, sonnante mais sans écraser son instrument. J’ai beaucoup apprécié également la théâtralité de sa marche funèbre de la sonate pour piano n°2 de Chopin, et un de ces bis de Prokofiev.
Quel plaisir que cette rencontre entre un lieu de rêve où depuis sa place on découvre la baie de Trestraou, les sept iles plantées dans la mer calme du soir, un pianiste d’exception qui joue ses notes, sans partition, car il sait ses partitions par cœur, en oubliant toute mièvrerie, et une grande musique classique que l’on aime retrouver.
Merci à ceux qui savnt susciter ces moments d'exception.
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art
16 août 2010
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Les affaires municipales ne doivent pas être menées par des élus des seuls inscrits sur les listes électorales. C’est particulièrement flagrant dans au moins deux cas : les villes à forte immigration, et les cités touristiques avec de nombreux résidents secondaires. Chaque fois, une nombreuse population paie ses taxes, utilise des services, contribue à l’activité économique sans que ses souhaits soient examinés, sans que ses priorités soient pris en compte. Chaque fois ce sont des populations qui ont le droit de payer et l’obligation de se taire. Un déni de démocratie. La réponse facile est de dire que s’ils sont intéressés par la vie de leur commune, ils n’ont qu’à s’inscrire sur les listes électorales ad hoc ; argument de gens enracinés dans un seul endroit et qui oublie tous ceux qui témoignent d’un attachement plus diversifié ; argument qui ne prend pas en compte ceux qui ne sont pas de la communauté européenne.
Certains vont s’étrangler en signalant que des personnes pourraient plusieurs fois (une fois au domicile principal, d’autres fois aux domiciles secondaires) ; ne serait-ce pas le retour au vote censitaire ? Un privilège accordé aux plus riches qui ont plus de résidences ? Un avantage incongru à des étrangers hors de la Communauté européennes ? Peut-être, mais le vote dans les affaires municipales, n’entraine aucun choix de société ; c’est un vote de proximité. Et à ce vote doivent participer tous ceux qui contribuent. Je ne comprends même pas qu’il puisse y avoir d’autres principes qui s’y opposent. Les biais ont été trouvés pour remédier à cette anomalie ne sont pas adéquats : les associations créees pour représenter ceux qui ne sont pas inscrits sont, en général, non représentatives, sous la coupe de coteries, et donc au final inefficaces pour les plus nombreux.
Certains partis, certains hommes politiques, pronent la possibilité de droit de vote pour les étraners. Ce n'est qu'un aspect du problème. Il serait absurde d'imaginer qu'un étranger puisse voter dans son pays pour un scrutin national ou local et en France pour un scrutin municipal, alors qu'un français ne pourrait voter qu'en fonction d'un choix administratif de son lieu de résidence. La seule réforme admissible, démocratique, indispensable est le droit de vote aux non-résidents quelle que soit la nationalité.
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politique
10 août 2010
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J’ai apprécié Bruno Cremer. Pourquoi d’ailleurs ce passé composé, si lui n’existe plus, j’en conserve toujours un souvenir vivant. Je le connus dans la composition, qu’il finit, je crois, par regretter d’avoir faite, de l’adjudant de la 317ème section. Il la regretta parce que son interprétation fut si forte qu’il eut peur que l’image effaçât l’acteur. Il avait tort, l’acteur fut présent bien d’autres fois, au détour d’un film, sur les scènes des théâtre, toujours pour le plaisir des spectateurs, au moins du mien. Sur la fin de sa carrière, il s’imposa comme un commissaire Maigret tel qu’aurait pu l’imaginer Simenon : une tranquillité de surface, une violence souterraine qui s’imposait par éclats soudains, une présence physique imperturbable. Il était de ces artistes que l’on admire, sans les idolâtrer, que l’on aime sans les vénérer : proche, faisant passer des sentiments avec aisance, n’écrasant pas de son jeu, de sa stature, mais laissant filtrer le nécessaire. Un grand artiste, fort peu récompensé je m’en aperçois de ces hochets (césars, molières et autres bidules) que se donnent mutuellement ses confrères : ne serait-ce pas le signe qu’en plus de son talent, il manquait cruellement de vanité ?
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portrait