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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 11:03

Oui l’Etat peut beaucoup :

-          En arrêtant de diaboliser l’automobile par tous les moyens (suppressions de permis de conduire, rackets pour l’obtenir, prix des carburant parmi les plus élevés d’Europe, gardes à vues pour les infractions routières )

-          En arrêtant de dépenser sur des fausses bonnes idées (bonus-malus, prime à la casse) qui n’aboutissent qu’à faire acheter des voitures construites à l’étranger

-          En protégeant les industries européennes contre les importations basées sur le moins-disant social ou le moins-disant écologique  (c’est du protectionnisme peut-être mais pour empêcher la surexploitation d’hommes et de territoires)

-          En s’attaquant de front aux dérives de certains mouvements politique (ceux qui prônent ou soutiennent sans le dire la décroissance sélective), de certaines communes (qui ne voient l’avenir que sous forme d’enclos résidentiels), de certaines administrations (les DRIRE et autres DREAL qui se croient investis d’une mission de protection contre les industries), de ces organismes de distributions de subventions publiques (comme l’ADEME qui arrose les projets folkloriques élaborés par les grands groupes)

-          En arrêtant de nous faire croire qu’un pays doit se concentrer sur les services . Lesquels ? Ceux qui sont en cours de délocalisation vers l’Inde, l’Afrique comme les services informatiques ou financiers, les centres d’information? Ceux qui  sous l’appellation de « services à la personne » sont la réinvention de la domesticité ?

Oui l’Etat peut beaucoup pour essayer de trouver un équilibre harmonieux entre différents secteurs et pour essayer de gérer en souplesse des évolutions inéluctables. L’Etat ne doit plus être ce chien crevé emporté par le flot des modes, des dires d’expert, des égoïsmes locaux. Au delà des idéologies, l'Etat a d'abord la mission qui lui a été confiée de donner emploi et dignité à ceux qui l'on choisi; et ces emplois ne peuvent se limiter à des domaines choisis et prestigieux (la recherche, la santé, le tourisme etc...) mais aussi se développer dans ce qui soutient l'activité économique de base (l'agriculture, l'industrie lourde, l'industrie légère, le commerce des marchandises).

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 16:33

Je reste perplexe sur le débat concernant Henri Proglio. La gouvernance des société est d’abord assurée par ses actionnaires (réunis en assemblée générale ou représentés au conseil ). Pour EDF l’Etat est l’actionnaire et je ne vois pas de mauvaise gouvernance lorsque le chef de l’Etat choisit pour cette entreprise majeure quelqu’un qu’il connait et en qui il a confiance. La rémunération que doit recevoir ce même Henri Proglio est qualifiée d’obscène. Elle ne l’est évidemment pas :  qu’on la compare à celle perçue par ses pairs dirigeants de grandes entreprises internationale, qu’on la compare à celle de salariés hors du commun que sont les traders (qui eux, pour le coup, perçoivent des bonus obscènes), qu’on la compare enfin aux gains de n’importe quelle star du sport, des variétés, du journalisme. Curieux, cette focalisation du débat sur des sujets entièrement populistes. On aurait peut-être pu s’intéresser un peu plus au parcours dudit Proglio au sein de Veolia, ce qu’il a fait de cette société, ce qu’en ont retiré les salariés, les actionnaires, les clients. Là il y a vraiment matière à discussion, car les résultats ne sont pas vraiment probants. La véritable question ne serait-elle pas les critères du choix et non pas ses modalités et les conditions de rémunération ?

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 10:34

La crise financière est née de la complexification croissante des systèmes financiers. Les dirigeants des établissements financiers ne comprennent plus ce que font leurs employés :  certains jouent sans y être autorisés et engagent leur banque dans des risques anormaux (Kerviel), d’autres jouent et gagnent et sont rémunérés de façon extravagantes sans que personne ne sache vraiment si ces salaires sont à la hauteur des compétences montrées. Les dirigeants bancaires n’ont qu’une faible idée du risque des crédits qu’ils engagent et ce n’est pas surprenant : comment pourraient-ils analyser tous les risques des différents secteurs, des différents pays, et des différents produits dérivés qu’ils manipulent  .  Cette complexité des systèmes a entraîné une inflation des contrôles, des législations qui ont le résultat de complexifier encore plus les opérations, de rendre encore plus illisible les politiques suivies par les établissements financiers, et de ce fait d’accroître les risques systémiques (cf Guillaume Trémeau sur le site de l’Institut Turgot).

Beaucoup de solutions sont proposées pour sortir de cette impasse. Mais il y a à mon sens au moins un principe de base qui devrait être pris en compte à l’examen de chacune d’entre elles :  aboutit-elle à une simplification des systèmes, les rend-elle plus lisibles. Le chemin n’est pas de mettre plus de contrôles pour diminuer les risques, mais de tenter de simplifier afin de rendre les risques plus lisibles. Pour tenter d’aller dans ce sens des propositions sont sur le tapis depuis longtemps :

-          Ne faudrait-il pas interdire la transformation de dépôts « à vue » en crédit moyen ou long-terme ? Maurice Allais l’avait proposé. La solution permettrait au moins de limiter la création monétaire par les banques. Elle élimine la possibilité de retraits brutaux des fonds d’une banque. La conséquence en-est la possibilité élargie de mettre les banques en faillite puisque ce serait la sanction d’une mauvaise gestion de ses crédits et qu’il ne serait plus nécessaire de les protéger contre un mouvement d’opinion irrationnel . Est-ce un drame ?

-          Ne faudrait-il pas supprimer la déductibilité des intérêts des emprunts pour le calcul de l’impôt sur les sociétés ? Ainsi disparaîtrait cet infernal « effet de levier » qui conduit trop d’entreprises à se surendetter.  C’est la disparition des fonds d’investissements, mais est-ce un drame ?

-          Ne faudrait-il pas lier toute opération de couverture de risques (raison d’être des produits dérivés) à un sous-jacent physique (on ne peut acheter ou vendre des devises à terme que si l’on a une créance ou une dette dans cette devise, on ne peut acheter ou vendre des matières premières à terme que si  l’on a des stocks existants ou à venir etc…). C’est bien entendu la mort des hedge funds, mais est-ce un drame ?

Ces propositions ont évidemment des corollaires :  rémunération attrayante des dépôts moyen et long-terme des épargnants dans les banques. Ouverture plus large des marchés financiers aux financements des PME, voire des TPE.  Elles impliquent quelques surcoûts du fait de la perte de souplesse. Elles impliquent surtout une coordination internationale.  Ce serait une véritable refondation de l’économie des échanges.
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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 15:04

Entendu Edwy  Penel sur le Grand Journal de Canal+ : « nous avons une dette envers Haïti ». Toujours cette idée incroyable d’une responsabilité collective d’il y a deux siècles, de surplus transmise à des générations ultérieures. Probablement venue de la consommation mal digérée de la notion chrétienne du péché originel ; mais celui-ci frappe indistinctement tous les humains.

Entendu Lynda Asmani sur ce même Grand Journal de Canal+  parler « des blancs catholiques romains ». Etonnant comme expression. Cela fleure au minimum le délit de sale gueule. De plus grossièrement inexact : il y a des chrétiens de toutes origines, de toutes nationalités. Mais pourquoi a-t-elle utilisé cette expression : une haine non refoulée ? Un désir d’analyse sociologique basée sur une catoguérisation pour le moins étrange ?

Dans ces quelques mots lâchés par l’une ou l’autre, je ressens le même sentiment d’une haine avouée contre beaucoup de français. Triste.

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 10:18

Le débat politisé sur l’identité de la France a été lancé malencontreusement. Du coup beaucoup se sont installés dans une bunkerisation de leurs opinions liées à leur marquage à droite ou à gauche. Et pourtant le sujet existe. Et je ne crois pas du tout qu’il relève de ce positionnement droite-gauche. L’identité nationale ne se résume pas à des idées : la république, la laïcité, la démocratie, la parité ; je pense même qu’elle n’a rien à voir avec des idées car elle relève d’une mémoire collective dans laquelle entre l’histoire (de certains et non pas celle de tous), les territoires (limités géographiquement et n’incluant pas le monde entier), les cultures (consensuelles et non pas toute manifestation culturelle aussi respectable soit-elle). « Nous sommes ce que vous fûtes, vous serez ce que nous sommes » écrivait Renan en citant les spartiates.  L’identité nationale s’inscrit dans la longue durée. Et le problème actuel est notre civilisation du court-termisme, de l’immédiateté. L’action n’est valorisée que pour ses résultats tangibles et instantanés. Les seules références qui semblent compter sont celles d’aujourd’hui (l’art contemporain, la musique d’aujourd’hui, la constitution de maintenant, les combats actuels). Ce n’est que l’écume. Il est un peu dommage que la France qui a donné ces illustres historiens de la longue durée (les Braudel, Febvre, Chaunu) se polarise sur l’écume des évènements d’aujourd’hui. Certains veulent faire commencer la nation en 1789 avec la déclaration des droits de l’homme qui bien entendu a une généalogie (chrétienne surtout). D’autres avec la libération de la France en 1945 et la mise en application du programme du Conseil National de la Résistance qui est un mix de doctrines de tous bords. Certains, enfin, tétanisés par l’idée d’être passéistes , n’y voient qu’un carrefour  des cultures et des populations du monde de maintenant.

Ils sont bien réducteurs. Et pourquoi la France ne serait-elle pas aussi et surtout un sentiment, une passion, une intuition. Pourquoi toujours ce rationalisme desséchant, appauvrissant.  Ah que j’aimerais un débat qui ne soit pas dans les préfectures (la fonctionnarisation, vieil ennemi national), un débat qui soit interdit à toute personne disposant d’un mandat électoral  (que l’on purge la discussion des pensées électoralistes).

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 18:38

Christian Boltanski dit pour son exposition au Grand Palais vouloir aborder le hasard, la loi de Dieu, la mort.

Le hasard, accordons-le lui : c’est n’importe quoi. Une sorte de summum du hasard.

La loi de Dieu ? Il applique sa loi artistique, oubliant toute leçon du passé. Il doit se prendre pour Dieu.

La mort. Oui, certes, un assassinat.  Un crime. Il veut tuer l’art et y réussit fort bien.

 

Cet assemblage colossal de chiffonnier , dans une veine « Arte Povera », est bien le symbole d’un bégaiement du plasticien qui ayant perdu ses instruments artisanaux (ou plutôt ne les ayant jamais eu) les recherche vainement dans les poubelles.  Une démesure, dont on dirait qu’elle est la marque de tous les « plasticiens ». Il faut à tout prix remplir des espaces : dispersons l’attention faute de pouvoir la retenir. Et pour conclure le tout un discours prétentieux, qui parce qu’il inclut de beaux mots (Dieu, Hasard, Mort) , croit avoir fourni une clé à ce qui est incompréhensible.

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 12:43

Entre l’article de Lionel Stoleru (Le nouvel impératif industriel dans les Echos du 15/1/2009) et celui d’Eric Le Boucher (également dans les Echos du 15/1/2009), le tocsin sonne pour annoncer notre déclin industriel. Pendant ce temps les politiques se gargarisent d’une timide remontée de la consommation dans les pays occidentaux, de plans d’investissements publics volontaristes, de régulation de la sphère financière.  L’incroyable aveuglement de cette classe politique devient hallucinant. La consommation ne crée pas nécessairement de l’emploi  local si les biens consommés sont fabriqués à l’étranger.  Les plans d’investissements volontaristes ne sont probablement pas inutiles, encor faudra-t-il être sur qu’ils n’accroissent pas le gaspillage des fonds publics. Quant à la régulation de la sphère financière elle n’a pour l’instant touché qu’un sujet anecdotique qui est la distribution de bonus immoraux.

Mais où en est la politique industrielle ? Des mesurettes ont été prises, qui ne sont pas sans intérêt mais à 20 000 lieues de ce qui serait indispensable : je pense à la création du médiateur du crédit, à la création d’un ministre de la relance, au projet d’états généraux sur l’industrie.  Où en est le chantier considérable sur les parités des monnaies (les sous-évaluations  du dollar, du yuan, de la livre ) : trop difficiles pour être abordés ? Où en est le chantier sur le la protection des industries européennes face au dumping social des pays émergents : trop compliquées pour être initiées ? S’il est possible que ces actions méritent du temps et de la réflexion, ce n’est pas une raison pour ne rien faire.

Plus grave, parce que là le gouvernement français pourrait faire et ne fait pas : c’est la dérégulation dans nos frontières. Au lieu de faire disparaître des contraintes, il en rajoute. Au lieu de simplifier, il complexifie. La flexibilité sur l’emploi a été oubliée, la simplification du droit du travail est passée à la trappe, la rationalisation de la fiscalité est carrément massacrée avec l’instauration (prochaine) de la taxe carbone, avec la mise en place de taxe locales aussi bêtes que feue la taxe professionnelle (une superbe occasion ratée), avec la récente taxe générale sur les activités polluantes . Que dire des contraintes qui pèsent sur toute création industrielle, ou maintien d’un outil existant : et des études d’impact en veux-tu en voilà, et des autorisations qui n’en finissent pas d’arriver, et des délais avec des consultations de gens qui n’ont rien à faire de la création d’emplois supplémentaires. Toute cette inertie résulte en la disparition programmée des établissements industriels : pour prendre les exemples très récents, une raffinerie à Dunkerque arrêtée pour être probablement bientôt fermée, une ou deux autres (en Alsace et dans les Bouches du Rhône) qui vont peut-être d’ailleurs suivre ; une unité d’engrais qui ne se construira pas à Dieppe, un terminal gazier qui ne construira pas à l’embouchure de la Gironde, un autre qui aura des difficultés à naître à Antifer. Qui empêche ces investissements ? Une alliance hétéroclite entre les services de l’Etat (les DRIRE ou ex-DRIRE qui s’arrogent un droit de vie ou de mort sur toutes les installations dites dangereuses, et le danger est une notion parfaitement extensible), des écologistes qui privilégient des bestioles ou des plantules au nom de la sacro-sainte biodiversité, des voisins qui ont peur de perdre de l’argent lors de la revente de leurs biens. Le problème est clairement dans une atmosphère anti-industrielle (très vieille tradition française où l’industrie est associé à l’exploitation des travailleurs et la pollution de l’environnement), une haine de l’esprit d’entreprise (assimilé au seul esprit de lucre), à la sanctuarisation du « service public » (notion sortie des oubliettes du socialisme et qui consiste à opposer certains qui oeuvreraient pour  les autres et les égoïstes purs et durs). Si l’Etat a quelque chose à faire ce serait enfin de propager d’abord dans ses administrations un peu de respect pour l’entreprise, de proposer au Parlement d’abroger et de simplifier des anciennes lois plutôt que d’en voter de nouvelles qui n’apportent rien sinon plus de complexités.

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 09:54

La campagne de lutte contre la grippe A (H1N1) est révélatrice de plusieurs errements :
- l'application de la politique du parapluie
- la projection du film catastrophe
- le final, triomphe de la tartufferie

La politique du parapluie est motivée par la crainte des juges. Il s'agit pour le personnel politique tout autant de se protéger que de promouvoir une politique sanitaire. Les politiques vivent dans la hantise des procès faisant suite à l'affaire du sang contaminé ; hantise absurde puisque les ministres mis en cause et leurs conseillers ont bénéficié tous de non-lieux  (à l’exception d’un seul qui a été condamné très légèrement). La justice n’a donc pas édicté une obligation d’agir face à une présomption de risque ; elle a examiné cas par cas si les mis en cause avaient rempli leurs devoirs d’action lorsqu’ils disposaient d’une information fiable. C’est exactement l’inverse du principe de précaution et la seule application d’une règle universelle de prévention en cas de danger avéré. La deuxième affaire dite de la canicule est encore plus absurde puisque un certain nombre de médias se sont étonnés que des gens meurent lorsque les conditions climatiques sont rudes ; cette révolte devant les conditions météorologiques s’est transformée en une virulente attaque contre un ministre ; le monde politique a conservé une crainte panique d’une mise en accusation devant le tribunal populaire. Là le dévoiement du principe de précaution est particulièrement visible : la mort anticipée de quelques grabataires, de personnes en fin de vie a soulevé des indignations « vertueuses » sur notre absence de respect des « aînés » ; on ne raisonne plus, c’est la « Grande Peur ».

 

La projection du film catastrophe suit nécessairement la mise en application du principe de précaution. Ne sachant pas trop quel est le problème, ignorant à peu près quelles sont ses conséquences, l’homme politique (l’administration aussi) se doivent de gonfler le sujet afin de justifier leurs actions. Les experts de tout poil sont appelés à la barre afin de décrire la terrifiante réalité supposée et les lendemains encore plus sinistres. L’autojustification de ses erreurs se marie avec des statistiques tronquées (par exemple le nombre de morts par la grippe A(H1N1)  qui n’est jamais comparé avec les morts des simples grippes saisonnières)  des absences troublantes (où en sont les pays de l’hémisphère Sud qui ont connu cette pandémie avant nous) des prédictions sans intérêt pratique (et si le virus mutait ? et alors le vaccin servirait-il ?).

 

Le final est grandiose. Articulé sur trois thèmes : la grippe peut reprendre dans les mois qui viennent, les vaccins vont être vendus à d’autre pays, la commande de vaccins est partiellement annulée.  Chacune de ces petites musique relève d’un registre différent : l’affabulation (la grippe peut reprendre, elle peut surtout ne pas reprendre), le mensonge (qui va acheter des vaccins en voie de péremption, pour une pandémie en voie d’extinction ?), la malhonnêteté (annuler une commande alors que ce n’est pas prévu au contrat ça s’appelle renier la signature de l’état).

Après avoir mal anticipé, mal géré, affabulé, mentit et s’être comportée comme un vulgaire escroc, je ne vois pas d’autre issue pour Madame Bachelot que de se retirer immédiatement de la vie politique.  Elle rattraperait par un geste fort l’image lamentable de l’Etat qu’elle a donné.

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 14:56

J’ai aimé la personnalité de Seguin.  Cela date de sa prise de position contre le traité de Maastricht. Son courage à l’époque a été immense : il était la seule grande voix qui s’est élevée contre les opinions moutonnières de la quasi-totalité de la classe politique, l’unanimisme béat des médias, les verdicts définitifs des « experts ».  Le courage se salue ; un courage qui lui a probablement coûté sa carrière politique ultérieure (le petit fretin des professionnels de la politique se méfient de ceux qui vont contre les opinions établies). La hauteur de vue est admirable ; elle ne fut pas appréciée par ceux qui préfèrent le court-termisme, les coups et les petites phrases.

Il n’a pas démérité, ensuite, dans sa propagande passionnée pour la réduction de la fracture sociale. Son tort alors est d’avoir fait confiance à un Chirac qui a fait sombrer dans le ridicule et l’oubli ce beau slogan.  Comment en vouloir à celui qui a été trahi ?

Il n’a pas été lui-même dans sa tentative de prendre la mairie de Paris. Mais la faute en est largement sur les épaules de Tiberi et de ses sbires, et sur l’absence ahurissante de soutien de son « grand ami » Chirac. Sa lassitude évidente a laissé la place à des manœuvres sans gloire et au surplus sans succès final.

Il est sorti de la vie politique en prenant la présidence de la Cour des Comptes.  Dommage pour la politique, tant mieux pour la  Cour ; c’est une leçon finale : il n’a pas pris cette présidence comme un « fromage », une place au soleil, mais comme un devoir de servir autrement.

 

J’ai aimé sa personnalité aussi pour ses foucades, même lorsqu’elles ne me semblaient incompréhensibles (son admiration pour Mitterand, sa sympathie pour Chirac malgré toutes les avanies qu’il lui a fait subir) ; ses enthousiasmes que je ne pouvais suivre (Napoléon III, les Jacobins …).  Il fut pour moi un homme d’état sans état (dommage !), un homme politique non professionnel (il en faudrait beaucoup d’autres), un fonctionnaire créatif et dynamique (un modèle a méditer pour des bataillons entiers).

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 15:05

La Chine exporte ses produits à bas prix aux pays occidentaux, au détriment de travailleurs  surexploités, et en accumulant de façon stérile des montagnes de dollars.  Toute l’idée stratégique est de localiser en Chine une puissance industrielle dominante, nourrie initialement par des marchés extérieurs ;  le marché intérieur sera amené à se développer ensuite pour prendre le relai des consommateurs occidentaux appauvris par le recul industriel ; les montagnes de dollar servent à la fois de menace contre les Etats-Unis afin d’éviter une revalorisation du yuan par rapport au dollar et d’outil d’implantation dans les pays producteurs des matières premières nécessaires à l’expansion chinoise.

Les pays occidentaux dans leur fringale de consommation importent des biens chinois (importations peu enrichissantes puisqu’il s’agit d’articles de consommation courante que lesdits pays pourraient parfaitement produire eux-mêmes s’il n’y avait pas de dumping social chinois) ; pour équilibrer leur échanges les pays européens fournissent les outils que les chinois ne peuvent encore produire, et les techniques qu’ils n’ont pas encore maitrisées.

La cohérence de ce système est bonne pour la Chine, si arrive à maîtriser ses problèmes sociaux (et la condition sine qua non est la survie d’un régime autoritaire) et si elle ne s’embourbe pas dans un problème démographique menaçant . 

L’incohérence de ce système est totale pour les pays occidentaux. Ils importent des biens qui ne les enrichissent pas et exportent ce qui les appauvrira dans le futur. Les Etats-Unis aggravent le problème en payant avec une monnaie de singe (le dollar).

Ce petit résumé ne fait que reprendre des évidences. Le drame des démocraties occidentales est  qu’elles se révèlent incapables de faire prendre conscience de l’enjeu l’ensemble de leurs électeurs. Elles vivent toujours sur un libre-échangisme angélique qui consiste à croire que tout commerce est bon. Il me semble au contraire qu’il faudrait faire le tri entre les marchandises qui nous apportent de la valeur et qu’il nous faut nécessairement importer (les matières premières, bien entendu en premier lieu), et celles qu’il est absurde de ne pas produire sur notre sol. Il ne s’agit pas d’être protectionniste par principe, il faut restaurer l’idée de base du libre-échangisme : tout échange doit être créateur de richesse pour chacun des protagonistes. Et l’on revient toujours à la mise en place d’un tarif extérieur commun aux frontières de l’Europe (que l’on peut baptiser taxe carbone aux frontières, si c’est plus vendeur), voire de contingentements (que l’on peut baptiser normes de production, d’utilisation etc…).

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