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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 12:44

Ce garçon est incompétent : dans une émission devant 8 millions de français, sur le sujet central de la maîtrise des dépenses et des déficits, il pourrait quand même ne pas se tromper à quelque dizaines de milliards d'euros près sur le budget de l'état  (seul Borloo a relevé l'erreur, aucun média !).

Il a montré les limites de ses capacités d'empathie en oubliant de dire qu'il avait un premier ministre et en omettant de dire un mot de sympathie sur Cahuzac qui a été viré, non pour faute professionnelle, non pour avoir été mis en examen, mais sur la base d'une enquête préliminaire lancée par un procureur.

Son absence de cohérence a confondu ses auditeurs : un coup je tape sur les dirigeants des grandes entreprises (avec son inoubliable taxe à 75%), un coup j'encense les entrepreneurs pour la qualité du dialogue avec les syndicats grâce à l'accord "historique" sur les conditions de travail; un coup je mets en place un schéma d'abaissement des charges par un mécanisme usine à gaz qui va profiter surtout au secteur des services (et guère au secteur de l'industrie), un coup je prétends lancer une grande opération de simplification des normes.

Il est velléitaire : de grandes exclamations pour dire qu'il va baisser les dépenses de l'état, pour aboutir au triste résultat qu'il va créer un niveau d'administration supplémentaire avec les métropoles, et qu'il va faire des économies de bout de chandelle sur les politiques d'achat.

Un froussard de première qui n'ose pas aborder le fond de l'affaire : pourquoi tant de fonctionnaires (plus qu'en aucun pays européen), pourquoi tant d'absentéisme chez les serviteurs de l'état (à croire que ces gens s'ennuient ou abusent), pourquoi sur une population de 2.2 millions de fonctionnaires de l'état moins de 300 par an sont licenciés ou révoqués (environ 1 sur 10 000 : chiffre qui montre bien que le système protège les paresseux, les nuls, les nuisibles).

Il se place dans la lignée des Mitterand et des Chirac : l'un croyait qu'il fallait du temps au temps (un rêve d'inaction),  l'autre pensait qu'il fallait toujours remettre au lendemain ce qu'on pouvait ne pas faire aujourd'hui (le nirvana de l'aboulique); lui nous déclare doctement qu'il a mis en place des outils, qu'ils sont dans sa boite, et que le monde peut changer, il n'en a cure.

 

Pépère a bénéficié de sa période d'essai (voire un peu trop longue). Son interrogatoire par les français est tout sauf probant. Avoir les capacités de bricoler un pédalo ne sont pas à la hauteur des enjeux. Sa personnalité n'a ni le charisme indispensable en période de cris, ni la nécessaire volonté d'action   qui devrait caractériser le meneur de la troupe. Le verdict ne mérite pas d'appel, il lui faut partir. Le mieux serait de le faire dignement (qu'il réfléchisse à un statut de président émérite ?). S'il veut continuer de végéter dans les ors de l'Elysée, au moins qu'il dissolve l'Assemblée afin de redonner une chance à un premier ministre compétent de diriger les affaires sans s'embarrasser des hésitations du chef de rayon de chez Bricorama. S'il ne se décide ni à l'une ni à l'autre des solutions, qu'il ne s'étonne pas que des Pépé Grillo , ou des succédanés, ne se faufilent sur la scène politique.

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 13:19

MST (le beau surnom de Marie Sol Touraine en Médecine) incite à la débauche. Rembourser les contraceptifs à des jeunes filles entre 15 et 18 ans, rime à quoi sinon essayer de faciliter les relations sexuelles entre collégiens ou lycéens. Circonstance aggravante, les parents pourront rester dans l'ignorance de la dépravation naissante de leur progéniture.

L'excuse, la raison (si tant est que l'on puisse utiliser ces mots) brandies est l'amélioration de la santé publique : celà éviterait que ces Lolita aillent avorter. Pour empêcher un drame, MST, sous l'influence du programme présidentiel, préfère abolir la morale la plus élémentaire qui est de ne pas se montrer volage, oublier le principe d'éducation indispensable de ne pas élever le vagabondage sexuel au rang de comportement non seulement admissible mais encouragé par la société qui paie pour que des pétasse  à peine nubiles s'envoient des adolescents. Dans ce désastre éducationnel, l'autorité des parents, dont on se plaint à tire-larigot qu'elle parte à vau-l'eau, n'est plus bafouée, mais niée.

Mais pourquoi, MST impose une dépense pareille : elle n'est pas dans l'intérêt de jeunes filles que l'on préférerait, à tout prendre, voir mères que putes; elle n'est pas dans l'intérêt de parents dont on ne comprend pas très bien quelles règles ils peuvent encore essayer de transmettre. Ce n'est que le reflet, une fois de plus, de la double influence d'un principe libertaire propagé par les féministes, de la liberté du corps et du principe hédoniste du plaisir, tout de suite, pour tous. Une mesure reflet de la médiocrité, qui méprise le libre arbitre  au profit d'une socialisation d'un bonheur éphémère : jouissez, la société vous protégera contre les conséquences que vous jugez néfastes que celà peut engendrer.

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 11:54

Le mariage pour tous n'est pas l'extension d'un droit, comme se plaisent à nous seriner les journaleux comme Thomas Legrand sur France Inter lundi matin, ou Augustin Trapenard dans le Grand Journal  de canal+ : le droit au mariage est déjà parfaitement complet; n'importe quelle femme en âge de le faire a le droit d'épouser n'importe quel homme en âge de l'accepter et réciproquement; c'est une capacité de contracter entre deux êtres libres et capables dans le but d'institutionnaliser un engagement long-terme, et, le plus souvent, si possible, d'engendrer une descendance. Construction, basée sur le libre-arbitre, elle affirme la liberté des parties de choisir dans le champ des possibles; ce n'est pas un droit à faire n'importe quoi, c'est le droit d'exercer une prérogative dans le respect des qualités respectives de l'un et de l'autre, et en particulier de leur nature biologique.

Le mariage pour tous a deux objectifs : élargir le champ des possibles entre deux partenaires qui veulent s'engager sur le long-terme, et dissocier l'engendrement du mariage.

Le premier objectif s'il n'offense aucun principe de logique (établir des liens de long-terme entre deux êtres quels qu'ils soient), reste une bizarrerie quant aux fins de ce contrat; nul ne voit l'intérêt pour la société d'institutionnaliser la sexualité des sodomistes et des saphistes. Les intérêts matériels qu'apporte ce type d'union pour les parties sont certains (pension de réversion, droit à l'héritage, droit au logement etc...). Mais l'acceptation de ce type d'union transporte la sexualité de la sphère privée dans la sphère publique (au nom de la transparence ?), fait croire que tous les comportements sexuels sont équivalents (au nom du relativisme ?), veut transformer la notion de couple en lieu d'assouvissement de ses pulsions (au nom de la liberté sexuelle ?). Tout est discutable dans cette approche, rien ne constitue l'extension de droits déjà acquis.

Le deuxième objectif est lui partie intégrante de la généralisation du "droit à" qui pollue toute la vie sociale. Du droit à disposer de son corps, qui est un des éléments constitutifs de la liberté individuelle, qui est donc attaché à chaque personne, qui devrait être inaliénable, un glissement s'est fait vers un droit sur les autres. Le droit d'avorter en a été une des premières manifestations : la querelle s'est centrée, à juste titre, de savoir quand l'embryon devenait un être, certains le pensant dès la conception, d'autres un peu plus tard; le problème reste entier que le droit à avorter ne peut jamais se transformer en un droit sur un être. La deuxième manifestation, beaucoup plus ancienne, est le droit d'adoption plénière qui, par un jugement, rompt tout lien de filiation biologique; là encore au nom d'un droit à l'enfant, d'un droit au bonheur, se constitue une privation de liberté sur l'être adopté. La dérive s'accentue avec l'adoption par des couples homosexuels : au nom de considérations pratiques (le statut du ou des beaux-parents), de considérations philosophiques (le droit au bonheur de couples par définition stériles), la privation de liberté des enfants adoptés se fait non seulement vis-à-vis du ou des parents biologiques mais en plus dans le mensonge biologique.

Le droit à l'enfant ne fait pas partie de nos libertés individuelles (droit de penser, de s'exprimer, de se déplacer, de posséder) mais est une créance sur un autre être. Il se veut être un droit au bonheur qu'il est impossible de définir; il est de fait une expression de l'envie la plus élémentaire : "je veux disposer aussi de ceux qu'ont les autres". Ce n'est pas l'extension d'un droit, c'est l'assouvissement d'un sentiment médiocre.

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 10:21

Bernard Boucault, aboyeur de Pépère, (le préfet de police de Paris, et son patron Hollande) a proclamé que la manifestation d'hier avait réuni 300 000 personnes contre 1 400 000 annoncées par les organisateurs, faisant disparaître ainsi plus d'un million de personnes. Ce garçon est en net progrès par rapport à la précédente où il n'avait anéanti qu'environ 700 000 personnes.

Avant d'éliminer par voie de communiqué, il avait avec une conscience inlassable tenté de saboter : itinéraire inconnu jusqu'au dernier moment pour désorganiser, lieu de rassemblement placé entre Neuilly et le 16ème arrondissement pour bien connoter, limites de défilé trop étroites pour tenter de minimiser l'affluence.

Pour se faire bien voir de Pépère claquemuré dans son palais de l'Elysée, le Boucault a de plus martialement donné ordre à ses troupes de repousser à coup de gaz lacrymogène les femmes et les enfants qui ont tenté de menacer le coeur de l'état en s'infiltrant sur les Champs Elysées.

Ce Boucault est ridicule et sectaire de sa propre initiative, sous les ordres de Manuel Valls, ou bien à l'instigation de Pépère Hollande ?  Ce déni de démocratie dans l'expression libre de ses opinions, s'accompagne d'une surdité totale des autorités face à des demandes de référendum qui n'ont rien de bouleversant pour l'état de droit. Si l'Elysée devient un Versailles ou un Tsarkoïe-Selo, il va falloir songer à passer au stade suivant de la démocratie : le crétinicide.

N.B. 1 : En quittant la manifestation j'ai été prié avec deux amis, par des policiers un peu conscient du ridicule de leurs demandes, de camoufler les petits drapeaux qui nous avaient été distribués. Que je sache ces fanions ne portaient aucune inscrition attentatoire à la dignité d'êtres humains, ou au respect de l'état; illégalité pure d'interdire ce qui ne pouvait constituer une atteinte à l'ordre public. Mais on s'approchait trop (peut-être ?) du saint des saint et il ne fallait pas que d'augustes yeux présidentiels puissent être incommodés par des revendications inopportunes.

N.B. 2 : Rentré chez moi, j'ai entendu Montebourg déclarer que le projet de mariage pour tous ne pouvait être remis en cause par "une poignée d'individus"; commentaire insensé qui met en évidence la volonté de déni de ce pouvoir; que déclarera-t-il lorsque la poignée d'individus se décidera à lui donner un coup de pied au cul ?

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 16:31

La censure est omniprésente, protégée par des lois qui permettent à n'importe quelle association non représentative de vous trainer devant un tribunal, glorifiée par des médias qui au nom d'un humanisme que personne ne définit interdisent d'aborder un certain nombre de sujets, et surtout mise en oeuvre au travers de tous les moyens d'écoute modernes qui permet de traquer la moindre expression. Elle est devenue tellement intégrée à notre mode d'être que la délation est encouragée : les sociétés vous rédigent des codes de bonne conduite qui la promeuvent, les administrations prévoient récompenses substantielles et anonymat pour la susciter, les journalistes ont même inventé la théorie de la protection des sources pour en faire le pilier de leur métier. L'oxymore le plus évident est qu'au nom de la transparence sur certains on couvre d'un voile épais les pratiques nauséeuses des coquins qui ont escamoté des documents, espionné des conversations, fait fuiter des confidences, volé des photos, pillé des ordinateurs. L'autre incongruité est qu'au nom de grands principes, dont personne ne sait qui y adhère, sont défendus des catégories en piétinant des individus. Rien de neuf sous le soleil : la censure a toujours existé pour anéantir l'individu au nom d'idées; pour lui interdire de penser de façon autonome au profit des raisonnements développés par une oligarchie; elle a toujours été là aussi pour empêcher toute critique contre des institutions : le président, la justice, l'autorité publique. Voyez la levée de boucliers pour un adjectif prononcé par Guaino : est-il si malséant pour un juge qui a signé une tribune contre Sarkozy lorsqu'il était président, qui insulte les capacités d'une vieille dame qui n'en peut plus mais,  qui jette aux orties le respect dû à un ancien président même s'il ne l'apprécie pas ?  La censure régnait hier sur toutes les ondes : il ne fallait pas dire un mot contre le pouvoir judiciaire, il était séant de gloser sur tous les malheurs qui pourraient être réservés à un présumé innocent. La justice n'est qu'une institution parmi les autres, nécessaire mais trop suffisante. L'indépendance dont elle se targue n'est que la contrepartie de la confiance que veut bien lui donner le peuple. Son indépendance ne doit être mesurée que par rapport au pouvoir exécutif; elle a bien entendu comme toute institution des comptes à rendre à la Nation et à se titre, sans que ses membres soient individuellement insultés, elle doit pouvoir être critiquée.

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 09:58

Après avoir agoni d'injures Ben Ali qu'ils avaient tant adoré, Moubarak qu'ils avaient tant respecté, Khadafi qu'ils avaient tant craint, nos gouvernants se mêlent maintenant de vouloir soutenir par les armes la rébellion contre Assad qu'ils avaient tant chouchouté. L'échec de toutes ces révolutions arabes est pourtant patent. Les tunisiens et surtout les tunisiennes perdent leurs droits élémentaires. Les égyptiens attendent le prochain coup d'état militaire. Les lybiens sont revenus à l'état tribal. Les yéménites enlèvent, pillent, assassinent comme jamais. Mais nos grandes âmes persistent à nous faire prendre des vessies pour des lanternes : à l'encontre du bon sens le plus élémentaire, elles veulent nous faire croire que des élections qui portent au pouvoir des majorités obscurantistes sont des progrès de la démocratie.  A l'encontre de la réalité, ils passent l'éponge sur l'oppression renforcée subie par les coptes, la perte de libertés de la femme tunisienne, la partition de la Lybie entre Senoussis, Toubous et Tripolitains. Ces révolutions arabes l'Europe, la France ne les avaient au départ ni voulues, ni encouragées. Puis vint l'épisode lybien, où entraînée plus par la haine de l'humilié, que par le raisonnement, la France (et l'Occident) ont cru bon d'intervenir  afin de se débarasser d'un potentat ingérable; il n'est pas évident que cette option militaire ait été la meilleure.

Maintenant, la situation en Syrie est autrement complexe; il ne s'agit plus de se rallier in extremis à un nouveau régime comme en Tunisie ou en Egypte, ni d'anticiper une succession de Khadafi inéluctablement porteuse de tensions. Là clairement nous sommes entrés dans une guerre civile, non pas entre un despote et ses fidèles aveuglés d'une part et des adeptes de la démocratie et de la liberté d'autre part mais entre sunnistes salafistes (dont personne ne sait combien ils représentent parmi les 70% d'habitants de cette confession)  et les minorités alaouites (10%), chrétiennes (8.5%), druses (1.1%) chiites et autres hétérodoxes musulmans (2.4%). Le soulèvement salafiste, est de toute évidence et depuis le début aidé, armé, soutenu par les monarchies de la péninsule arabique, et les minorités au pouvoir à Damas par la Russie et l'Iran. La lutte engagée est une vieille affaire entre persans et arabes pour le contrôle de la Mésopotamie, entre russes et turcs pour le contrôle de la Méditerranée orientale. La Chine et Israël jouent un rôle trouble, destiné plus à maintenir un foyer d'infection que d'apporter une solution.

Quel est le devoir des états européens ? Certainement pas de défendre les libertés : lesquelles d'ailleurs, celles de ceux qui sont écrasés sous les bombes d'Assad, ou celles des minorités qui craignent d'être exterminées ? Certainement pas d'aider un camp : celui des djihadistes (terroristes potentiels et déjà actifs) ou celui des gouvernementaux (terroristes effectifs). Certainement pas de jouer les marchands d'armes, ce qui serait au mieux une politique de Gribouille. La seule mission de la France et de l'Union Européenne est de défendre son intérêt : celui de ne pas se laisser se développer une zone de guerre quasiment à ses frontières, avec tous les risques d'extension possibles; celui donc de défendre à tout prix un embargo non seulement sur les armes, mais aussi sur les financements des parties en guerre; celui d'amener à une table de négociation les deux parties, et non pas d'excommunier une des parties.

Mais au détriment de l'intérêt des européens et des syriens, la France préfère se draper dans des positions contraires au droit international  en anathémisant Assad, en reconnaissant comme légitime un pouvoir insurrectionnel; elle nous encense avec des propos sur les droits de l'homme en se focalisant sur les seuls crimes d'une des parties, et en oubliant la dangerosité de l'autre partie; elle se vautre dans le respect de médias qui croient que la démocratie est la clef de toutes les solutions alors qu'elle n'est qu'un mode de gouvernement à l'occidentale; elle est l'expression d'une arrogance sans justification face à un pays vieux de plus de  5000 ans.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 16:16

Sympathique arrivée hier à Roissy d'avions venant de Delhi, Bangkok, et autres lieux du sud-est asiatique : des touristes français de retour, des touristes japonais, indiens, ou autres venant découvrir notre beau pays. Là-bas il fait 25° à 35°. Nous avons tous prévus quelques lainages en bagage de cabine, mais sans plus pensant arriver aux prémisses du printemps.

Première bonne nouvelle : les bagages en soute ne se seront pas livrés; la surprise ne fut annoncée qu'après trois bonnes heures d'attente dans une zone dépourvue du moindre confort, de la moindre boutique; elle fut annoncée après un black-out total de la communication des services de l'aéroport (de toute façon il n'y avait sur place avant l'annonce fatidique que des douaniers et un employé de la sécurité qui n'en pouvaient mais).

Après avoir consciencieusement remplis un vague formulaire (ou lorsqu'il n'y eut plus de formulaire un bout de papier tiré de leur sac), la joyeuse cohorte apprit qu'il n'y avait aucun taxi et qu'il suffisait de prendre le RER. La horde disparate (peu d'hommes d'affaires, des couples de vacanciers, certains  avec enfants exaspérés de fatigue, et des flopées de visiteurs étrangers, un aveugle et son accompagnatrice aussi, des bébés qui avaient hurlés pendant tout le voyage aussi) se débrouilla pour prendre ses tickets et s'engouffrer dans les rames vieillies, pensant enfin atteindre le centre de Paris.

Beaucoup crevaient de froid (j'avais quant à moi mes pieds nus dans mes chaussures). Le train (vétuste ? sorti d'un entrepôt très poussiéreux) avança à une allure de colimaçon. Une annonce du conducteur nous révéla qu'il avait besoin d'une assistance électrique (personne ne savait au juste ce que ça signifiait, sinon que le tortillard n'en finirait pas de tortiller).  Enfin en vue de la station de la gare du Nord, le convoi déclara forfait. Et hop tout le monde de descendre sur le ballast avec l'aide des agents et de rejoindre le quai quelques centaines de mètres plus loin. Là mon sort se sépara de celui de mes congénères, et je sortis pour cheminer dans la neige jusqu'à mon sweet home heureusement situé à environ un quart d'heure de marche. A minuit enfin chez soi, sans bagage, le corps et surtout les pieds glacés. Je n'arrivais pas à imaginer les familles devant rejoindre une banlieue inaccessible, sans équipement, des touristes hagards pour trouver l'hôtel de charme qu'ils avaient réservés, d'autres tentant de trouver du secours chez un ami ou une connaissance.

Une toute petite histoire. Sans drame visible. Mais elle donne une drôle d'idée de ce pays, premier lieu de destination touristique du monde. Elle laisse perplexe sur la gestion d'un des plus grands aéroports du monde. Elle laisse pantois sur l'absence de communication entre Roissy et le centre de Paris. Cerise sur le gâteau : le lendemain les ministres et maires se sont répandu sur les ondes pour dire qu'ils ont su gérer la situation, et qu'ils avaient tout prévu.

Mauvaise volonté (pour être poli) des bagagistes d'Orly, paresse de l'encadrement des services d'accueil de l'aéroport, incapacité de je ne sais qui pour prévoir le salage de l'autoroute du nord, sous-investissement manifeste de la liaison ferroviaire. Si nos ministres sont contents de cet état de fait, les voyageurs d'hier soir n'étaient pas au diapason.

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 15:54

Un désastre ! Non pour l'auteur qui rédige avec talent son carnet de bord de ministre entre 2010 et 2012. Mais pour tous ceux qu'il croise.

Nicolas Sarkozy y apparait comme terrifiant d'une vulgarité instinctive. La vision politique y et du niveau du caniveau, le langage le reflet de ces pensées primaires, les relations avec le grands de ce monde marquées par l'arrogance d'un soi-disant bon sens. Fillon est un premier ministre inexistant : le ministre de l'agriculture ne le consulte jamais, ne travaille aucun dossier avec lui. Tant d'effacement est encore plus incroyable que ce que l'on pouvait supposer. NKM une arriviste qui tire dans le dos de ses collègues. Baroin un ambitieux qui ne comprend pas qu'il n'a pas l'étoffe d'un ministre des finances. Jean-François Copé est tel qu'on l'imagine :  incapable de penser à autre chose qu'à la prochaine élection. Christine Lagarde est une absente.

On est atterré, également, par l'emploi du temps du ministre : parmi ses missions principales, il doit rédiger un projet de programme pour la future élection présidentielle (projet qui sera complètement dénaturé pour le rendre parfaitement insipide), il passe un temps effrayant à négocier pour le G20 un accord dont on n'arrive à comprendre ni le caractère pratique, ni l'importance (le seul sujet est que le président du G20, en l'espèce Sarkozy, puisse se targuer d'un succès diplomatique), il accompagne le président dans d'innombrables fermes dans le seul but de se rallier le vote paysan, il arrache à nos partenaires européens après une lutte héroïque la poursuite d'un financement européen de l'aide alimentaire (sujet de deuxième ordre malgré son importance pratique pour les associations concernées). On se demande quel temps lui reste pour traiter avec sérénité des problèmes éternels des paysans et pêcheurs : les aléas climatiques, la volatilité des prix,  la poursuite de la Pac, la réorganisation des filières.

L'impression générale que donne ce livre instructif est d'une activité frénétique dans la pagaïe, sans idée directrice, sous les ordres d'un chef au verbe haut et ne réagissant qu'à l'instinct.  Une des leçons, que la défaite de la droite en 2012 était inévitable et méritée, avec un candidat pareil.

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 18:19

Près de 700 000 personnes signent une pétition pour que le Conseil Economique Social et Environnemental. Historique, c'est la première fois qu'une pétition citoyenne  a dépassé le nombre minimal de 500 000 signatures pour autoriser la saisine du CESE. Rien n'est indiqué sur le site de cet organisme censé aider le gouvernement et les deux autres assemblées dans l'élaboration des lois. Le Président Derveloy fait la fine bouche alors qu'il devrait être fier de voir pour la première fois ce machin servir à quelque chose. Les médias sont quasi muets : le journal de 20 heures d'Antenne 2 du vendredi se répand avec complaisance sur un bureau de Pôle Emploi, sur les stations de ski trop enneigées, sur un astéroïde qui explose en Russie, sur les discours convenus du président en voyage, sur la présence ou pas de viande de cheval dans les plats de cannellonis, mais ne dit pas un seul mot sur un sujet qui a poussé près de 700 000 citoyens à se mobiliser.

Entre des médias qui se réfugient dans l'omerta et la troisième assemblée de la République qui feint la surdité, qui ne peut penser qu'il y a un véritable problème d'audition et d'élocution. Un tel aveu d'impuissance à transmettre la parole ne peut qu'aboutir à la conclusion qu'il faut supprimer d'urgence ce troupeau de planqués qui ont colonisé le palais d'Iéna, et d'abandonner au privé un Antenne 2 qui ne veut pas remplir  son office de service public.

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 15:49

Credo quia absurdum criait Saint Augustin. Oui c'est absurde d'aimer des psychopathes, des crétins, des vicieux, des paresseux, mais il le faut puisque je suis catholique (la tare d'être doté d'un coeur très peu compatissant !). Je ne suis certainement pas catholique parce que j'aime les autres, mais j'aime les autres parce que je suis catholique. Après une telle introduction, comprenez que l'étalage de bons sentiments (que je n'éprouve pas) m'exaspère à un tel point que je n'y vois que tartufferie. L'émotion non contenue devant le malheur de ceux qui sont éloignés de moi me laisse dubitatif si elle n'est pas stimulée par l'art d'un écrivain, le professionnalisme d'un journaliste, le talent d'un artiste, ou la possibilité d'exercer une action bénéfique. L'efficacité d'un sentiment ne se mesure qu'à la conjonction de la profondeur de celui qui exprime son malheur et la réceptivité de celui qui pourrait l'atténuer voire le prendre en charge.

Alors les rappels à l'ordre, les injonctions des bonnes âmes a pour conséquence incoercible d'éveiller en moi des sentiments fort peu chrétiens de haine : qui sont-ils pour donner des leçons de bonne conduite, que valent-ils pour s'ériger en guides des bons sentiments, quelles sont les preuves de leur bonne foi, de leurs actions, des effets de leurs actions ? La compassion a trop souvent remplacé les bonnes oeuvres, ce n'est pas un progrès; et la charité n'a d'intérêt que si elle n'est pas instinctive, l'action doit suivre la réflexion et pas l'inverse.

Voilà, j'ai déversé mon fiel, que j'ai peut-être en excès par rapport aux autres, mais je n'en suis pas si sur. Ce déballage n'a bien entendu aucune valeur éducative, morale, pédagogique, mais l'unique attrait de révéler aux personnes qui s'affichent "bonnes" qu'elles ne sont pas seules au monde, et qu'il leur faut savoir respecter les hommes sans qualités; en bref que l'agitation est à l'opposé de la perfection, que le bon coeur est mauvais conducteur, que l'amour ce n'est pas la compassion.

Pater meus, transeat a me calix iste.

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