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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 10:21

Bernard Boucault, aboyeur de Pépère, (le préfet de police de Paris, et son patron Hollande) a proclamé que la manifestation d'hier avait réuni 300 000 personnes contre 1 400 000 annoncées par les organisateurs, faisant disparaître ainsi plus d'un million de personnes. Ce garçon est en net progrès par rapport à la précédente où il n'avait anéanti qu'environ 700 000 personnes.

Avant d'éliminer par voie de communiqué, il avait avec une conscience inlassable tenté de saboter : itinéraire inconnu jusqu'au dernier moment pour désorganiser, lieu de rassemblement placé entre Neuilly et le 16ème arrondissement pour bien connoter, limites de défilé trop étroites pour tenter de minimiser l'affluence.

Pour se faire bien voir de Pépère claquemuré dans son palais de l'Elysée, le Boucault a de plus martialement donné ordre à ses troupes de repousser à coup de gaz lacrymogène les femmes et les enfants qui ont tenté de menacer le coeur de l'état en s'infiltrant sur les Champs Elysées.

Ce Boucault est ridicule et sectaire de sa propre initiative, sous les ordres de Manuel Valls, ou bien à l'instigation de Pépère Hollande ?  Ce déni de démocratie dans l'expression libre de ses opinions, s'accompagne d'une surdité totale des autorités face à des demandes de référendum qui n'ont rien de bouleversant pour l'état de droit. Si l'Elysée devient un Versailles ou un Tsarkoïe-Selo, il va falloir songer à passer au stade suivant de la démocratie : le crétinicide.

N.B. 1 : En quittant la manifestation j'ai été prié avec deux amis, par des policiers un peu conscient du ridicule de leurs demandes, de camoufler les petits drapeaux qui nous avaient été distribués. Que je sache ces fanions ne portaient aucune inscrition attentatoire à la dignité d'êtres humains, ou au respect de l'état; illégalité pure d'interdire ce qui ne pouvait constituer une atteinte à l'ordre public. Mais on s'approchait trop (peut-être ?) du saint des saint et il ne fallait pas que d'augustes yeux présidentiels puissent être incommodés par des revendications inopportunes.

N.B. 2 : Rentré chez moi, j'ai entendu Montebourg déclarer que le projet de mariage pour tous ne pouvait être remis en cause par "une poignée d'individus"; commentaire insensé qui met en évidence la volonté de déni de ce pouvoir; que déclarera-t-il lorsque la poignée d'individus se décidera à lui donner un coup de pied au cul ?

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 16:31

La censure est omniprésente, protégée par des lois qui permettent à n'importe quelle association non représentative de vous trainer devant un tribunal, glorifiée par des médias qui au nom d'un humanisme que personne ne définit interdisent d'aborder un certain nombre de sujets, et surtout mise en oeuvre au travers de tous les moyens d'écoute modernes qui permet de traquer la moindre expression. Elle est devenue tellement intégrée à notre mode d'être que la délation est encouragée : les sociétés vous rédigent des codes de bonne conduite qui la promeuvent, les administrations prévoient récompenses substantielles et anonymat pour la susciter, les journalistes ont même inventé la théorie de la protection des sources pour en faire le pilier de leur métier. L'oxymore le plus évident est qu'au nom de la transparence sur certains on couvre d'un voile épais les pratiques nauséeuses des coquins qui ont escamoté des documents, espionné des conversations, fait fuiter des confidences, volé des photos, pillé des ordinateurs. L'autre incongruité est qu'au nom de grands principes, dont personne ne sait qui y adhère, sont défendus des catégories en piétinant des individus. Rien de neuf sous le soleil : la censure a toujours existé pour anéantir l'individu au nom d'idées; pour lui interdire de penser de façon autonome au profit des raisonnements développés par une oligarchie; elle a toujours été là aussi pour empêcher toute critique contre des institutions : le président, la justice, l'autorité publique. Voyez la levée de boucliers pour un adjectif prononcé par Guaino : est-il si malséant pour un juge qui a signé une tribune contre Sarkozy lorsqu'il était président, qui insulte les capacités d'une vieille dame qui n'en peut plus mais,  qui jette aux orties le respect dû à un ancien président même s'il ne l'apprécie pas ?  La censure régnait hier sur toutes les ondes : il ne fallait pas dire un mot contre le pouvoir judiciaire, il était séant de gloser sur tous les malheurs qui pourraient être réservés à un présumé innocent. La justice n'est qu'une institution parmi les autres, nécessaire mais trop suffisante. L'indépendance dont elle se targue n'est que la contrepartie de la confiance que veut bien lui donner le peuple. Son indépendance ne doit être mesurée que par rapport au pouvoir exécutif; elle a bien entendu comme toute institution des comptes à rendre à la Nation et à se titre, sans que ses membres soient individuellement insultés, elle doit pouvoir être critiquée.

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 09:58

Après avoir agoni d'injures Ben Ali qu'ils avaient tant adoré, Moubarak qu'ils avaient tant respecté, Khadafi qu'ils avaient tant craint, nos gouvernants se mêlent maintenant de vouloir soutenir par les armes la rébellion contre Assad qu'ils avaient tant chouchouté. L'échec de toutes ces révolutions arabes est pourtant patent. Les tunisiens et surtout les tunisiennes perdent leurs droits élémentaires. Les égyptiens attendent le prochain coup d'état militaire. Les lybiens sont revenus à l'état tribal. Les yéménites enlèvent, pillent, assassinent comme jamais. Mais nos grandes âmes persistent à nous faire prendre des vessies pour des lanternes : à l'encontre du bon sens le plus élémentaire, elles veulent nous faire croire que des élections qui portent au pouvoir des majorités obscurantistes sont des progrès de la démocratie.  A l'encontre de la réalité, ils passent l'éponge sur l'oppression renforcée subie par les coptes, la perte de libertés de la femme tunisienne, la partition de la Lybie entre Senoussis, Toubous et Tripolitains. Ces révolutions arabes l'Europe, la France ne les avaient au départ ni voulues, ni encouragées. Puis vint l'épisode lybien, où entraînée plus par la haine de l'humilié, que par le raisonnement, la France (et l'Occident) ont cru bon d'intervenir  afin de se débarasser d'un potentat ingérable; il n'est pas évident que cette option militaire ait été la meilleure.

Maintenant, la situation en Syrie est autrement complexe; il ne s'agit plus de se rallier in extremis à un nouveau régime comme en Tunisie ou en Egypte, ni d'anticiper une succession de Khadafi inéluctablement porteuse de tensions. Là clairement nous sommes entrés dans une guerre civile, non pas entre un despote et ses fidèles aveuglés d'une part et des adeptes de la démocratie et de la liberté d'autre part mais entre sunnistes salafistes (dont personne ne sait combien ils représentent parmi les 70% d'habitants de cette confession)  et les minorités alaouites (10%), chrétiennes (8.5%), druses (1.1%) chiites et autres hétérodoxes musulmans (2.4%). Le soulèvement salafiste, est de toute évidence et depuis le début aidé, armé, soutenu par les monarchies de la péninsule arabique, et les minorités au pouvoir à Damas par la Russie et l'Iran. La lutte engagée est une vieille affaire entre persans et arabes pour le contrôle de la Mésopotamie, entre russes et turcs pour le contrôle de la Méditerranée orientale. La Chine et Israël jouent un rôle trouble, destiné plus à maintenir un foyer d'infection que d'apporter une solution.

Quel est le devoir des états européens ? Certainement pas de défendre les libertés : lesquelles d'ailleurs, celles de ceux qui sont écrasés sous les bombes d'Assad, ou celles des minorités qui craignent d'être exterminées ? Certainement pas d'aider un camp : celui des djihadistes (terroristes potentiels et déjà actifs) ou celui des gouvernementaux (terroristes effectifs). Certainement pas de jouer les marchands d'armes, ce qui serait au mieux une politique de Gribouille. La seule mission de la France et de l'Union Européenne est de défendre son intérêt : celui de ne pas se laisser se développer une zone de guerre quasiment à ses frontières, avec tous les risques d'extension possibles; celui donc de défendre à tout prix un embargo non seulement sur les armes, mais aussi sur les financements des parties en guerre; celui d'amener à une table de négociation les deux parties, et non pas d'excommunier une des parties.

Mais au détriment de l'intérêt des européens et des syriens, la France préfère se draper dans des positions contraires au droit international  en anathémisant Assad, en reconnaissant comme légitime un pouvoir insurrectionnel; elle nous encense avec des propos sur les droits de l'homme en se focalisant sur les seuls crimes d'une des parties, et en oubliant la dangerosité de l'autre partie; elle se vautre dans le respect de médias qui croient que la démocratie est la clef de toutes les solutions alors qu'elle n'est qu'un mode de gouvernement à l'occidentale; elle est l'expression d'une arrogance sans justification face à un pays vieux de plus de  5000 ans.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 16:16

Sympathique arrivée hier à Roissy d'avions venant de Delhi, Bangkok, et autres lieux du sud-est asiatique : des touristes français de retour, des touristes japonais, indiens, ou autres venant découvrir notre beau pays. Là-bas il fait 25° à 35°. Nous avons tous prévus quelques lainages en bagage de cabine, mais sans plus pensant arriver aux prémisses du printemps.

Première bonne nouvelle : les bagages en soute ne se seront pas livrés; la surprise ne fut annoncée qu'après trois bonnes heures d'attente dans une zone dépourvue du moindre confort, de la moindre boutique; elle fut annoncée après un black-out total de la communication des services de l'aéroport (de toute façon il n'y avait sur place avant l'annonce fatidique que des douaniers et un employé de la sécurité qui n'en pouvaient mais).

Après avoir consciencieusement remplis un vague formulaire (ou lorsqu'il n'y eut plus de formulaire un bout de papier tiré de leur sac), la joyeuse cohorte apprit qu'il n'y avait aucun taxi et qu'il suffisait de prendre le RER. La horde disparate (peu d'hommes d'affaires, des couples de vacanciers, certains  avec enfants exaspérés de fatigue, et des flopées de visiteurs étrangers, un aveugle et son accompagnatrice aussi, des bébés qui avaient hurlés pendant tout le voyage aussi) se débrouilla pour prendre ses tickets et s'engouffrer dans les rames vieillies, pensant enfin atteindre le centre de Paris.

Beaucoup crevaient de froid (j'avais quant à moi mes pieds nus dans mes chaussures). Le train (vétuste ? sorti d'un entrepôt très poussiéreux) avança à une allure de colimaçon. Une annonce du conducteur nous révéla qu'il avait besoin d'une assistance électrique (personne ne savait au juste ce que ça signifiait, sinon que le tortillard n'en finirait pas de tortiller).  Enfin en vue de la station de la gare du Nord, le convoi déclara forfait. Et hop tout le monde de descendre sur le ballast avec l'aide des agents et de rejoindre le quai quelques centaines de mètres plus loin. Là mon sort se sépara de celui de mes congénères, et je sortis pour cheminer dans la neige jusqu'à mon sweet home heureusement situé à environ un quart d'heure de marche. A minuit enfin chez soi, sans bagage, le corps et surtout les pieds glacés. Je n'arrivais pas à imaginer les familles devant rejoindre une banlieue inaccessible, sans équipement, des touristes hagards pour trouver l'hôtel de charme qu'ils avaient réservés, d'autres tentant de trouver du secours chez un ami ou une connaissance.

Une toute petite histoire. Sans drame visible. Mais elle donne une drôle d'idée de ce pays, premier lieu de destination touristique du monde. Elle laisse perplexe sur la gestion d'un des plus grands aéroports du monde. Elle laisse pantois sur l'absence de communication entre Roissy et le centre de Paris. Cerise sur le gâteau : le lendemain les ministres et maires se sont répandu sur les ondes pour dire qu'ils ont su gérer la situation, et qu'ils avaient tout prévu.

Mauvaise volonté (pour être poli) des bagagistes d'Orly, paresse de l'encadrement des services d'accueil de l'aéroport, incapacité de je ne sais qui pour prévoir le salage de l'autoroute du nord, sous-investissement manifeste de la liaison ferroviaire. Si nos ministres sont contents de cet état de fait, les voyageurs d'hier soir n'étaient pas au diapason.

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 15:54

Un désastre ! Non pour l'auteur qui rédige avec talent son carnet de bord de ministre entre 2010 et 2012. Mais pour tous ceux qu'il croise.

Nicolas Sarkozy y apparait comme terrifiant d'une vulgarité instinctive. La vision politique y et du niveau du caniveau, le langage le reflet de ces pensées primaires, les relations avec le grands de ce monde marquées par l'arrogance d'un soi-disant bon sens. Fillon est un premier ministre inexistant : le ministre de l'agriculture ne le consulte jamais, ne travaille aucun dossier avec lui. Tant d'effacement est encore plus incroyable que ce que l'on pouvait supposer. NKM une arriviste qui tire dans le dos de ses collègues. Baroin un ambitieux qui ne comprend pas qu'il n'a pas l'étoffe d'un ministre des finances. Jean-François Copé est tel qu'on l'imagine :  incapable de penser à autre chose qu'à la prochaine élection. Christine Lagarde est une absente.

On est atterré, également, par l'emploi du temps du ministre : parmi ses missions principales, il doit rédiger un projet de programme pour la future élection présidentielle (projet qui sera complètement dénaturé pour le rendre parfaitement insipide), il passe un temps effrayant à négocier pour le G20 un accord dont on n'arrive à comprendre ni le caractère pratique, ni l'importance (le seul sujet est que le président du G20, en l'espèce Sarkozy, puisse se targuer d'un succès diplomatique), il accompagne le président dans d'innombrables fermes dans le seul but de se rallier le vote paysan, il arrache à nos partenaires européens après une lutte héroïque la poursuite d'un financement européen de l'aide alimentaire (sujet de deuxième ordre malgré son importance pratique pour les associations concernées). On se demande quel temps lui reste pour traiter avec sérénité des problèmes éternels des paysans et pêcheurs : les aléas climatiques, la volatilité des prix,  la poursuite de la Pac, la réorganisation des filières.

L'impression générale que donne ce livre instructif est d'une activité frénétique dans la pagaïe, sans idée directrice, sous les ordres d'un chef au verbe haut et ne réagissant qu'à l'instinct.  Une des leçons, que la défaite de la droite en 2012 était inévitable et méritée, avec un candidat pareil.

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 18:19

Près de 700 000 personnes signent une pétition pour que le Conseil Economique Social et Environnemental. Historique, c'est la première fois qu'une pétition citoyenne  a dépassé le nombre minimal de 500 000 signatures pour autoriser la saisine du CESE. Rien n'est indiqué sur le site de cet organisme censé aider le gouvernement et les deux autres assemblées dans l'élaboration des lois. Le Président Derveloy fait la fine bouche alors qu'il devrait être fier de voir pour la première fois ce machin servir à quelque chose. Les médias sont quasi muets : le journal de 20 heures d'Antenne 2 du vendredi se répand avec complaisance sur un bureau de Pôle Emploi, sur les stations de ski trop enneigées, sur un astéroïde qui explose en Russie, sur les discours convenus du président en voyage, sur la présence ou pas de viande de cheval dans les plats de cannellonis, mais ne dit pas un seul mot sur un sujet qui a poussé près de 700 000 citoyens à se mobiliser.

Entre des médias qui se réfugient dans l'omerta et la troisième assemblée de la République qui feint la surdité, qui ne peut penser qu'il y a un véritable problème d'audition et d'élocution. Un tel aveu d'impuissance à transmettre la parole ne peut qu'aboutir à la conclusion qu'il faut supprimer d'urgence ce troupeau de planqués qui ont colonisé le palais d'Iéna, et d'abandonner au privé un Antenne 2 qui ne veut pas remplir  son office de service public.

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 15:49

Credo quia absurdum criait Saint Augustin. Oui c'est absurde d'aimer des psychopathes, des crétins, des vicieux, des paresseux, mais il le faut puisque je suis catholique (la tare d'être doté d'un coeur très peu compatissant !). Je ne suis certainement pas catholique parce que j'aime les autres, mais j'aime les autres parce que je suis catholique. Après une telle introduction, comprenez que l'étalage de bons sentiments (que je n'éprouve pas) m'exaspère à un tel point que je n'y vois que tartufferie. L'émotion non contenue devant le malheur de ceux qui sont éloignés de moi me laisse dubitatif si elle n'est pas stimulée par l'art d'un écrivain, le professionnalisme d'un journaliste, le talent d'un artiste, ou la possibilité d'exercer une action bénéfique. L'efficacité d'un sentiment ne se mesure qu'à la conjonction de la profondeur de celui qui exprime son malheur et la réceptivité de celui qui pourrait l'atténuer voire le prendre en charge.

Alors les rappels à l'ordre, les injonctions des bonnes âmes a pour conséquence incoercible d'éveiller en moi des sentiments fort peu chrétiens de haine : qui sont-ils pour donner des leçons de bonne conduite, que valent-ils pour s'ériger en guides des bons sentiments, quelles sont les preuves de leur bonne foi, de leurs actions, des effets de leurs actions ? La compassion a trop souvent remplacé les bonnes oeuvres, ce n'est pas un progrès; et la charité n'a d'intérêt que si elle n'est pas instinctive, l'action doit suivre la réflexion et pas l'inverse.

Voilà, j'ai déversé mon fiel, que j'ai peut-être en excès par rapport aux autres, mais je n'en suis pas si sur. Ce déballage n'a bien entendu aucune valeur éducative, morale, pédagogique, mais l'unique attrait de révéler aux personnes qui s'affichent "bonnes" qu'elles ne sont pas seules au monde, et qu'il leur faut savoir respecter les hommes sans qualités; en bref que l'agitation est à l'opposé de la perfection, que le bon coeur est mauvais conducteur, que l'amour ce n'est pas la compassion.

Pater meus, transeat a me calix iste.

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 12:10

Après le triomphe de sa garde blanche qui dans un raid insensé, laissa les targui médusés, et lui rendit sa capitale de Tombouctou, alors Flamby se consacra lui-même Sonni ("le sauveur") du Mali.  Certes quelques hordes insoumises s'étaient retirés dans l'Adrar des Ifoghas, narguant le nouvel imperator dans leurs djebels poussiéreux, d'autres immondes chacals s'étaient camouflés dans l'anonymat de ruelles sordides des places conquises. Mais Sonni le Grand lança sa cruelle garde noire contre ces obscurantistes, réactionnaires, inféodés à un régime honni, qui refusaient l'avènement du nouveau soleil, symbole du progrès des recettes fiscales, de l'égalité devant le maître, de la corne d'abondance déversant ses bienfaits sur les plus fidèles.

 

N'en pouvant plus de ne pas proclamer aussitôt une gloire tant attendue, soucieux de profiter d'un bonheur peut-être éphémère, superbe d'en mettre plein la vue à des alliés qui ne l'avaient aidé que de doucereuses paroles,  Sonny le Grand fit son entrée triomphale dans la ville hurlant sa joie de retrouver enfin les bienfaits de la civilisation de consommation.

Pénétrant dans la ville sainte le porte-glaive El Drian, la lumière de l'Orient, revêtu du traditionnel tablier blanc, brandissait la truelle sacrée qui avait aplati les méchants.

Le suivait Quintus Fabius Maximus Ovicula (le mouton), bêlant son admiration pour celui qui l'avait asservi.

Sans importance, non considéré, issu de la vile tribu des Aï Rau, se trémoussait, en tentant vainement d'impressionner un public indifférent, le chef des Eunuques, le Petit Vizir.

Puis, glorieuse, royale, s'avançait la mère des négrillons, enrobée de ses châles, portant dans ses mains la calebasse où étaient enfermés les serpents qui sifflaient sa bravitude.

Derrière, le regard courroucé, la favorite, montrait fièrement ses seins pointés comme des obus sur ceux qui oseraient la défier; enragée de sa place médiocre elle balançait des mots aigres au tout venant.

Venait ensuite M'ST, la consacrée à Sol invictus, la redoutée maîtresse des chamans, celle qui connait les redoutables secrets qui guérissent des plaies de l'amour.

Dominant le cortège de son masque d'aigle, les cheveux bouclés voletant dans les tourbillons du vent des sables, on devinait le protecteur touche à tout du Monde Arabe, le membre viril de l'Institut.

Criant son adoration, incongrue dans ces étendues désertiques, trottinait la reine de la jungle, la magicienne maitresse des hyménées, qui savait faire enfanter n'importe qui.

Quasi incognito, le Prince des Asturies pensait et ne disait rien.

Et puis dans un tohu-bohu indescriptible à pied ou montés sur des chars rigolos, se trémoussaient les habituels suivants et suivantes : adoratrices de Sapho exhibant leurs appâts,  Sodomites sous la conduite de leur Bergé, saltimbanques intermittents, journalistes prenant religieusement des notes, et tout le menu peuple des arrière-cours du souverain, attachés, détachés, chargés, missionnés.

 

Ah Allah ! Que la guerre était jolie.

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 10:15

Que des dérèglements de la sexualité se présentent comme un progrès des moeurs est ridicule : ils ne sont pas une découverte de notre époque; seul le regard des autres est devenu indulgent; le seul progrès n'est pas du côté des déviants, mais de celui des hétérosexuels qui tolèrent maintenant ce qui les dégoute toujours. Compatir n'est pas approuver.

Que la passion s'institutionnalise lui fait perdre son essence. L'amour entre deux êtres est un éclair qui n'a rien  voir avec les notaires, les maires, les curés, les caisses de retraite. Vouloir marier deux individus n'est pas la consécration d'un amour mais le fondement d'un projet de création d'une famille dans une tentative (souvent folle, infructueuse) de perpétuer au maximum cette union pour garantir l'éducation d' enfants désirés. L'amour dans le mariage est une condition utile mais pas nécessaire.

Que le consumérisme s'empare de la famille est une nouvelle couche d'infamie dont notre société se barbouille. La tétanie s'empare, chez nous, maintenant, de n'importe qui à l'idée que quelqu'un, quelque part, va posséder quelque chose auquel il ne peut prétendre. Comment admettre, qu'au nom d'un hédonisme égalitaire, l'impuissance conjuguée de deux partenaires à procréer aboutisse à légaliser une appropriation d'enfants d'autrui.

La non-stigmatisation des homosexuels n'implique ni l' approbation de leur conduite, ni leur mise en valeur dans une institution (le mariage) qui ne leur apporte rien sur le plan sexuel ou affectif, ni la consécration par l'adoption, la P.M.A., la G.P.A., d'un désir d'enfants qu'ils ont choisi par leurs pratiques de ne pas avoir.

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 15:26

Hollande fut qui Mali panse. Un héros nous est né, un chef nous est donné.

Au fracas des Mirag' qui bombardent l'Adrar,

Superbe, maitrisant son parti qui s'effare,

Dans le Sahel ébloui,

l'Imperator flamby.

Un délire politico-médiatique entoure la décision du président de faire intervenir nos troupes au Mali : avec une mâle assurance certains nous assènent l'exigence de l'union nationale; mais enfin que diable, la mobilisation générale n'a pas été proclamée, personne ne nous a demandé d'apporter l'or caché dans nos matelas  à la Banque de France pour financer l'effort de guerre, il ne s'agit à tout prendre que de sauver le régime sans légitimité de Bamako. D'autres s'extasient sur l'esprit de décision du soi-disant aboulique : il a su renier ses promesses de campagne pour lancer nos braves pioupious dans un raid contre les méchants islamistes du Sahel; oui, mais pourquoi maintenant, pourquoi avoir attendu janvier, tout était en place depuis des mois pour qu'AQMI soit attaque le sud du Mali, soit tente de déstabiliser le Niger; attendait-on que les terroristes soient mieux armés, plus organisés logistiquement ? Et le concert de silence de la gauche humanitaire, droit de l'hommiste, sur la répression violente par l'Algérie de la tentative de prise d'otages d'In Amena ? Il faut souscrire au nom de la raison d'état ?

Comme tous les indécis il a pris sa décision trop tard : c'est Gamelin lançant ses troupes une fois que les allemands ont attaqué, après avoir attendu des mois derrière sa ligne Maginot. Il aurait du penser à la remarque de Mac Arthur : toutes les défaites s'expliquent en deux mots "too late".

Inaccessible aux leçons récentes de l'histoire, il n'a pas su analyser la difficulté de lancer des troupes au sol, suréquipées, contre des guérilleros sous-équipés pouvant se fondre dans la population ou se protéger par des boucliers humains. Les frappes aériennes, faites à temps, auraient pu au moins anéantir la logistique, en plein désert, des katibas de terroristes.

Il n'y a aucune raison pour ne pas critiquer une mauvaise décision, prise au mauvais moment.

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