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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 11:14

Dans notre monde de parlotte, le dialogue est devenu un paradigme.  Il a ses modes d'expression : assemblées, conventions, réunions, comités, entretiens, émissions interactives, d'autres plus anciennes comme discussion sur le zinc, d'autres plus modernes comme blogs, ou tweets. Il a ses rites : questions des chers auditeurs pendant une émission de radio, parole à des intervenants à la fin d'un discours, écoute compassionnelle de tous ceux qui n 'auraient pas votre niveau intellectuel  ou culturel (malades, enfants, handicapés), verbalisation de l'indicible (accidentés de la vie, minorités souffrantes) . Il a ses  passages obligés : ouverture (elle est la preuve de la largeur d'esprit, jamais de l'approximation, de l'imprécision, du relativisme) , tolérance (elle est proclamée obligatoire pour tous ceux qui trouvent intolérables certaines situations),  travail en équipe (la décision individuelle, l'opinion individuelle se doit d'être noyée dans un élan collectif), démocratie participative (les minorités ont tort sauf si elles sont opprimées).

Le dialogue moderne, s'éloigne tant de la maïeutique que de l'information réciproque. Il ne s'agit plus de trouver un raisonnement, ou d'acquérir des connaissances pour mieux formuler une conclusion. Il faut imposer des modes de pensée par ce que l'on appelait jadis la propagande, le prosélytisme,  la manipulation. La nouveauté est qu'il est présenté comme une médecine douce, homéopathique, dans laquelle la qualité d'écoute devient l'outil insidieux de la mise en condition de celui que l'on est censé écouter; une sorte de psychanalyse appliquée à des groupes.

Le dialogue moderne est ennemi de l'action. Il est consensuel, elle est "clivante",  il est apaisant, elle est "stigmatisante", il est porteur de valeurs, elle est porteuse de brisures donc d'inégalités nouvelles, il est le symbole de la précaution, elle entraîne dans l'inconnu. La nouveauté est qu'il est une drogue douce qui endort les paresseux dans le confort de ses droits acquis, les rentiers dans la perpétuation de leurs privilèges.

Le dialogue est l'arme des puissants pour mieux asservir la foule.  Rien de très nouveau dans l'histoire. La seule modernité est que les outils de communication contemporains, les outils de contrôle d'un état moderne, ont transformé la parlotte en moyen inattaquable du triomphe du despotisme démocratique.

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 11:07
L’amour charnel est une difficulté pour toutes les religions, et pour toutes les philosophies éloignées du religieux. Il n’en existe pas qui fasse du désir physique le moyen d’arriver à des états de détachement, d’équilibre, de béatitude ou de sainteté. Le mariage n’a pas été inventé comme une liberté, mais comme une contrainte pour tenter de discipliner une sexualité qui ne peut se contenter de l’ascétisme. L’hédonisme occidental est un sophisme : la recherche du bonheur est dans le plaisir, tous les plaisirs sont admissibles pour atteindre le bonheur, le plaisir est un droit pour tous, donc tout individu, au nom de sa liberté, doit pouvoir exercer toute la palette des plaisirs : avoir un conjoint de même sexe, avoir des enfants ; problème : vivre en couple n’est pas un chemin de roses, et élever des enfants n’est pas une partie de plaisir, et le seraient-ils qu’introduire les idées de fidélité (pour le couple) ou de stabilité (pour les enfants) est contraire au principe de plaisir. Vouloir admettre l’homosexualité comme une pratique normale, à l’égale de l’hétérosexualité, n’est que l’expression de ce droit au plaisir pour tous. Que chacun ait sa dose d’anormalité est une évidence ; cette connaissance aide d’ailleurs à la tolérer chez tous ; elle n’incite pas nécessairement à préférer l’anormalité à un haut degré, sauf à se complaire dans le langage convenu de la culture laxiste que tout ce que nous ressentons est un don (venant d’où ?) qu’il faut faire fructifier. Il n’y a rien de haineux, ni de rétrograde, ni de bourgeois, ni de droite, ni de conservateur, à penser que l’homosexualité est une débauche (c'est-à-dire un usage excessif ou déréglé de ses sens) ; il n’a pas de justification religieuse ou philosophique à institutionnaliser la débauche, et corrélativement à ridiculiser l’ascétisme. Vider les mots, et donc les réalités qu’elles recouvrent, de leur signification n’est pas une expression de l’amour.
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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 12:28
L'humour, à la différence de l'humeur (simple manifestation d'irritation épidermique), et de l'esprit (faire rire des autres), est censé faire rire de soi-même. Le problème avec Sophie Aram, qui se revendique humoriste, est qu'elle m' afflige. Passe pour sa propension au graveleux : - les ménagères qui " attendent de se faire fourer pour les fêtes" - DSK qui "sort son engin et... sodomise ..." - les députés âgés qui devraient "prendre leur retraite avant de s'apercevoir qu'ils ne sont plus tout à fait étanches" - les ministres qui "doivent se concentrer sur ce qui se passe au-dessus de la braguette". Passe encore pour sa tendance à glousser avant de délivrer ses plaisanteries de garçonne de bain, son incapacité à recevoir une réplique alors qu'elle agonit de sous-entendus son interlocuteur. Mais ce qui ne passe pas, est que dans cet emballage cradingue et mal ficelé, elle veuille nous faire passer sa doxa estampillée "France-Inter" : mélange confus de toutes les bienpensances de toutes les associations "convenables" (style Green Peace, Ligue contre le Racisme, ATD Tiers-Monde, CRAN, etc... ), de toutes les rumeurs complotistes propagées par les "gentils médias (Mediapart, Libération, etc...). La sauce du militantisme, de la vulgarité et du contentement de soi est parfaitement indigeste. Ne pourrait-elle aller rire ailleurs ? Ce matin, 29 octobre, sur France-Inter, sans surprise, la dinde a gloussé sur les opposants au mariage homosexuel : mise en scène ridiculisant les manifestations passées et à venir de la droite, des conservateurs, des pimbêches à l’accent pointu censées incarner ces rétrogrades, un Benoit XVI ridiculisé. Mais ce n’était pas assez drôle pour la pourfendeuse du passéisme, alors ont dégouliné de sa bouche, présentés comme des mises en garde aux enfants , toute une série d’insanités : - la masturbation ce n’est pas sale … c’est hypersympa ; - la vierge marie aurait eu un enfant en restant vierge … opération du Saint-Esprit … mensonge aux enfants … ça ne marche pas comme ça . Mais qu’a-t-elle besoin de mélanger le cul et la religion chrétienne ? L’obsession du dessous de la ceinture et d’un anticléricalisme farouche est révélateur d’exhibitionnisme, et de tendances mère fouettarde. Oh, bien entendu, elle ne va pas nous parler de ce que pense de l’homosexualité le grand rabbin de France, ou l’imam de la mosquée Al Azhar, les tabous reprennent le dessus, la délurée redevient craintive. Je crois qu’il serait temps que la dinde reçoive une remontrance publique de la part des chrétiens ; pas de fessée ce serait peut-être exaucer ses souhaits.
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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 16:55
La nature nous a affligé de différences dures à supporter. Une des plus fondamentales est que la femme peut enfanter si un homme consent un petit geste et que le mâle s’il a apporté quelque chose, ne porte rien du tout et reste d’ailleurs incertain de la postérité qu’il donne (sauf à se lancer dans des analyses chromosomiques possibles dans notre ère contemporaine). Dans le monde vivant où la filiation (la conscience d’avoir des parents ou réciproquement d’avoir des enfants) est soit inexistante, soit émergente chez les mammifères, l’humanité se fait gloire d’avoir inventé la famille : un père, une mère, des enfants qui a leur tour engendrent des petits enfants. La création de cette cellule familiale a été le creuset de la transmission des cultures, des apprentissages, elle a aussi donné à l’homme un rôle de cofondateur d’une famille. C’est sur cette évolution que les lesbiennes voudraient revenir, car ce sont elles qui sont à la pointe de la défense du mariage homosexuel, de l’adoption, de la procréation médicalement assistée ; leur bataille pour l’égalité (du droit d’avoir un enfant) cache mal leur androphobie ; dans leur antipathie pour le masculin, elles rêvent de le court-circuiter en rendant anonyme la figure du père, en niant le progrès représenté par l’indentification d’un père. Dans ce combat rétrograde, elles ont embrigadé les homosexuels, qui se retrouvent les cocus de l’affaire : ils pourront toujours se marier, ils ne pourront jamais porter d’enfant, c’est physiologique, ils n’y peuvent rien et devront continuer de subir leur infériorité ; ils adopteront ? Tous les pays émergents durcissent leurs conditions pour l’éviter ! Ils demanderont que soit autorisée la Gestion Pour Autrui ? Toutes les femmes seront opposées à une telle marchandisation du corps. Le mariage homosexuel est une régression culturelle proposée par quelques femmes haineuses, et quelques hommes naïfs. Dans leurs mythes, les grecs avaient baptisé ces féministes exacerbées les Amazones ; à une époque où la PMA n’existait pas encore, elles utilisaient, pour procréer, les plus beaux mâles de tribus voisines une fois l’an ; afin d’éviter toute concurrence au sein de leur tribu elles tuaient ou mettaient en esclavage tous leurs enfants mâles ; le mythe résume à la fois la tentation d’une société unisexuée et la pratique concomitante de l’eugénisme ; les grecs, pour exprimer toute leur horreur de cette utopie, avaient imaginé de situer cette tribu dans une steppe quasi inaccessible et d’y envoyer quelques héros, comme Bellérophon ou Héraclès, pour la massacrer. C’était peut-être beaucoup.
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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 11:38

Chantal Jouanno se découvre centriste. Elle se situe entre quoi et quoi ? Qu'est-ce qui structure cette personne (en-dehors de son ambition, bien entendu).

 

Est-elle pour la conservation de la terre, des espèces, des paysages dans l'exaltation d'un fixisme qui dénie tant à l'homme le droit de modifier son environnement, qu' à la nature le pouvoir de se régénérer ?  Est-elle pour l'apologie de ce droit de précaution qui attise les peurs, fortifie les paresseux, conforte les couards, et n'est que l'antichambre du conservatisme ? Pourquoi pas, mais  elle représenterait alors l'image de la réaction, la volonté du retour vers un âge d'or dans lequel nous vivrions dans un monde non encore contaminé par la pollution, appauvri par la surexploitation  des ressources naturelles et surchargé d'humains.  

 

Est-elle pour la négation du droit à la différence, en prônant le mariage homosexuel qui nie la spécificité de chaque sexe ? Est-elle pour la négation de l'expression des talents de chacun, en se félicitant de l'instauration de quotas de femmes là où elles sont moins nombreuses ? Pourquoi pas, mais qu'elle voit bien alors qu'elle est l'avant-garde des représentants de la théorie du genre qui prônent que la différence sexuelle n'est que physique et que les genres masculin ou féminin ne sont que des attitudes sociétales qui peuvent évoluer au fil du temps. Alors elle se voudrait la fossoyeuse de tout ce que l'on connait de nos cultures.

 

Elle doit croire que centriste veut dire faire vivre ensemble des opinions parfaitement contradictoires avec d'une part un côté réactionnaire à peine tempéré par le pragmatisme et de l'autre un côté révolutionnaire à peine affaibli par la prudence. Elle n'est pas la seule de son acabit à vouloir surfer sur l'opinion publique en ramassant dans un seul catalogue les positions les plus exaltées pour les vendre dans l'emballage de la liberté de pensée. Elle n'est pas centriste, elle est deux fois extrèmiste.

 

Pour une personne comme elle ,sans colonne vertébrale,  qu'importe de se faire élire avec les voix de certains pour passer sans crier gare dans une écurie qu'elle pense plus prometteuse pour  son ego. Elle doit considérer que c'est typiquement centriste de trahir ses amis.

Chantal Jouanno, je le crains, est beaucoup plus structurée que  ne le laissent supposer ses discours. Elle est écologiste parce que c'est "clivant" par rapport à des concurrents; elle est pour la théorie du genre parce que c'est original à droite; le tout est de sortir de l'ombre. Le seul centre qui compte pour elle est son nombril. 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 16:27

Il faut taxer les riches clame le choeur des élus socialistes. Certes, personne n'a jamais eu l'idée d'opérer des prélèvements quasi confiscatoires sur les pauvres. Mais il faudrait aller un peu plus loin pour savoir ce que l'on définit comme riches : dans l'esprit étroit des comptables de Bercy les riches  englobent ceux qui possèdent beaucoup de biens matériels tels que foncier, portefeuille, liquidités. Les socialistes ravis se sont ralliés comme un seul homme (ou un seul godillot) derrière cette acception. Mais que font-ils des privilégiés qui ont des biens non matériels, ou du moins non immédiatement liquides : le contrat de travail garanti à vie, le temps de travail non extensif. Qui peut nier que c'est une vraie richesse aujourd'hui de disposer d'un emploi dans la fonction publique ou dans des sociétés du secteur public ou assimilé ? Qui peut  nier que c'est une vraie richesse de disposer de temps libres parfaitement délimités, et particulièrement amples lorsqu'on a une garantie de revenu décent ?

La logique de l'effort d'une nation pour affronter une période de très grandes difficultés est de demander des contributions exceptionnelles à tous. Mais le sectarisme de ceux qui nous gouvernent  s'est révélé sur trois facettes :

- l'effort demandé aux plus aisés n'est pas présenté comme devant être allégé dès que les circonstances le permettrait; ce n'est plus de l'effort c'est un garrotage avant exécution;

- l'effort de la fonction publique est absent du côté des dépenses (stabiliser les dépenses ne peut être présenté avec honnêteté comme une contribution)

- l'ensemble des salariés de la fonction publique et des sociétés du secteur public ne sont pas taxés  sur leurs richesses  (ou leur privilèges) : leur contrat de travail garanti, leur temps libre pour une très grande majorité d'entre eux.

Une société de privilèges ne peut subsister. Ou les fonctionnaires abandonnent leurs privilèges, ou ils paient. Le seul problème est qu'ils ont pris les manettes de l'état, et qu'ils tentent pour mieux asseoir leur pouvoir de résister à toute idée de baisse de leurs effectifs, voire de les augmenter. 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 12:03

Arrogance intellectuelle

 

Imagine-t-on Achille et Patrocle décidant d'adopter Astyanax après la prise de Troie ?  Ou Michel-Ange coulant des jours heureux avec le Sodome dans une villa florentine que leur aurait allouée l'état florentin ? Ou encore Proust léguant ses biens  à un compagnon ? Les moeurs ont évolué, il faut le concevoir.

 

A-t-on vu une gay pride à Delhi, au Caire ou  à Ho Chi Minh Ville, avec ses chars débordant de lesbiennes, d'homosexuels étalant leurs préférences sexuelles devant les badauds ébahis ? Pas encore, toujours interdit pour d'obscures raisons puisées dans des cultures rétrogrades ? Les moeurs ont évolué, il faut qu'ils y passent.

 

 

Egalitarisme forcené

 

La différence physique implique une différence d'aptitudes à exécuter certaines tâches  : un cul de jatte ne peut faire l'ascension du Mont Blanc, un vieillard ne trouve plus de plaisir dans la sexualité,  un garçon n'a aucune envie de jouer à la poupée, un aveugle cultive des talents autres que le goût des couleurs. Sont-ils malheureux pour autant de ne pouvoir pratiquer ce dont ils sont privés ? Non. Sont-ils mal considérés d'avoir à supporter ces handicaps ? Non. Réclament-ils d'avoir le droit de contrefaire ce qu'il ne peuvent faire ?

 

Sodomisés et sodomistes veulent sanctifier civilement leurs pratiques sexuelles sous prétexte qu'elle ne relève que de leur liberté individuelle. L'argument est bizarre : en quoi les pratiques de l'alcôve doivent-elles recevoir l'approbation d'une cérémonie publique; dès que l'on veut  donner une quelconque publicité à des turpitudes privées pourquoi s'étonner, se formaliser,  que certains en soient gênés, offusqués, scandalisés ?

 

L'amour d'un autre, la passion d'élever des enfants font partie des valeurs universelles : certes.  La passion du contrat synallagmatique, de la pension de réversion, de la cérémonie chez monsieur le Maire, du simulacre de maternité ou de paternité ne seraient elles pas que des manifestations de légistes soucieux de devenir des plaideurs à succès.

 

 

A côtés fangeux


Le mariage civil a été conçu comme une institution stabilisatrice, avec nécessairement des sanctions pour celui qui est le responsable de son échec : la pension alimentaire que doit verser celui qui se livre à des vagabondages érotiques. Il va falloir dans le monde homosexuel intégrer que la fornication (relations sexuelles entre célibataires) puisse devenir un adultère (relations sexuelles hors mariage d'un conjoint) punissable pécuniairement.

 

Les enfants ont toujours adoré leurs beaux-parents :  Hippolyte, fort peu amoureux de Médée qui tente de l'empoisonner, la contraint à s'enfuir; Baudelaire réclame, sur les barricades,  la tête de son beau-père le colonel  Aupick;  Blanche-Neige supporte que sa belle-mère danse avec des chaussures de métal chauffées au rouge jusque mort s'en suive; toute l'histoire et la mythologie pullule de ces relations exécrables entre enfants et beaux-parents.  Mais pourquoi donc  le monde des homosexuels va-t-il se fourvoyer dans cette impasse ?

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 12:23

Christian Eckert est né , pour moi, à l'occasion de sa défense du traité européen à l'Assemblée Nationale, et de son interrogatoire dans les Echos du 9 octobre. Ses propos m'ont laissé perplexe, et j'ai tenté de le découvrir à travers trois de ses prises de position.

 

 I. Admirable enthousiasme de Christian Eckert  (rapporteur du budget à l'Assemblée Nationale) pour faire ratifier le traité préparé par le précédent président avec Madame Merkel.  Etonnante hypocrisie qui  lui fait omettre le nom des auteurs dans son discours de soutien : Sarkozy n'en est ni l'inspirateur, ni le partisan, Merkel disparaît dans les brumes de la rhétorique. Que ne fait-il référence à ce qu'il exprimait  le 21/2/2012 sur son blog :

" François Hollande a clairement dit que la renégociation de ce futur traité sera pour lui une priorité, et que la légitimité issue de son élection en serait un levier important."

"le futur traité ... représente un vrai danger de perte de souveraineté"

Si l'on suit son raisonnement, puisque François Hollande a échoué dans sa tentative de renégociation, et que pas un seul mot a été changé, serait-il en train de souscrire à une probable perte de souveraineté de notre pays, remet-il en cause la légitimité de l'élection de François Hollande qui se rallie aux propositions de son prédécesseur ?


II. L'esprit confus de Christian Eckert se révèle aussi à l'occasion de la taxation sur les plus-values de cession des entreprises ; il veut absolument confondre quatre notions, la rémunération du capital d'investisseurs, la rémunération d'un créateur d'entreprise, celle de son développeur, la rémunération d'un salarié lambda. Il est évident que chacun peu assumer à la fois les quatre rôles et percevoir une rémunération adaptée à chacun  :

- être employé et percevoir un salaire, voire un intéressement aux résultats, et parfois une participation aux bénéfices;

- être dirigeant et du fait de sa contribution forte à l'accroissement de la richesse de l'entreprise percevoir des primes exceptionnelles;

- être créateur d'entreprise par son apport intellectuel et/ou physique et en recevoir la rétribution une fois la réussite acquise;

- être le financier qui permet le développement de l'entreprise en fournissant des capitaux et en acceptant l'idée de pouvoir les perdre et percevoir la légitime rémunération de sa prise de risque.

Dans son discours populiste, Eckert veut nous faire croire que la contribution du salarié lambda est de même nature que celle des autres acteurs : "Il y a des accidents du travail tous les jours, et quand des plus-values sont réalisées, les salariés y ont aussi contribué. Je ne vois pas pourquoi les investisseurs paieraient moins d'impôts qu'eux.". La recherche intellectuelle, la suractivité, la capacité à diriger, la prise de risque sont des notions qui sont étrangères au professeur Eckert.

 

III. La fringale fiscale du maître (il fut prof de math jadis) s'exprime aussi dans son désir de taxer les oeuvres d'art à l'ISF. Il avoue lui-même que "le rendement budgétaire n'en serait d'ailleurs pas considérable".  Ce serait précise-t-il "une mesure d'équité". Il brandit un grand mot dont on ne voit pas bien ce qu'il recouvre : quelle justice il y aurait-il à taxer des objets qui en règle très générale ont coûté beaucoup  acquérir, coûtent parfois à  protéger et ne rapportent rien financièrement. Si l'on suit le raisonnement de l'éminent socialiste, l'idée serait de taxer le plaisir : si vous avez une passion que d'autre n'ont pas (ou ne peuvent avoir, ou ne veulent avoir), il serait juste de mesurer votre degré d'assouvissement de cette passion et la taxer proportionnellement; faute de pouvoir mesurer le degré de plaisir, on se contentera de faire une évaluation (au prix de marché j'imagine) des objets que vous détenez. Devant la richesse d'un tel concept, je ne vois pas que l'on s'arrête à l'identification de simples objets : pourquoi ne pas taxer le plaisir que vous apportent vos animaux de compagnie, votre temps d'écoute d'une bonne musique, le conjoint que vous aimez, les enfants que vous adorez; le plaisir ne peut s'arrêter à la détention d'objets d'art matériels, il faut élargir cette notion ; pourquoi ne pas essayer de trouver une note de bonheur individuel, et de taxer d'autant plus les gens les plus heureux, pour apporter au moins cette maigre consolation aux plus malheureux.


J'en termine avec cet élu sinistre (de gauche étymologiquement) qui unit dans sa riche personnalité la schizophrénie (je soutiens ce que j'ai voué aux gémonies), les troubles maniaco-dépressifs (je stigmatise plutôt qu'analyse), et la paranoïa (je délire sur la taxation du plaisir).

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 15:35

Le déni, comme nous le rappelle Nicolas Baverez dans son dernier livre est toujours à l'origine d'analyses fautives et donc de solutions inadaptées. La France actuelle se berce de litanies sur le modèle républicain, l'exception française, la patrie des droits de l'homme, l'héritière des Lumières, le pacte social issu de la Résistance, toutes rengaines qui ont plus d'un demi-siècle, qui ont pu avoir leur vérité un temps, qui ne sont maintenant que le cache-misère d'une absence de réflexion sur la situation d'aujourd'hui. Les médias, les politiques nous gorgent d'expressions qui servent d'alibi à la paresse intellectuelle et ne proposent rien d'autre qu'un conservatisme de la pensée : le principe de précaution (la précaution est sagesse, elle ne peut être préjugé), le refus de stigmatiser (le principe de récuser la haine se transforme en refus d'analyse de comportements collectifs),  l'égalité des droits réels (l'égalité des droits politiques transformée en une tentative tyrannisante d'égalité des modes de vie), le métissage culturel  (qui d'enrichissements d'apports extérieurs s'est abâtardi en relativisme mondialisant). Tout ce méli-mélo s'incarne dans un seul mode d'expression : la compassion. La compassion pour les communautés, les minorités, les exclus, les pauvres, les vieux, les jeunes, les grabataires, les gros, avec en contrepoint une haine mal dissimulée pour tous ceux qui d'une manière ou d'une autre ne correspondent pas à ces critères. La compassion est doublement utile pour celui qui la manifeste, en lui apportant une satisfaction personnelle (voyez comme je suis bon, attentif aux autres) et en lui fournissant le prétexte de déverser sa bile sur ceux qu'il juge responsable de l'exclusion, la pauvreté, les mauvais traitements (c'est le défilé des patrons voyous,  de la finance folle, des populistes racistes, des petits blancs, des conservateurs et intégristes de tous poils). La compassion est à la fois le miroir dans lequel se regarde complaisamment  notre élite gouvernante, et la justification des châtiments (ou au moins du mépris)  qu'il faut imposer à certaines catégories de la population. Elle est surtout synonyme d'un déni de la réalité, permettant de faire l'économie d'actions difficiles en flattant la plèbe.

A force de nier la réalité du monde existant , nos gouvernants refusent d'articuler des évidences : les français ne produisent pas assez et consomment à crédit (c'est la vérité exprimée par notre déficit commercial abyssal), les transferts sociaux sont excessifs (c'est dit dans le montant record de la part du PIB  prélevée par  le secteur public), le communautarisme galope (zones de non-droit dans des cités, règles de quotas, effondrement de la transmission de la culture française). A ces trois évidences (celles que j'ai trouvées, mais il y  en a certainement d'autres) ne sont proposées que des réponses  de circonstance, comme s'il suffisait de donner un cachet d'aspirine à un malade que l'on a pas ausculté. Vous ne produisez pas assez ? Empêchons les licenciements dans des industries malades, sans se préoccuper d'en développer de nouvelles. Vous consommez trop de produits importés ? Surtout pas de réponses qui pourraient conduire à développer l'exploitation de gaz de schistes, ou la construction de nouvelles centrales nucléaires. Vous vivez du travail des autres (retraite, chômage, couverture médicale, etc...)  ? On va créer des commissions pour corriger à la marge certaines prestations sans se donner l'audace de tailler dans les abus. Vous profitez de prestations gratuites du service public ? Concert de hurlements pour préserver ce sanctuaire, voire l'étendre encore, au lieu de se poser la question de la disproportion de certains efforts par rapport au résultat constaté.  Vous vous repliez sur votre communauté ? Là c'est le grand écart entre le respect de n'importe quelle culture et la nécessité prosaïque de quand même vivre ensemble.

Et le peuple conscient de ces problèmes, incline quand même à donner sa confiance à quelques zozos en se disant qu'ils ont peut-être, caché dans leurs manches, une martingale qu'ils n'ont pas vue. Mais comme il ne croit quand même pas vraiment à l'existence de cette solution miracle, il se dit qu'il vaut mieux réclamer encore plus, sur tous les tons, tant qu'il est encore temps. Et naît la rumeur de l'insuffisance de moyens : il n'y a pas assez de policiers, de greffiers, d'infirmières, de professeurs, de gardiens de prison,  de médiateurs, d'aides à la personne. Et prospère le bruit que l'argent existe, et qu'il suffit d'aller le chercher dans les poches idoines : les patrons, les riches, les sociétés du CAC 40, les exilés fiscaux, les hedge funds, les banques, les pétroliers, les agriculteurs productivistes, l'industrie pharmaceutique. Mais la véritable martingale des zozos qui ont été élus depuis des décennies est de hurler avec les loups, prendre quelques boucs émissaires, et espérer que quelque part dans le monde quelqu'un viendra nous sauver : ils appellent celà la croissance économique mondiale ( en espérant que Chinois ou Américains veuillent bien à l'occasion nous laisser quelques miettes d'un festin à venir !), ou bien les eurobonds (pourquoi les allemands ne viendraient-ils pas nous sauver sans que nous ne fassions d'efforts ?), ou encore l'avènement du village mondial qui réduira à peu de choses les différences constatées chez nous (le petit problème est que l'attrait de notre petit village à l'occidentale n'est absolument pas évident dans d'autres mondes comme l'Islam, l'Inde, voire la Chine) . 

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 15:39

Le décideur

"Monsieur on verra" dixit Martine Aubry

"Guimauve le conquérant" d'après Guillaume Bachelay.

 

L'homme du changement

"Fraise flagada dixit Laurent Fabius

"Flamby" d'après Montebourg;

 "Mollande le fromage à pâte molle" d'après Marine Aubry.

 

Le dirigeant charismatique

"Un éléphant derrière une fraise des bois" ou encore "Monsieur petites blagues" d'après Fabius;

"Capitaine de pédalo" d'après Mélanchon.

 

La stature internationale 

 "Pizza boy", "l'homme marshmallow" pour la presse étrangère;

"La médiocrité ne doit pas devenir l'étalon" réplique Angela Merkel aux propositions de François;

"J’ai prévenu M. Hollande qu’il ne pourra plus se déplacer en scooter à Paris" déclare Obama après leur première rencontre.

 

L'homme du compromis

"Embrasse-moi" lui intime Valérie Trierweiler sur un podium face à la foule, et il s'éxecute;

"Dis-moi bonjour" lui intime Ségolène Royal dans un couloir de l'ONU à NewYork, et il s'enfuit.

 

Ponce PIlate

 «C'est aux Africains eux-mêmes de régler la crise» esquive-t-il pour la guerre au Mali;

«Chacun doit faire preuve d'imagination, d'audace pour faire des économies» assène-il pour la crise budgétaire; l'imagination et l'audace c'est pour les autres;

« J’ai pris la décision au nom de la France de reconnaître le gouvernement provisoire, représentatif de la nouvelle Syrie, dès lors qu’il sera formé. »; avec des si, il est possible de faire toutes les politiques que l'on veut.

 

 

 

 

 

 

 

 

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