Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 16:00

Du temps du général de Gaulle, il existait une règle non écrite qui voulait que le président et  les ministres du gouvernement de la France n’aillent à l’étranger que dans le cadre de leurs fonctions. Depuis, certes, les règles se sont bien assouplies ; Giscard d’Estaing est parti à la chasse en Centrafrique chez son ami Bokassa; Mitterrand aimait à se reposer à Assouan chez son ami Moubarak ; Chirac adorait séjourner au Maroc chez son ami Hassan II ; quand à Sarkozy il ne sait plus où donner de la tête entre ses amis Mohammed VI,  Moubarak, Bush. Des petits voyages qui favorisaient l’amitié, peut-on imaginer, voire des périples initiatiques pour mieux comprendre les âmes torturées de ces sympathiques dirigeants.

Lestée de ces exemples, la bonne Alliot-Marie ne comprend même pas quelle indécence il peut y avoir pour un ministre des affaires étrangères de la France à passer des vacances dans un pays gouverné par un accueillant dictateur.  Comment ne peut-elle pas imaginer que la compromission commence avec sa seule présence ; et que les petits accommodements qui suivent ne font qu’aggraver un cas déjà trop lourd ; et qu’un dérapage verbal  en pleine Assemblée Nationale ne devient plus que la simple habitude de traiter avec amitié un régime avec lequel elle ne devrait avoir que des relations de diplomate.

Le laisser aller dans les comportements a fini par retentir sur notre action politique. C’est affligeant, c’est mérité. L’inaudibilité de la voix de la France vient en partie de ce méli-mélo entre vie privée et vie publique, de cette naïveté à croire que des rapports amicaux peuvent s’instaurer entre chefs d’état, voire entre responsables ministériels, de cette profonde propension à mélanger sentiments, plaisirs et gestion de l’état.

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 16:33

La mort a changé de nature depuis quasiment une cinquantaine d’année du moins pour ceux dont la vie n’est pas interrompue de manière violente ou accidentelle. Elle était le rendez-vous, dans les derniers jours, voire dans les dernières heures de la vie, avec son entourage et avec le mystère de l’au-delà ; elle était l’occasion de repasser en accéléré le bilan de sa vie, de rédiger un testament ou un codicille, de recevoir les derniers sacrements pour les croyants,  de faire en tout état de cause un point de ce qui avait été, et de la façon dont il fallait quitter ce bas-monde. La nouvelle mort, pour ceux qui en profitent ( ?) est une sorte d’hébétude grandissante, un enfoncement progressif dans le néant, un abandon , étape après étape, de ce qui fait la vie : la mobilité, la sensibilité, le plaisir, la mémoire et puis la capacité de penser logiquement.

La mort douce, qu’il ne s’agit pas de mépriser, car la souffrance n’est pas une obligation, n’est pas non plus la panacée octroyée par des tiers, la famille, le corps médical. Dans son article le cardinal Barbarin fait l’apologie des soins palliatifs pour mieux s’élever contre l’euthanasie.  Il voit dans l’euthanasie, une transgression de l’  interdit fondamental « tu ne tueras point », et une incitation au suicide.

Le problème est abusivement simplifié. Il ne s’agit pas évidemment de tuer, mais d’accomplir une volonté exprimée. La volonté de ne pas s’abimer dans le déshonneur de la dépendance, et l’indignité de la décrépitude mentale et/ou physique. Ce déshonneur et cette indignité, qui étaient rares jadis, sont devenues le lot commun. Que certains ne veuillent pas participer à cette mascarade est du libre-arbitre. Ce n’est pas une intention suicidaire, ce n’est pas casser le fil d’une destinée, c’est exprimer que lorsque son destin est accompli, sa mission remplie, il faut savoir faire ses bagages.  

Alors, bien entendu, il ne s’agit pas de deviner une intention floue et mal exprimée d’un patient qui voudrait mettre un terme à ses jours, il s’agit de ne pas déposséder de son autonomie de volonté un être qui a clairement refusé des soins au-delà de ce qu’il lui semble, personnellement convenable.

L’amour ce n’est pas transformer en zombies des gens qui ne veulent pas le devenir. L’amour c’est écouter les autres. La peur, ce n’est pas celle de la mort, c’est celle de l’au-delà, et cette peur là, parfaitement respectable, dicte à chacun sa conduite : certains préfèreront une insensible agonie sous la douce surveillance d'un comité d'éthique, d’autres voudront un affrontement plus brutal et ne désirent pas se laisser dicter leur destin pas des soignants.

Aider son prochain à accomplir son destin est ce que fit le serviteur de Caton d'Utique.

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 11:26

Le mécénat est une impérieuse nécessité dans notre pays. Le patrimoine du passé est tellement magnifique, réparti sur tout le territoire national, multiforme,  celui en train de naître est tellement précieux, indispensable, qu’il est nécessaire qu’il soit l’affaire de tous et non pas de quelques conservateurs retranchés dans leurs musées. Affaire de tous signifie que les personnes physiques puissent y trouver un accomplissement légitime de leurs délires de collectionneurs, de restaurateurs, de découvreurs.  Quelques efforts ont été faits avec le régime fiscal concernant les monuments historiques, ou la loi sur le mécénat de 2003. Mais tout ceci n’est pas à la hauteur de l’ampleur des besoins et des demandes.

La loi de 2003 vantée sur le site du ministère, est affligeante dans sa pingrerie ; citons au hasard l’imposition aux droits de succession au taux de 45% des dons faits à une fondation, ou encore la taxation à l’impôt sur les sociétés des activités lucratives au-dessus de 60 000 euros par an (300 euros par jour !) ; contrairement aux commentaires d’autosatisfaction du ministère les comparaisons ne sont pas flatteuses avec l’Allemagne ou l’Espagne.

La loi sur les monuments historiques si précieuse pour la sauvegarde, manque quand même d’ampleur d’ampleur et de vision (en particulier pour la transmission des patrimoines) et puis est tétanisante  à double titre pour les propriétaires qui s’y sont soumis :

- du fait de la dictature rampante des architectes des monuments historiques, des architectes des bâtiments de France, des architectes voyers, des commissions municipales. ;

- du fait de l’administration fiscale qui n’y voit qu’une niche qu’il faut tenter de réduire.

Tout dans cet arsenal part d’un triple a priori :

-          Les œuvres d’art sont mieux dans le giron de l’état que dans des girons privés ; ce qui est notoirement faux ; il suffit d’examiner le patrimoine religieux scandaleusement sous-entretenu sur l’ensemble du territoire ; il suffit encore de faire l’inventaire des œuvres d’art cachées dans les réserves des musées ;

-          Il faut se méfier des mécénats privés qui vont conduire à une confiscation d’oeuvres d’art au profit de quelques uns, voire à la constitution de niches fiscales préjudiciables au bon rendement des taxes de l’Etat ;

-          Les mécènes sont des riches ou des sociétés représentantes du grand capital et il serait malséant de leur accorder des privilèges.

La philosophe sous-jacente est typique de cet Etat administrativo-corporatiste qui ne comprend pas que le désir du beau doit être élargi, multiplié, incité, et pas seulement à travers la gratuité de visite de musées pour certaines catégories de population, ou l’organisation fastueuse de grandes expositions, ou encore le lancement de grands travaux de présidents ou d’édiles locaux. La formation d’un goût, d’une culture ne pourrait se faire que sous l’égide d’un ministère ou d’un service de la culture. Conception parfaitement élististe, indigne d'un peuple éduqué. La culture est d'abord un bouillonement, même lorsqu'il s'agit de préserver des oeuvres du passé; c'est ensuite une compétition entre amateurs; c'est au  final une énergie qu'il importe de se laisser manifester. Qui pourrait croire que ces termes peuvent se marier avec une ambiance courtelinesque de services, de rapports, de cabinet ministériel.

Les solutions sont simples et s’articulent  en volets qui toutes à la fois incitent, protègent, animent  :

-          Une défiscalisation réelle et complète des fondations tant qu’elles restent dans leur objet artistique,

-          Une défiscalisation réelle et complète des initiatives privées tant qu’elles n’aboutissent pas à une confiscation irrémédiable des œuvres,

-          Un abandon de l’interdiction de vente des œuvres par les musées pour revenir à une simple obligation de réinvestissement,

-          Un renforcement drastique des interdictions de sortie du territoire, qui serait le corolaire d’une plus grande fluidité sur le marché intérieur français,

-          Une baisse drastique de tous les droits qui frappent les transactions sur les œuvres d’art (mobilier et immobilier) qui aurait pour but de réanimer un marché de l’art agonisant et tenter de faire revenir sur notre sol des objets égarés ailleurs.

J’attends qu’un parti politique lance enfin une réflexion sur ces sujets au lieu de nous gargariser sur les sujets bateaux du libre-accès de tous à la culture et de l’enseignement artistique.

Partager cet article
Repost0
17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 11:17

Le duel Guaino-Duhamel ce matin sur RTL est éclairant. Duhamel est dans la posture : il pense que les mots proférés ont une importance essentielle, il ne sent pas qu’au milieu du tumulte les mots ne comptent pas, il ne comprend pas que le temps du verbe précède l’action, et que les injonctions au milieu des combats ou des révolutions ne sont que des cris sans autre importance que la motivation locale ; il passe rapidement sur la seule action du gouvernement français d’avoir refusé l’asile politique au dirigeant en fuite ; cette action-là pose problème, non seulement elle est honteuse par rapport aux relations amicales entretenues jusqu’à quelques jours auparavant, mais elle laisse bien entendu perplexe tous les autres gouvernants des pays que l’on inonde de nos protestations d’amitié ; une action du déshonneur et d’inefficacité. 

Guaino a fort justement rappelé :

-          un principe la France reconnaît les états, non les gouvernements

-          une évidence, quelle action pouvait entreprendre la France lorsque les émeutes s’amplifiaient sans être immédiatement et à juste titre être taxée d’ingérence

-          un rappel sur le mauvais accueil fait par beaucoup de commentateurs au projet d’Union pour la Méditerranée qui proposait quand même, avec tous ses défauts, une politique de développement concerté.

Ces deux voix mettent en valeur deux positions fondamentales : l’une qui verse dans le sentiment, avec la croyance que l’expression du remords a valeur de rachat de fautes ou de compromissions passées, avec la conviction que le bien (incarné par nos valeurs occidentales) a vocation a être répandu chez les autres peuples et que leur révolte traduit cette dévotion à nos grands principes, avec la certitude que l’insurrection ne peut exprimer que l’appétence pour la démocratie et la liberté. L’autre qui sanctifie l’indépendance des peuples, leur laisse le soin de gérer leurs états d’âme, leurs choix de régime, de religion, et pense que l’ambition de nos gouvernants doit s’abstenir de vouloir interférer avec les problèmes intérieurs des autres pays et doit se limiter à des actions multilatérales qui tentent d’apporter la paix et la prospérité au travers de coopérations mutuellement recherchées.

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 11:52

« Ben Ali le grotesque successeur du grand Bourghiba » s’exclame Laurent Joffrin dans Libération. Ce jugement étonne car Ben Ali n’a fait que chausser les bottes de son prédécesseur,  dans ses actions pour limiter l’influence de l’Islamisme dans la société tunisienne, sa volonté de développer une économie entrepreneuriale, sa vision d’une société plus éduquée, mais aussi dans sa pratique du pouvoir marquée par le parti unique, l’omniprésence de la police, la toute puissance d’une camarilla corrompue.  Où est la différence ? Les fautes de l’un sont estompées par le passé, absoutes par son combat contre le colonialisme français tandis que celles de l’autre sont l’occasion facile de se déchaîner contre celui qui vient de tomber.

Mais l’éditorialiste enflammé, non seulement se rue à la curée sur le dictateur déchu, mais veut mettre en accusation ceux qui l’on soutenu au nom d’une realpolitik qu’il taxe d’imbécile. L’arrogance du néocolonialiste est patente chez Joffrin : il faudrait mettre son nez dans toutes les affaires intérieures des autres pays, donner des conseils, ou plutôt envoyer des incitations, voire même prononcer des ukazes. Car de manière étrange, ce que nous pensons en Occident est considéré comme le modèle impératif que doivent mettre en place les autres régimes et il n’est pas question d’y déroger. La volonté des autres peuples est devinée au travers du prisme de nos opinions, et il importe d’établir vis-à-vis des pays qui n’ont pas encore atteint notre niveau d’éveil politique de mettre en place une sorte de protectorat appuyé sur la charte des Droits de l’Homme, les troupes de l’ONU, et des Tribunaux Internationaux chargés de juger ceux qui ne se sont pas conformés à nos directives.

Cette caricature de la pensée droit de l’homisme, charriée dans la plupart des éditoriaux, fait fi, de la réalité qui est que la décolonisation est achevée depuis belle lurette, que l’influence de notre Occident est déclinante face aux pays émergents, que nos postulats sur la démocratie et les droits de l’homme, aussi respectables qu’ils soient, ne sont qu’une modalité de pensée qui n’est pas nécessairement acceptée par d’autres cultures.

Mais de tout cela, les Joffrin et consorts n’ont cure. Le seul geste déshonorant de la France, ne pas accorder un lieu d’asile au président déchu en fuite, n’est même pas stigmatisé.

Partager cet article
Repost0
8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 11:44

Votre article dans le Figaro, intitulé « Compter avec la haine de l’Occident » a structuré ce que je pensais confusément.

Vous montrez que les raisonnements de nos élites sont toujours inversés : ils partent de ce qu’ils désirent pour expliquer, analyser le monde réel. De l’idée que la liberté individuelle et son corolaire, la démocratie, est le bien absolu,  ils en déduisent que toute agression contre ces notions est le fait de criminels de droit commun ; de là ils ne peuvent accepter la notion qu’il puisse exister des ennemis de l’Occident, du moins de l’Occident apôtre des idées humanistes dont ils rêvent ; d’où la hantise de ne pas désigner dans le village mondial qu’ils prônent une quelconque catégorie qui pourrait ne pas adhérer à leurs lumières ; et s’ils ne faut stigmatiser personne, à l’exception bien entendu de ceux qui ne sont pas ouverts à leurs idées (les criminels), alors ils en arrivent à relativiser tous les évènements, à leur dénier toute signification.

Cette attitude est une insulte à la logique et la démarche scientifique : au lieu de partir des faits pour tenter de trouver une théorie qui puisse fournir un modèle explicatif, et donc permettre des analyses prospectives, ils préfèrent tordre les réalités pour essayer de ne sauver leurs postulats. La posture a existé de tous temps : naguère chez les tenants du socialisme scientifique pour occulter les réalisations du stalinisme et du bolchevisme,  plus loin dans le passé chez les monarchistes de droit divin pour oublier les dérives de l’absolutisme, ailleurs chez les hindouistes pour nier les abus des hautes castes ; les exemples sont légions ; l’histoire a chaque fois mal tourné.

Vous osez dire que s’il faut être précautionneux dans la désignation de ses ennemis, il ne faut pas hésiter néanmoins à les identifier : et qu’aujourd’hui ils se nomment le fondamentalisme musulman.

Partager cet article
Repost0
7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 23:00

Une de ses collègues qui ne l’aime pas, a déclaré de ce présentateur qu’il était un petit gros. Le fait est patent. Mais le petit gros en a pris tellement ombrage qu’il crût nécessaire de publier des communiqués, de se répandre sur les ondes pour dire haut et fort qu’il était au plus enrobé et suivait un régime. La classe médiatique commenta avec un mélange de perfidie certaine et de soit disant mépris l’ignominie des propos.  La coupable de ce forfait pensa nécessaire de publier des excuses publiques. Quel tintamarre pour une simple vérité, quel bruit pour une banalité dite à l’emporte pièce, tout cela pour une sorte de crime de lèse- journaliste. On rêve que des paroles aussi simples, aussi évidentes, prêtent à tant de cris d’indignation. Car il faut s’indigner (ou se scandaliser, cela dépend des écoles de pensée) de toute attaque contre le physique des gens. J’ignore ce qui ce serait passé, si elle s’était lancée dans des diatribes contre son arrogance, sa vanité, son outrecuidance, son mépris de ses interlocuteurs, son admiration pour sa petite personne !

Partager cet article
Repost0
5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 11:40

PPDA, plagiaire ! Je n’en espérais pas tant. Le terme de plagiat est presque un terme un peu honorable pour lui, il s’agirait plutôt de copie si l’on en croit l’Express.

Mais l’homme est habitué du mélange entre le vrai et le faux : des vrais-faux cheveux, une vraie-fausse interview de Castro, une fausse bonhommie et une vraie hargne,  une vraie-fausse évasion d’un enfant de Bagdad, un vrai-faux nom, des vrais cadeaux de Boton mais et une fausse entente avec lui.

De ce pantin pitoyable, rien ne saurait étonner. Mais qui ne va rire de voir la statue du Commandeur (des Arts et des Lettres), sous la menace d’un procès en contrefaçon littéraire ? Mais qui ne va se moquer du preux chevalier (de la légion d’honneur)  méprisant  la courtoisie jusqu’à nier ses sources ? Mais qui  ne va pas froncer le sourcil devant l’officier (du mérite) oublieux de ses devoirs  jusqu’à  prendre ses lecteurs pour des imbéciles ?

Il devrait ressasser la maxime de La Rochefoucauld : »Nous essayons de nous faire honneur des défauts que nous ne voulons pas corriger».

Partager cet article
Repost0
3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 11:52

Sans Allemagne, il n’y a pas d’Europe et sans Europe, la France est bien seule.  Le constat de Dominique Moïsi  (Les Echos, 3/1/2011) est incontournable.  Mais, il faut analyser pourquoi il est nécessaire de le rappeler. L’euroscepticisme se répand objectivement ; en font foi les résultats des derniers référendums sur l’union européenne en France, mais aussi aux Pays-Bas. Cette défiance est envers la stratégie dite des petits pas, les outils mis en place, les résultats au moins douteux de la création de l’euro. Pourquoi le monde politique ne tente-t-il pas de répondre à ses questions, sauf à dire de manière insultante, que sa communication a été mauvaise, que les enjeux n’ont pas bien été expliqués, et qu’il suffit d’un peu d’éducation pour remettre dans le droit chemin des peuples égarés.

Ne serait-il pas temps d’arrêter de se complaire dans cette autosatisfaction des gouvernants, uniquement tempérée par  l’ignorance( à corriger) des gouvernés ? Les questions posées sont réelles et méritent au moins d’être écoutées, et que peut-être même des propositions de réponses (qui ne soient pas de simples dénégations) soient apportées.

La stratégie des petits pas d’abord. Elle a fait se rengorger pendant des décennies beaucoup d’hommes politiques, et plus particulièrement les centristes, qui faisaient état de réalisations éclatantes par le simple jeu d’évolutions insensibles des organisations, des règlements. Mais ce qui était nécessaire pour lancer le navire européen dans les années cinquante, lorsque les peuples étaient encore blessés par les horreurs de la guerre, lorsque l’impératif de reconstruction s’imposait à tous, devient depuis les années quatre-vingt le synonyme de la confiscation de la construction européenne par des élites, par une technocratie bruxelloise.  La soit disant démocratie mise en place n’est pas convaincante : le véritable pouvoir exécutif et législatif est aux mains d’un sénat (le conseil des chefs de gouvernements)  dont personne ne connaît les majorités, dont tout le monde comprend que les décisions ne sont que des trocs entre intérêts de chaque pays. La stratégie des petits pas croyait instaurer un despotisme éclairé, qui se démocratiserait au fur et à mesure ; la réalité perçue par les peuples est une tutelle par des politiques sans majorité manipulés par une administration tatillonne.

Le deuxième sujet est bien là : l’euroscepticisme est d’abord une défiance envers une institution, la Commission Européenne dont personne ne connait le fonctionnement, terrée dans un nouveau Versailles (Bruxelles) loin des préoccupations des peuples. L’abscence de qualité stratégique des règlements européens est criante sur beaucoup de sujets, l’énergie, l’éducation, l’industrie, le travail. Il semble qu’elle se concentre sur un seul objectif, la protection et le service des consommateurs ; confortable, puisqu’il s’agit de faire plaisir à tous (qui n’est pas consommateur ?), inefficace puisque les producteurs sont systématiquement considérés avec méfiance ; mode de fonctionnement qui a abouti à la multiplication de contre-pouvoirs encore plus obscurs que sont les cabinets de lobbying chargés de tenter de sauver les meubles face à une idéologie du libre-échangisme dévastatrice.

Le troisième point est la non-reconnaissance des échecs des actions de l’Union Européenne : au hasard, citons l’euro qui est probablement un facteur aggravant de la désindustrialisation (au lieu d’examiner les inconvénients, une sorte de conspiration tente de disserter sur  de l’histoire fiction : que se serait-il passé si l’euro n’avait pas existé) ; citons ces politiques de développement régional, avec l’exemple emblématique de la Sicile et de son réseau d’autoroutes qui en vont nulle part ; citons ces règlements  communautaires qui pinaillent à l’infini sur les conditionnements, les méthodes. Je ne suis pas en train de faire un inventaire, mais de pointer du doigt l’absence complète d’évaluation des politiques engagées. Là encore, les populations y comprennent un mépris de leurs véritables soucis, et une arrogance de technocrates.

Sans l’Allemagne, il est difficile, il est impossible de tout repenser, car il faut tout repenser et l’on espère en vain de véritables propositions qui ne ressemblent pas à du rapetassage de vêtements trop usés, à du rafistolage d’un bâtiment prématurément vieilli parce que mal conçu. La stratégie est à repenser entre Berlin et Paris, pour passer au karcher cette Europe peu reluisante.

Partager cet article
Repost0
31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 12:59

-          Vous avez puni mon gamin hier ; il en resté tout traumatisé.

-          Oui, je l’ai envoyé au fond de la classe, car il refusait d’obéir ; rassurez-vous il n’a pas été traumatisé

-          Mais si ; hein, mon bichon, que tu as été traumatisé ?

-          Oui M’man.

-          Vous voyez ! Je me demande si vous aimez vraiment les enfants ?

-          Ce n’est pas le sujet. (Tu viens m’emmerder parce que ton insupportable fils se conduisait mal dans ma classe ; il méritait surtout une claque, ou une bonne fessée)(le pauvre chou vient maintenant dire n’importe quoi, et sa mère gobe tout cru ses mensonges)(pas étonnant que le gamin soit caractériel avec l’éducation que lui inflige cette bouffonne !)(Quand même incroyable cette admiration béate d’une progéniture qui est à des lieues d’être remarquable par son intelligence, ou sa gentillesse)

-          Et puis je trouve, que vous ne leur faites pas faire assez de découpages. Hein que tu ne fais pas assez de découpages ?

-          Oui M’man, moi je préfère les découpages.

-          Mais Madame, nous faisons de temps en temps des découpages, quand je l’estime utile. (Non mais cette bonne femme va m’enseigner mon métier)(Et l’autre morveux qui  continue ses caprices)(Je ne sais pas si j’aime ce genre d’ enfants, mais sur que je ne supporte pas cette mère a genoux devant la merveille qu’elles ont engendrée).

Partager cet article
Repost0