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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 10:28

Pourquoi voulez-vous devenir présidente de a République demandait Ali Badou à Ségolène Royal. Après quelques bredouillis de la candidate, elle déclama, enfin, triomphante : « Parce que j’ai un destin ».

Si elle était la seule paranoïaque de la bande, on pourrait pardonner à l’innocente, mais ils sont tous là à nous vendre cette même salade insipide de « l’homme providentiel », de la « rencontre d’un peuple et d’une personnalité », de «  leur envie viscérale de dédier leur vie à la France ». L’histoire est pourtant là pour nous ressasser que depuis Bonaparte, Clémenceau ou de Gaulle, beaucoup de médiocres ont usurpé leur statut héroïque : les deux derniers exemples étant Mitterand et Chirac, sanctifiés après des mandats d’une incroyable vacuité, au nom du papysme triomphant, de légendes qu’ils ont eux-mêmes tissées et e leur  canonisation par une bande d’affidés..

Cette tentation de sacraliser sa candidature devient particulièrement obscène, lorsque derrière le catalogue des cadeaux aux différentes catégories d’électeurs se devine l’âpre course aux places (je  suis candidat pour monnayer mon abandon dans la course au moment opportun), l’absence de morale la plus élémentaire (je pille la liste des électeurs pour organiser des primaires), l’arrogance des partis qui pensent avoir le monopole du pouvoir alors qu’ils ne sont que des rouages.

Non, chère Ségolène, et chers autres (car la critique ne se limite pas à elle), un destin ne se déclare pas, ne se décrète pas. Il n’est qu’une conséquence de circonstances qui désignent celui qui a seul les qualités nécessaires pour surmonter une crise exceptionnelle. Il n’est qu’une ardente obligation qui s’impose à celui qui s’est révolté contre les conformismes, les prêts à penser, les carcans des partis et des clans. Qui parmi nos candidats autoproclamés peut se targuer d’être de cette race. Aucun à ce jour.

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 11:14

« La démocratie a donc deux excès à éviter : l’esprit d’inégalité qui la mène à l’aristocratie, ou au gouvernement d’un seul et l’esprit d’égalité extrême, qui la conduit au despotisme d’un seul . » Depuis cette réflexion de Montesquieu nos démocraties occidentales ont subi bien des avanies qui me laissent penser que l’alternative est moins claire qu’il n’y paraît.

La première leçon est que le pouvoir d’une majorité peut conduire à  l’oppression d’une minorité : ce fut le cas des whigs qui ont quasiment éliminé les tories du pouvoir pendant tout le XIX en Grande-Bretagne, ce fut le cas des radicaux et autres républicains opportunistes qui ont éliminé les conservateurs de la vie publique de la IIIème République en France, ce fut le cas des prussiens qui ont éliminé les rhénans en Allemagne depuis Bismark jusqu’à Hindenburg. Dans ces circonstances ce n’est pas un consensus qui a existé mais une lassitude (ou une lâcheté ?) de ceux qui n’étaient pas au pouvoir.

La deuxième leçon est que cette confiscation par une majorité s’est faite sur la transmission de valeurs qui étaient la glorification de la nation et son corollaire l’idée impériale : « England shall rule the world » et la création de l’empire des Indes, le « Drang nach Osten » et le Reich, la « mission civilisatrice de la France » et l’Empire colonial. Cette transmission a relativement bien fonctionné grâce à une intense mise à l’écart des idées hétérodoxes, et à un endoctrinement poussé dans les écoles.

Nous nous retrouvons aujourd’hui sur un système parfaitement bancal où les idées forces de nos nations sont complètement périmées mais où la sanctuarisation de la règle de la majorité provoque des rejets constants de ceux qui ne l’acceptent plus. Le communautarisme de nos sociétés occidentales (qui est un esprit d’inégalité) est peut-être un égoïsme, mais ne serait-ce pas surtout une répulsion vis-à-vis de l’oppression des autres.  L’absence d’idées forces (dans nos sphères occidentales, non pas dans le monde islamique, voire indien et chinois) a conduit à un affadissement de toute idée de transmission (transmettre quoi ? comment ?) et peut-être à cet effondrement d’une culture commune donc à une inaptitude à l’ égalité d’analyse et de réaction.

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 10:38

Pourquoi ligoter nos dirigeants entre effondrement cataclysmique et fédéralisme ? Aucun peuple ne désire un cataclysme, aucun peuple n’a donné mandat pour une Europe fédérale. Certes tout le monde comprend désormais que la solution d’aide à la Grèce mise en place l’an dernier était vaine, tout le monde sait qu’un processus analogue serait tout aussi vain et de contribuerait qu’à éteindre superficiellement l’incendie.

Dire de la zone euro que son effondrement serait un cataclysme est quand même oublier qu’il existe de facto une zone mark (Allemagne, Pays-Bas, Finlande et quelques pays qui aimeraient s’y agréger) qui subsistera probablement en tout état de cause et des pays qui n’ont plus rien à y faire pour des raisons toutes différentes : manque d’outil industriel, manque de compétitivité industrielle, vocation de services, dépendance pour les matières premières. Que le fédéralisme soit une solution afin de tenter d’équilibrer les différentes régions implique fondamentalement des compensations financières entre grandes zones et surtout des mouvements massifs de travailleurs : qui y est prêt ? Est-ce même envisageable à court-terme ? Le fédéralisme ne peut se construire sur des fondations vacillantes, il nécessite un travail de préparation et d’adhésion. Comme nous n’y sommes pas il faut d’abord briser le tabou du libre-échangisme qui fait prospérer artificiellement certains (la zone mark) et accable les autres. Un véritable bras de fer entre les deux composantes de la zone euro est à l’ordre du jour pour trouver dans la négociation les moyens tout à la fois de protéger le marché européen et de gérer l’euro de façon plus agressive face au dollar et au yuan. La négociation est possible puisque chacun a à y perdre dans l’éclatement de la zone euro : les allemands une perte de compétitivité face aux pays qui dévalueraient,  les autres une gestion de sortie de l’euro difficilement contrôlable.

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 11:46

Alain  Minc, feu de Saint-Elme s’accrochant aux mats des navires des grands patrons du CAC 40, ou des ténors de la politique. Brillant de ses succès qui conduisirent à la catastrophe la seule affaire qu’il ait jamais dirigé (Cerus) , il assomme de ses conseils éclairés des interlocuteurs pétrifiés devant tant d’audace.

Edwy Plenel, artisan frénétique de la transformation d’un journal de référence en une feuille secouée par une lourde crise morale, s’est autoproclamé journaliste de référence qui fait jaillir au sein des ténèbres de l’information la flamme de la vérité dans sa start-up de communication sur internet.

Ils virevoltent tous deux sur les plateaux de télévision, devant les micros des radios, pondant avec une fébrilité étonnante livres sur livres pour exposer leurs pensées, leurs pantomines, leurs avis, leurs vies, insatisfait de leurs rôles d’hommes de l’ombre, jouissant de parader devant des millions de gens, soucieux d’oublier leurs passés sans gloire, avides de prouver aux yeux de tous leurs étonnantes qualités.

Rien de ce qui est intelligent ne leur est étranger. Tout chez leurs interlocuteurs est médiocrité. A partir de cet adage simpliste, ils nous donnent des leçons, nous assomment de leurs préjugés. Si tant est qu’ils fussent originaux, décapants, drôles, constructifs, mais baste rien de tout celà. L’un est européen avec intransigeance, l’autre altermondialiste avec fanatisme, l’un se cramponne aux vertus du libéralisme, l’autre aux délices de l’étatisme, et les deux sont sur la même longueur d’onde pour exhaler leur anticléricalisme, leur tolérance vis-à-vis de tout et n’importe quoi, leur ouverture (ah le mot magique qui absout tous les péchés du raisonnement, et donne bonne conscience aux auditeurs crédules). Ils se rejoignent bien au sommet de la montagne de leur suffisance dans leur adoration de leur moi.

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 11:40

Légitimité du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie  institué en mai 1993 après une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui n’a aucun rôle d’ordre judiciaire, mais est chargé de la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationale. ? (Il faudrait d’ailleurs se demander si la mission première dudit conseil n’était pas d’abord de sauver la Yougoslavie au lieu de laisser faire son dépècement)

Légitimité d’un tribunal  installé à La Haye, dans le pays même qui a de notoriété publique été incapable d’arrêter, ou au moins de s’opposer au massacre perpétré par Mladic. (Manfred Gerstenfeld : Le massacre de Srebrenica, pourquoi la Hollande a failli a sa mission) ?

Légitimité des juges d’un tribunal dont la présidence est assurée par un jamaïcain et la vice-présidence par un coréen, dont la probité ne peut masquer leur éloignement d’un conflit complexe ancré dans une histoire longue et tumultueuse ?

Sous couvert de juger des crimes commis en Bosnie, il s’agit, suivant une longue tradition historique de la justice des vainqueurs s’exerçant sur les vaincus. Triste banalité qui s’appuie sur deux soucis, l’un légitime, qui est de se méfier des sanctions qui pourraient être infligés aux criminels par un tribunal serbe, l’autre parfaitement politique qui est de camoufler ses propres errements en contrôlant la procédure et en évitant tout dérapage sur les complicités passives des vainqueurs. Cette procédure se trouve de plus entachée par le recours à la force du chantage : vous, Serbie, pays vaincu, livrez nous vos criminels, faute de quoi vous n’aurez pas le droit d’entrer dans la Communauté européenne et de bénéficier des mannes des subventions au développement.

Que certains s’esbaudissent devant une telle justice internationale fait frémir : comment juger au nom de principes suprêmes en les maltraitant avec complaisance.

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 15:16

Le Fur veut élargir les bases de l’ISF en y intégrant les œuvres d’art.

Chantal Jouanno est pour l’institutionnalisation du mariage homosexuel et l’adoption d’enfants par des couples du même sexe.

François Mitterand considère que l’affaire Polanski (condamné aux Etats-Unis pour des relations sexuelles avec une mineure de 13ans) est une histoire qui n’a pas vraiment de sens.

François Jacob déclare qu’il ne faut pas aller dans l’aventure du gaz de schiste compte tenu du risque sur le plan écologique.

Christine Lagarde veut administrer les prix des carburants.

 

Dans ce pot-pourri, qui peut retrouver le programme des électeurs de ces responsables : où est la liberté du commerce, où est la politique de l’énergie, où est le respect des décisions judiciaires d’un pays ami, où est le respect de la famille, où est la baisse de la fiscalité. Toutes les opinions de ces responsables de la majorité pourraient être pertinentes si elles n’étaient contraires aux vœux de ceux qui ont choisi ces fantoches. Se croient-ils investis d’une perspicacité supérieure, d’une autorité de droit divin, ou bien pensent-ils que leur cynisme, leurs vertus de caméléon, leur désir de paraître devant quelques franges de l’électorat vaut mandat de dire tout et n’importe quoi.

Pendant que l’on nous assomme sur les travers sexuels de certaines de nos excellences, les débordements de  frais de voyages d’autres, un oubli charitable se fait sur leurs véritables déviances, qui sont elles des infractions sérieuses au pacte démocratique.

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 16:39

Bernar (d ?) Venet : non ce n’est pas la rouille qui dérange le plus dans ses monstrueux anneaux dressés à Versailles,  c’est l’hommage niais qu’il rend à la prétendue lutte entre l’artiste et la matière : » Je propose des directions alors que je suis dirigé par la barre d’acier qui résiste et ne cède pas à ma volonté de domination » ; forgerie d’un soit disant artiste qui fait fabriquer ses pièces par son atelier en Hongrie ; tromperie d’une découverte d’ un usage de mathématiques qui se limite à des équations simplistes pour élèves de collège ; pathos, du gigantisme qui tente de rattraper par le poids des œuvres l’inanité de l’inspiration ; prétention de l’artiste chéri des aciéristes et des sociétés d’autoroute à venir imposer son langage de multinationales ignares dans le lieu symbolique de l’esprit français ; hideur conceptuelle des œuvres d’un vieillard qui faute de talent révélé précocement, nous assomme de ses trouvailles héritées d’un art pauvre.

Non, ce qui m’afflige n’est pas la rouille sur ses œuvres, c’est la corrosion des esprits qui préfèrent ne pas juger de peur de se tromper.

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 21:37

L’ISF est un impôt pour les pauvres. Il s’agit de calmer leurs envies haineuses de la richesse, de les conforter dans l’idée que l’absence de travail et de réussite n’est pas discriminante, de les conforter dans leur prétention à vouloir profiter de tout sans payer pour rien.

Pourquoi pas si c’était le tribut à payer à la démocratie. Mais le problème est que ce prélèvement s’effectue sur les millionnaires et ne concerne guère les milliardaires qui ont l’arme de la délocalisation d’une partie (voire de la quasi-totalité) de leurs revenus et leur fortune. Il ne répond pas vraiment à la demande du bas peuple, sauf à considérer que l’envie s’exprime surtout sur la richesse proche et palpable : jalousie d’un plus bel appartement à côté de chez soi, d’une plus belle maison du voisin, d’une plus belle voiture.

L’ISF est un impôt pour les députés. Il s’agit pour eux de briller dans les réunions électorales en déclamant contre l’accumulation de richesses toujours issue de moyens impurs ; il s’agit pour eux de se répandre dans des tracts montant leur lutte exigeante pour plus de liberté réelle au détriment des accapareurs.  Les députés ont eu l’impertinence de voter à plusieurs reprises l’instauration de cet impôt antiéconomique et inquisitorial, ils n’ont jamais eu le courage de l’abroger pour trouver des modes de financement moins délirants comme l’augmentation des droits de succession.

L’ISF est devenu la nouvelle marotte du député de Merdrignac, Marc Le Fur. Abandonnant ses  passions (les élevages porcins,  la bioéthique, que sais-je encore) il nous balance l’idée d’inclure les œuvres d’art dans la base de l’ISF. C’est une richesse non productive, clame-t-il, il faut la taxer. Il a raison en ce sens l’efficacité économique voudrait que l’on taxe tout ce qui est improductif afin de forcer les détenteurs à vendre et réintroduire des capitaux dans les circuits économiques. Mais ce pauvre Le Fur ne voit que son doigt qui pointe vers la lune. Derrière cette mesure démagogique, affublée d’un vague voilage économique, il en oublié la vertu cardinale de tout impôt : la simplicité du prélèvement. Comment va-t-il nous définir une œuvre d’art : celle qui a un prix supérieur à combien ? Celle qui est vieille ou celles qui sont produites actuellement ? Faudra-t-il généraliser des visites domiciliaires du fisc pour traquer les fraudeurs ?

Et par-dessus tout, obscur iconoclaste de Merdrignac, où croyez-vous que doivent être les innombrables œuvres d’art encore en France, ensevelies dans les tombes des musées, transformées en centres de vacances,  ou donnant quelque plaisir à des amateurs un peu fortunés ?

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 11:29

Les rumeurs sur les dépravations sexuelles de nos excellences ont toujours été nombreuses. Et celà ne date pas d’hier depuis les débauches imaginées  de reine Anne d’Autriche ou de la reine Marie-Antoinette, jusqu’aux ignominies qui ont tenté de salir Pompidou. Mais la donne change lorsque la rumeur ne colporte plus seulement des  comportements condamnés par des morales ou qui seraient considérés comme « non appropriés » ainsi que le disent nos amis américains, mais laisse augurer de conduites indubitablement criminelles comme la pédophilie assortie de tourisme sexuel.

Personne ne nie que le tourisme pédophile est avéré et prospère : n’importe quel voyageur au Maroc a juste besoin d’ouvrir les yeux pour le deviner. Personne ne nie avoir entendu des bruits sur telle excellence partant se débaucher avec des jeunes brésiliens, une autre racolant dans le souk de Marrakech,  une troisième écrivant explicitement son goût pour des garçons en Thaïlande (il a précisé que garçon signifiait mâle de 18 à 60 ans).  Personne n’a oublié les hurlements d’indignation de bien des politiques, journaleux et théâtreux pour refuser l’extradition de Polanski aux Etats-Unis afin de régler son compte avec la justice américaine.

Il est donc vrai qu’il ne faudrait pas écouter la rumeur, et encore moins la propager. Mais il est aussi vrai qu’une atmosphère de permissivité a régné jusqu’à naguère pour ne pas approfondir les enquêtes sur les errances sexuelles de nos dirigeants quand elles dépassent les bornes de ce qui est admissible pour un personnage public (le racolage, les partouzes qui sont quand même des offrandes aux maquereaux et maquerelles), et encore moins quand elle atteignent les limites de ce qui est encore considéré comme un crime.

Luc Ferry a manqué de retenue en proclamant une rumeur sur un plateau de télévision. Des cris d’orfraie se sont élevés pour stigmatiser son attitude. Mais n’a-t-il pas agi sous le coup d’une colère juste devant le non-dit, d’une fureur sacrée devant des comportements odieux couverts par les plus hautes autorités de l’état ; comme les prophètes de l’Ancien Testament n’a-t-il pas voulu vouer aux gémonies des attitudes inacceptables ; comme les oracles grecs n’a-t-il pas voulu signifier qu’un destin inéluctable viendra frapper ? Lorsqu’elle n’est pas un substitut aux mots, à une incapacité de s’exprimer, la colère est bonne conseillère car elle permet de dire l’indicible.

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 10:45

L’aventure libyenne est  un abrégé de la politique extérieure de la France.

Lancée sur un coup de tête, entre Nicolas Sarkozy et Bernard Henri-Levy, sans approbation explicite du ministre des affaires étrangères Alain Juppé, sans consultation de représentants du parlement.

Lancée sans analyse de la situation : cent jours après la rébellion en est exactement au même point, sans progression sur le terrain, sans organisation sérieuse.

Lancée pour des motifs qui ne sont pas évidents : pourquoi faut-il protéger les populations de Benghazi, et oublier celles déjà révoltées du Yémen, de Bahrein ? Pourquoi faut-il oublier les massacres répétés perpétrés par le régime syrien ?

Le rêve d’une action humanitaire, teintée d’une avidité économique certaine (le pétrole lybien), et d’un opportunisme électoral évident (la stature internationale du chef lancé dans une guerre juste), s’est heurté rapidement aux principes de réalité :

-          Un appui des autres nations arabes donné du bout des lèvres ; heureusement qu’il reste encore le Qatar pour apporter un soutien militaire à la coalition et éviter de donner l’image désastreuse d’une lutte entre l’Occident et le monde arabe ; mais cette contribution reste bien symbolique et peut flancher du jour au lendemain.

-          Une coalition franco-anglaise dont on s’est aperçu qu’elle était incapable de mener une action d’envergure sans l’appui de l’OTAN ; au lieu d’être une démonstration de la force de nos armées elle en pointe l’impuissance.

-          Une action militaire qui est vouée à l’échec tant qu’elle restera une action de pure attaque aérienne ; l’anéantissement des chars et des avions de l’armée régulière libyenne n’a pas empêché celle-ci de trouver la parade en lançant ses véhicules légers tout terrain dans des rezzous permanents ; la disproportion des moyens exorbitants mis en œuvre pour maintenant toucher de temps à autre un de ces véhicules légers tourne à la farce.  

L’aventure entre dans une impasse si Khadafi n’est pas assassiné par un de ses sbires.

L’impulsivité, l’absence d’écoute, le manque de prévision vont conduire, et ce serait normal, sauf coup de chance, à l’enlisement.

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