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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 12:17

Qu’il soit nécessaire de redonner une voix à la diplomatie française ne fait de doute pour quasiment personne. Que cette voix puisse être incarnée par un homme d’expérience comme Alain Juppé ne peut que suscite l’approbation. Mais le problème n’est pas seulement un choix de personnes. Face aux bouleversements successifs que subit le monde personne ne comprend quelle est la position de la France sur les grands sujets :

-          Attitude face au terrorisme qui oscille dans l’incohérence : engagement en Afghanistan, abstention au Caucase, attentisme au Sahel ;

-          Attitude face aux pays émergents : incapacité à définir une ligne cohérente de relations avec la Chine entre mercantilisme et droit de l’homisme ;

-          Attitude en Méditerranée : échecs d’une politique ambitieuse dont on tarde à tirer les conclusions pour la réorienter et la relancer ;

-          Attitude face à la nécessité d’une défense européenne : un jour entrée dans l’organisation militaire de l’Otan, un jour partage de coûts avec la Grande Bretagne, un jour unités communes avec l’Allemagne ;

-          Attitude face aux défis économiques mondiaux : politique soumise à des lobbies environnementaux (protocole de Kyoto, conférences de Copenhague ou de Cancun), absence cruelle de compétences économiques pour tenter de faire progresser des propositions innovantes ;

La voix cassée d’Alliot-Marie n’a au fond que traduit officiellement le manque de doctrine de nos gouvernants. Lorsque l’échec a été patent, il ne faut pas seulement couper le sifflet à la moins audible, mais remanier en profondeur un cabinet élyséen qui est à la manœuvre depuis des années. L’arrivée d’un homme de poids au Quai est l’occasion rêvée pour faire revenir dans les clous des conseillers qui n’ont pas su faire leur boulot.

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 11:55

Les réactions indignées de Messieurs Guaino, Thréard, Copé,  à la tribune d’un groupe de diplomates dans le Monde sont à côté de la plaque. 

-          Le rôle privilégié du président de la République dans la conduite de la politique étrangère n’est pas remis en cause, est par contre stigmatisée la dépossession du Quai d’Orsay au profit d’une cellule diplomatique de l’Elysée partagée entre deux personnalités aux opinions antagonistes, Messieurs Levitte et Guaino.

-          La critique des résultats présents de notre action à l’étranger n’est pas un signe supplémentaire de déprime nationale. Le désastre est patent sur toute la ligne, et de vouloir le nier parce qu’il est sobrement exprimé n’est pas une réponse. Une tribune, par nécessité synthétique, a pour objectif de sortir du déni, non pas de proposer des pistes.

-          La violence des termes utilisés, impulsivité, amateurisme, incohérence, obsession médiatique n’est pas la signature de quelques ambitieux, ou de quelques aigris, mais la profonde désillusion d’un grand corps, méprisé, bafoué, qui exprime sa colère.

Au lieu de clamer leur indignation, n’auraient-ils pas mieux fait de réfléchir sur la frustration traduite.

-          Personnalisation abusive des relations entre chefs d’état qui renforce les pouvoirs des éminences grises et courtisans qui manoeuvrent à l’Elysée au détriment des ambassadeurs en poste, des directeurs, du ministre des affaires étrangères ; Personnalisation qui nécessairement se retrouve soumise aux feux des médias ; Personnalisation qui accroît le caractère impulsif et amateur d’une diplomatie qui par essence est une discipline de long-terme.

-          Privilège de l’immédiat, au détriment de l’action en profondeur : un jour il faut obéïr aux sommations d’une association des droits de l’homme, le suivant il faut sauver des compatriotes égarés dans je ne sais quelle aventure, le troisième il faut marquer d’un mot symbolique, d’un geste fort notre attachement à la dernière lubie imposée par les médias français. Tout ceci n’est pas de la politique, mais de l’agitation.

-          Multiplication de diplomates improvisés qui virevoltent pour apporter des messages personnels du président : et c’est Mr Balkany en Afrique, Mr Raffarin en Chine, Mr Wauquiez (ministre chargé des affaires européennes) en Tunisie, Mr Ollier en Lybie, etc… etc… Là est le véritable scandale de cette gestion : la préférence accordée aux « amis du président » sur les professionnels. Erreurs de choix de ministres paravents :  de Kouchner à Alliot-Marie, Charybde ou Scylla.

A la réflexion, la seule critique que l’on puisse réellement faire à cette tribune est sa mesure.

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 11:58

Sous prétexte que la fonction publique représente plus de 25% des emplois en France , sous prétexte que la fonction publique truste les postes gouvernementaux, et les postes électifs, il n’est pas de bon ton de la stigmatiser. La pesante bâche qui s’est alourdie sur notre pays trouve pourtant son origine dans cette dilatation pathologique du nombre de personnes qui se disent du « service public ». Ils propagent, grâce à leur effet de troupeau un certain nombre d’idées qui polluent nos mentalités :

-          Ils représentent le « bien public » ; ceux qui n’ont pas l’honneur d’en être sont au service d’intérêts privés (les leurs ou ceux de leurs patrons), et donc soupçonnés d’absence de compassion pour les autres, de manque d’intérêts pour les faibles et les démunis, de court-termisme inspiré par la passion du profit immédiat ;

-          Ils sont porteurs des valeurs de la République, incarnées dans la laïcité, le jacobinisme, la démocratie ; les autres prêtent le flanc aux accusations de communautarisme ;

-          Ils sont intouchables, de par leur statut, qui les protège des pressions des lobbies politiques, privés ;

Mais les idées généreuses qui ont présidé à la naissance de notre fonction publique se sont dissoutes dans un triste marécage :

-          L’arrogance a remplacé le souci des autres ; il n’est que de voir la qualité des relations entre un membre d’un quelconque corps d’inspection et des administrés : l’un ne jure que par menaces de contraventions, de pénalisation, l’autre est tétanisé par les conséquences de ce qu’il a fait ; une chape de peur s’est instaurée ;

-          La paresse a pris la place de l’implication dans la réussite de ses tâches ; qui n’ a subi les méandres des dossiers incomplets pour obtenir une quelconque autorisation, un quelconque bout de papier : le fonctionnaire est arc-bouté sur ses lois, ses décrets, ses circulaires, pensant que toujours que le formalisme est la clé de ses missions ; la paresse intellectuelle a remplacé l’idée du succès, et les administrés s’exaspèrent ;

-          Le népotisme, le favoritisme a envahi certains domaines comme celui de la fonction publique territoriale ; dans ces petits royaumes régionaux, que d’histoires d’incapables casés pour « faire plaisir » à tel homme politique, et qui empuantissent l’atmosphère et l’efficacité de leurs services ;

La fonction publique est malade. Elle ne pourra être réformée tant que ses représentants sont au pouvoir. Triste constat.  Il ne s’agit pas seulement de réduire le nombre des fonctionnaires (quoique …), il faut aussi revenir à des taux d’absentéisme acceptable, il serait essentiel  de couper le cordon ombilical entre monde politique et fonction publique (un élu, un ministre devrait démissionner de la fonction publique), il serait normal d’alourdir les sanctions contre les incompétents, les bons à rien, les nocifs (il devrait y avoir chaque année un nombre non symbolique de fonctionnaires virés pour faute).

Dans une démocratie, il n’est jamais bon qu’il y ait des exploiteurs d’avantages indus et les autres. Un jour ou l’autre, la vérité se fait jour.

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 16:39

Jules César de Haendel  hier à l’Opéra Garnier, parait-il. Rien n’y était : Lawrence Zazzo souffrant, Jules César était chanté à l’avant scène par je ne sais plus quelle mezzo ; Cléopâtre, aurait du être assurée, faute de Natalie Dessay, par Jane Archibald ; mauvais tirage, cette dernière tout aussi souffrante, son rôle était également chanté au pupitre en avant-scène.  Je ne saisis pas pourquoi dans ces conditions la représentation fut quand même donnée.

Vision d’un opéra ou les deux principaux rôles sont assurés par des pantins qui se trémoussent sur la scène, entre des caisses, des diables, des fausses sculptures, pendant que des voix  faiblardes s’élèvent sur les côtés, assourdies par les notes égrenées avec une précision d’un ennui stupéfiant par l’orchestre dirigé par Emmanuelle Haïm ; ce chef s’entend à transformer la musique baroque en une monotone litanie sans accents, sans mouvements. Elle a achevé cette œuvre qui ne méritait pas une telle avalanche de caricatures.

P.S. Heureusement qu’étaient là Cordélia et Sextus ; mais à eux deux ils n’ont pu sauver grand-chose du naufrage.

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 17:02

Après n’avoir fait pas grand-chose dans divers ministères (intérieur, défense, justice), voilà Michèle Alliot-Marie qui se lance dans la diplomatie avec un succès qui laisse pantois :

-          A quoi bon se promener à Gaza, si le résultat n’en est que de se faire conspuer par des foules, et de consacrer publiquement l’absence étrange sur ce théâtre de notre pays,

-          A quoi bon aller en Tunisie, si le résultat n’en est que de laisser papa faire son petit marché immobilier, et de se voir de facto interdite de séjour là où notre présence en ces jours si cruciaux devrait être quasi permanente,

-          A quoi bon faire la grosse voix sur un sujet juridique au minimum peu clair, avec comme conséquence inévitable une fâcherie publique entre la France et le Mexique, alors que ce pays non seulement fait partie du G20, mais en prendra la présidence à la suite de la France,

-          A quoi bon une ministre des Affaires Etrangères qui n’a jamais exprimé publiquement ce qu’elle pensait, en tant que soit disant représentante d’une sensibilité gaulliste, de l’intégration de nos forces à l’organisation militaire de l’OTAN, de l’alignement sur la politique d’intervention américaine en Afghanistan,

-          A quoi bon une femme schizophrène, saisie d’incontinence verbale quand il faudrait se taire, et muette du sérail quand il faudrait s’exprimer,

-          A quoi bon une personnalité qui court après les fonctions (ministre, premier ministre, président) sans imaginer que ces fonctions nécessitent une colonne vertébrale, et non pas une simple rigueur de maintien,

Parmi les fausses gloires de la politique nationale, elle est une des reines. Que le ciel puisse lui tomber sur la tête : c'est la prière que je fais.

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 14:57

Notre développement industriel est soumis à la loi de la peur, camouflée sous les traits du funeste principe de précaution, et administrée par une cohorte de fonctionnaires ou de simili-fonctionnaires qui croient faire de la démocratie en écoutant les hurlements des associations écologistes et autres groupements qui défendent leurs intérêts  égoïstes.

Notre développement industriel est soumis à la loi de la peur des conséquences  sociales d’une remise à plat de l’accumulation de règles qui ont rigidifié le droit du travail, d’une réforme de régimes archaïques qui  ont sanctuarisés certaines professions.

L’exemple caricatural de cette peur ambiante nous est administré par le port de Marseille-Fos.  Tout est là pour démontrer que le port de Marseille a gâché ses chances : zone de développement de Fos inachevée depuis des décennies, faute de candidats, développement, à son détriment, des ports concurrents de Barcelone, Gênes, Anvers et tant d’autres, provincialisation de la zone faute de grands projets capables de la dynamiser , comme le canal Rhin-Rhône (enterré par les écologistes), la non-construction de nouveaux pipes, l’insuffisance des liaisons ferroviaires. Tout est là  pour dire que ce gâchis monstrueux a été le fait d’une conjuration de tous les acteurs : des dockers au-delà de l’indécence dans leurs revendications, une administration du port sans courage, des acteurs patronaux qui ne pensent qu’à la conciliation, une administration territoriale menée par des acteurs qu’il est difficile d’admirer, une administration nationale qui ne songe qu’à préserver la quiétude des habitants.

La recette à fait les preuves de son inefficacité depuis des décennies :  Marseille s’enfonce inexorablement dans son rôle de port de cabotage côtier, les industries s’éteignent ou s’alanguissent sous le grand feu de la mondialisation.  Tout est là pour que l’Etat fasse de Marseille un grand exemple d’une nouvelle orientation industrielle : les acteurs actuels sont démonétisés, il serait facile d’en trouver d’autres si l’Etat osait, enfin, se lancer tout à la fois dans une réforme impitoyable d’acquis surannés, un lancement de grands projets structurant, une mise sous tutelle d’ une région incapable. Mais tout cela ferait beaucoup de bruit. Il faudrait beaucoup de courage. Il faudrait affronter des grèves, des émeutes. Alors là, la peur reprend le dessus. Et tout le monde de préférer une douce agonie, avec des doses de morphine qui ne cessent d’augmenter.

A quand une révolution à Marseille ? Une révolution qui ne peut partir que du sommet.

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 11:30

Je trouve la réponse esquivée par rapport à la question : faut-il sauver l’euro à tout prix ? Quant à moi, la réponse est clairement non, et ce pour au moins deux raisons :

-          Une raison de fond : la monnaie unique n’est qu’un outil pour faire fonctionner l’économie européenne, et l’on peut en trouver d’autres plus efficaces, tels que monnaies nationales ou monnaie commune ; l’inefficacité de l’euro comme outil économique a été patente pour les dix dernières années : atonie industrielle et atonie commerciale de l’Europe par rapport aux autres grandes zones de développement. Si l’on peut retrouver les chemins de la croissance en utilisant cette monnaie unique, pourquoi ne pas la garder (mais celà ne pourra se faire qu’au prix de changements drastiques des critères imposés par les traités européens) ; mais s’il s’agit uniquement d’assurer la survie de l’Euro par peur du changement, par crainte du retour d’une inflation non contrôlée, alors ce n’est que la poursuite d’un culte d’une idole dont personne n’a constaté les bienfaits (sauf bien entendu l’Allemagne).

-          Une raison stratégique : ce n’est qu’en affirmant (et en justifiant) qu’il existe d’autres possibilités d’existence en dehors d’une zone euro, que les pays tels que la France peuvent espérer peser dans une négociation qui pourrait changer fondamentalement la nature, la gestion de l’Euro.

A juste titre tout le monde se méfie d’un éclatement de l’Euro en période de crise, sans autre stratégie alternative que la recréation de monnaies nationales. Celà ne conduit pas nécessairement à laisser tomber les solutions d’une réforme de cette monnaie unique, pour tenter de la ramener progressivement  à un statut de monnaie commune.  En quelque sorte détricoter les parties du système qui ont contribué à l’étouffement du dynamisme européen.

Est-il utopique de juste énoncer qu’il ne faut pas casser l’Euro à tout prix ?

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 14:41

L’état est exsangue, les finances sont à sec, c’est le temps pour les vautours de se précipiter  pour tenter d’arracher encore quelques bribes de financements supplémentaires sur le cadavre de l’état avant qu’il ne soit trop tard. Parmi cette population certains se remettent sur le devant de la scène.

 En tête, les ouvriers voyous des syndicats des dockers et du syndicat du livre : du haut de leur statut outrageusement privilégié, ils en redemandent, sans de soucier  des faillites, ou de la mise à genoux pour les uns des kiosquiers, pour les autres de l’ensemble des industries liés à l’activité portuaire.  Rien de neuf, puisque l’exercice de l’égoïsme, érigé en branche du socialisme, est pratiqué par ces deux syndicats depuis plus de cinquante ans. Ce n’est que la poursuite de l’entreprise d’anéantissement de la prospérité des ports français, de la presse et de l’imprimerie !

Suivent les fameux intermittents du spectacle, qui militent inlassablement pour que les français continuent de financer le trou de leur régime assurance-chômage.  Au nom de quelle politique culturelle faut-il financer non  seulement les artisans qui oeuvrent  dans ces métiers, mais surtout les boites de productions qui rongent le fromage des grandes chaînes de télévision.  Ah si au moins les poètes, romanciers, sculpteurs, peintres, étaient desintermittents !

Et puis les innombrables bataillons de l’éducation nationale, qui pour un service médiocre, une assiduité au-dessous de l’admissible, et un mécontentement généralisé des parents qui tentent de leur confier leur progéniture, s’estiment mal considérés et ne pensent qu’à demander des moyens supplémentaires. Le mammouth, condamné par l’évolution, s’obstine à s’engraisser : que ne lui a-t-on donné du Médiator !

Que des charognards fassent partie du règne animal est une constante. Encore faudrait-il qu’ils ne se prolifèrent pas sous la houlette laxiste de l’état, les complicités des médias, voire le soutien honteux de ceux qu’ils abusent.

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 11:14

Les délires verbaux de Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, s’autorisent paraît-il  d’un drame personnel  qu’elle a subi. Son chagrin ne permet pas de la laisser invectiver les automobilistes sans la moindre nuance, de dérouler des raisonnements reposant  sur des approximations, des corrélations.  Elle est exemplaire de ce genre de gourou qui envahit les médias : un zeste de malheur personnel, une pincée d’incontinence verbale, une absence de réflexion  et roulez à tombeau ouvert sur les avenues médiatiques.

Une idée fixe : la baisse de la vitesse autorisée sur les routes est l’explication de la chute des accidents. L’amélioration des routes, la sécurisation des voitures n’apparaissent pas dans ses discours. Une explication unique : les accidents sont dus aux délinquants de la route qui ont circulé au-dessus des vitesses limites, pour lesquels il n’existe pas de châtiment assez lourd. Les autres raisons ne sont pas évoquées : l’ennui de se trainer comme un escargot, l’incohérence des interdictions, l’absurdité de l’examen du permis de conduire qui privilégie l’apprentissage du Code sur l’apprentissage de la conduite.

Héroïne de la lutte contre les conducteurs, il ne lui vient pas à l’esprit que se déplacer en voiture est une obligation professionnelle, une nécessité pour rencontrer les autres, un outil d’évasion. Les voyages de Madame Perrichon ne sont que des périples à l’intérieur de la prison de sa bonne conscience.

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 16:00

Du temps du général de Gaulle, il existait une règle non écrite qui voulait que le président et  les ministres du gouvernement de la France n’aillent à l’étranger que dans le cadre de leurs fonctions. Depuis, certes, les règles se sont bien assouplies ; Giscard d’Estaing est parti à la chasse en Centrafrique chez son ami Bokassa; Mitterrand aimait à se reposer à Assouan chez son ami Moubarak ; Chirac adorait séjourner au Maroc chez son ami Hassan II ; quand à Sarkozy il ne sait plus où donner de la tête entre ses amis Mohammed VI,  Moubarak, Bush. Des petits voyages qui favorisaient l’amitié, peut-on imaginer, voire des périples initiatiques pour mieux comprendre les âmes torturées de ces sympathiques dirigeants.

Lestée de ces exemples, la bonne Alliot-Marie ne comprend même pas quelle indécence il peut y avoir pour un ministre des affaires étrangères de la France à passer des vacances dans un pays gouverné par un accueillant dictateur.  Comment ne peut-elle pas imaginer que la compromission commence avec sa seule présence ; et que les petits accommodements qui suivent ne font qu’aggraver un cas déjà trop lourd ; et qu’un dérapage verbal  en pleine Assemblée Nationale ne devient plus que la simple habitude de traiter avec amitié un régime avec lequel elle ne devrait avoir que des relations de diplomate.

Le laisser aller dans les comportements a fini par retentir sur notre action politique. C’est affligeant, c’est mérité. L’inaudibilité de la voix de la France vient en partie de ce méli-mélo entre vie privée et vie publique, de cette naïveté à croire que des rapports amicaux peuvent s’instaurer entre chefs d’état, voire entre responsables ministériels, de cette profonde propension à mélanger sentiments, plaisirs et gestion de l’état.

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