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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 14:13

 

L'humour, à la différence de l'humeur (simple manifestation d'irritation épidermique), et de l'esprit (faire rire des autres), est censé faire rire de soi-même. Le problème avec Sophie Aram, qui se revendique humoriste, est qu'elle m' afflige.

Passe pour sa propension au graveleux :

- les ménagères qui " attendent de se faire fourer pour les fêtes"

- DSK qui "sort son engin et... sodomise ..."

- les députés âgés qui devraient "prendre leur retraite avant de s'apercevoir qu'ils ne sont plus tout à fait étanches"

- les ministres qui "doivent se concentrer sur ce qui se passe au-dessus de la braguette".

Passe encore pour sa tendance à glousser avant de délivrer ses plaisanteries de garçonne de bain, son incapacité à recevoir une réplique alors qu'elle agonit se sous-entendus son interlocuteur.

Mais ce qui ne passe pas, est que dans cet emballage cradingue et mal ficelé, elle veuille nous faire passer sa doxa estampillée "France-Inter" : mélange confus de toutes les bienpensances de toutes les associations "convenables" (style Green Peace, Ligue contre le Racisme, ATD Tiers-Monde, CRAN, etc... ), de toutes les rumeurs complotistes propagées par les "gentils médias (Mediapart, Libération, etc...). La sauce du militantisme, de la vulgarité et du contentement de soi est parfaitement indigeste. Ne pourrait-elle aller rire ailleurs ?

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 21:18

Ils sont tous là  entonner le même refrain : l'état doit sauver les emplois de la raffinerie normande de Petroplus !

Ils auraient du y penser plus tôt, maintenant c'est trop tard. Cela fait des dizaines d'années qu'ils (tous gouvernements confondus) ont pratiqué une politique de gribouille :

- ils ont favorisé le gazole au détriment de l'essence, ce qui a amené une inadaptation des raffineries françaises au marché français; d'où des importations massives de gazole et des exportation des surplus d'essence sur des marchés très concurrentiels.

- ils ont favorisé l'arrivée de l'éthanol, ce qui a amené une nouvelle diminution de la demande d'essence; le problème, alors, est que l'éthanol s'est répandu également aux Etats-Unis, ce qui a permis à ce pays de mieux équilibrer ses productions et ses consommations et de moins importer d'essence française; d'où une aggravation de la situation des raffineries françaises.

- ils n'ont pas compris qu'une raffinerie telle que celle de Petit Couronne, située à l'intérieur des terres , ne supporterait pas les investissements couteux nécessaires pour la transformer en outil moderne adapté au marché qu'ils imposaient. Mais ils ont aggravé leur cas en donnant instruction aux administrations d'intensifier leurs contrôles, mises en demeures, afin que ces entreprises améliorent  la sécurité et la protection de l'environnement; objectif en soi louable, mais appliqué avec zèle par les fonctionnaires, appuyés par des associations écologiques hors de tout contrôle, il a conduit à des dépenses hors de proportion avec les buts recherchés.

Bin entendu il y a surcapacité globale en Europe, et les outils les plus fragiles ferment en priorité. Mais n'auraient-ils pas pu penser un peu plus tôt qu'à force de prendre pour cible les raffineries françaises, nécessairement il les condamnaient tôt ou tard. Des choix stratégiques inconséquents de l'état, une tactique administrative d'une inefficacité remarquable conduisent naturellement au choix préférentiel de notre pays pour fermer les raffineries qui sont de trop en Europe. 

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 11:14

Savez-vous que la dette communale de Trébeurden ramenée sur chaque habitant (je dis bien chaque habitant et non chaque foyer fiscal) est de 1269 €, voire de 1891€ si on y rajoute les dettes du département et de la région. Que l'endettement de Trebeurden a grimpé de 157% en 10 ans.

 

 

La logique de l'endettement est simple : on le privilégie par rapport à l'impôt lorsque l'on estime que des recettes nées d'un investissement financé par dette serviront au remboursement de la dette; si tel n'est pas le cas, si on investit dans un équipement qui ne rapporte rien d'autre que du confort, alors on revient dans un système de Ponzi(celui pratiqué par Madoff, en particulier) : on allège la fiscalité d'aujourd'hui au détriment des payeurs de demain.

Et à Trébeurden ?

- que rapportent les rond-points ?

- à quoi sert une salle de théâtre fermée quand les touristes sont là et donc déficitaire ?

- et les nouveaux bâtiments de l'administration municipale ?

 

K€ 2010

€ par habitant

K€ 2001

Progression dette depuis 2001

Dette Trebeurden

5 122

1269

1991

157 %

Dette Cotes d'Armor

293 907

510

 

81%

Dette région Bretagne

349 435

112

 

76%

Cumul pour Trebeurden + Cotes d'Armor + Bretagne

 

1891

 

 

Dette Pleumer

4077

977

3807

-7%

Dette Tregastel

6148

2490

3675

67%

Dette Lannion

8074

391

10368

-22%

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 10:48

L'"Exercice de l'état" de Pierre Schöller, est un film à  voir. Pas d'intrigue nauséeuse à base de sexe, de prévarication, ou de complot. Un journal au quotidien d'un ministre, avec une tension forte du récit , le spectateur se demandant jusqu'au bout si le ministre va s'effondrer psychologiquement, accéder à une sorte de rédemption, ou se complaire dans son ambition personnelle. Le portrait est troublant de vérité, et l'on pense à je ne sais combien d'excellences avec leur  "proximité du terrain",  leur "langage de vérité", leur aptitude à défendre n'importe quel projet dont ils ont dit pis que pendre peu de temps avant, leur absence total d'imagination et de faculté d'initiative suppléée par une arrogance tatillonne envers leurs collaborateurs les plus proches.

Saint-Jean, le ministre incarné avec finesse dans le film par Olivier Gourmet, est un médiocre qui ne doute pas de lui-même quoique son entourage soit plus sceptique comme sa conseillère en communication qui lui dit carrément la vacuité de son personnage, ou son directeur de cabinet qui tente tant bien que mal de donner une colonne vertébrale à ce guignol.  Comme tout médiocre qui s'ignore il se laisse absorber, au détriment d'une réflexion qu'il laisse à d'autres,  par des tâches de second rang :

- une passion pour le téléphone, qui absorbe une grande partie de son énergie; répondre diplomatiquement aux puissants; invectiver les collaborateurs qui ne suivent pas, ne réfléchissent pas assez;  et surtout, en permanence être aux aguets des dernières nouvelles sur tous les fronts politiques grâce aux réseaux dont il dispose;

- une frénésie de l'image qu'il doit donner à son public, car il est un acteur qui compte, promis à un destin qui dépasse les fonctions qu'il occupe déjà;  et son temps est dilapidé en voyages et déplacements entre une cérémonie de compassion pour des accidentés de la route, des discours insipides dans des cours d'usines, des séance de photo pour un magazine, des réceptions protocolaires; avec avant et après chacun de ces micro-évènements le temps perdu en réunions de cabinet pour préparer l'affaire, pus pour juger de son impact;

- une ingratitude forte pour ceux qui travaillent pour lui marquée par son absence d'humour, son incapacité à écouter la vérité, son aptitude innée à la courtisanerie; il pratique avec brio l'adage selon lequel "il faut être fort avec les plus faibles et faible avec les plus forts".

Les deux personnages qui l'accompagnent en permanence sont un vivant contrepoint :

- le directeur de cabinet, magistralement interprété par Michel Blanc, est un résumé du sacrifice de l'intelligence, de la capacité de décision aux caprices d'un veule;

- la conseillère en communication, tout aussi magistralement interprétée par  Zabou Breitman,  est une sorte d'esclave qui pallie avec diligence les insuffisances de son maître et n'est du coup guère dupe de sa fragilité.

Mais ce film n'est pas seulement une belle oeuvre d'art. Elle est un témoignage particulièrement réaliste. Qui ne pense à Xavier Bertrand,  Yves Jégo, Dominique Busserau, et tant d'autres. Qui surtout ne trouve confirmation de ses intuitions quant au rôle destructeur des outils de communication dans l'exercice des postes de responsabilité : l'initiative devient une gageure lorsque vous êtes épié en permanence par des journalistes, lorsque vous vous soumettez à la tyrannie du téléphone portable; la pensée devient un exploit lorsque de décideur vous devenez le jouet des instruments de communication. La conception est perdue au profit de la manoeuvre. L'autorité est abandonnée pour la transmission des ordres. 

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 12:11

Sans vergogne, Jean-Claude Trichet nous donne son point de vue d'une "Vision pour l'Europe" dans les Echos du 281/2011. Le pyromane vient donner des conseils pour éteindre le feu !

Deux économistes, Patrick Artus et Dominique Plihon, rappellent dans le numéro 52 de l'Economie politique d'octobre 2011, les échecs de l'euro et les erreurs de jugement de Trichet. Citons Artus "la BCE a eu une vue erronée des conséquences structurelles de l'unification monétaire qui entraîne une divergence et non une convergence des économies réelles". Citons Plihon  "... la montée des déficits publics à partir de 1980 et la dépendance de plus en plus grande des états vis-à-vis des marchés financiers internationaux ... trouvent leur source dans les politiques de désinflation compétitive et de la libéralisation financière dont Jean-Claude Trichet s'est fait l'avocat".

Après ces erreurs d'appréciation de fond qui ont contribué à la désindustrialisation de l'Europe et à une gestion laxiste des endettements (publics ou privés, mais la dette privée s'est retrouvée publique lorsqu'il a fallu sauver les banques), le promoteur de la désinflation compétitive et du traité de Maastricht se félicite de la longue prospérité de l'Europe et du souci de maintenir la maison de chaque pays de la zone euro en bon état. Mais la maison est au bord de la ruine faute d'avoir été convenablement entretenue depuis des décennies; mais la prospérité de l'Europe est fallacieuse, puisque construite dans la dépendance de plus en plus accrue des finances et des industries de pays tiers.

Trichet nous propose de couronner le château de cartes existant qu'est le Traité de Lisbonne par quelques nouveaux atouts qu'il tire de sa manche  un ministre des finances de la zone euro, membre d'une commission devenue exécutif européen :

- comment celà s'articule pour les pays non membres de la zone euro, mystère;

- l'exécutif européen serait-il responsable devant la Conseil européen et le parlement européen, mystère en particulier  dans le cas d'une coalition de représentants de pays en-dehors de la zone euro;

- la BCE perdrait-elle alors son indépendance au profit de ce ministre des finances commun ou bien verrait-elle ses objectifs élargis au maintien de la croissance économique, et son incapacité de financer directement les états abolie ? mystère.

Trichet se comporte comme tous nos homme politiques, il pratique l'incantation, quand on attend  d'experts comme lui des indications pour retrouver le chemin de la réindustrialisation,  des repentirs pour son attachement aux théories monétaristes, des conseils pour corriger la financiarisation excessive de nos économies. Mais comme disait La Rochefoucauld "Les vieillards aiment à donner de bons préceptes, pour se consoler de n'être plus en état de donner de mauvais exemples".

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 11:56

L'art est devenu sacré depuis que la notion du beau s'est évaporée. Un artiste contemporain considère comme une insulte d'avoir voulu faire une oeuvre "belle". Depuis cette perte d'une référence qui n'était déjà pas très évidente, la variabilité du goût entre les différentes cultures étant évidente, nous pataugeons dans une indécision qui laisse le champ libre à toutes les arnaques. Faute de critères, un tant soit peu universels, nos appréciations se partagent entre une affirmation étroitement individuelle (j'aime parce que je ressens une émotion), et une confiance dans le marché (le choix des autres). Le doute quant à une opinion personnelle liée à des considérations d'humeurs, ou quant à un choix d'experts, devient insoutenable : nous sommes dans une ambiance de religion où soit des grands prêtres nous disent la vérité,  soit une adhésion de foi  emporte notre conviction.

Il est habituel de moquer ce critique qui en regardant le tableau de Monet, "Impression, soleil levant", s'est écrié : " Impression ! Impression, j'en étais sur. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné , il doit y avoir de l'impression là-dedans. "  Il s'est trompé, non pas parce qu'il n'aimait pas le tableau, mais parce qu'il a cru que son instinct était un guide infaillible; parce qu'il a cru pouvoir se libérer des catégories du beau ( l'originalité, l'harmonie, le sentiment ou l'idée exprimée, l'exécution). Il n'était que le précurseur des adulateurs de l'art contemporain actuel.

Et il est devenu blasphème d'uriner dans l'urinoir de Duchamp, de laisser la trace de ses lèvres rouges sur une toile monochrome blanche, de ranger dans un débarras une serpillère de Beuys car l'ironie et la plaisanterie n'ont pas cours dans la sphère intouchable de l'Art. Exprimer son dégoût de la laideur est devenu une insulte contre l'envoyé des dieux qu'est devnu le créateur de n'importe quelle horreur une fois qu'il a été sanctifié par le marché.

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 21:05

Noël à la télévision : une vision d'horreur. Des monceaux de bouffe, des kyrielles de cadeaux, des gens qui se transportent pour des vacances; et là-dessus des reportages à n'en plus finir pour nous parler des ostréiculteurs, des chiffres d'affaires des grands magasins ou autres surfaces de vente démesurées, de la préparation des foies gras, du prix comparé du champagne; et des publicités pour nous vanter à tire-larigot le parfum produit dérivé (de quoi ?) inventé par toutes les marques imaginables, les jouets électronisés pour abrutir au plus vite les charmants bambins, le fromage industriel qui se pare faussement des couleurs du terroir, les montres sans lesquelles nous ne sommes personne, les objets qui se vantent d'être de luxe pour mieux conquérir la foule des acquéreurs bas de gamme.  En dehors de ces orgies de nourriture et d'objets, les journaleux se permettent de nous parler du sapin de ou du père noël, tristes inventions de marchands qui sont allés à la pêche de quelques légendes pour mieux faire augmenter notre frénétique pulsion de consommation. Au mieux certains parlent d'une fête de famille. Point final. Plus de temps de l'avent, plus de Jésus, plus de crèche, plus de messe de noël ; même si ces mots ne concernent qu'une partie de la population, ils sont passés à la trappe.  Il semble superflu (obscène ?) de dire que la fête de noël, pour des chrétiens (seulement certes, mais ils existent quand même) est le symbole de l'humilité (Dieu qui s'incarne), de la pauvreté (la naissance dans la crèche), de la pureté (le chant des anges). Le silence pesant sur le sens de cet évènement est bien la signature des hédonistes sans tempérance qui nous serinent leurs nouvelles.

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 11:12

Pourquoi ne pas demander  à  l'Espagne une repentance pour le génocide des caraibes ? Pas très intéressant dans l'esprit de nos députés puisqu'il n'en reste plus un seul.

Pourquoi ne pas demander aux Etats-Unis une repentance pour le génocide des indiens ?  Peu rentable pour nos collecteurs de votes, les survivants sont pour une grande partie parqués dans des réserves et n'émigrent  pas chez nous.

L'éternelle propension de nos députés à vouloir donner des leçons à l'ensemble du monde est proprement insupportable, surtout lorsqu'elle se fait au nom d'une révolution française née dans le sang de tueries de catégories sociales, de massacre vendéen et de pillages sanglants dans toute l'Europe.

Plus  grave que la légitimité des députés de l'assemblée nationale à voter une loi visant spécifiquement le caractère génocidaire du massacre des arméniens, est le flou du texte qui vise non seulement la négation, ou l'apologie des crimes de génocide, mais aussi la "banalisation grossière". Qu'est-ce qu'une banalisation ? Une relativisation ? Une comparaison ? Qu'est-ce qui est grossier, ce qui n'est pas fin, subtil ?

Mais encore plus grave est le fondement de ces lois mémorielles qui sont l'expression de tous les communautarismes;  qui donnent  un pouvoir exorbitant sur l'opinion, à n'importe quelle association, de gérer l'expression de tout citoyen, de choisir les mots qui conviennent; qui laissent croire que les députés sont élus pour gérer nos paroles, notre façon de nous exprimer, notre mode de communication. Ces lois mémorielles sont le symbole de l'effacement de la démocratie qui se trouve réduite au seul concept de la liberté de vote; une fois élus les députés ou le président sont considérés comme des chefs tous puissants, dont la seule limite à leur pouvoir est leur non-reconduction à l'élection suivante.

 Mais la démocratie ce 'est pas cela du tout. Le droit de vote n'est qu'une condition nécessaire, mais certainement pas le critère suffisant. Les seuls critères de la démocratie sont les libertés : de s'exprimer, de se déplacer, de manifester. Le problème soulevé ne se limite pas à la seule liberté de recherche des historiens, toutes ces libertés sont battues en brèche par ces lois mémorielles, elles sont une forfaiture envers l'esprit démocratique, elles sont la promotion du règne de n'importe quelle clique. 

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 16:22

SDF

Etres dont ne comprend pas les motifs de la déchéance. Car ilsavouent leur déchéance lorsqu'ils évoquent, ou le temps où ils étaient "riches", ou le pays ou la province dont ils viennent et qu'ils ne veulent plus ou ne peuvent plus rejoindre, ou le temps où ils étaient mariés. Ils tiennent à montrer qu'ils n'ont pas toujours été dans leur état actuel, mais sans sombrer dans le regret de temps révolus, sans nostalgie, comme si la vie présente valait encore d'être un peu vécue. Mais ils sont sans illusions sur leur chance de survie, entre le froid, les maladies, les agressions; ils se savent à la merci de n'importe quel incident qui pour tout autre serait surmontable.  Devant vous des êtres comme nous, beaux ou laids, colériques ou doux, cauteleux ou francs, intelligents ou bêtes; peut-être un peu plus fous que la normale, mais est-ce si sur ?

Et derrière la façade, on sent l'odeur de l'alcool qui les ravage : l'alcool qui les fait tenir quand le temps est trop froid, qui leur fait oublier la terreur de dormir tout seul dans la rue. Derrière encore on devine un facteur qui a tout déclenché : une mise à la porte de son travail, de sa famille, de sa femme. Et encore plus loin, on imagine une fêlure dans leur cerveau, dans leur caractère; mais on doute de son imagination, car ils nous présentent, en toute simplicité,, quelques envies de base : manger, avoir chaud, parler; car ils nous parlent comme à des amis avec qui il faut plaisanter, rire; finalement ils affabulent peu, comme si ça ne valait plus le coup de faire croire quoique ce soit aux autres, à ceux qui en sont pas dans leur monde de la rue.

S'il faut s'indigner en priorité  de quelque chose, c'est bien du sort qui les accable, et non pas des extravagances boursières.

S'il faut combattre pour l'égalité des droits, c'est leur droit à ne pas mourir du dédain de la société qu'il faut défendre d'abord, avant de se pencher sur l'égalité de tel ou tel un peu moins nanti qu'un autre.

S'il faut faire un cadeau pour Noël, c'est eux qui le mériteraient.

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 12:08

Maintenant que les candidats à la présidentielle commencent, enfin, à s'ébrouer sur la question de produire français, il faudrait qu'ils aillent peut-être un peu au-delà de simples slogans du style 'j'achète français" ou "je vérifie par un label que c'est bien produit en France". Ce ne sont pas des cris inutiles, tout au contraire, mais sur certains secteurs il est désormais quasi -impossible de pouvoir suivre leurs propositions; il suffit de prendre au  hasard le textile, ou la chaussure.  On aimerait que les postulants à la responsabilité suprême dans notre république aillent un pas plus loin dans leurs raisonnements et nous expliquent d'abord leur analyse de ce déclin qui continue (les délocalisations se poursuivent), et les actions qu'ils comptent entreprendre pour inverser la vapeur et rapatrier usines et emplois à l'intérieur de nos frontières.

Mais existe-t-il, au sein de l'état, une administration chargée de les aider sur ce sujet, de leur proposer des diagnostics, de leur suggérer des solutions ? La réalité est qu'il n'en existe plus. Le Commissariat au Plan a été dissous en 2006, remplacé par un Centre d'Analyse Stratégique dont le conseil d'orientation est exclusivement composé de fonctionnaires, politiques et universitaires (personne du monde l'Industrie !), dont les rapports sont sur les sujets à la mode tournant autour de l'écologie, le numérique, mais qui ne pond rien sur les aciéries, le raffinage, les vapocraqueurs, la construction automobile etc... etc.... Il existait naguère au sein d'un ministère de l'industrie des fonctionnaires chargés de suivre les problèmes des établissements industriels; depuis 1992 ils sont devenus également chargés de l'environnement, ce qui était marier la carpe et le lapin. En 1997 le ministère de l'industrie a été fondu dans celui des finances, puis au gré des remaniements éclaté entre celui des finances et celui de l'environnement, ce qui au mieux indique la profonde indifférence de nos gouvernants pour disposer d'un outil compétent pour gérer les législations qui s'appliquent aux entreprises et pour promouvoir des axes de développement.

La triste réalité et qu'au gré des complaisances accumulées au fil des ans, il ne reste plus comme interlocuteur des entrepreneurs que les DREAL (Directions Régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) dont l'intitulé même indique les priorités. A part cela ils sont confrontés avec  les différents gendarmes chargés de les surveiller (essentiellement Inspection du Travail, AFME, Haute Autorité de la Concurrence et bien entendu fisc).  Les gendarmes sont indispensables et ils font leur travail avec peut-être trop d'excellence, n'étant, de fait, soumis qu'à leur interprétation rigoureuse de leur arsenal de lois, décrets et circulaires. Le porte-parole naturel des industriels que devrait être les DREAL a oublié complètement son rôle; il n'entend jamais se faire leur interprète face aux autres administrations; il refuse de servir d'intermédiaire entre établissements et autorités locales. Les DREAL se sont recroquevillées sur la protection de l'environnement et ne conçoivent leur rôle que comme celui d'un gendarme supplémentaire. Leur seul objectif est  au travers d'une protection des intérêts locaux de la population de faire fermer un maximum d'installations industrielles. Leur titre de gloire est de faire du quantitatif sur le nombre de contraventions, de mises en demeure, de consignations, de dénonciations au parquet.

Les DREAL, peuplées de fonctionnaires qui n'ont pas trouvé un emploi dans le privé, exhalent leur rancoeur là où elles devraient être l'aiguillon de la relocalisation. Ses ayatollahs se passionnent pour la dépollution, les cercles de danger,  au lieu de s'intéresser aux conditions de survie, au maintien des emplois. S'il est bien une initiative que devraient proposer nos politiques ce serait de recréer un véritable défenseur de l'industrie au sein de l'administration et de faire disparaître l'aberration des DREAL.; de recréer un véritable ministère de l'industrie indépendant des gnomes de Bercy et des fumeux de l'Environnement.

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