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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 17:39

Son intervention dans l’émission de France-Inter « Fait-il bon d’être fonctionnaire » fut percutante. Elle est stigmatisée (dans l’émission, puis dans les commentaires) comme ultra-libérale alors qu’elle ne fait que défendre l’idée d’un service public plus ramassé et plus efficace autour de ses fonctions essentielles . La mauvaise foi de ses interlocuteurs est de faire croire que la bonne exécution de missions de service public est liée à un statut exorbitant du droit commun. Ce statut n’avait jamais prévu lors de sa création et de son vote les deux caractéristiques de l’emploi à vie et de la non-sanction des insuffisances, et c’est pourtant là-dessus que se battent les thuriféraires du Service Public.  Pour se faire ils partent de trois principes :

-          le principe d’égalité qui postule que l’on entre et on progresse dans la fonction publique en fonction de ses capacités, principe géré par l’instauration de concours

-          le principe d’indépendance du fonctionnaire vis-à-vis du pouvoir politique comme de l’arbitraire administratif

-          le principe de responsabilité qui suppose que chaque agent public doit rendre compte de son administration

 

Sur la base de ces trois principes, ils concluent que le fonctionnaire acquiert son grade sur examen (hypothèse du talent), que sa carrière doit être indépendante des pressions et donc gérée à l’ancienneté (hypothèse de l’expérience), et qu’il n’a de compte à rendre qu’au public (hypothèse de la démocratie directe). Or chacune des hypothèses qui justifie l’emploi à vie (devenu emploi sur titres), la non-évaluation (devenue indépendance vis-à-vis des petits chefs) et la non-sanction (devenue inutile du fait de la dévotion au service public) est sujette à caution :

-          les exploits d’un jour lors d’un concours ne garantissent en rien la nécessaire mise à jour des connaissances

-          la non-évaluation sert surtout de couverture aux paresseux, incompétents et autres acariâtres pour continuer leur œuvre de désolation à l’abri de ceux qui oeuvrent pour de bon

-          la non-sanction fortifie les profiteurs du système au dépens de ceux qui se donnent à leur tâche et subventionne à titre viager des incapables.

 

Tant d’évidences ne lassent pas les trompettistes de l’apologie du « statut des fonctionnaires ». Ils vont même plus loin, et suivant l’adage « plus on est de fous, plus on rit » ils ressassent leurs éternels gémissements sur le manque de personnel, en omettant soigneusement tout commentaire sur l’absentéisme record, les emplois de complaisance des administrations territoriales et les innombrables heures de délégation. Ils en arrivent aussi à interdire les critiques contre leur corporation au prétexte qu’il ne faut pas dresser une France contre une autre (pourquoi ne pas faire une loi prohibant l’incitation à la haine contre le service public ?). Tant que le gouvernement, et le parlement seront entre leurs mains (au moins sou leur contrôle), il ne faut malheureusement guère espérer de progrès.

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 20:27

Conférence du directeur général adjoint de l’ADEME, Xavier Lefort,  sur la foi et le développement durable : pourquoi pas ? J’y suis allé.

Autant me parût claire sa présentation de la position actuelle de l’église qui insiste sur la sobriété (attitude de respect de la nature incompatible avec  la surconsommation, lutte contre l’hédonisme qui n’est qu’une forme d’égoïsme éloignée de toute préoccupation métaphysique), et sur la solidarité (qui est le fondement même de l’attitude chrétienne face aux autres).

Autant son lien avec le développement durable est entaché d’artifice : il nous présente comme une attitude scientiste tout ce qui ne correspond pas aux recommandations du GIEC. Je crois exactement le contraire : ce qui relève de l’attitude scientiste est de faire fond sur un seul rapport, sacralisé, non soumis à critique, Ce qui relève de l’attitude du philosophe chrétien est de penser que la Nature est généreuse, multiple, complexe, non maîtrisable in fine par l’homme.

Il nous dit que le chrétien doit se comporter en bon intendant de la planète qui lui a été confiée ; cela ce souffre guère de contestation ; l’artifice est que le bien est défini comme le recueil de conclusions d’un comité d’experts ; le bon gestionnaire serait celui qui applique les directives et lois promulguées par des gouvernements impressionnés par les scénarios catastrophes élaborés par ces instances. Là le bât blesse sérieusement : la légitimité ontologique d’un groupe d’expert souffre discussion. Le climato sceptique n’a pas à être convaincu par des bonnes paroles issues d’un raisonnement unidirectionnel ; Il n’a pas à suivre à l’aveuglette des principes non scrupuleusement démontrés ; il n’a pas à suivre l’opinion des autres sous le simple prétexte qu’ils représentent les puissants.

Il nous assène que la solidarité doit être mondiale et intergénérationnelle. Qui en doute ? AU nom de quelle logique cela conduit-il à faire croire que nous sommes enfermés dans une nasse qui, bien entendu, n’a qu’une porte de sortie : le développement durable, analysé artificiellement comme instrument de la lutte contre les dérèglements climatiques provoqués par l’activité humaine.

La contestation par un intervenant de ce fatras d’idées qui traînent partout fut écartée d’une chiquenaude avec un regard de commisération. La pensée d’état, proclamée par un de ses serviteurs devient acte de foi : il ne s’agit plus de remettre en doute le scénario catastrophe qui nous guette si nous ne suivons pas les recommandations du protocole de Kyoto ; il n’est pas convenable d’hésiter devant le cause anthropique de l’effet de serre ; il est incongru (hérétique ?) de se poser des questions sur les éoliennes, l’utilisation de la biomasse, les problèmes de fabrication des batteries, et autres vérités issues du corpus de l’ADEME.

Je suis sorti de cette conférence en pensant que le développement durable, tel qui était entendu par l’ADEME, Le Ministère de l’Ecologie, n’était qu’un simple ramassis de croyances qu’un état obsurantiste tente de légitimer et de faire durer à coup de décrets et d’endoctrinement.

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 11:02

La spéculation n'est pas le fait de l'existence de marchés (les différentes bourses étant ces marchés) mais de l'absence de règles saines de fonctionnement de ces marchés : quels produits ? dans quelles conditions ? entre quels acteurs ?

Un marché est surveillé par des autorités régaliennes afin d'éviter que des produits illicites soient échangés, afin de s'assurer que des procédures de saine concurrence soient respectés, afin que les acteurs qui interviennent soient solvables.

Tous le marchés de gré à gré sur les produits financiers devraient être prohibés à tous les acteurs faisant appel à l'épargne individuelle afin au moins de remettre sous le regard des autorités les transactions pouvant avoir des conséquences sur l'épargne publique. Déjà le problème serait cerné.

Sur ces marchés, il serait urgent de revenir à quelques règles simples :

- un fixing journalier par Bourse (il aurait au moins deux mérites : une limitation de l’impact des rumeurs de marché propices aux arbitrages purement spéculatifs, une limitation des possibilités des programmes automatiques d’ achat et surtout de vente)

- une interdiction des ventes à découvert (outil absurde de vente de ce que l’on ne possède pas, ou que l’on ne possède pas encore : l’intérêt économique de cette option est énigmatique)

- une obligation de livraison du physique à l'échéance (là encore il s’agit de reconnecter marché physique et marché papier, afin de’éviter la prolifération d’acteurs qui au pretexte de fluidifier les marchés les transforment en des lieux de pure spéculation qui déconcertent les acteurs présents sur le marché physique )

Toutes les bourses sont utiles si elles favorisent la liquidité entre instruments financiers (actions, obligations, produits de couverture de risque). Ce qui est nocif est l'utilisation de ces marchés ou de manière dévoyée (programmes de gestion automatisés, ventes à découvert) ou par des acteurs qui n'on rien à y faire (banques de dépôt, fonds qui n'ont pas d'activité physiques, etc...). C'est bien le rôle des autorités régaliennes, depuis la nuit des temps, de promouvoir les marchés tout en les surveillant étroitement. La difficulté actuelle est d'organiser la régulation sur des espaces économiques suffisamment vastes pour qu'elle soit efficace : l'Europe pour une fois pourrait servir à quelque chose. Il faut coordonner les politiques régaliennes des différents états pour qu’ils tentent de reprendre le contrôle sur des outils qui leur échappent complètement ; il faut que les états fassent en sorte que les acteurs économiques non purement financiers retrouvent un minimum de sureté dans leurs transactions.

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 10:02

J’ai toujours trouvé que le suffrage universel manquait de subtilité. Il fallait, certes, accorder le droit de vote à tous sans exceptions (il a quand même fallu attendre 1945 pour le donner aux femmes) au nom de l’égalité des droits en théorie et au nom de la paix sociale en  pratique. Mais en réalité, ce droit de vote laisse tomber ceux qui vivent en France sans avoir la nationalité française tout en y étant durablement implantés. Ce droit laisse perplexe ceux qui ne s’abstiennent pas, qui participent aux scrutins régulièrement, mais comprennent qu’à la fois ils ne représentent pas grand-chose au niveau de leur vote individuel et en même temps que la masse des votes de ceux qui professent la même opinion n’est que peu représentative.

Il y aurait en France 44 millions d’inscrits sur les listes électorales. Il existe peut-être 10% de français non inscrits : soit environ 4 millions de personnes. Il existe peut-être 2 millions de personnes vivant depuis longtemps sur le territoire français sans avoir la nationalité française. A chaque élection quasiment 20% du corps électoral ne vote pas, soit environ 4 million de personnes. A chaque élection environ 1 million n’expriment pas leur vote quoique en déposant un bulletin (vote blanc, vote non valide). Donc en reprenant les chiffres sur un total de 50 millions de personnes participant à la vie de la nation, il n’existe en fait que 34 millions d’électeurs exprimant leur opinion. Lors d’une élection, quand un parti (ou une coalition, ou un candidat) recueille plus de 50%  et se vante d’incarner tous les français, il n’est que le représentant de fait souvent  de 17 millions de votants (ou 18 millions ou 16 millions en fonction du taux d’abstention) soit 34% de tous ceux qui seraient aptes à exprimer une opinion. Ce simple chiffre donne la mesure du problème de la démocratie représentative. Comment oser se vanter d’un consensus en oubliant deux personnes sur trois. Les chiffres sont encore plus cruels quand on pèse le poids d’un candidat au premier tour d’une élection présidentielle, ou d’un parti au premier tour d’une élection législative : avec 25% à 30% ledit candidat ou ledit parti considère qu’il est le plus important en France,  alors qu’en réalité il a recueilli de l’ordre de 10 millions de voix soit l’expression d’un intéressé sur cinq !

Au moins trois pistes seraient à étudier : l’élargissement du droit de vote à des résidents non français, l’obligation de voter pour tous les incrits (et si cela était possible l’obligation de s’inscrire pour tous ceux qui en ont le droit), la possibilité de choisir son bureau de vote pour chaque élection (avec les moyens informatiques actuels, cela ne devrait pas être une difficulté). Ces pistes amélioreraient la représentativité, mais ne résoudraient pas la responsabilisation des votants. L’idée (iconoclaste certes, mais c’est le privilège d’un blog) serait de pondérer les droits de vote.

Par exemple le droit de vote pourrait être pondéré :

-          par l’espérance de vie résiduelle de chacun : celui à qui il reste 40 ans à vivre devrait peser quatre fois plus que celui à qui il ne reste que 10 ans ; le premier est plus apte que le second à donner son appui à des choix long-terme ; le premier est moins tenté que le second à protéger les intérêts de sa classe d’âge ; cela oterait le droit de vote aux grands vieillards, mais s’en formaliseraient-ils ?

-          par le montant global des impôts payés : celui qui paye 10x en taxes de toutes sortes (foncier, habitation, revenu, ISF, prélèvements sociaux) devrait peser 10 fois plus que celui qui paye x ; celà oterait le droit de vote à des français qui n’ont plus d’attaches avec notre pays ; cela donnerait le droit de vote à des étrangers qui séjournent longtemps chez nous ;

-          par le nombre de personnes inscrites au foyer fiscal : un foyer fiscal de deux majeurs avec deux enfants pouraait donner deux à chacun des majeurs ; ce ne me paraît pas absurde de prendre en compte des êtres qui existent même s’ils ne sont pas encore en état de formuler des opinions.

 

Toute l’idée est de raccrocher le poids du vote au poids des responsabilités assumées, de rechercher plus d’égalité entre tous ceux qui contribuent d’une manière ou d’une autre au futur commun. Celà s’appelait jadis le vote censitaire : l’idée est d’y revenir sans sombrer dans une simple approche de vote réservé aux riches. Personne ne serait éliminé, tous pourraient participer aux grands choix nationaux, avec la seule restriction que certains pèseraient beaucoup plus que d’autres. Le danger serait bien entendu que l’on revienne  insidieusement aux « bourgs pourris » de l’Angleterre victorienne ou quelques électeurs assuraient l’élection de leur député, et le reste de la population devenait spectatrice. Mais il suffit peut-être de mettre un plafond au nombre de droits de vote possibles par personne.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 11:10

Trebeurden se meurt. Les uns après les autres les commerces ferment : une fois un restaurant, une fois une pharmacie, une fois un bijoutier, une fois une fleuriste, une fois une laverie (score atteint en quasiment un an). Le marché hebdomadaire s’étiole : le nombre d’éventaires diminue, et la foule désapprend à venir à ce rendez-vous. Ce déclin est-il inéluctable ? La concurrence des grandes surfaces de Lannion est certaine. Mais d’autres bourgs résistent mieux : l’exemple de Trégastel est là pour le prouver.

Cet effondrement progressif est dû à une politique à courte vue menée depuis des décennies :

-          la préférence donnée à des équipements collectifs couteux et complètement disproportionnés par rapport au nombre de résidents permanents (le stade municipal et sa tribune flambantes neuves et que l’on voit systématiquement vides, le théâtre / salle d’animation, qui ne programme quasiment rien pendant la saison estivale)

-          l’absence d’incitations pour des activités créatrices d’animation : pas d’aide à la survie du cinéma local fermé depuis des années, des contraintes règlementaires pour restreindre l’aire du marché hebdomadaire au nom de pseudo règles de sécurité, un jardin public, en bord de mer, que l’on ne transforme pas en aire sportive pour les estivants

-          l’incurie dans l‘aménagement du territoire : pas de construction de la route qui devrait dégager l’accès aux plages, pourtant programmée depuis au moins cinquante ans, pas d’aménagement esthétique comme l’enfouissement des lignes électriques qui déparent le village, pas d’extension du réseau d’égouts pour y connecter toutes les maisons en bord de mer,

 

Et pourtant le site est superbe, les plages nombreuses, et Trebeurden dispose du seul port avec un accès aisé par rapport à ceux de Perros-Guirec ou de Lannion. Alors d’où vient cet échec ? L’incapacité d’ édiles locaux à maîtriser le développement de leur commune ? Leur tropisme vers la satisfaction immédiate de quelques résidents permanents au détriment du futur ?

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 12:17

Renaud Girard pose d’excellentes questions dans un article du Figaro :

Ne s'est-on pas un peu précipité en reconnaissant le CNT comme seule institution représentant le peuple libyen ?

La réponse sous-entendue est qu’il n’y avait pas lieu de reconnaître comme représentatif une poignée de leaders issus de tribus de la Cyrénaïque, qui ne pouvaient parler qu’au nom d’une petite fraction de la Lybie.

 Était-ce bien raisonnable, pour la France, de livrer des armes à des rebelles qu'elle connaissait mal, combattants indisciplinés aux loyautés changeantes ?

La conclusion est que c’était une faute de vouloir attiser une guerre civile en armant des gens inconnus dont la seule motivation est de vouloir flinguer les autres tribus.

Savait-on vraiment où l'on mettait les pieds ?

Bien entendu non. Il fallut attendre des analyses éclairantes d’observateurs pour comprendre que le problème n’était pas uniquement une affaire de démocratisation, de liberté d’expression, mais aussi (et surtout ?) d’équilibre entre diverses factions, dont entre autres celles issue de l’ancienne confrérie des Sénoussis.

Les leçons des désastres afghan et irakien n'auraient-elles pas dû être tirées ?

Les situations, les contextes sont extrèmement différents. Mais quand même dans chacun des cas , on a voulu appliquer des notions d’états occidentaux (centralisés, acquis à la notion d’égalité des droits) à des pays qui ont été construits sur des bases radicalement différentes qui se rapprochent beaucoup plus de nos états d’ancien régime qui s’analysent plus comme des coalitions d’intérêts maintenus ensemble par une idéologie (la royauté de droit divin, la théocratie, la tyrannie). En Afghanistan, en Irak l’intrusion des étrangers a provoqué la destruction de l’état en favorisant un ou plusieurs clans au détriment d’autres, et d’une mission de destruction d’une idéologie malfaisante les occidentaux se sont trouvés entraînés dans une course poursuite pour calmer une guerre civile née de la création d’un vide.

 

Les leçons de ces échecs répétés sont diverses : en Lybie, de toute évidence, la précipitation (en intervenant, en reconnaissant le CNT, en larguant des armes) a été mauvaise conseillère puisque les résultats ne sont pas au rendez-vous. Les limites de ce jeu sont atteintes, et la seule tâche de Juppé et de Longuet est maintenant de trouver la porte de sortie honorable qui est de sortir en ayant négocié un certain affaiblissement du pouvoir des Khadafi et leurs alliés.

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 10:53

Berezovsky au parc du château de Florans à la Roque d'Anthéron, Alexandre Tharaud à l'étang des Aulnes dans la Crau; l'un se mesure au concerto de Katchaturian, l'autre aux sonates de Scarlatti. Un gouffre entre le concert du 24 juillet et celui du 25.

Boris Berezovsky s'en est pris avec virulence à la partition, et a combattu avec lyrisme au milieu des arbres grandioses du parc. Alexandre Tharaud a joué avec un brin de romantisme et un toucher aérien dans un paysage mélancolique.

Adéquation des interprètes, adéquation des lieux pour deux moments enchanteurs pour moi qui entendais ces deux pianistes pour la première fois en leur présence physique.

Je manque d'oreille, ma culture musicale est superficielle, mais je ne peux me réfréner une énorme admiration pour des artistes aussi convaincus, aussi convainquants qui mettent leur immense talent d'interprète au service d'oeuvres grandioses. J'entendais pour la première fois le concerto de Katachturian et je fus emballé. Mais le plaisir est au sommet de réécouter les sonates de Scarlatti : diversité, invention, simplicité.

J'écris ce petit hommage parce qu'à ma grande déception je n'ai trouvé sur le net aucun commentaire de ces évènements pour me conforter dans mon enthousiasme.

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 12:14

Lindon-Lefort n’hésitent pas à se ridiculiser dans les pages de Libération. Leur haine antichrétienne leur fait dire absolument n’importe quoi, dans un billet censé faire rire au dépens de la religion catholique : ahurissant de méchanceté (la méchanceté étant toujours synonyme de bêtise), Mais ce ne sont par leurs vomissures qui sont intéressantes, c’est qu’il se soit trouvé un quotidien connu pour les publier. Hasardons quelques hypothèses.

- il veut faire rire avec des catholiques qui ne leur feront pas de mal ; c’est à priori raté au vu de la teneur de la plupart des réactions (elles pointent surtout leur lâcheté) ;

- il veut flatter la communauté homosexuelle en faisant écrire par deux de ses représentants des horreurs contre une religion qui (comme les autres religions du Livre)  les considère comme des déviants ;

- il pense publier l’œuvre d’écrivains pamphlétaires ;  mais les invectives, les insultes, ne sont de la littérature que chez les grands, chez les petits ce ne sont que des gros mots ;

- il veut afficher une transgression qui les rendra sympathiques à tous les bien pensants qui croient que la religion est un carcan social ; ils affichent surtout leur conformisme nourri d’un très vieil anti-cléricalisme ;

 - il veut doper ses ventes en créant un scandale ; le seul scandale est qu’il ne soit pas submergé par le dégoût de leurs lecteurs.

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 11:19

Les interventions des parlementaires n’ont pas brillé par leur force d’analyse. Qui a parlé du contexte tribal, pourtant essentiel dans l’échec des offensives des rebelles de Benghazi sur la Tripolitaine ? Qui a parlé de la césure entre la Lybie égyptienne et la Lybie tunisienne, vieille fracture qui date de l’empire romain ? Qui a parlé des réserves pétrolières, hormis une timide allusion d’un député communiste à des intérêts mercantiles ? Qui a parlé du contrat initial passé entre Khadafi et le peuple lybien : à ma tribu le pouvoir, aux autres la participation à la manne pétrolière ; contrat rompu par l’accaparement des richesses par la clique autour du guide de la Révolution?

 

Les interventions des parlementaires ont effleuré les motivations de l’engagement de la France dans ce conflit : qui peut croire que les révoltés de Benghazi justifiaient plus d’activisme que les massacrés du Yémen, de Bahrein, de la Syrie ? Les raisons invoquées sont navrantes :

-          l’ONU a voté une résolution ! Comportement moutonnier que ne prévoit pas notre constitution : ce n’est pas à New-York que doit se décider une politique étrangère, elle est obligée de s’y conformer, elle n’a certainement pas à y trouver sa source d’inspiration.

-          Nous devons protéger les peuples dans le respect de la légalité s’exclame Yves Lachaud ! L’immensité de l’objectif le rend inopérant ; à quoi sert d’afficher une telle ambition qui n’est même pas à la hauteur de la première puissance militaire mondiale.

-          Notre premier objectif passe par la chute de Khadafi explique candidement Axel Poniatowski ! Illégalité totale : ce n’est pas prévu par la résolution de l’ONU. Tant qu’à faire dans la déclaration farce, il aurait pu ajouter que l’élimination physique de la famille Khadafi était souhaitable.

 

Quant à la sortie de ce pétrin, tout le monde est d’accord pour laisser se débrouiller comme ils peuvent les deux ministres concernés, Alain Juppé et Gérard Longuet avec une seule consigne : trouvez une porte de sortie même si elle est un peu étroite. Mais même cet avis n’a été que sous-entendu, murmuré. Et la leçon de l’aventurisme sarkozien n’a pas été tirée : comment la décision a été prise, qui s’est inquiété des moyens à mettre en place, quels scénarios ont été envisagés. A quoi sert un débat parlementaire sinon à mettre en valeur l’insondable médiocrité en matière de politique étrangère des partis représentés à l’Assemblée Nationale.

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 17:55

Otto de Habsbourg s’est effacé. Je crois qu’il fut une personnalité exceptionnelle qui n’a pas pu assumer un destin à sa mesure en étant une sorte de migrant ne sachant plus où était sa patrie. L’Empire de son grand-père s’est effondré pour s’être laissé entraîner par une clique militariste subjuguée par la puissance du premier Reich allemand. Son père a tenté de sauver  du désastre ce qui était l’essence de cet ensemble : une mosaïque de peuples, de cultures, de religions, une réussite de diplomatie étalée sur plusieurs siècles, une intuition d’Etats-Unis d’Europe centrale ; ses efforts de paix séparée ont été annihilés par les fringales territoriales italiennes, les théories fumeuses de Wilson sur les nationalités et surtout lahaine des français qui n’ont pas compris qu’il pourrait être le rempart contre un germanisme triomphant ; Charles de Habsbourg fut chassé comme un malpropre et son empire démantelé.

Otto de Habsbourg était l’incarnation de cet effort désespéré de toute cette Europe centrale de ne pas succomber aux sirènes allemandes : trop jeune pour être présent dans la lutte contre l’hitlérisme, trop marqué par ses origines pour pouvoir résister à l’invasion bolchevique, trop désabusé par les mesquineries des gouvernements autrichiens ou hongrois pour tenter de proposer des solutions. Un destin raté. Des pays qui auraient eu besoin de lui et n’ont pas su le trouver. Et après la chute du mur on en est encore à deviser sur la puissance économique de l’Allemagne, sa main-mise sur ces pays sans passé politique, sur le caractère raisonnable de cet état de fait.

Mais l’Europe centrale n’a pas de vocation particulière à être le jardin de derrière de l’Allemagne. C’est une espace ouvert sur la Méditerranée, sur la mer Noire, structuré géographiquement par le Danube, qui certes nait et coule en Bavière, qui certes est relié par un canal moderne au Rhin, mais qui est surtout l’artère qui peut irriguer tous ces pays jusqu’à son débouché naturel vers l’espace méditerranéen.  La diversité des langues est un obstacle au rassemblement ; mais s’il fallait une lingua franca parions plutôt sur l’anglais. La diversité des cultures est étonnante, mais elle n’a guère de points communs avec l’esprit rhénan ou prussien. La diversité des religions fut jadis un gros obstacle, l’est-il encore aujourd’hui ?

Je crains qu’Otto de Habsbourg n’ait ressenti beaucoup de découragement à constater l’immense aveuglement de la France et des pays de l’Europe méditerranéenne face à cet espace à reconstruire.

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