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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 16:34

Incontestable qu'il est vulgaire; mais pas parce qu'il utilise des mots comme couillon, casse-toi, ou d'autres, mais parce qu'il les adresse à des personnes qui ne comptent pas, qui peuvent à peine répondre. J'aurais aimé qu'il traite de "petit merdeux", ou de "caillera" ce Mouloud qui lui demande des nouvelles de sa "meuf" hier sur Canal Plus; mais Mouloud est une marque (c'est NS qui le dit), un animateur du Grand Journal, alors NS a juste souri d'un air résigné devant ces intempérances verbales.

Mais, à tout prendre, la distinction (si c'est bien le contraire de la vulgarité) ne fait pas partie des vertus cardinales (prudence, tempérance, force, justice), alors je préfère l'absence de distinction à l'absence de force d'un Hollande, au manque d'esprit de justice d'un Mélanchon, à l'oubli de la prudence et de la tempérance d'une Le Pen (j'ai oublié Bayrou dans la liste ! mais on oublie toujours la transparence).

Incontestable qu'il a un bilan désastreux; mais pas parce que le chômage a augmenté, que le montant des dettes a explosé, que le déficit commercial est devenu abyssal, mais parce qu'il n'est pas allé assez loin dans les nombreuses réformes qu'il a lancées : le non recrutement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, la carte des hôpitaux, casernes,  tribunaux, la réforme des retraites (mais en oubliant celle des autres pans de la sécurité sociale), la réforme des 35 heures sans s'en prendre au sacro-saint code du travail, et j'en passe.

Mais, à tout prendre, l'inaction face aux crises qu'il a du affronter sans répit aurait-elle été une solution ? Je préfère des débuts de solutions à la sanctification de l'ordre existant du socialiste, aux délires révolutionnaires du NPA, aux analyses sans réponses raisonables du Front National (j'ai oublié le MODEM dans la liste ! mais il faut dire qu'il a perdu en cours de campagne les excellentes notes de synthèse que lui avaient préparées ses conseillers)

Et puis, dans le lot que l'on propose au vote des citoyens, où est la sincérité dans le désir de bien faire, la capacité d'entreprendre (sans nécessairement réussir) les actions promises, la force de caractère pour tenir tête aux autres Grands de ce monde ? 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 15:11

Trop d'évènements qui paraissent incompréhensibles du fait de la partialité du scénario, dont deux majeurs : pourquoi ce succès du FLN dans les campagnes, pourquoi cette panique des pied-noir à l'heure de l'indépendance ?  Dans les deux cas l'esprit partisan l' emporté sur le souci de clarification. Si l'origine du soulèvement est correctement analysée (immobilisme du statut, massacre de Sétif, mépris des populations musulmanes sensible particulièrement vis-à-vis des anciens combattants), son succès au fil des années ne paraît dans le film que soutenu par un désir d'indépendance et de liberté qui fait fi des efforts de l'Armée avec  ses sections administratives spécialisées, ou de l'accession au statut plein de citoyen de l'ensemble de la population  décidé in extremis par de Gaulle. C'est trop court, et dans un récit soit-disant équilibré il est fautif d'avoir passé sous silence la terreur qu'a fait régner le FLN tant dans les campagnes, que chez les immigrés en France (seul un massacre d'un douar est évoqué). De la même façon comment expliquer l'exode massif, quasi-total, des pied-noir, en se limitant à la seule propagande de l'OAS, prônant la terre brûlée, et oubliant les massacres perpétrés par l'ALN après le référendum sur l'indépendance, tel que lui d'Oran avec ses centaines de tués, disparus, torturés.

Une approche déplaisante qui range les harkis parmi les traitres, et les porteurs de valise parmi  des héros.  Les fameux porteurs de valise, comme Francis Jeanson,  Henri Maillot,  Fernand Iveton, n'ont rien fait d'autre que fournir des armes à ceux-là  même qui tuaient leurs compatriotes : si  le mot traitre a une signification, il les qualifie parfaitement. Les harkis,  quant à eux, ont choisi le mauvais camp, celui des vaincus, sous l'influence, la sollicitation des autorités françaises; certes, ils ont trahi la cause algérienne; mais n'est-il pas abusif de faire porter la responsabilité de leur massacre sur la France qui ne les a pas accueilli et non pas sur l'état algérien qui les a fait massacrer en masse, dans des rafinements de cruauté.

Un ton général nauséabond, qui insiste lourdement sur la présence de Maurice Papon, comme préfet en Algérie, puis à Paris, comme préfet de police, lors de la manifestation des musulmans du 17 octobre 1961, puis lors du drame de Charonne : un ancien collabo pour diriger la répression c'est le choc des photos, le choc des mots.  Par contre les dissensions entre l'armée de libération intérieure et l'armée dite des frontières installée en Tunisie et au Maroc, ne sont pas évoquées : silence pesant sur les querelles  de clan et le lachage des combattants de l'intérieur  par les futurs dignitaires installés dans des pays étrangers.

C'est un mauvais film. D'autant plus mauvais qu'il se targue d'être objectif. Il ne dit pas de mensonges, il travestit la vérité, en choisissant, en censurant. 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 12:01

D'accord pour une fois avec Caroline Fourest lorsqu'elle demande le "droit à l'indifférence" en particulier pour la couleur de la peau.  Mais il ne faut pas borner ce droit à de simples différences physiques (la race); pourquoi  le limiter, aussi, à une disgrâce pathologique (le handicap),  à des expressions qui nous surprennent (les cultures exotiques), à des moeurs qui ne nous agréent pas.

Sous l'expression épouvantablement juridique, du droit à, et du mot à la connotation glaçante, l'indifférence,  se cache la véritable expression de la tolérance qui n'est ni consentement, ni approbation, ni  empathie voire même amour,  ni compréhension, ni recherche de compréhension. La tolérance la plus générale n'a pas besoin de justification de l'intellect, du coeur, de la science, de l'opinion des autres.

L'indifférence devrait s'exercer aussi vis-à-vis des opinions des autres, même si nous les pensons idiotes, ahurissantes, des actes véniels, hors normes, infantiles, même s'ils nous choquent. En clair il faut être tolérant envers ceux que l'on considère comme sots, crétins, arriérés.  Quelques exemples de comportements qui manquent d'indifférence :

-  plainte d'employés de la SNCF qui se sont estimés insultés par des propos d'un vieillard en fauteuil roulant ,

- plainte d'un père de voyou giflé par un maire,

- information de sa hiérarchie par un policier qui a reçu des billes, des tomates, et des boulettes de papier de la part du fils adolescent du président.

Dans tous les cas l'indifférence des offensés, les employés de la SNCF, le voyou, le policier auraient marqué leur tolérance, c'est-à-dire leur capacité d'analyse en acte véniel, d'un coup de colère d'un infirme en train de rater son train, d'une indignation d'un maire devant l'arrogance d'un jeune, de l'infantilité d'un comportement de cour de récréation.

Comme aurait pu le dire Caroline Fourest, si elle avait eu la moindre once d'éducation chrétienne, ils auraient du pratiquer le pardon.

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 16:34

Sommaire de la demi-journée du 8 mars 2012 sur France-Inter :

- Pierre Weill s'entretient avec Cesare Battisti avec chaleur. Il s'agit pourtant d'un assassin condamné par la justice italienne et qui s'est enfui de son pays pour ne pas exécuter sa peine.

- Piotr Smolar, journaliste du Monde déplore la timidité des mesures fiscales proposées par François Hollande de taxer à 75% les revenus au-dessus d'un million d'euros, et à 45% (au lieu de 4% les revenus au-dessus de 150 000 euros. Il regrette que soit oubliée la fusion de la CSG et de l'IRPP, élucubration du fumeux PIketty.

- Jean-Louis Murat  est ridiculisé puis stigmatisé pour avoir tenu des propos qualifiés de lesbianophobes.

- Jules Massenia s'enthousiasme pour les stages de désobéissance civile qui apprennent à freiner le travail des forces de l'ordre.

- Audrey Pulvar nous fait un plaidoyer pour le rétablissement de l'autorisation administrative de licenciement.

- Eric Fassin nous fait une apologie du mariage homosexuel. Les opposants sont qualifiés de réactionnaires, racistes, sexistes, et autres gracieusetés.

- Bernard Guetta nous sert son ragout habituel d'indignation contre Poutine :  oui il a été élu, oui personne d'autre n'aurait pu être élu, mais il n'aurait quand même pas du être élu.

- André Erofeev,  avec la complicité de Pascale Clark, nous décrit l'hypocrisie des manifestants qui ont soutenu Poutine, et la vertu des 20% de moscovites qui ont voté pour Prokhorov (oligarque, dont la qualité majeure est d'être opposé à Poutine).

 

Petit échantillon  d'un discours entièrement homogène des intervenants sur une radio dite de service public. Tous ceux qui sont opposés au discours tenu sur ces ondes sont d'abord non invités, ridiculisés, leurs arguments tordus. Il est extrêmement pénible d'imaginer que l'argent de tous les contribuables (dont le mien) vient financer les élucubrations de  d'une bande de journalistes fonctionnarisés qui se complaisent dans l'admiration de leurs propres opinions. Qui va proposer la vente de France-Inter à un quelconque tycoon de la presse, ou sa transformation en Société Coopérative et Participative, fonctionnant sans une quelconque subvention publique ? 

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 15:23

La sexualité ne relève ni de la morale individuelle , ni d'une conviction philosophique, ni d'une conviction religieuse; pas plus que le fait de se nourrir ou de dormir. Tout au plus les excès de conduite peuvent-ils relever d'une croyance, ou d'une pratique : gloutonnerie ou ascèse,  sieste ou non. Les excès de la sexualité sont du même tonneau, abstinence ou hyperactivité, peuvent relever d'un credo quelconque, par contre le choix d'un partenaire ne relève que de lois de la nature, de la même façon que manger  et dormir pour survivre, et pratiquer l'acte sexuel pour tenter de se reproduire. Bien entendu bien manger, et bien dormir sont des plaisirs que beaucoup apprécient, comme d'avoir des relations sexuelles qui satisfont les deux partenaires, mais tout celà relève du domaine de la satisfaction de ses pulsions, encadrée ou pas par des rites, et l'on imagine peu de philosophies ou de croyances qui mettent en avant cette seule satisfaction.

Le mariage n'est pas une sorte de menu, dans lequel les gens ont le choix entre la sole meunière ou la tête de veau, ce n'est pas non plus une agence de voyage qui vous demande de choisir entre un trecking ou vous dormirez à la dure, ou un hôtel quatre étoiles qui vous proposera des édredons douillets.  Le mariage n'est ni un droit, ni un devoir, mais la seule constatation d'un état de fait : la volonté de deux personnes de s'engager sur le long-terme pour procréer. L'amour n'entre pas en ligne de compte ( ou alors tous les mariages arrangés seraient nuls), le plaisir n'en est pas la légitimation (ou alors l'adultère devient absurde). La volonté de deux partenaires de même sexe de vouloir se marier n'est alors qu'un déni de réalité, le refus de constater que leur union est par définition stérile. Pour contourner cette évidence les partisans du mariage homosexuel sont obligés de vouloir rendre licite les adoptions par leurs couples : c'est alors une autre histoire.

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 17:37

"Au-delà des ajustements budgétaires indispensables ... le problème de la France est essentiellement un problème de commerce extérieur"

"La vision bruxelloise reste beaucoup trop marquée par la défense du consommateur. Or, avant de consommer, il faut produire".

"Il faudrait en faire plus dans la rigueur que ce qui est prévu ... par les différents candidats à l'élection présidentielle ... dans les trois composantes de la dépense publique : l'Etat, la Sécurité sociale, les collectivités locales".

Voilà quelques phrases extraites de l'entretien accordé aux Echos par le PDG de Saint-Gobain, Pierre-André de Chalendar. En trois phrases, il stigmatise l'insuffisance de tous les candidats qui parlent à côté de la plaque :

- impôts au lieu de réduction des dépenses,

- défense du consommateur, de son pouvoir d'achat, au lieu de défense du producteur et de son niveau de vie,

- défense d' établissements en déclin, protection des avantages acquis, au lieu de relance de l'investissement productif, de l'esprit d'entreprise.

... et quand ils abordent ces sujets, et ne nous bassinent avec la viande halal, la moralisation des hautes rémunérations, ou la notation des professeurs du secondaire.

Mais qui propose des candidats aussi indigestes à écouter, manquant complètement de courage politique,  à l'élection présidentielle ?  D'où sortent ces médiocres  qui refusent de voir la crise actuelle de l'économie française, qui ne nous parlent jamais des chômeurs et autres déclassés ?  Pourquoi des professionnels de la politique aussi insuffisants en économie (aucun n'a de formation en ce domaine), en compréhension  de l'industrie (aucun n'a été réellement employé dans une société  qui ne relève pas de la sphère publique), en relations internationales (pas un qui parle convenablement anglais, pas un qui ait séjourné, ou travaillé à l'étranger) .

Comment être aussi sourd, aveugle, impotent face à tout ce que disent des conseillers dans chacun des camps  : Attali , Peyrelevade, Bébéar et tant d'autres ?  Le divorce entre le pays et les candidats est flagrant : une Marie Le Pen qui est rejetée par les 3/4 des sondés, un Bayrou qui est pour eux l'archétype du ni-ni, un Hollande choisi par les socialistes par hasard ou par dépit et qui ne l'emporte massivement que chez les fonctionnaires, un Sarkozy qui a tant déçu ses partisans qu'il est pour l'instant incapable de les mobiliser. Ce divorce n'est pas le fait du hasard, mais bien de l'incapacité de ces postulants à se concentrer sur le seul sujet qui importe :  créer de l'activité et donc des emplois  dans le privé, tout en menant une politique de rigueur dans le public. Le seul véritable souci de millions de gens est de retrouver un emploi, ou de ne pas perdre celui qu'ils ont; c'est prioritaire parce que c'est court-terme, et qu'il ne sert à rien de raisonner sur le futur si l'on ne sait pas comment vont se passer les années qui arrivent. 

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 18:52

Elle est devenue une héroïne. Elle fait la une des journaux. Elle est fait l'ouverture des journaux télévisés. Mais qui est-elle ? Je n'ai jamais lu un article de sa plume (ou je l'ai oublié). Je ne l'ai jamais entendue dans une émission (sauf quand elle s'est enregistrée quelque part dans Homs). Je ne crois pas qu'elle ait jamais écrit un livre, laissé une trace quelconque sur le web hormis ses dernières tribulations.

Ah certes, elle est allée à Homs. Comme toute une flopée de journalistes, photographes, et autres techniciens du son, qui allaient remplir leur devoir d'informer les citoyens du monde. Indubitablement courageux d'aller se fourrer dans un merdier pareil. Tirons lui le chapeau pour avoir voulu remplir une mission qu'elle s'est donnée ou qu'on lui a imposée (peu importe l'un ou l'autre). Une fois ce hommage rendu, arrêtons là. A-elle aidé quelqu'un ? a-t-elle apporté du réconfort à des populations opprimées ?A-t-elle même apporté une information sortant de ce qui s'étalait partout : il y a des tirs de snipers, des tirs d'obusiers, et les membres de l'armée de libération de la Syrie colportent des récits plus atroces les uns que les autres.

Mais peu importe la minceur de la personne et de son action , elle est devenue la gloire de la population des journaleux. Sa jambe cassée devient la preuve de son audace devant le danger. Sa fuite de son réduit une épopée. Bien entendu ceux qui l'ont exfiltrée sont condamné à l'anonymat le plus absolu, et ne reçoivent pas l'aumône du plus petit remerciement. L'histoire d'Edith Bouvier est l'apogée du journalisme contemporain qui a force de narcissisme, en arrive à trouver dans sa propre contemplation l'unique véritable objet de ses préoccupations. 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 14:00

Pourquoi tous les correspondants de presse sont photographiés, enregistrés depuis la zone rebelle d'Homs, et non depuis Damas ? Une seule vérité mérite l'attention? Le romantisme (et donc l'attention de l'auditeur occidental) est du côté des insurgés ?

Comment sont approvisionnés en armes et munitions l'Armée syrienne de libération ?  Par des pillages des casernes, par des importations financées par la diaspora syrienne, nous rétorquent les porte-parole de la dissidence. Peut--être vrai, peut-être court. En tous cas nous n'en saurons rien car cela n'intéresse pas les journalistes.

Les adversaires des rebelles sont listés pour mieux les stigmatiser; un grand mot que celui d'adversaires, tout au plus des méfiants, car personne ne soutient le régime d'Assad (au moins officiellement). Et dans le fourgon des ennemis de la démocratie (car c'est implicitement ce que sont ceux qui ne soutiennent pas explicitement les rebelles d'Homs) on retrouve pêle-mêle : les chiites iraniens, les terroristes du Hezbollah, Poutine et son complexe militaro-industriel, les anonymes et d'autant plus inquiétants dirigeants chinois, et enfin le Front National et sa bande de négationniste en tous genres. Les supporters des autres sont limités à quelques démocraties ou trop impuissantes ou trop prudentes; leurs seuls vrais amis sont les peuples, les amis de la liberté. Tant de diabolisation lise perplexe.

Evidemment les blessés et les morts ne tombent que d'un côté, et ils sont plutôt des femmes et des enfants. On se demande bien à quoi sert cette armée de libération si elle est incapable d'abattre même un seul sniper. Mais on se demande aussi comment il se fait qu'avec des chars, des obusiers, l'armée d'Assad piétine depuis des mois dans les banlieues d'Homs. RIen ne nous est dit sur une question aussi triviale; le déluge des mot et des images se concentre sur les images héroïques des reporters qui risquent leurs vies pour témoigner.

 

Ce ne sont que des questions auxquelles un individu lointain du champ des opérations ne peut répondre. Mais ce sont des questions que les journalistes ne veulent pas travailler. Il s n'entendent pas nous laisser faire une opinion, ils nous délivrent leur vérité d'amateurs de scènes violentes, de blanc et de noir, et d'énigmes sans réponses.

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 17:18

Bernard Guetta s'insurge, s'afflige, s'indigne, enrage, que personne ne manifeste contre le régime syrien, qu'aucun parti n'appelle à ... on ne sait trop quoi. Il imagine, un temps, que l'on livre des armes aux insurgés, avant d'avouer que c'est inutile ! Il aurait pu préciser que c'est déjà fait par les pays suniites tels que le Qatar et l'Arabie Séoudite, celà n'aurait nui en rien à son devoir d'information.

L'action selon le sachant de France-Inter, ce serait de manifester. C'est court, vieil homme. Les pleurnicheries ne servent à rien, lorsque l'on sait l'impossibilité pour les occidentaux d'envisager une opération militaire contre la Syrie, faute de moyens techniques, faute de moyens financiers pour soutenir une lutte longue, faute de solidité morale des opinions publiques. Mais à tout prendre les larmes ne font de mal à personne et satisfont la bonne conscience de celui qui les verse.

Le véritable problème de Bernard Guetta est son absence d'analyse. Pourtant d'autres ont mis à sa disposition des outils de réflexion (par exemple les dialogues de Gérard Chaliand et Vincent Desproges sur France-Culture, les articles de journaux du Moyen-Orient, et en particulier turcs). Mais le pauvre homme ne vit qu'avec ses quelques obsessions parisiennes, répandre la démocratie (comme en Irak par exemple), admirer les révolutions (comme celle de Lybie au passage),  être aux côtés des conquérants de la liberté (comme les frères musulmans en Egypte).

Son seul propos est que nous proclamions tous notre haine de Bachar El Assad. Oui, certes, personne ne va défendre un tortionnaire, assassin d'enfants. Tout appel en ce sens est parfaitement oiseux, sauf à considérer que nous sommes des psychopathes qu'il est urgent de guérir. Les seuls propos qui seraient intéressants serait de savoir pourquoi cette guerre civile a éclaté en Syrie, quelles sont les motivations des différentes communautés religieuses (les 65% de sunnites, les 15% d'alaouites, les 10% de chrétiens, et les 15% de druzes et autres), des différentes communautés  culturelles (celle de la côte, celle de Damas, celle d'Alep, celle d'outre-Euphrate) qui ont connu des histoires différenciées qui se mesurent en milliers d'années; quelles sont les inquiétudes des grandes puissances régionales (Turquie, Iran, Arabie Saoudite, Israël); quels sont les scénarios possibles (création d'un sanctuaire alaouite/chrétien, intervention militaire turque, terrorisme chiite).

Non, tout ceci n'intéresse pas notre penseur diplomatique du service public de France-Inter. Il fuit faut proclamer depuis sa chaire médiatique le langage convenu qui plaira dans les couloirs de sa maison, chez ses vieux amis, dans les cercles qui l'encensent dans la capitale. 

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 10:58

Pourquoi les riches doivent-ils être ostracisés ? Car il s'agit bien d'ostracisme à les forcer à prendre la route de l'exil, vers la riante cité de Tournai, les bords tordants du lac Léman, ou tout autre destination tellement plus hilarante que notre bonne France. Ont-ils gagné leur argent illégalement ? A priori non. N'ont-ils pas payé leurs impôts ? Le fisc fait normalement son boulot, que l'on sache. Ne dépensent-ils pas ce bon argent dans leur pays ? Généralement si. Ont-ils travaillé, ont-ils pris des risques, ont-ils créé des emplois, ont-ils généré de l'activité, ont-ils enchanté des spectateurs ? Peut-être pas tout  la fois, mais surement une partie du tout. Alors pourquoi faut-il déclarer indésirables sur notre sol, sportifs de renom, hommes de spectacle à succès, créateurs d'entreprises qui les ont vendu, héritiers de fortunes familiales, patrons enrichis du CAC 40 ?

Pourquoi une portion de la population est-elle rangée dans une catégorie que l'on affuble de tous les adjectifs les plus avilissants : hautaine et méprisante, bling-bling ou opaque, vivant sur le dos des pauvres, exploitante de la misère des autres, incapable de fraternité. Vous imaginez la révolte d'une quelconque autre communauté qui serait traitée d'une façon aussi indigne. Où est de plus la définition de ces immondes riches ? Des très riches ostracisés, elle glisse de plus pernicieusement à tous ceux qui ont plus que les autres, et que l'envie du médiocre, de l'insatisfait, de l'envieux, du raté, ne supporte pas. Toujours cette même rengaine mal camouflée du "chacun à chacun selon ses besoins" , éternelle tentative de restaurer un âge d'or qui n'a jamais existé, refrain des révolutionnaires, des indignés, des affligés qui  veulent faire le bonheur des autres malgré eux. 

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