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29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 15:53

La mise sur orbite de Virginie Despentes est assurée par France-Inter. Dans l’émission le masque et la plume un unanimisme de mauvais aloi submerge dans une admiration sans aucune nuance sa dernière œuvre. Les cris de stupéfaction couvrent les hurlements d’enthousiasme et les pleurs de plaisir des différents critiques. Pour bien convaincre le cher zauditeur qui aurait manqué cette célébration culturelle, resucée le lendemain d’une journaliste qui interroge l’écrivain :  caquetage de basse-cour entre féministes qui ravale la courtisanerie à une pâle simagrée ; Balzac est enfoncé dans sa description de ses contemporains, Flaubert est laissé sur place dans son analyse de Madame Bovary et ce pauvre Laclos n’est qu’un modèle défraichi !

Tant d’exaltation inspire de la méfiance. Tant de parti pris pousse à s’écarter de ce phénomène qui s’était caractérisé jusqu’à présent par un nombrilisme mitigé de voyeurisme et d’auto apitoiement. La seule clarté qui tombe de la bouche de ces laudateurs est qu’elle continue d’errer entre coucheries, déconstruction et déconnade : de quoi titiller ses chers acheteurs et bien entendu ses complices de la radio subventionnée.

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27 août 2022 6 27 /08 /août /2022 11:19

« Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » , Saint-Paul, deuxième lettre aux Thessaloniciens.

« Donnez à un homme un poisson, et il aura à manger pour une journée apprenez à un homme à pêcher, et il aura à manger toute sa vie »., Lao-Tseu.

« Nul n'a jamais mangé de nourriture meilleure que celle procurée par le travail de ses mains », hadith

 

Il serait possible de multiplier les citations. Dans les trois proposées, la chrétienne est d’une simplicité absolue, depuis qu’Adam et Eve ont été chassés du jardin d’Eden il est illicite de vivre sans travailler, la mendicité est un péché.  La taoïste est utilitariste en édictant qu’il est inefficace de donner et que la survie de l’homme est d’apprendre un métier utile. La musulmane est sensuelle en soulignant que profiter du fruit de l’effort est un plaisir. Trois approches qui ne résument en rien la pensée de chacune des traditions, et qui sont complémentaires.

 

Elles viennent heurter de plein fouet, une certaine tradition sociale particulièrement florissante de nos jours plus portée à soigner des inégalités en faisant abstraction des efforts individuels ; plus motivée par un humanisme qui privilégie l’individu sans vouloir porter un quelconque jugement sur ses activités (ou sa paresse) ; plus doloriste, piétiste, sentimentaliste en favorisant ce que jadis on appelait la charité envers les pauvres au lieu de promouvoir la solidarité dans le malheur (entre malades et bien portants), dans l’injustice (entre bien-nés et mal nés). La société compassionnelle d’aujourd’hui est une addition d’hystériques débordant d’une bonne volonté mal orientée et d’hypocrites masquant leur égoïsme dans une vague dilection pour les « Autres » se concrétisant dans un assistanat généralisé.

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23 août 2022 2 23 /08 /août /2022 11:21

Des propositions de Philippe Bilger de révolutionner l’état de droit sont particulièrement intéressantes venant d’un spécialiste du droit pénal :

  • faire le tri entre des affaires où la culpabilité est évidente à faire juger en priorité, et celles plus ambigües avec lesquelles il est nécessaires de multiplier les vérifications ;
  • durcir les conditions d’appel et de cassation ;
  • purger le paysage pénal d’une masse inutile d’entraves procédurales.

J’en rajouterai une autre inspirée de Jean-Eric Schoettl :

  • rapatrier en France la jurisprudence pénale, en renégociant le traité de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, en renégociant les traités sur la Cour de Justice européenne.

Et pour finir une dernière plus ou moins de mon acabit :

  • revenir sur la réforme constitutionnelle qui a institué la question prioritaire de constitutionalité qui a abouti à donner à un Conseil constitutionnel non élu un droit de regard sur le travail des élus du peuple.

Un tel coktail pourrait enfin libérer l’institution judiciaire d’une accumulation de contraintes préjudiciable à la bonne application de la loi.

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16 août 2022 2 16 /08 /août /2022 10:47

Le pseudonyme est là pour vous protéger des calomniateurs, des maître-chanteurs, des fouille-merdes. Certains pensent n’en avoir pas besoin : leur vie est une eau claire qui n’offre aucune prise à la médisance ; les héros de la transparence ; les chevaliers de la vertu. D’autres l’utilisent dans des intentions délictuelles : ils veulent cacher des entreprises de déstabilisation, des complots, des manœuvres ; cache misérable qui ne résiste guère dans un monde numérisé. Enfin, des gens plus poétiques rêvent tout haut comme « le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie » qui veut concilier l’apparence et la réalité, l’amateur de puzzles où l’identité réelle n’est accessible qu’aux intimes, aux « happy few », l’angoissé qui ne comprend pas l’intérêt que pourrait présenter sa misérable personne.

 

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13 août 2022 6 13 /08 /août /2022 11:07

Passion pour l’adjectif, le préfixe, le suffixe dans le langage. Tous ces éléments qui ne devraient qu’ajouter un peu de sens et sont utilisés pour dramatiser.

La tempête est séculaire (on n’ose pas encore millénaire, mais cela viendra), la sécheresse est historique (faute de données l’observation ne tient pas compte de la préhistoire), l’épidémie est une pandémie (surtout ne pas parler de microdémie ou de maladie passagère), la guerre russo-ukrainienne est à la fois froide et de haute intensité (ce qui devrait être contradictoire), les incendies sont des mégafeux (alors qu’ils se sont raréfiés malgré la proliférations des incendiaires et des broussailles), etc…

Exagérations qui affadissent tous ces constats. Fioritures rococo qui habillent de grandiloquence des perroquets dénudés de toutes pensées.

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10 août 2022 3 10 /08 /août /2022 11:05

Relevée dans un article des Echos d’aujourd’hui cette merveilleuse expression de « fluidité des genres » encensée comme étant le nec plus ultra du progressisme. Dégringolade de la pensée, effondrement de la réflexion, fonte des valeurs, raspoutiza des principes, dégel confondant des fondations de la culture. J’imagine que les auteurs de cette expression hésitent entre le statut d’influenceur, de héraut du féminisme et autres sornettes LGBTXYZ, ou de pourfendeur de la réaction machiste, du conservatisme néo-tout ce que vous voulez, de l’arriération poutino-orbanesque.

Les Echos sombrent de plus en plus dans le conformisme wokiste.

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9 août 2022 2 09 /08 /août /2022 18:48

Dans le parler médiatique pédant, obscur, faussement scientifique, hypocritement altruiste, l’expression la plus insupportable est « le pronostic vital est engagé ». Ne plus parler d’agonie, de moribond, de mortellement blessé, ou toute autre expression qui puisse exprimer la vérité. Le journaliste, de par sa propension au mensonge veut édulcorer quand il ne dramatise pas ; de par sa cuistrerie il prétend utiliser des termes bizarres comme pronostic (on n’est pas au turf que diable) ou engagé (il ne s’agit ni de fiançailles, ni d’épousailles pour une vie, mais des derniers instants) ; sa veulerie le pousse à cacher la mort individuelle qui est un défi au bonheur de l’individu qu’il célèbre à satiété, alors qu’il batifole avec un plaisir insatiable dans les massacres de masse qui abreuvent d’hémoglobine les auditeurs-spectateurs supposés assoiffés. J’imagine la tronche desdits auditeurs-spectateurs si on leur parlait du pronostic engagé des combattants et habitants ukrainiens de tel ou tel village de la steppe du Dniepr, ou si on leur indiquait qu’une célébrité avait demandé que l’on appelle et un religieux et un notaire avant de passer l’arme à gauche. La beauté de la mort est devenue non celle de l’acceptation d’un sort inéluctable mais celle de sa défaite, du désengagement d’un pronostic vital mal parti.

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9 août 2022 2 09 /08 /août /2022 16:36

Il ne peut y avoir égalité, sinon en droits civiques, entre des êtres aussi différents. Ils sont complémentaires et c’est la beauté de la création. Les féministes qui luttent pour la parité devraient combattre pour la reconnaissance des talents.

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5 août 2022 5 05 /08 /août /2022 15:55

Emmanuel Faber, ancien dirigeant de Danone, recyclé dans l’ESG (un ensemble de normes pour faire plaisir aux investisseurs socialement responsables), a commis un article dans les Echos du 5 aout particulièrement imbuvable. Un concentré de novlangue pour chanter la mondialisation nécessaire de la lutte contre le changement climatique, le goubli-goubla du mélange de tous les sujets climat, alimentation, eau, pandémies, et surtout la piété devant les mots de résilience, de durabilité. Quelques exemples de ce langage à la limite entre pédantisme et clownerie : « dans les sphères politiques, académiques, et de l’impact, on débat de matérialité outside-in, ou inside-out … » ; « nous devons avoir l’agilité de prendre en compte ces évolutions (celles de la matérialité en matière de durabilité) avec l’idée de matérialité dynamique ». Dans ce charabia, le pédant veut nous convaincre qu’il va créer un nouveau langage comptable sur la base de concepts obscurs (la durabilité ? la faculté de survivre  …) , non définis (la sphère de l’impact ? les organisations non gouvernementales ou bien les actuers économiques …), voire franchement grotesques (l’outside-in ou l’inside-out ? des exercices érotiques …) ;  extravagante entrée en matière pour nous faire croire qu’il va codifier une information, inventer un langage normalisé.  Fatigant de lire dans une revue convenable un tel étalage d’insuffisance habité par la vanité de celui qui veut convaincre qu’il est sur terre pour la sauver et nous avec.

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27 juillet 2022 3 27 /07 /juillet /2022 11:26

Le dernier dada de France-Inter (et de quasiment tous les autres médias, il faut l’avouer) est le sport féminin. Déjà le sport masculin de compétition ne présente d’autre intérêt que celui d’un spectacle, plus ou moins réussi, présenté par des mercenaires drogués au fric, à la frime, shootés à toutes les substances illicites et à toutes les dérives sexuelles. Admettons que le show vaille la peine. Mais que dire du sport féminin, qui du fait de contraintes physiques indubitables est beaucoup moins spectaculaire. Cela n’empêche pas les commentateurs et les introuvables z’auditeurs de la radio de beugler qu’il faut l’imposer au nom d’un droit à  l’égalité : contrepartie d’un devoir à l’ennui du voyeur ? Et pour ne pas être en reste de conformisme, de wokisme, de réclamer que les femmes soient payées du même montant pour des prestations notoirement inférieures.

Les contradictions n’embarrassent pas les pourfendeurs du sexisme, les apologues de la déconstruction des genres : l’ode au virilisme des footballeuses, aux qualités guerrières des handballeuses,  à la fougue des cyclistes est chantée avec enthousiasme par des commentatrices qui n’en peuvent plus des qualités des vainqueuses (ou vainquerices), des talents des entraineuses (pas celles des bars bien entendu) ; en contrepoint elles entonnent la mélopée de la pauvre paye qu’elles recueillent, de la lutte qu’elles doivent mener pour embrasser une activité aussi peu reluisante. Et de conclure sur la nécessité de faire évoluer les esprits : rien de mieux qu’une bonne rééducation dans la grande tradition de tous les totalitarisme.

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