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9 février 2023 4 09 /02 /février /2023 21:39

Nous sommes avec l’Ukraine dans un dilemme difficile. Ou nous admettons un triomphe relatif de la Russie qui annexe la Crimée et le Donbass, voire les oblasts de Zaporijia et de Kherson ; ou lui est infligée un défaite totale avec son retour sur les frontières d’avant 2014. Dans les deux cas notre seul sujet, comme pour les américains d’ailleurs, n’est pas l’Ukraine dont les frontières n’intéressent pas grand monde, ni même son régime moins démocratique que soumis à des oligarques mais les relations entre Europe et Russie. Certains pensent qu’un triomphe de la Russie l’amènera à croquer après, une Moldavie et une Biélorussie qui ne font partie ni de l’Europe, ni de l’OTAN, voire à demander une neutralisation des pays baltes ou de la Finlande, tout cela dans une atmosphère de guerre froide ou chaude avec ses voisins européens. D’autres pensent qu’une défaite totale de la Russie pourrait conduire à une explosion de la fédération de Russie, analogue à celle de l’Union soviétique des années 1990, avec un règne de milices locales et de pouvoirs régionaux fantoches sous influence chinoise ou turque. Ces deux perspectives sont inquiétantes pour l’Europe et complètement contraires à ses espoirs de coprospérité et d’élargissement de sa sphère démocratique.

Je pense que le triomphe absolu de la Russie avec la réintégration de l’Ukraine dans l’orbite russe a été évité avec l’échec de l’opération spéciale de Poutine dans les premiers mois de 2022. Certes les armées ukrainiennes sont moins nombreuses que les armées russes ; mais dans un contexte de défense de son territoire un rapport de un à trois n’a rien de dirimant ; et le sous-équipement des russes n’est pas près d’être guéri, car il leur manque certaine technologies et ils subissent les contraintes de l’embargo des pays occidentaux.

Ce succès peut néanmoins ne pas durer car le rééquipement de la Russie va prendre du temps, mais finir par être réalisé par Poutine ou ses successeurs ; la mobilisation de l’Ukraine et le soutien technique des occidentaux ne peut pas se poursuivre sans une asphyxie d’un pays aux infrastructures très abimées, au régime encore kleptocratique et à l’identité fraiche et donc fragile.

 

Le but de guerre des occidentaux est que la guerre non seulement se termine mais ne renaisse pas dans un avenir proche.

 

Une première solution est d’intégrer l’Ukraine dans l’OTAN pour qu’elle bénéficie du bouclier américain. Encore faut-il que l’intérêt américain pour ce conflit somme toute secondaire pour eux, ne s’affaiblisse avec un renouveau et de l’isolationnisme et de la crainte de la montée en puissance de la Chine. Cette intégration militaire n’est donc pas probablement suffisante et doit être accompagnée par une intégration à l’Union Européenne. Mais celle-ci sera longue et finalement ne garantit pas grand-chose tant qu’il n’existe pas de force militaire européenne crédible.

 

Une autre solution est de considérer qu’il existe un monde slave qu’il faut associer à l’Europe. La Russie est de toute évidence dans une impasse : économiquement boiteuse, politiquement asphyxiée par manque de libertés, stratégiquement menacée par deux mondes prêts à la dépecer : la Chine d’aujourd’hui, le panturquisme de demain. L’impossibilité de conclure un accord à long terme avec un Poutine isolé au milieu de ses milices et ses services secrets, sans appuis avérés de son peuple est certaine. Mais il importe de traiter avec lui, non pour le plaisir de lui céder la Crimée, d’autonomiser le Donbass, mais pour avoir une aire de départ pour la phase suivante qui sera une Europe du Finistère à Vladivostock.

 

L’intérêt de l’Europe n’est pas de s’élargir en incorporant l’Ukraine. Le problème de la Biélorussie se posera alors tôt ou tard dans des termes analogues : élargir l’aire de la démocratie, élargir le glacis militaire face à une Russie militarisée et vindicative. Si vraiment une des idées force de l’Europe, est qu’elle est le symbole de la paix, il lui faut d’urgence le prouver. Il lui faut écarter le bellicisme, l’espèce d’ivresse du soulèvement des nations face aux empires, et trouver des solutions qui écartent ces tentations à court-terme pour viser tout de suite une option beaucoup plus ambitieuse, beaucoup plus large, l’incorporation de la Russie à l’Europe.

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6 février 2023 1 06 /02 /février /2023 18:17

Je suis fatigué des gens qui s'épanchent dans leur  recherche d'un travail qui a du sens, qui veulent épanouir leur(s) talent(s) évidents (pour eux d'abord), qui exigent de sauver tout et n'importe quoi (le monde, la planète, les autres). Derrière ce verbiage suinte un effroyable mépris pour ceux qui travaillent pour se nourrir, pour les travaux trop humbles  mais qui sont quand même nécessaires au fonctionnement de la société, pour les sans talents manifestes qui peuvent apporter un plus par leur gentillesse ou leur drôlerie, pour ceux qui ne se croient pas investis d'une mission qu'ils estiment trop grande pour eux. Le problème est trop souvent que les affichages prétentieux cachent mal le vide des boboïdes des centres villes et du télétravail, tandis que les sans-dents des périphéries s'énervent à être regardés comme des gens creux, oubliés de la "start-up nation".

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6 février 2023 1 06 /02 /février /2023 13:37

Un épisode que je voudrais  rappeler à propos de Hollande est un stage de fin de scolarité à l’ENA quand il dut participer aux travaux d’ un grand cabinet d’audit pour s’initier un peu aux chiffres avant de rejoindre la Cour des Comptes. Comme il le confia immédiatement à son tuteur il avait choisi la Cour des Comptes pour disposer d’un maximum de temps pour faire de la politique, alors un petit apprentissage comptable de l’intéressait pas et il demandait en quelque sorte à faire un stage « blanc » ; si, pourtant … une seule chose l’amusait, et il serait reconnaissant au directeur du cabinet d’audit de lui faire rencontrer un maximum de grands patrons du privé. Il lui fut répondu que le stage serait en réel et la fréquentation des bonnes tables pour festoyer avec le CAC40 une option non nécessaire.

Tout y est. L’arrogance, le cynisme, le mépris. La suite a confirmé, avec en prime l’incompétence : quelle inconscience de s’arroger le « niveau très bas du chômage actuel » quand celui atteint près de 6 millions de personnes et reste un des plus élevés d’Europe ; quel aveuglement de se vanter d’un mariage pour tous qui mélange l’absurdité et le mépris ; quelle prétention de se vanter d’accords de Minsk qu’il n’a jamais ni voulu ni tenté de mettre en application. Un farceur qui a fédéré le ressentiment des « sans dents », des « travailleurs », de la France des périphéries.

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28 janvier 2023 6 28 /01 /janvier /2023 15:51

Les flemmards et les égoïstes manifestent dans les rues, animés par des syndicats qui protègent d’abord les fonctionnaires et les salariés des entreprises privilégiées. Insensibles au poids des gens âgés avec la baisse de la fécondité et l’immigration de masse refusée avec l’obligation de sauvegarder des retraites minimales dans le futur ; insensibles à l’entrée dans le grand âge de populations qui ont besoin de soin et d’assistance et la nécessité de renforcer la solidarité entre générations ; se battant sur des sujets absurdes comme les longues carrières comme si le manque d’efforts pour faire des études devait valoir un surplus de solidarité.

Ils nous disent que le travail est fatiguant, ce qui est incontestable mais sans intérêt puisque le sujet est que le travail est nécessaire socialement. Ils nous prétendent que pour donner un sens à leur vie, il leur faut arriver à l’âge de la retraite, alors que le seul sens véritable de leur vie est d’être utile aux autres même en ramassant les ordures ou en balayant les surfaces. Ils nous font pleurer sur leurs petites retraites quand ils ont passé trop de temps à ne pas cotiser ; la solidarité n’est pas une béquille pour les paresseux.

 

Ce sont des cortèges de la honte qui obstruent nos boulevards. Ils réclament quand ils devraient se terrer pour cacher les petits avantages indus dont ils bénéficient dans une fonction publique obèse, inefficace et arrogante, dans des sociétés monopolistiques aux statuts et conventions collectives vermoulues. Ils représentent toute cette caste qui conduit le pays au déclin, arcboutés sur ce qu’ils ont, refusant d’étendre la solidarité à de nouveaux venus (les handicapés, les grands vieillards, les vrais exploités de l’économie 2.0) . Ils devraient susciter, lors de leur passage, un long cri de haine ou de mépris pour tant de petitesse et d’aveuglement.

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20 janvier 2023 5 20 /01 /janvier /2023 15:46

Moïsi dans ses analyses géopolitiques oublie systématiquement quelques points qui nuisent à leur pertinence. Son apologie de l’OTAN qu’il présente comme le dernier rempart crédible contre une Russie impérialiste, l’âme de la lutte des valeurs de la démocratie contre le totalitarisme doit être sérieusement nuancée.

La présence parmi les membres de l’OTAN d’un pays comme la Turquie rend difficile le mythe d’une alliance dévolue à la défense de valeurs : quand elle aide l’Ukraine, elle soutient en même temps les Azéris dans leur anéantissement de l’Arménie, dernière enclave dans une région panturque ; quand elle combat le régime d’Assad, elle participe aussi à l’écrasement des Kurdes tant à l’intérieur de ses frontières qu’en Syrie ; quant aux valeurs de la démocratie à l’intérieur même de ce pays, le moins que l’on puisse dire est qu’elles sont largement méprisées par le président Erdogan ; la seule réalité de cette inclusion de la Turquie dans l’OTAN est le cynisme des occidentaux qui oublient leurs grands principes pour les seules réalités de l’importance de la base aérienne d’Incirlik, et de la force de l’armée turque à la frontière du Proche-Orient, des Balkans et du Caucase.

Le double égoïsme américain et allemand transforme l’Alliance Atlantique en un outil qui ne vise pas principalement la défense de l’Europe contre tout agresseur potentiel, mais la création d’une zone tampon entre l’Union Européenne et la Russie sous un condominium américano-germanique. Depuis la chute de l’empire des soviets les Etats-Unis se sont acharnés à démanteler une puissance russe déjà rabougrie : élargissement de l’OTAN à des anciens membres du Pacte de Varsovie, refus de la réintégration de la Crimée à la Russie, éclatement de la Serbie ; cette politique paraît disproportionnée par rapport à l’importance de l’ennemi supposé, bien éloignée de son affrontement avec la puissance grandissante de la Chine maintenant et de l’Inde dans le futur, aux antipodes de tout son isolationnisme consubstantiel ; les rationalités peuvent être de plusieurs ordre : volonté de stimuler les capacités défensives de l’Europe en créant des abcès sur ses flancs, idée d’un dépècement complet de la puissance coloniale résiduelle de la Russie tant en Asie Centrale (au profit du panturquisme) qu’en Sibérie (dans le prolongement de l’Alaska), création d’un protectorat économique allemand sur une Europe de l’Est incluant l’Ukraine et la Biélorussie. Toutes ces idées peuvent convenir à l’Allemagne : elles les a déjà mis en pratique dans la vassalisation économique qu’elle a entrepris avec la Tchéquie, la Pologne ; une sorte de partage d’influence avec les turcs n’est pas pour lui déplaire, la Turquie lui servant déjà de réservoir d’une main d’œuvre qui lui fait défaut ; quant à sa renonciation aux délices de l’utilisation à bas prix des matières premières russes, elle peut imaginer que ce n’est que provisoire et qu’il sera possible d’en retrouver la disponibilité avec un pays vaincu.

Dans tout ce panorama la place des pays méditerranéens (péninsule Ibérique, France, Italie, Grèce) est secondaire, cantonnée aux relations avec le Maghreb, pour laisser la Turquie et la péninsule arabique s’occuper de la stabilisation d’un Proche Orient qui s’élargit jusqu’à la Lybie. L’OTAN n’est pas et n’a probablement jamais été en état de mort cérébrale, mais est le fer de lance d’un l’impérialisme américain totalement avoué, avec comme mercenaires au sein de l’Union Européenne le bon petit soldat allemand, dans l'indifférence des intérêts de la France et de ses voisins du sud.

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16 janvier 2023 1 16 /01 /janvier /2023 17:59

Oh Saint Macron, prend enfin de la hauteur, monte vite au ciel pour répandre tes bienfaits;

Rallie le paradis des business angels à Saint-Martin ou chez Mac-Kinsey

Pour mieux faire descendre sur terre le rêve de la société 2.0 et de l’homme augmenté.

Oh Zeus, Oh Jupiter, Oh l’Emmanuel parmi nous, rejoins les tes pareils … les Dieux.

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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 10:40

Les metteurs en scène en mal de génie s’acharnent à revisiter Shakespeare ou Verdi. Les cuisiniers oublieux des traditions revisitent les recettes les plus sympathiques pour les rendre au choix étiques ou caricaturées. Tout un monde de faussaires, d’escrocs de l’imaginaire, de petits artisans sans talents s’ingénient à revisiter tout notre univers culturel pour mieux vendre leur performance.

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6 janvier 2023 5 06 /01 /janvier /2023 14:53

Le maire de Pantin, en rajoutant un e au nom de sa ville, a-t-il pensé à ses collègues de Roubaix (Rou-baise), de Cherbourg (Chère bourge), de Périgueux (Péri gueuse), et tant d’autres malheureux obligés de renoncer à une telle novation. 

Ce Mair est un imbécil.

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27 décembre 2022 2 27 /12 /décembre /2022 11:47

Certes il possède une facilité d’élocution envoutante, je devine qu’il dispose d’une mémoire prodigieuse, de façon évidente il manifeste un attachement sincère aux individus. Mais ces qualités camouflent mal une incompréhension hallucinante des situations sociales et des problèmes économiques, et une procrastination proche de l’imbécillité devant les évènements.

Il est Gamelin ou Bazaine démissionnaires devant les allemands. Je me souviens que ce dernier, à juste titre avait été condamné à mort, et qu’on a injustement oublié d’appliquer cette juste sanction à l’autre arrogant et incompétent chef des armées.

Il est Necker ou Calonne dans la gestion de la dette. Ne pas oublier qu’ils finirent dans le mépris et l’obscurité de refuges à l'étranger pour avoir promis réformes et assainissement avec le succès que l’on sait.

Il est Charles le Simple avec Haganon ou Marie de Médicis avec Concini. Toujours garder en tête que le choix des entourages est primordial pour qui entend diriger la France; et le roi a subi la prison à perpétuité  et la reine l’exil jusqu’à sa mort.

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27 décembre 2022 2 27 /12 /décembre /2022 11:46

Dans un coin de la forêt d’Ardenne Sureau préside à l’enterrement de Blaise Cendrars dans un galimatias difficilement compréhensible. Il le couvre d’un déluge de « name dropping », lui qui haïssait la notoriété. Il immobilise dans une clairière à proximité des défaites de Sedan l’inconsolable guerrier. Il le dépouille de sa poèsie au prétexte d’une vague romance avec une héritière écervelée. Il fait prisonnier le voyageur impénitent de phantasmes qui nous indiffèrent.

« Un an dans la forêt » était le premier récit que je lisais de Sureau. Curieux cette avalanche de compliments à ce qui ressemble au mieux à une imposture.

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