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s'agace

Manifestation de déplaisir extrême d'un courtisan, lorsque lui est rapportée une critique contre son maître. Il ne se met pas en colère, car il est maître de ses nerfs, il ne rétorque pas car les propos qui lui sont rapportés sont indignes, il montre simplement son mépris des mots proférés et de leurs auteurs.

 

Ainés et anciens

Parler d'aînés ou d'anciens relève de la prétention culturelle à vouloir rhabiller de dignes vieux et viellards de falbalas tirés de cultures primitives ou éteintes. Des mots qui cachent mal la hantise de la décrépitude de ceux qui les utilisent : il leur semble préférable d'affubler de termes hors d'âge ceux qui ont perdu leur jeunesse.

 

alerte orange

J'ouvre le parapluie et proclame une alerte orange parce qu'il va neiger,venter, geler, parce que des menaces d'attentats se profilent, parce que les routes vont être bloquées par des départs en vacances, parce que la sécheresse ronge frénétiqement des nappes d'eau, parce que d'obscurs virus et d'infernales bactéries veulent nous envoyer ad patres. 

J'aimerais fermer le parapluie et proclamer une alerte verte interdisant à tous les Cassandre de nous emmerder avec leurs prédictions.

 

Aligot

Quand un hôtelier demandait à un pélerin de Saint Jacques qui arrivait exténué et affamé ce qu'il voulait pour diner, le marcheur lui répondait "aliquid" (n'importe quoi). Ethymologie parfaitement exacte.

 

Aumusse

Capuchon avec pélerine courte. Exemple : la caillera, pour ne pas être reconnue des keufs,  rabattit le capuchon de son aumusse avant de fracasser la vitrine du commerçant pour chouraver un ipad.

 

Austérité

Dans notre monde joyeux, dans notre culture hédoniste, un mot qui fait peur. Il sent la sueur, l'effort de celui qui travaille. Dans le délire de l'égalitarisme, tout le monde craint qu'il ne s'applique pas à son voisin : le désir de justice sociale s'impose au prix même du malheur de tous. 

 

    avantage acquis

Expression lourdaude qui a remplacé l'élégant privilège.

 

Bigre

Forme atténuée de bougre. Il est plus séant de dire « je n’ai rien à fiche de ce bigre de N…  » que « je n’ai rien à foutre de ce bougre de N… »

 

Calame

Roseau taillé en pointe pour écrire. Lointain prédécesseur de notre traitement de texte. A tant de simplicité a succédé tant de complexité : la culture y a-t-elle gagné grand-chose ?

 

Caveçon

Demi-cercle de fer que l’on met sur le nez des jeunes chevaux pour les dompter. Exemple : on ne sait à qui donner un coup de caveçon, parmi tous ces hommes politiques qui sont plutôt des chevaux de retour, voire de réforme.

 

Cellule et chagrin

Catastrophe : cellule de crise. Tout le monde en constitue dès que l'on sent le sujet apte à attirer l'attention des médias.

Nombreux décès : cellule d'appui psychologique. Il est nécessaire qu'il y ait un nombre minimum de morts ; pas d'appui, pas de psychologues pour les isolés du malheur.

Autour de ces deux principales cellules, en prolifèrent d'autres, tout autant superfétatoires,tout autant peuplées de communiquants, tout autant infestées de spécialistes du chagrin des hommes.

 

Changement climatique   

Les rivières débordent et le froid nous engourdit : c'est le changement climatique ! La sécheresse menace et la chaleur tue les vieux : c'est le changement climatique ! La météorologie est-elle une science ou la religion du tiédasse ?

 

Clan

Cellule de famille, d'amis, de parasites, de gigolos ou de poufiasses, de voleurs et de salariés entourant les grands du monde du spectacle. Les membres du clan sont enclins à la vénération totémique. 

 

Clive

Aucun rapport avec l'anglais victorieux pourfendeur de nababs, peu de points communs avec la fente d'un diamant ; un argument qui clive consiste à tenter d'écraser son adversaire avec une idée si contraire, si précieuse, si rare, qu'il ne saurait la trouver. 

 

Combat

Démodé d'affronter un ennemi personne physique; voire à la limite de la sauvagerie. Très bien porté de livrer un combat contre des entités abstraites comme la maladie, le handicap, la finance, le libéralisme, le capitalisme,  le mépris, la haine.

Le prestige du soldat remplacé par celui de l'utopiste.

 

Compassion

Compassion qui dégouline : dans la fureur d’être meilleur que les autres, ruée des bienfaisants pour promettre des dons ; gloire des personnalités du spectacle, de chanter, danser, jouer gratuitement, sans aucun souci de relancer leur carrière ; présence emplie de componction d’une batterie d’hommes politiques  pour partager la peine de familles endeuillées, en supportant quand même de la cohorte gênante des paparazzis ; toutes les occasions sont bonnes pour exprimer sa peine, partager avec les « autres », manifester hautement son « humanisme », geindre avec dignité. La compassion est le miel dont se nourrissent les essaims des tartuffes.

 

     conflit d'intérêt

Tension perpétuelle qui fait le sel de notre vie quotidienne : je préfère ce joli minois, ou cet esprit ironique, j'incline à partir en Grèce ou irai-je plutôt à Maubeuge; la tension n'est résolue qu'après analyse des avantages et inconvénients de chaque alternative. Mais l'homme politique ne doit plus se comporter en être humain : il ne doit pas être pris dans un conflit d'intérêt ; il ne doit plus peser le pour et le contre ?

Quel mauvais terme pour parler de morale individuelle.

 

Contrefil 

A rebours. Exemple : dans la culture égyptienne de l’antiquité, l’Euphrate coulait à contrefil, c’est-à-dire du nord vers le sud, alors que la règle,  pour un fleuve civilisé,

 était de s’écouler du sud vers le nord, comme le Nil.

 

Déficient de la vue

N'y voit goutte, mais des larmes de compassion l'inondent pour lui éviter la rebuffade d'être traité d'aveugle. Je trouve lamentable ce terme de déficient qui stigmatise ces pauvres gens;  il faut positiver en les qualifiant  ; pourquoi ne pas les traiter de tripoteurs, de tactilomanes, de rois des quatre sens ?

 

Démocratie

Je préfère la démocratie à la république. «la démocratie est le pire des régimes , à l’exception de tous les autres« disait Churchill ; elle a ce côté imprécis, inachevé, qui plaît à l’ennemi des idéologues. La République vous assassine avec ses certitudes, son histoire (rarement glorieuse en France, parfois sinistre lorsqu’on la pare des qualificatifs de « socialiste, soviétique », parfois d’opérette lorsqu’il semble nécessaire de préciser « démocratique »).  La démocratie est souple et reposante : elle accepte de côtoyer un roi, un président ;  elle implique des libertés dites à juste titre « démocratiques. La république est rigide et fatigante : les slogans, les rappels à l’ordre, les injonctions sont sa manne.

 

  Dérapages 

Propos qui heurtent les oreilles des grandes âmes ; ils ont été généralement soutirés par effraction. Le vol des mots est véniel, mais les mots tuent, nous bassinent les beaux esprits.

 

Discrimination

acte de notre intelligence consistant à analyser des éléments qui lui sont présentés. Faire le tri entre le beau et le laid, le bien et le mal, le grand et le petit, le gras et le maigre, le savoureux et l'immangeable, le salé et le sucré, le sacré et le profane, l'admissible et l'insupportable, le juste et l'injuste, le masculin et le féminin. Outil qui permet à chacun d'ordonner le monde tel qu'il le ressent, avec les facultés dont il dispose, et qui permet donc de sortir d'un chaos dominé par l'instinct, ou de constructions érigées par autrui. Mot honni au prétexte qu'il conduirait au racisme, au délit de faciès, à la non acceptation de l'autre, à la xénophobie :  on ne voit pas que la constatation d'un état de fait, même entièrement subjective, même manquant de base voire erronée,  soit  nocive; voir, écouter, sentir, toucher, goûter  en utilisant toutes les ressources de notre culture et de nos capacités de compréhension est le propre de l'existence humaine.

Oui mais l'adage dit que "l'habit ne fait pas le moine" et qu'il faut se méfier de la discrimination que nos sens nous suggère. Il faut avouer que l'adage est faux : l'habit fait souvent le moine, et heureusement, car s'il nous fallait douter en permanence de ce que nous présente nos sens, avec la correction de notre intelligence, nous n'aurions plus qu'à tous aller vivre en ermite avec l'espoir de n'avoir jamais à penser quoi que ce soit des autres.

 

Egalité

L'égalité devant la loi, entendue comme l'abolition de tout privilège lié à la naissance est mise à mal avec les lois qui prescrivent des peines en fonction d'une origine ou d'un sexe.

L'égalité politique, entendue comme le droit d'élire et le droit d'éligibilité attribué à tous les citoyens majeurs, est mise à mal avec  l'idée que des droits de votes à des élections locales puissent être attachés à l'idée de résidence fiscale.

L'égalité sociale qui implique l'abolition de l'héritage, le droit à l'emploi, l'impôt progressif, est une idée révolutionnaire portée en particulier par Robespierre, reprise par les communistes, et  appliquée sans consistance par les gouvernements occidentaux  ils taxent les héritages sans les supprimer, ils remplacent le droit au travail par un droit à la solidarité (retraite, chômage, allocations), ils appliquent avec enthousiasme la progressivité de l'impôt.

A ces divers types d'égalité plus ou moins travestis, ou abimés, le libertaire veut en ajouter une qui abolirait les différences physiques, intellectuelles, caractérielles. L'inaptitude physique ou intellectuelle ou caractérielle doivent être gommées au nom de deux principes :

- celui de la liberté de chacun de faire ce qu'il veut en dépit de ses déficiences; l'idée que les talents de chacun ne sont que des privilèges de la naissance ou de l'éducation; que les déficiences physiques, les lacunes intellectuelles, les déviances ne doivent a contrario pas être prises en compte par quiconque dans ses souhaits de vie;

- celui de la compassion des autres qui doivent exprimer de l'admiration pour celui qui nie son handicap physique, intellectuel ou caractériel; qui doivent aider un individu à s'exprimer là où il n'a pas de capacités au lieu de l'aider à se développer là où il a des talents.

C'est cette dérive libertaire qui a commencé à fausser le principe essentiel de l'égalité devant la loi en y introduisant des notions de sexe ou de race (quotas, peines aggravées); c'est elle qui voudrait attenter à l'égalité politique en répudiant la notion de citoyenneté au profit de celle de résidence ; c'est elle qui au nom d'un relativisme généralisé veut maintenant nier la réalité du couple sexué, de la famille par le sang : il n'existe pas de loi naturelle, le chaos de la nature n'est organisé que par le désir individuel.

 

    entourage

Terme anodin pour la bande de courtisans qui entourent président et autres ministres. L'entourage a l'art de répandre le faux, l'approximatif, pour tester les réactions du bon peuple ou des médias. L'entourage sait aussi distiller un fiel que l'entouré n'ose répandre. L'entourage est la version moderne de la cour, du sérail, de la cité interdite.

 

Flemme 

Terme non toléré dans nos organisations qui portent au pinacle l'hyperactivité, les horaires surchargés, l'agenda débordé. Le bourreau de travail, malheureusement, dans son acharnement à trop en faire, tourne au massacreur du boulot.

 

    Google

Je me souviens de la première fois qu'une informaticienne m'a dit : "Mais installez-donc Google sur votre ordinateur, vous verrez c'est incroyable"; drôle de mot ai-je pensé. Viendrait de gogol expression mathématique de 10 puissance 100. Aurait donc à voir avec l'abréviation de mongole, atteint de trisomie 21, ou plus communément à la comprenette difficile. Incroyable de penser qu'un des outils de recherche les plus puissants au monde trouve son origine dans la constatation de l'impuissance intellectuelle.

 

Mademoiselle

Appellation qui irrite certaines : ont-elles peur qu'on les croie vierges ?  

 

Episode neigeux

Il ne neige plus. Un épisode neigeux est en cours.

 Le côté série télévisé y devient plus marqué : on attend la suite, le prochain épisode ; que va-il arriver, la neige survivra-t-elle ? sera-t-elle dispersée par des avalanches de sel et de gravier ? ou passera-t-elle à l’offensive accumulant les congères sur les routes, cassant les lignes électriques de son simple poids ? ou encore fera-t-elle appel à son éternelle et redoutable complice, le verglas ?

Le ton y gagne en pontification : l’épisode s’enfle dans la bouche du présentateur, se transforme en redoutable phénomène bien éloigné des malheureux flocons qui virevoltent ici et là.

La météo y gagne en sagesse : l’épisode est une histoire qui plonge ses racines dans les homériques batailles des dépressions et des anticyclones, ce n’est plus un banal caprice de quelques nuages qui passent au-dessus de nos têtes.

Ah que nous avons de la chance de vivre dans une époque si propice au progrès des sciences et de leur expression !

 

Espérance de vie

L’espérance de vie, expression bizarre qui sert à camoufler un troc indigne : pour le prix de plus de travail on vous enfermera plus longtemps dans des mouroirs. Il serait plus juste de parler d'une obligation de vie.

 

Famille recomposée

Recomposée, une famille recomposée, quel terme laborieux pour cacher de grands malheurs; il faut camoufler sous des horipeaux le tragique échec de deux couples : les parents recomposent une nouvelle famille, comme s'ils remettaient à jour une partition un peu ratée, comme s'ils restauraient une peinture un peu baclée. Celà fait presque moderne, au goût du jour, voire châleureux, ce mélange de frères et soeurs utérins, consanguins, voire , à force de recomposition, sans aucun liens de sang. Beaucoup de salive pour câcher que l'on ne fait que parler d'une famille décomposée.

 

Faire bouger les lignes

Lorsque la pêche n'est pas bonne et que le menu fretin des électeurs s'obstine à ne pas mordre à l'hameçon de vos promesses, vous avez le devoir (l'obligation?) de bouger vos lignes pour tenter ailleurs, avec d'autres appâts de mettre dans vos paniers ceux qui voudront ben gober vos nouvelles friandises.

 

Fief

Morceau de territoire approprié par un ambitieux. Toute personne qui tente de s'y introduire est un parachuté. On se croirait dans unscénario du type des Visiteurs avec le comique de l'intrusion du monde moderne dans un moyen-âge de fantaisie.

 

Générique

Médicament conçu par des esprits pervers pour que les effets des molécules ne puissent plus développer leurs influences bénéfiques sur Madame Michu. 

 

Google

Je me souviens de la première fois qu'une informaticienne m'a dit : "Mais installez-donc Google sur votre ordinateur, vous verrez c'est incroyable"; drôle de mot ai-je pensé.  Viendrait de gogol expression mathématique de 10 puissance 100. Aurait donc à voir avec l'abréviation de mongole, atteint de trisomie 21, ou plus communément à la comprenette difficile.  Incroyable de penser qu'un des outils de recherche les plus puissants au monde trouve son origine dans la constatation de l'impuissance intellectuelle.

 

Célébration de lhomosexualité 

    L'homosexualité est passée, en très peu de temps de la réprobation à la célébration (en mairie et dans les médias). Le tabou a été levé. Tant mieux pour les homosexuels, leur épanouissement, leur liberté de vivre sans discrimination.

Mais rien ne me paraît justifier que l'on promulgue des lois les concernant, au nom de l'amour qu'ils se portent : la loi n'est pas faite pour consacrer l'amour, de quelque nature qu'il soit, elle est nécessaire pour tenter d'établir un ordre là où règnerait le désordre, elle est nécessaire pour tenter d'identifier des objets juridiques le plus clairs possibles et les raisonnements. Changer le sens des mots est une atteinte pour ceux qui les ont glorifié, révéré, et François Hollande l'a justement rappelé à propos des mots "résistance" ou "collaborateurs" . Changer, par la loi, le sens du mot mariage, le travestir, le ridiculiser, le rendre approximatif est introduire le désodre.

Rien, non plus ne me semble justifier l'indécence : la gay pride ou les étalages amoureux en pleine rue ne contribuent en rien à la bonne santé d'une société. Ce type de manifestations a, certes, toujours existé : les bacchanales, les fêtes des fous et bien d'autres séances de défoulement collectif datent de la nuit des temps; mais elles ont toujours été considérées pour ce qu'elles étaient, une soupape, un rite d'expression de penchants inavoués; l'indécence n'est que de la passion (ressentie ou exhibitionniste), ce n'est pas de la raison.

 

honnêtes gens   

Locution absolument incasable de nos jours dans une conversation ; serait-ce que l’espèce en a disparu, ou plutôt que la honte d’exister dans un monde aussi frelaté les a conduit dans la clandestinité ?

 

Inapproprié

Mot culte des délateurs : " ce monsieur, cette dame, on tenu des propos inappropriés, ont eu des comportements inappropriés"; il leur paraît urgentissime d'apporter leur témoignage sur le web, les ondes, à une instance qui leur garantit la confidentialité, de montrer leur dégoût de pratiques répréhensibles, de fustiger l'auteur, de réclamer des sanctions; héritiers du puritanisme, ils ont vocation à redresser ces fautes mineures au nom de principes majeurs.

 

Inoubliable

J’ai horreur des pompeuses « journées de …  » ,  vitrines de groupes de pression , moments d’autocongratulation d’anciens combattants.

Je hais les  « patrimoines mondiaux de l’humanité », gobe-mouches listés par des fonctionnaires hors-sol .

Je frémis devant les « moments, dates, heures historiques », qui sanctifient je ne sais combien de faits divers.

Je me méfie de ces « grandes dames » ou « grand monsieur » dont on baptise le dernier pipole en cours dans les médias.

Je m’interroge devant tant de « lieux, pôles,  d’excellence » qui parsèment des banlieues sinistres tentant de sortir d’un anonymat mérité.

Je fuis ces œuvres extraordinaires « qui ont marqué notre siècle » avant d’encombrer les réserves des musées, ou les aires de stockage des distributeurs.

Partout cette grandiloquence. Partout cet encombrement de gens, de lieux, de dates, d’objets inoubliables.

 

Jacobins

Certains hauts fonctionnaires croient malins de proclamer qu’ils sont jacobins.  Filiation nauséabonde avec un club révolutionnaire qui a fait sa gloire de la délation, de la centralisation à outrance, de la guerre. Comment peut-on vouloir s’inscrire dans le droit fil de ces représentants du peuple en province (les grands jacobins que furent Carrier, Fouché ou Saint-Just) qui ont fusillé, égorgé, noyé pour faire triompher le centralisme parisien ; références à faire frissonner  pour ces auto-disants  grands serviteurs de l’état.

 

  Laïve

Nous allons l'entendre en laïve. Qui ? L'ectoplasme qui mange son micro en nous serinant l'insipide chansonnette "française" ressassée depuis Trenet et Brassens mélangés dans des proportions diverses. Qui ? La clone de Madona qui se roule par terre dans des positions orgasmiques pendant que son choeur d'étalons vocifère des onomatopées incompréhensibles. Qui ? le rappeur, la rock star, le je ne sais qui balbutiant je ne sais quoi  dans la pétarade d'une sono à deux temps. A croire que ce mot d'importation est réservé à de soit-disant artistes que l'on préférerait morts que vivants.

 

Mal entendant

Sourd comme un pot était parlant. Peut-être légèrement irrespectueux, quoiqu'un objet de céramique nous exprime avec éloquence l'ancienneté de l'habileté humaine. Mal entendant est bizarre, espèce d'entre deux qui implique que le sujet peut saisir quelque chose par son ouïe, mais qui explique que l'interlocuteur ne sera jamais sur d'avoir été compris. L'expression fait partie de cette litanie inventée par des "gentils" qui, sous prétexte de ne pas faire de peine, préfèrent camoufler la vérité : les "gentils" sont des menteurs par omission.

 

Modération

Je ne sais plus qui se moquait en disant que s'il fallait être modéré il fallait l'être avec modération. Un Talleyrand taré, opportuniste et péremptoire soutenait lui que tout ce qui est exagéré est insignifiant.

La modération n'est une vertu que dans la bouche de ceux qui faute d'oser, essaient de discréditer de plus téméraires. Elle est un vice chez ceux qui pour durer, ont une passion pour un équilibre fait de compromissions, de changements de pieds, de trahisons.

La véritable modération n'est pas le barycentre des opinions, la médiane de tous ceux qui s'expriment,  mais, au contraire, une distance prise avec toutes les expressions pour mieux savoir ce que l'on préfère penser. 

 

Mots d'origine arabe

On ne dit plus souk mais kermesse :  qu’est ce que c’est que cette kermesse !

On ne dit plus smala mais gynécée :  il nous envahit  avec tout son gynécée !

On ne dit plus bled mais patelin : il sort de quel patelin ?

On ne dit plus gourbi mais masure : ce logement est une masure !

Un certain nombre de mots, d’origine arabe, sont considérés depuis peu comme à connotation raciste dès qu’ils sont employés. Pourquoi, à titre de précaution, ne pas élargir  spectre :

Ne plus dire amiral mais responsable maritime : responsable maritime nous voilà !

Ne plus dire zéro mais nul : nul fois nul a toujours fait nul.

Ne plus dire toubib mais médicastre : t’as vu le médicastre ?

Ne plus dire caban mais capote : tu n’as pas oublié de mettre ta capote ?

 

 

Nationalisme

Chauvinisme : bien toléré ; on défend son équipe de football ; on insulte ses adversaires (ou ses coéquipiers); on foule au pied toute morale, si la victoire est là.

Nationalisme : mal toléré ; la défense de sa nation, de sa culture sont significatives de racisme mal (ou pas) refoulé, d’ethnocentrisme rétrograde.

 

Neutralité

Obligation imposée par ceux qui veulent garder un monopole de parole à ceux qu'ils n'ont pas envie d'écouter 

 

Némoral

Qui habite ou croit dans les forêts. Exemples : la vocation némorale des écologistes s’affirme dans leur lutte pour l’extension du domaine forestier ;  nous venons de profiter d’ un week- end némoral : nous avons passé tout notre temps à camper et à nous promener dans les bois de N….

 

Nourriture Halal ou casher

Arnaque de rabbins ou d'imams consistant à monayer à des prix outrageux leur bénédiction des nourritures permises par le Livre.

 

    paradis

Depuis qu'il est affublé de l'épithète "fiscal" n'est plus reconnu comme le refuge des saints et des honnêtes gens qui semblent désormais lui préférer l'enfer où règnent les droits de l'homme. Le règne de Satan est enfin proclamé.

 

Personne à Mobilité Réduite

Etre casanier, ennemi inlassable des tribulations touristiques objets de convoitise inlassable de certains de nos contemporains, oublié des voyages d'affaires qui nous emmènent d'hôtels de luxe en aéroports futuristes dans les pays les plus improbables ? Non : qualificatifs dont des employés, soucieux de maximiser leur hypocrisie, affublent les handicapés physiques.

 

Primaires

Qualificatif bien choisi d'élections au ras des paquerettes. L'idée louable de choisir un candidat qui incarnerait le mieux un programme préalablement choisi, s'est transmuée en la promotion de la  personne la plus apte à jouer au caméléon idéologique. L'idée normale de restreindre le corps électoral à ceux qui adhéreraient à un programme s'est volatilisée en une déifnition d'un ensemble flou de gens qui proclament leur foi en des "valeurs de gauche" méli-mélo de quelques préceptes chrétiens et de quelques proudhonismes sortis de la naphtaline.    

 

Le pilulier

Instrument de prolongation d’une vie hébétée de nos vieillards.

Réceptacle dans lequel s’amalgament le scientisme des gériatres ,  la compassionite des aides médicales et l’achat de sa bonne conscience des familles.

Dans le scintillement des pilules, gélules, et autres produits ridicules, il propose le mirage d’une longue vie aux bouches édentées, aux yeux chassieux, aux oreilles bouchées.  Il et devenu la patène de l’éternelle sénescence .

 

 

Porteur de valise

L'histoire d'une expression qui naquit d'une trahison transmuée en héroïsme par des germano-pratins et qui est devenue le symbole de la corruption de nos politiques par des potentats africains. D'un plomb vil on a voulu faire de l'or et celà devient de la boue.

 

Première dame

Dénomination d'importation dont des pétasses (et leurs homologues masculins) qui croient faire chic affublent la femme du Président de la République. A quand la deuxième dame pour l'épouse du président du sénat, ou la troisième dame pour celle du premier ministre ? 

 

Questionnement au niveau du vécu

Un questionnement  doit avoir, j’imagine,  plus de force qu’une question ou une interrogation ; mais Dieu que le terme est pesant, emphatique ; il ne donne pas envie de persévérer et de chercher des réponses.

Et si ce questionnement  interpelle, quelle joie, et si de plus au niveau du vécu, quel orgasme ! Malheureusement ne m’interpellent que des agents en quête de quelques contraventions qui ne soucient guère de me plonger dans un quelconque nirvana.

 

Réclame moderne

Le buzz : saturation par la parole d'un évènement insignifiant.

Le marketing viral : rumeur permettant d'économiser sur son budget de publicité.

Twitter : outil de propagation ânonnant des concepts sommaires énoncés ci-dessus. 

 

République

Dans notre conviviale vie démocratique française il semble interdit, entre autres foultitudes de sujets, d’émettre des doutes sur la République. Il est obligatoire de se déclarer républicain et d’honorer 1789. Si vous déviez, votre parole est immédiatement dévalorisée, au mieux vous êtes catalogué comme un type d’extrême-droite qui rêve nostalgiquement d’une restauration du régime de Vichy, au pire vous êtes un tenant d’un régime féodal avec ses privilèges, égaré dans le monde moderne. Et pourtant comment être fier de cette révolution de 1789 qui a précipité la France du rang de la nation la plus prospère du monde en un modèle souffreteux qui a tenté d’opprimer l’Europe au prétexte de ses idées. Comment admirer cette troisième république qui a sombré dans la grande guerre contre l’impérialisme et la folie allemande, et a donné naissance avec la complicité de l’immense majorité des élus au sinistre régime de l’Etat Français. Comment ne pas mépriser cette quatrième république qui a réussi à se débarrasser des deux seuls hommes, de Gaulle et Mendes, qui pouvaient la sortir de la fange. Comment ne pas s’interroger sur le régime mis en place par de Gaulle, puis par Pompidou, qui s’est dissous en une coalition entre les intérêts des partis et ceux d’une fonction publique éléphantesque. Pourquoi ces incantations à des philosophes des lumières à l’inactualité pesante, à cette déclaration des droits de l’homme qui n’est qu’une ressucée appauvrie de l’Evangile, à cette devise absurde « liberté, égalité, fraternité », formule de Robespierre (c’est déjà tout dire) et des terroristes de la commune de Paris, reprise par le communiste Louis Blanc en 1848, et enfin adoptée par les opportunistes (c’est leur nom, je n’y peux rien) qui dominaient la IIIème république en 1880. Pourquoi cette révérence à des faux demi-dieux tels que Jules Ferry, l’apôtre de la colonisation, Jean Jaurès, l’orateur qui n’a jamais gouverné, François Mitterrand, l’affairiste de gôche. Pourquoi cette idolâtrie envers la laïcité « à la française », accompagnée de son discours nostalgique sur les instituteurs, hussards noirs de ladite République : curieuse référence à des reitres hongrois qui ont fait régner la terreur dans leur pays à la Renaissance. Rien de tout cela ne serait très grave, s’il ne relevait que de quelques mythes traînant dans des livres ou dans des discours. Mais le problème est qu’il s’agit de leitmotivs qu’ il semble interdit de récuser, critiquer ; ils sont dit-on notre culture, notre mythe national, le symbole de l’exception française, le phare de l’influence de notre pays sur le monde. Cette république est surtout le mot de passe entre politiciens soucieux de partager le pouvoir entre eux ; la république n’est ni de droite, ni de gauche, elle est l’expression de la prise en main du pays par les opportunistes qui préfèrent gérer notre pays entre leurs cercles (baptisés partis) et leurs complices (baptisés fonction publique) ; la république est une ochlocratie tempérée par le copinage.

 

Ressuyer

Veut dire sécher. Exemple : le candidat ressuie ses larmes pour tenter de faire bonne figure malgré sa défaite.   

 

Séquence

Dans notre monde adepte de la multifonction, la multipolarisation, du partage des tâches, des mémoires, surgit une anomalie dans le langage des médias de la politique : la séquence qui entend une succession linéaire d'évènements, d'occurences. Comme nous le disent nos présentateurs : "nous entrons maintenant dans une nouvelle séquence", "les états-majors sont pour l'instant dans la séquence de...", "à la séquence actuelle, succédera (peut-être, surement, obligatoirement), la séquence de...". Etonnant, ce refus soudain de la dispersion, cette passion pour la concentration : ça leur ressemble si peu.

 

    sexe turgescent

Dans la bouches des femmes émancipées quasi exclusivement : donne la mesure de leur liberté de moeurs, tout en gardant un côté universitaire.

 

Société civile

« C’est un membre de la société civile ». Extraordinaire expression qui indique clairement que les politiques se considèrent comme une sorte de club d’anciens combattants, de clan militaro-quelque chose, de clique de fanfare militaire, de classe belliqueuse ; ils ont combattu dans les mêmes travées, ils sont solidaires, ils chantent la même chanson, ils doivent attaquer et se défendre. Et accueillir quelqu’un en dehors de ce cercle est une sorte d’aumône à ceux qui ont l’outrecuidance de faire de la politique sans s’être présentés à une élection, sans avoir milité dans un parti. Le civil (le pékin) n’a pas été adoubé par le suffrage universel,  n’a pas collé les affiches ou fait les marchés ; il n’a pas fait ses classes ; il n’est pas légitime parce qu’il n’a pas été légitimé par ses pairs. L’expression est symbolique du système de cooptation qui  règne dans le monde politique : l’exception confirme la règle.

 

Socialisme

Socialisme, socialiste,  des mots qui existent encore. Et pourtant ils caractérisèrent les deux plus grandes horreurs du XXème siècle, une fois associé à national, une autre fois à soviétique. Des mots que beaucoup célèbrent haut et fort. Pourquoi tant de honte a-t-elle été lavée, alors que d’autres finissent dans un opprobre mérité comme colonialisme, fascisme.

Comment ont-ils fait pour se libérer de leur épouvantable histoire ?   

 

      solaire

De nos jours ni Ra, ni Aton, mais le premier chanteur venu, dont on ne sait quoi dire; plutôt féminin d'ailleurs; ne s'applique ni aux bimbos trop bronzées, ni aux bobos trop intellos, ni aux moches, ni aux méchantes, ni aux musiciennes, ni aux poètes, mais vraiment à tous et toutes celles celles qu'il faut admirer deux secondes, et que l'on espère avoir oubliées très vite. Compliment très commode pour le journaliste, très inquiétant pour le ou la concernée.

 

  source

A dérivé de son sens originel d'eau claire abreuvant les assoiffés. Est devenu le marais fangeux des délateurs où puisent journalistes en quête de sccops.

 

Source autorisée

De source autorisée, quelle expression charmante, bucolique presque : de lèvres augustes tombent comme une eau rafraichissante  nouvelles, confidences, projets, qui vont désaltérer nos esprits assoiffés. Une idole cachée nous lâche les quelques mots qui apaiseront nos âmes inquiètes devant les dérives de la politique. Moins tonique est la source proche qui garde néanmoins un caractère agreste plus familier : quelques naïades murmurant à nos oreilles un chant de consolation de nos inquiétudes civiques. Vient ensuite le milieu bien informé qui sent moins bon : qui est donc ce milieu ? Est-il bien naturel et non composé de ruffians ; informé par qui, pour quoi ? n’aurait-il pas écouté aux portes, ou pire été l’outil d’une manipulation.  L’écoute vacille devant ses confidences.

 

Stigmatiser

 

Stigmatiser remplace, dans les mondes associatifs et politiques, le mot discernement. Il porte en lui le signe de la haine de ceux qui ont crucifié le Christ et flétrit non pas le stigmatisé mais le stigmatiseur, non pas la victime mais le bourreau. Son usage s'est maintenant généralisé pour crucifier, littéralement, ceux qui critiquent :  dites vous un mot dénué de haine sur telle ou telle population, vous la livrez à l'opprobe; usez vous d'un qualificatif sur une catégorie de gens, vous êtes raciste. Il ne devient possible de commenter sur des personnes présentant des qualités physiques ou culturelles communes que dans des limites qui ressortent de lois non écrites :

-  vous pouvez dire tout le bien que vous voudrez des handicapés de toutes sorte, n'allez pas proférer de jugements sur ce que vous pensez des exhibitions des jeux paralympiques;

- vous pouvez dire tout ce que vous voudrez des catholiques, les insulter fait partir du terreau républicain, mais n'allez pas critiquer l'Islam sans vous faire taxer d'islamophobie;

- tout le monde peut se répandre en louanges sur les GLBT (gay, lesbiennes, bis, transsexuels), leur façon d'élever des enfants et de vivre l'amour en famille; indécent de dauber sur leurs dépravations, leurs errances sexuelles, ou leurs goûts pour la provocation;

- vous avez le droit d'identifier les Roms (dernier nom de baptême des tsiganes); n 'allez pas dire que leur culture les prédispose à l'errance et à l'absence prononcée du sens de la propriété.

 

Certes la frontière est délicate entre la critique et la haine; et quelquefois l'une cache mal l'autre. Mais pourquoi cette difficulté serait ingérable ? Faut-il abandonner tout discernement, faire confiance à un état, à des experts, pour savoir ce qu'il convient de dire ou de ne pas dire. L'intolérable, l'injure, la médisance ne sont pas nécessairement synonymes de l'appréciation (même approximative), du constat (même incomplet), du jugement personnel (surtout révisable). 

 

Tarmac

Le tarmacadam servit à couvrir les pistes des aéroports. Il est sorti de son anonymat technique, a subi une petite réjuvénation par ablation d'un adam décidément très vieux. Et voilà le tarmac, employé par la foule des reporters : il est viril avec une nuance de guerrier (sur le tarmac de pétaouchnok ... nos forces ont débarqué hier ...), il est solennel avec une pointe d'aventurisme (le président a accueilli sur le termac, les merveilleux otages libérés des forces du mal...), il est angliche, donc moderne, sans exagération (depuis le tarmac, nous vous retransmettons en live, l'interview du leader du groupe de folk song, ou hard metal, ou pop rock ...). 

 

Témoin

Le témoin est sorti du rôle humble d’auxiliaire de la justice. Il s’est évadé de son rôle quasi anonyme de support de brillantes démonstrations d’universitaires. Le témoin est devenu un héros à part entière : il s’indigne, il dénonce, il anathémise, il condamne ; il  s’émerveille surtout de son incommensurable grandeur.


Térébrer

Ca me troue est bien vulgaire : pourquoi pas ça me térèbre ?

 

Terrain

 Le politique imbu de pacifisme et de dévotion au bien public est un homme de terrain (non le lieu de combat de jadis, l'endroit de labour d'aujourd'hui). Il rêve tant d'en être proche qu'on lui souhaite 'être un serpent pour mieux coller aux dénivelés. Il croit tant aux réalités du terrain, que l'on craint qu'il ne trébuche à chaque pas à force d'avoir les yeux fixés au sol.

 

Transparence

La transparence est le nouveau dogme qui  ne souffre pas de contradiction. Adieu le joli mensonge qui est à la base de la courtoisie ? Aux oubliettes la délicieuse transgression qui nous a fait plaisir à condition de rester cachée ? Ignorée la coupable erreur, dont nous avons eu un remords immédiat, et qu’il convient de cacher au plus vite ? Il faut être limpide, étaler au grand jour ses petites turpitudes, ses inconséquents dérapages, la démocratie est à ce prix parait-il. Que vivent désormais les hommes qui étalent au yeux de tous :  tout (tout quoi d’ailleurs ?). Ils en deviendront si transparents, si diaphanes, qu’on ne les verra même plus.

 

Transport en commun

Joie du partage ? Rigolade entre copains ? Connivence entre amants ? Non : rodéos des rues dans des autobus, attentes dans des gares du prochain train en retard, souffrances dans des aéroports des grèves d'une certaine catégorie de personnel, promiscuité dans des métros bondés. Prions que ma joie demeure dans ce tohu bohu.

 

Travail de deuil

Faire son deuil prêtait à confusion ; bref, sans saveur ; ne voulait on pas signifier que l’on s’apprêtait à oublier ; ne dit-on pas d’ailleurs d’un gendre qu’il a fait facilement don deuil de sa belle-mère ? La gent médiatique en a conclu que l’utilisation de cette expression  pouvait conduire les chers auditeurs  à croire qu’elle les incitait à un devoir d’oubli. L’erreur est réparée : maintenant toute famille fait son travail de deuil, ou mieux encore a pu commencer son travail de deuil ; tout à la fois est suggéré l’effort que doit effectuer la famille et les amis pour accéder au chagrin, et la durée incommensurable de l’affliction.

 

Travail de groupe 

Le travail en réseau implique que l’on échange ses idées avant de lancer un travail, et de communiquer et discuter ses résultats lorsqu’il est avancé, voire achevé. La parcellisation du travail émiette une mission jusqu’à isoler l’opération la plus répétitive possible pour la donner  à l’ouvrier sur la chaine de production ou au soldat dans son unité.  Mais dans l’un ou l’autre cas l’effort, la réflexion ne se partagent pas et restent individuels. Le travail de groupe est une technique de paresseux ou d’attardés mentaux.

 

 

Vieux

Dans une recherche éperdue pour ne pas désigner ce qu’ils abominent le plus, journaleux, politicards, et employés de l’état, s’empêtrent dans le dictionnaire  pour tenter de trouver un mot, une expression qui pourrait les abriter de la vieillesse. Fleurissent les « troisième âge », voire les « quatrième âge », les « anciens », les « aînés », « les personnes âgées ». Tout est bon pour ne pas prononcer le terme de vieillard. Quant à vieux ou vieille tout court, il s’apparente à une insulte s’il n’est pas au moins accompagné du substantif de personne pour tenter  de diminuer le choc. Que de contorsions pour dire que l’on ne stigmatise pas le grand âge tout en le méprisant.

 

Vrais gens, fausses gens

Qui sont les « vrais gens » ? On croit deviner deux catégories bien distinctes : l’une anti-intello, qui aime TF1, le foot et la bière dans le sens d’un véritable « peuple »  qui apprécie des plaisirs simples et donc authentiques; l’autre anti-privilégié, qui rassemble des dézingués de la vie, malades, habitants de taudis, victimes de discrimination. L’expression est l’outil du démagogue qui ne l’utilise que pour stigmatiser sans le dire ces « fausses gens » que sont des élites méprisantes des simples et des  privilégiés oublieux des malheureux.  

Vieille rengaine de tous les régimes populistes qui veulent attiser la haine entre les citoyens et les ci-devant, les camarades et les ennemis du peuple, les fidèles et les infidèles. La question suivante est que faire des « fausses gens » ? Les ostraciser, les rééduquer ?

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