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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 12:41

Petroplus

- mots qui ne veulent rien dire de François Hollande s'adressant aux salariés de cette entreprise : " Vous êtes le symbole du comportement des banques qui ont été renflouées à bien des occasions et qui, quand on fait appel à elles, se désengagent et se mettent aux abonnés absents" (?!) ou encore :"Nous avons le devoir de tout faire pour rechercher un repreneur dans les meilleures conditions". Hors sujet de A à Z : le problème n'est pas de sauver une raffinerie, mal située à l'intérieur des terres, n'ayant pas bénéficié d'investissements de productivité depuis des décennies; il est de savoir comment développer l'outil de raffinage existant encore au Havre, à Nantes, à Marseille; Il est d'analyser pourquoi prospèrent celles d'Anvers et de Rotterdam et d'en tirer des leçons.

Virgin

- mots sans queue ni tête d'Aurélie Filipetti à ce propos : "(Les magasins comme Virgin Megastore) sont "soumis à une véritable révolution et à une concurrence déloyale qui est le fait, il faut bien le dire, de certaines grandes entreprises de type Amazon". La pauvre chérie mélange deux sujets qui n'ont strictement rien à voir; d'une part l'abus de droit pratiqué par des sociétés comme Amazone leur permettant de ne payer aucun impôt en France, mais ayant innové depuis des années dans la relation avec les clients ; d'autre part la fin d'un modèle de distribution archaïque symbolisée par la FNAC et sa caricature que fut Virgin : espèces de dinosaures qui ont écrasé les petits commerces (librairies, disquaires) sans apporter une once de service en plus. Ce qu'on attendait de la péronnelle, c'était un cri de soulagement que disparaisse enfin un de ces établissements surannés, et de se préoccuper de comment revitaliser le tissu existant des commerces de culture de quartier ou de niche, ou de lancer le FSI sur de nouveaux projets innovants de distribution.

Florange

- gestion incohérente du dossier des hauts-fourneaux de Mittal à Florange;  la seule obsession du gouvernement a été de sauver des emplois sans se poser au préalable la seule qui question qui vaille : existe-t-il une rationalité économique à conserver ce type d'outil là où il est ? La réponse étant non suivant un avis quasi général, il fallait passer à la question suivante : comment maintenir et développer les installations sidérurgiques encore économiquement viables sur e territoire français. La seule négociation intelligente avec Mittal n'était pas de lui demander d'aller investir sur un site dépassé mais de concentrer de nouveaux moyens sur les hauts fourneaux et l'aciérie de Dunkerque.

Peugeot

- gestion calamiteuse de la situation critique du constructeur par le flamboyant Montebourg; qui a oublié ses premières déclarations : "l'Etat ne laissera pas faire", puis ses secondes en septembre "il faut renégocier, reformater, et réduire le plan social" ? Erreur d'analyse, erreur psychologique; la situation depuis s'est encore aggravée pour Peugeot, après les attaques injustifiées qu'il a eu à subir, puis les bâtons dans les roues que l'administration s'ingénie à lui mettre. Mais au lieu de songer aux moyens de relocaliser la construction d'automobiles en France, le gouvernement a continué de tirer sur l'ambulance : malus écologique qui va frapper les deniers modèles encore fabriqués par Renault et Peugeot dans des usines françaises, abandon de la TVA sociale qui avait l'avantage de renchérir les modèles importés alors que les modèles français auraient pu bénéficier d'un allègement de charges sociales.

 

Dans ces quatre exemples fortement médiatisés, le gouvernement inspiré par le président a failli :

- erreur de diagnostic sur les raisons de ces désastres : mauvaise localisation des établissements (pour Florange  et Petroplus sans accès maritime pour leur approvisionnement en matières premières), absence d'avenir des productions ou services (évident pour Virgin, mais aussi pour Petroplus et Florange), absence de compétitivité (Peugeot à Aulnay)

- manipulation des médias avec une recherche de tête de turc qui est généralement l'actionnaire, ou le concurrent qui a réussi;

- incapacité de trouver des solutions autres que celle de sauver des emplois de toute façon condamnés à terme;

- inaptitude à revêtir les vêtements d'un état stratège qui tente de trouver des solutions pour relancer l'activité concernée ailleurs ou autrement : qui ne souhaite avoir en France des raffineries sophistiquées capables de traiter des coktails de brut vaiés, des aciéries fournissant des aciers de haute qualité, des constructeurs automobiles experts dans le haut de gamme, des distributeurs innovants ?

- incohérence des décisions prises comme l'abandon de la TVA sociale, l'aggravation du malus écologique, l'inaptitude à flexibiliser le marché de l'emploi, la chasse aux sorcières contre les entrepreneurs tant sur le plan de la fiscalité personnelle (taux confiscatoires, taxations exorbitantes des plus-values) que sur celui de la fiscalité des entreprises (limitation de la déductibilité des intérêts), l'assèchement du financement de l'économie par une imposition extravagante des revenus du capital.

Un festival, une boucherie, un Waterloo, je ne sais plus quels termes trouver pour qualifier la politique industrielle menée en France aujourd'hui.

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 13:21

La question qui se pose au gouvernement n'est pas de sauver la raffinerie de Petit-Couronne, désuète, mal située, mal entretenue, mais de fortifier les raffineries encore existantes sur le sol français, sur la Seine (Gonfreville et Gravenchon), sur la Loire (Donges), à Marseille (Lavera, Berre, La Mède, Fos), sur le Rhône (Feyzin) et en Région parisienne (Grandpuits). L'arrêt de Port-Jérôme (et des autres raffineries de Petroplus à Creyssier, Ingolstadt, Anvers, Coryton) a eu pour immédiate conséquence un redressement salutaire des marges de raffinage. La surcapacité globale de raffinage en Europe a été partiellement gommée. Le but n'est pas de remettre en route des outils trop anciens au risque de fragiliser d'autres outils tangents comme le sont les raffineries françaises. Le véritable courage est de fermer Port-Jérôme, de ne pas la laisser agoniser entre les mains de groupes spéculatifs avides de faire un coup (lequel, je ne saisis pas trop bien, peut-être de récolter des subventions ?). Le dialogue est à mener avec les groupes encore actifs en France (Total d'abord, bien sur, mais aussi Esso, Ineos, Lyondell-Basell) pour qu'ils remettent à niveau leurs outils et d'éviter que ces derniers soient les prochains à fermer. Total, s'est enfin aperçu du retard qu'elle avait pris dans la modernisation de ses unités et a lancé un premier programme en particulier sur Gonfreville. Il est essentiel qu'un dialogue constructif s'instaure entre l'Etat et ces grands groupes pour décider d'un plan moyen-terme de sauvetage de toutes les raffineries qui nous restent, au prix probablement d'investissements lourds permettant d'adapter la production aux demandes du marché, de retrouver une flexibilité dans l'utilisation d'une large gamme de pétroles bruts, de disposer d'outils concurrentiels capables de résister aux concurrents et particulièrement à ceux des Pays-Bas et de Belgique.

Le problème urgent n'est pas d'imposer les pétroliers, de les assommer de réglementations, mais tout au contraire de conclure un partenariat avec eux pour éviter des délocalisations.

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 21:18

Ils sont tous là  entonner le même refrain : l'état doit sauver les emplois de la raffinerie normande de Petroplus !

Ils auraient du y penser plus tôt, maintenant c'est trop tard. Cela fait des dizaines d'années qu'ils (tous gouvernements confondus) ont pratiqué une politique de gribouille :

- ils ont favorisé le gazole au détriment de l'essence, ce qui a amené une inadaptation des raffineries françaises au marché français; d'où des importations massives de gazole et des exportation des surplus d'essence sur des marchés très concurrentiels.

- ils ont favorisé l'arrivée de l'éthanol, ce qui a amené une nouvelle diminution de la demande d'essence; le problème, alors, est que l'éthanol s'est répandu également aux Etats-Unis, ce qui a permis à ce pays de mieux équilibrer ses productions et ses consommations et de moins importer d'essence française; d'où une aggravation de la situation des raffineries françaises.

- ils n'ont pas compris qu'une raffinerie telle que celle de Petit Couronne, située à l'intérieur des terres , ne supporterait pas les investissements couteux nécessaires pour la transformer en outil moderne adapté au marché qu'ils imposaient. Mais ils ont aggravé leur cas en donnant instruction aux administrations d'intensifier leurs contrôles, mises en demeures, afin que ces entreprises améliorent  la sécurité et la protection de l'environnement; objectif en soi louable, mais appliqué avec zèle par les fonctionnaires, appuyés par des associations écologiques hors de tout contrôle, il a conduit à des dépenses hors de proportion avec les buts recherchés.

Bin entendu il y a surcapacité globale en Europe, et les outils les plus fragiles ferment en priorité. Mais n'auraient-ils pas pu penser un peu plus tôt qu'à force de prendre pour cible les raffineries françaises, nécessairement il les condamnaient tôt ou tard. Des choix stratégiques inconséquents de l'état, une tactique administrative d'une inefficacité remarquable conduisent naturellement au choix préférentiel de notre pays pour fermer les raffineries qui sont de trop en Europe. 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 12:08

Maintenant que les candidats à la présidentielle commencent, enfin, à s'ébrouer sur la question de produire français, il faudrait qu'ils aillent peut-être un peu au-delà de simples slogans du style 'j'achète français" ou "je vérifie par un label que c'est bien produit en France". Ce ne sont pas des cris inutiles, tout au contraire, mais sur certains secteurs il est désormais quasi -impossible de pouvoir suivre leurs propositions; il suffit de prendre au  hasard le textile, ou la chaussure.  On aimerait que les postulants à la responsabilité suprême dans notre république aillent un pas plus loin dans leurs raisonnements et nous expliquent d'abord leur analyse de ce déclin qui continue (les délocalisations se poursuivent), et les actions qu'ils comptent entreprendre pour inverser la vapeur et rapatrier usines et emplois à l'intérieur de nos frontières.

Mais existe-t-il, au sein de l'état, une administration chargée de les aider sur ce sujet, de leur proposer des diagnostics, de leur suggérer des solutions ? La réalité est qu'il n'en existe plus. Le Commissariat au Plan a été dissous en 2006, remplacé par un Centre d'Analyse Stratégique dont le conseil d'orientation est exclusivement composé de fonctionnaires, politiques et universitaires (personne du monde l'Industrie !), dont les rapports sont sur les sujets à la mode tournant autour de l'écologie, le numérique, mais qui ne pond rien sur les aciéries, le raffinage, les vapocraqueurs, la construction automobile etc... etc.... Il existait naguère au sein d'un ministère de l'industrie des fonctionnaires chargés de suivre les problèmes des établissements industriels; depuis 1992 ils sont devenus également chargés de l'environnement, ce qui était marier la carpe et le lapin. En 1997 le ministère de l'industrie a été fondu dans celui des finances, puis au gré des remaniements éclaté entre celui des finances et celui de l'environnement, ce qui au mieux indique la profonde indifférence de nos gouvernants pour disposer d'un outil compétent pour gérer les législations qui s'appliquent aux entreprises et pour promouvoir des axes de développement.

La triste réalité et qu'au gré des complaisances accumulées au fil des ans, il ne reste plus comme interlocuteur des entrepreneurs que les DREAL (Directions Régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) dont l'intitulé même indique les priorités. A part cela ils sont confrontés avec  les différents gendarmes chargés de les surveiller (essentiellement Inspection du Travail, AFME, Haute Autorité de la Concurrence et bien entendu fisc).  Les gendarmes sont indispensables et ils font leur travail avec peut-être trop d'excellence, n'étant, de fait, soumis qu'à leur interprétation rigoureuse de leur arsenal de lois, décrets et circulaires. Le porte-parole naturel des industriels que devrait être les DREAL a oublié complètement son rôle; il n'entend jamais se faire leur interprète face aux autres administrations; il refuse de servir d'intermédiaire entre établissements et autorités locales. Les DREAL se sont recroquevillées sur la protection de l'environnement et ne conçoivent leur rôle que comme celui d'un gendarme supplémentaire. Leur seul objectif est  au travers d'une protection des intérêts locaux de la population de faire fermer un maximum d'installations industrielles. Leur titre de gloire est de faire du quantitatif sur le nombre de contraventions, de mises en demeure, de consignations, de dénonciations au parquet.

Les DREAL, peuplées de fonctionnaires qui n'ont pas trouvé un emploi dans le privé, exhalent leur rancoeur là où elles devraient être l'aiguillon de la relocalisation. Ses ayatollahs se passionnent pour la dépollution, les cercles de danger,  au lieu de s'intéresser aux conditions de survie, au maintien des emplois. S'il est bien une initiative que devraient proposer nos politiques ce serait de recréer un véritable défenseur de l'industrie au sein de l'administration et de faire disparaître l'aberration des DREAL.; de recréer un véritable ministère de l'industrie indépendant des gnomes de Bercy et des fumeux de l'Environnement.

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 11:34

En France on a des ressources, mais on n’a pas d’idées. L’exemple le plus éclatant vient d’être donné par l’interdiction, en bonne voie, de l’exploitation de gaz de schistes.  Elle est réclamée par un amalgame de cévenols (qui ont oublié leurs exploitations charbonnières), d’écologistes  qui ne pensent qu’à leurs randonnées pédestres ou à vélo, de socialistes dont on se demande pourquoi ils se sont embarqués dans cette galère et de tous les populistes de droite qui craignent tellement leurs électeurs que la plus petite des manifestations les met en transes. Tout ce beau monde ne parle jamais de l’intérêt potentiel de cette ressource : ils ne savent pas ? Ils ne veulent pas savoir ?

Et pourtant ce gaz de schiste peut être créateur de richesses, et la moindre des honnêtetés serait d’examiner ce qu’il y a dans les deux plateaux de la balance. Les arguments des opposants à son exploitation sont ressassés jusqu’à la nausée. L’intérêt de cette ressource n’est guère mis en avant. Il existe au moins deux raisons majeures :

-          Une source de gaz nationale pour faire fonctionner nos centrales thermiques, avec le double avantage d’une économie de devises  en substituant du gaz au charbon importé ou au fuel lourd désulfuré également importé(ce qui n’est pas négligeable en temps de crise aigüe de notre balance commerciale) et d’une indépendance énergétique accrue

-          Une matière première pour nos unités chimiques ; déjà aux Etats-Unis va se manifester une accélération d’une production compétitive d’éthylène, sur base de gaz, qui viendra concurrencer les production européennes, sur basse de naphta ; l’alternative pour les crackers européens sera de se concentrer sur la fabrication de propylène en important les naphtas à bas prix du Moyen-Orient  En ne produisant pas de gaz de schistes nous fragilisons  les derniers restes de notre industrie chimique nationale.

Faute de confiance en nos idées pour exploiter proprement ces gaz de schistes, nos politiques préfèrent se rallier à une bande de bobos mi-urbains, mi ruraux, et oublient avec enthousiasme leurs slogans sur la nécessité de réindustrialiser le pays pour y créer des emplois, ou pour au moins arrêter la délocalisation des unités de production industrielles qui nous restent. Pourquoi les syndicats ne réagissent-ils pas ? Pourquoi les électorats ouvriers ne manifestent-ils pas ? Qui ne comprend pas la fragilité de nos installations chimiques de Dunkerque, Carling, Marseille-Fos ?

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 14:10

Aversion au risque, aversion envers l’industrie, égoïsme de clocher. Tous les ingrédients sont là dans le refus  des élus du Port de Bayonne d’accepter un nouveau trafic de nitrate d’ammonium transitant par le port de Bayonne depuis l’usine de Yara sur le site de Pardies.

Le site de Pardies (créé lors du développement du gisement de Lacq) est fragile face à la compétition internationale.  Après la fermeture des unités de Celanese, reste en activité l’unité de production industrielle de Yara occupant une centaine de personnes en direct. C’est vrai, ce n’est plus un site stratégique, mais lorsque l’on parle délocalisation tout compte.

Monsieur Grenet, député-maire de Bayonne, n’a rien à cirer que le nitrate d’ammonium transite par train jusqu’au port de Port La Nouvelle ; l’important est qu’il ne vienne pas dans son port. Monsieur Grenet n’a rien à cirer de quelques emplois dans un bassin déjà sévèrement touché ; l’essentiel  est de vivre de la rente du tourisme au pays basque.  Lorsqu’on consulte le site du port de Bayonne, il faut se contraindre pour ne pas hurler de rire : parmi les deux projets du port mis en exergue pour montrer la dynamique d’un grand port européen, on relève la création de pistes cyclables et zones boisées, et une route de contournement de la zone portuaire.  Pas de volonté économique, pas d’avenir industriel, aucun autre souci que celui d’ aménager au mieux une résidence pour personnes âgées.

Pour camoufler leur inertie et leur égoïsme, les élus locaux se drapent sur ces mêmes discours usés que l’on rencontre dès qu’un industriel veut développer une nouvelle activité : absence de transparence du projet, non respect de la population et des élus dans le processus de décision.  Les plus farouches défenseurs de la désindustrialisation, des élus verts, non seulement se rangent avec enthousiasme à la décision de refus du maire de Bayonne, mais de plus en rajoutent  dans l’hypocrisie en proclamant leur solidarité avec les salariés de Yara.

Cet épisode est un vivant témoignage de la difficulté de conserver nos industries en France. Hostilité des lobbies écologistes, indifférence des magistrats municipaux, absence de volonté forte de l’état. C’est contre cet état de fait qu’il faudrait lutter en renforçant le lien entre les recettes fiscales des communes et les résultats des établissements qui y sont installées (réforme à nouveau de la taxe professionnelle)  ; en diminuant l’emprise des associations dans les décisions  économiques (suppression par exemple des commissions Locales d’Information) ; en restaurant le rôle de protecteur de l’industrie des Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (modification de leurs missions qui se cantonnent quasi exclusivement à la biodiversité et à la prévention des risques).

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 16:12

Pour une fois qu’une utilité était trouvée au Larzac : forer pour y trouver des gaz de schistes.  Donner à cette région l’opportunité de servir à quelque chose dans le concert national, au moins pour lui fournir une source d’énergie, ce qui était peut-être plus noble que de devenir un lieu de test pour des munitions de l’armée française.  

Mais, nous surprendrons toujours les gardiens de la néoruralité : d’une seule voix ils clament leur refus de tout changement. Ils sanctifient les petits canaux « ancestraux » qui viennent arroser leurs jardinets. Ils déclarent en professionnels de l’amalgame à connotation historique « on n’est pas là pour se faire gazer ». Ils s’emportent contre les lobbies des industriels qui voudraient briser l’exclusivité qu’ils s’arrogent sur ce territoire.

Des habitants du Larzac, toujours en pointe pour défendre l’obscurantisme en se cachant derrière le principe de précaution travesti en obligation de ne rien faire, on peut encore comprendre : ils sont cohérents. Mais les députés qui s’engouffrent sur cette bataille donnent l’image terrifiante de ce que peut donner une démocratie mal comprise : grappiller les voix de n’importe quel groupuscule en foulant aux pieds le droit à la recherche conduite scientifiquement, le droit au développement économique, le droit de ceux qui ne vivent pas au Larzac.

La loi de circonstance votée (sinon approuvée) par tous les groupes de l’Assemblée ternit l’image de la représentation nationale qui a cédé au lobby des néoruraux, aux peurs des petits propriétaires craignant que l’on écorne la valeur de leur patrimoine, à une crainte diffuse attisée par la projection de quelques films montrant les méfaits d’une exploitation incontrôlée ; aucune de ces raisons n’est satisfaisante pour excuser l’abandon de toute réflexion,  le mépris des scientifiques non consultés, la vindicte envers les industriels haïs pour on ne sait quelle raison.

Il serait urgent d’introduire dans la constitution un principe de raison qui s’imposerait au funeste principe de précaution.

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 10:53

L’insubmersible Martin Malvy demande l’arrêt de permis de recherche sur les hydrocarbures de schiste au nom du principe de précaution.

La surfeuse sur les vagues du populisme, Nathalie Kosciusko-Morizet, impose un moratoire sur les recherches pour que les industriels approfondissent le dialogue avec les élus et la population en amont de leurs travaux.

Quant à Europe-écologie les verts, toujours acharnés à faire couler le navire, ils proclament avec leur sens des nuances usuel : l’exploitation des gaz de schiste est polluante du berceau à la tombe et représente une fuite en avant irresponsable tout comme il est irresponsable de continuer à prospecter des fossiles.

Admirable concert de toutes les nuances politiques (socialistes, écologistes, droite) pour tenter d’assassiner, la recherche d’hydrocarbures de schistes qui se développe partout dans le monde ; ressource qui devient potentiellement majeure aux Etats-Unis, et en Chine. Les ressources sont sans doute plus limitées en Europe, et particulièrement en France. La découverte et l’exploitation de gaz de schistes serait pourtant un atout pour notre pays, lui permettant, à la fois de diversifier ses ressources en énergie et de consolider sa chimie en lui apportant une matière première de qualité. En très bref,  une opportunité pour préserver un bas coût de l’énergie et pour dynamiser une industrie.

Mais les préoccupations industrielles sont éloignées de l’esprit de nos responsables politiques. A la défense de secteurs de notre économie, à la recherche volontariste de nouvelles possibilités d’activités et donc d’emplois, ils préfèrent, comme sur tant d’autres domaines (les OGM, les cellules souches, les nouvelles technologies nucléaires ), l’invocation de la peur des lendemains, la flatterie des défenseurs du terroir, la procrastination qui renvoie systématiquement l’action devant des comités Théodule. La recherche et l’exploitation de gaz de schistes ne sera peut-être pas une révolution énergétique comme elle va l’être chez nos grands concurrents, elle est surtout, aujourd’hui, le symbole d’une classe politique qui se déconsidère en se soumettant aux dictats de quelques uns, aux modes propagées, au détriment de ce qui devrait être deux des axes essentiels d’une économie moderne : un bas coût de l’énergie avec une sécurisation de ses approvisionnements. Une fois de plus la tactique prime sur la stratégie.

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 14:57

Notre développement industriel est soumis à la loi de la peur, camouflée sous les traits du funeste principe de précaution, et administrée par une cohorte de fonctionnaires ou de simili-fonctionnaires qui croient faire de la démocratie en écoutant les hurlements des associations écologistes et autres groupements qui défendent leurs intérêts  égoïstes.

Notre développement industriel est soumis à la loi de la peur des conséquences  sociales d’une remise à plat de l’accumulation de règles qui ont rigidifié le droit du travail, d’une réforme de régimes archaïques qui  ont sanctuarisés certaines professions.

L’exemple caricatural de cette peur ambiante nous est administré par le port de Marseille-Fos.  Tout est là pour démontrer que le port de Marseille a gâché ses chances : zone de développement de Fos inachevée depuis des décennies, faute de candidats, développement, à son détriment, des ports concurrents de Barcelone, Gênes, Anvers et tant d’autres, provincialisation de la zone faute de grands projets capables de la dynamiser , comme le canal Rhin-Rhône (enterré par les écologistes), la non-construction de nouveaux pipes, l’insuffisance des liaisons ferroviaires. Tout est là  pour dire que ce gâchis monstrueux a été le fait d’une conjuration de tous les acteurs : des dockers au-delà de l’indécence dans leurs revendications, une administration du port sans courage, des acteurs patronaux qui ne pensent qu’à la conciliation, une administration territoriale menée par des acteurs qu’il est difficile d’admirer, une administration nationale qui ne songe qu’à préserver la quiétude des habitants.

La recette à fait les preuves de son inefficacité depuis des décennies :  Marseille s’enfonce inexorablement dans son rôle de port de cabotage côtier, les industries s’éteignent ou s’alanguissent sous le grand feu de la mondialisation.  Tout est là pour que l’Etat fasse de Marseille un grand exemple d’une nouvelle orientation industrielle : les acteurs actuels sont démonétisés, il serait facile d’en trouver d’autres si l’Etat osait, enfin, se lancer tout à la fois dans une réforme impitoyable d’acquis surannés, un lancement de grands projets structurant, une mise sous tutelle d’ une région incapable. Mais tout cela ferait beaucoup de bruit. Il faudrait beaucoup de courage. Il faudrait affronter des grèves, des émeutes. Alors là, la peur reprend le dessus. Et tout le monde de préférer une douce agonie, avec des doses de morphine qui ne cessent d’augmenter.

A quand une révolution à Marseille ? Une révolution qui ne peut partir que du sommet.

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 12:54

Le problème de la raffinerie de Reichstett est passionnant. Voilà un outil industriel vieilli (sous-investissement de Shell pendant des années), qui n’ a plus du coup les capacités de sortie des produits adaptés au marché (s’il fallait investir il faudrait probablement mettre plus d’un milliard d’euros) . Très logiquement Shell s’en est débarrassée à bon compte en  arbitrant en faveur de sa raffinerie géante de Rotterdam. Petroplus l’a achetée , en son temps, sur un postulat court-terme de bons profits sur quelques années, sans investissement majeur, et avec une fermeture à moyen ou long-terme ; la crise a déjoué ses pronostics.

Vous dites qu’il faut sauver Reichstett. Trop tard, il fallait s’en préoccuper avant. Il ne fallait pas laisser l’outil péricliter, il fallait construire les pipes nécessaires pour élargir la zone de chalandise., il fallait protéger toutes les industries chimiques aux alentours qui en étaient également clientes. Je crois qu’il est urgent, maintenant, dans cette région de protéger le futur de Chalempé (Rhodia), ou Carling (Arkema).

Je vous suggère plutôt de vous pencher sur le sort de la raffinerie de Dunkerque. Là le sujet est un choix par Total entre cette raffinerie et celle de Flessingue (aux Pays-Bas).   De toute évidence le groupe a préféré nouer une alliance avec le groupe russe Lukoil sur ce dernier établissement. Certainement pour des bonnes raisons liées à la flexibilité de production de l’une par rapport à l’autre mais aussi pour des raisons d’insuffisance d’infrastructures : pas d’accès rapide au Rhin, pipes insuffisants, dépérissement de la chimie sur la zone de Dunkerque. L’Etat a failli en plusieurs reprises, d’abord avec son projet de canal Seine-Nord qui aboutit à laisser Dunkerque sur le bord de la route au profit d’Anvers, avec son incapacité à négocier avec les belges l’élargissement des canaux qui auraient permis de désenclaver le port de Dunkerque, l’incroyable incurie qui a laissé passer les opportunités de construction de pipes (système de transport économique et sur), l’acharnement réglementaire sur les unités chimiques de Harnes (Exxon, fermée), Wingles (BP) et j’en oublie beaucoup. Mais Dunkerque est un si beau port, si bien placé sur les routes maritimes, qu’il y a peut-être une chance de sauver la raffinerie si l’Etat se décide a faire son devoir : liaison fluviale Dunkerque-Rhin, création d’une zone industrielle extraterritoriale dans laquelle un certain nombre de lois françaises seraient amendées pour attirer les investisseurs étrangers et français.

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