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20 janvier 2023 5 20 /01 /janvier /2023 15:46

Moïsi dans ses analyses géopolitiques oublie systématiquement quelques points qui nuisent à leur pertinence. Son apologie de l’OTAN qu’il présente comme le dernier rempart crédible contre une Russie impérialiste, l’âme de la lutte des valeurs de la démocratie contre le totalitarisme doit être sérieusement nuancée.

La présence parmi les membres de l’OTAN d’un pays comme la Turquie rend difficile le mythe d’une alliance dévolue à la défense de valeurs : quand elle aide l’Ukraine, elle soutient en même temps les Azéris dans leur anéantissement de l’Arménie, dernière enclave dans une région panturque ; quand elle combat le régime d’Assad, elle participe aussi à l’écrasement des Kurdes tant à l’intérieur de ses frontières qu’en Syrie ; quant aux valeurs de la démocratie à l’intérieur même de ce pays, le moins que l’on puisse dire est qu’elles sont largement méprisées par le président Erdogan ; la seule réalité de cette inclusion de la Turquie dans l’OTAN est le cynisme des occidentaux qui oublient leurs grands principes pour les seules réalités de l’importance de la base aérienne d’Incirlik, et de la force de l’armée turque à la frontière du Proche-Orient, des Balkans et du Caucase.

Le double égoïsme américain et allemand transforme l’Alliance Atlantique en un outil qui ne vise pas principalement la défense de l’Europe contre tout agresseur potentiel, mais la création d’une zone tampon entre l’Union Européenne et la Russie sous un condominium américano-germanique. Depuis la chute de l’empire des soviets les Etats-Unis se sont acharnés à démanteler une puissance russe déjà rabougrie : élargissement de l’OTAN à des anciens membres du Pacte de Varsovie, refus de la réintégration de la Crimée à la Russie, éclatement de la Serbie ; cette politique paraît disproportionnée par rapport à l’importance de l’ennemi supposé, bien éloignée de son affrontement avec la puissance grandissante de la Chine maintenant et de l’Inde dans le futur, aux antipodes de tout son isolationnisme consubstantiel ; les rationalités peuvent être de plusieurs ordre : volonté de stimuler les capacités défensives de l’Europe en créant des abcès sur ses flancs, idée d’un dépècement complet de la puissance coloniale résiduelle de la Russie tant en Asie Centrale (au profit du panturquisme) qu’en Sibérie (dans le prolongement de l’Alaska), création d’un protectorat économique allemand sur une Europe de l’Est incluant l’Ukraine et la Biélorussie. Toutes ces idées peuvent convenir à l’Allemagne : elles les a déjà mis en pratique dans la vassalisation économique qu’elle a entrepris avec la Tchéquie, la Pologne ; une sorte de partage d’influence avec les turcs n’est pas pour lui déplaire, la Turquie lui servant déjà de réservoir d’une main d’œuvre qui lui fait défaut ; quant à sa renonciation aux délices de l’utilisation à bas prix des matières premières russes, elle peut imaginer que ce n’est que provisoire et qu’il sera possible d’en retrouver la disponibilité avec un pays vaincu.

Dans tout ce panorama la place des pays méditerranéens (péninsule Ibérique, France, Italie, Grèce) est secondaire, cantonnée aux relations avec le Maghreb, pour laisser la Turquie et la péninsule arabique s’occuper de la stabilisation d’un Proche Orient qui s’élargit jusqu’à la Lybie. L’OTAN n’est pas et n’a probablement jamais été en état de mort cérébrale, mais est le fer de lance d’un l’impérialisme américain totalement avoué, avec comme mercenaires au sein de l’Union Européenne le bon petit soldat allemand, dans l'indifférence des intérêts de la France et de ses voisins du sud.

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30 novembre 2022 3 30 /11 /novembre /2022 12:28

Les ukrainiens s’offusquent que les russes soient partis de Kherson avec la statue de Potemkine, le conquérant de la Crimée et de la steppe le long de la mer Noire pour la tsarine Catherine la Grande. Les français avaient déménagé celle de Lyautey érigée sur la plus belle place de Casablanca pour la replacer devant la façade de leur consulat. J’imagine que les russes feront de même quand ils ouvriront leur consulat à Kherson. Il faut arrêter de gémir Monsieur Zelenski.

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18 septembre 2022 7 18 /09 /septembre /2022 10:16

Le prix administré de l’électricité est une subvention de la France principalement (qui produit l’électricité au plus bas coût en Europe) aux pays mal gérés, principalement l’Allemagne (qui produit l’électricité la plus chère d’Europe). Cette subvention contribue à renchérir nos productions alors que nous avons la balance commerciale la plus déficitaire de l’Union Européenne, et alourdit nos finances publiques (par le biais des aides nécessaires aux populations les plus touchées par l’inflation des prix de l’énergie) alors que nous avons les déficits publics et la dette publique parmi les plus élevées d’Europe.

Cette solidarité envers un pays plus prospère que nous est une insulte à l’intelligence. Le couple franco-allemand a de plus en plus (et ça ne date pas d’hier) des allures d’une alliance entre un cocufié qui en redemande et un cocufieur cynique.

Il faudrait quand même réfléchir à l’aphorisme de Sartre : l’Europe c’est la germanisation et l’oppression. N’aurait-il pas gardé son sens ?

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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 12:12

Excellent article d’Hubert Védrine dans le Figaro d’hier où il analyse l’impéritie de l’Europe Occidentale face à Poutine qu’elle a laissé se dévoyer dans la pauvreté, l’isolationnisme, et enfin une aventure impérialo-nationaliste condamnable. L’idée n’est pas de se lamenter sur le passé, mais de ne pas oublier d’en tirer des leçons. La première qui est clairement dite est que la politique étrangère de l’Europe ne doit pas se décider à Washington qui n’a ni les mêmes intérêts, ni la même compréhension, ni les mêmes objectifs. La deuxième qui est sous-jacente quoique non expressement énoncée est que l’Ukraine quoique devant être protégée contre des agressions (au moins pour montrer la résolution franco-allemande aux pays de l’ex-pacte de Varsovie), n’est pas un acteur essentiel de notre futur ; il lui, faudra donc transiger, sous la pression européenne, à un moment qui n’est pas encore venu, sur la définition et de ses frontières orientales en Crimée et dans les républiques séparatistes du Donbas, et du statut de ses minorités russophones.

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14 juillet 2022 4 14 /07 /juillet /2022 09:30

Etrange cette obsession de transformer la guerre russo-ukrainienne en nouvelle guerre froide. La Russie d’aujourd’hui n’est qu’un agresseur de second rang par rapport à l’Union Soviétique : son PIB est au douzième rang mondial, derrière l’Allemagne, la France, l’Italie, juste devant l’Espagne et elle n’a donc pas la puissance économique nécessaire pour conduire une guerre sur le long-terme avec les européens, voire de lancer d’autres opérations de conquête et d’occupation; son armée a prouvé sa puissance hoquetante face à l’Ukraine, faute de moral de ses soldats, faute de matériels moderne, faute de capacité de manœuvre. Sa seule force n’est que le reflet de la faiblesse de ses adversaires : une Ukraine qui est un pays encore trop jeune, miné par les dissensions séparatistes et pourri par la corruption de ses oligarchies ; une Europe qui est coupable pour son impéritie militaire (hormis la France, et encore), et sa stratégie de dépendance énergétique suicidaire.

La Russie a voulu détruire l’Ukraine en tant que pays indépendant. De toute évidence elle est en train de perdre son pari et ne réussira qu’à annexer les régions irrédentistes du Donbas et peut être à s’emparer d’une bande territoriale le long de la mer d’Azov ; elle va réussir à faire de l’Ukraine un pays lié à l’Europe par des accords économiques qui faciliteront les investissements des pays européens et permettront son décollage ; les provinces perdues par l’Ukraine ne seront pas recouvrées de sitôt faute de force de frappe, et de volonté des pays européens. La guerre « chaude » est donc probablement bientôt finie et un mur d’indifférence risque de perdurer entre un occident qui va finir par se réarmer et à conquérir une relative indépendance énergétique et une Russie qui ne pourra qu’osciller entre autarcie appauvrissante et vassalisation envers la Chine.

L’attitude des Etats-Unis a été, comme au Moyen-Orient naguère, celle d’un boutefeu qui n’a pas voulu (peut-être avec raison) arrêter la Russie dans son agression, tout en tentant de vassaliser l’Europe au sein de l’Otan. Que des atlantistes forcenés comme Dominique Moïsi exalte la politique américaine se comprend, mais n’est pas nécessairement conforme aux intérêts de tous les pays européens. La Pologne, les états baltes sont angoissés par une peur historique, l’Allemagne est obsedée par son matérialisme mercantile, et se raccrochent à ce parapluie américain qui n’est qu’une servitude et surtout un mauvais calcul à long terme car America first n’est pas une doctrine qui protège des intérêts de puissance largement différents pour l’Europe.

 

La mauvaise foi des atlantistes est de grossir la menace russe, flatter les peurs des pays de l’est européen, s’extasier devant l’héroïsme de l’Ukraine pour mieux vendre l’assujettissement de nos pays à l’égoïsme des Etats-Unis.

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14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 09:45

L’histrion, vêtu de ses costumes de milicien, nous ressert une nouvelle époque de sa série télévisée ; mais l‘audience est devenue mondiale, et ses nouveaux partenaires sont présidents, ministres ou assemblées nationales. Il nous la joue Winston, avec du sang et des larmes et la résistance jusqu’au dernier vivant. Il a annexé la ville polonaise et jadis askhénaze de Lvov, la ville grecque et russe et jadis sépharade d’Odessa, la ville russe de Kharkov célèbre pour ses victoires sur les nazis, pour nous servir une Ukraine élargie à des terres qui n’en firent que rarement partie. Il célèbre la lutte du bataillon suprémaciste Azov qui s’est enfermé dans les sous-sols de l’aciérie de Marioupol avec des civils dont on imagine mal le consentement. Qu’a-t-il fait de son protecteur, l’oligarque ukrainien qui l’a porté au pouvoir, qui lui a enseigné les méthodes pour planquer son argent dans des sociétés écrans panaméennes ? Renvoyé au rang des comparses ?

Il clame son désir d’entrer dans la communauté européenne alors qu’il n’emplit aucune des conditions morales avec la corruption institutionnalisée des oligarques de son pays, avec les exportations de gangsters à la réputation sinistre pour exécuter les basses œuvres de n’importe quel commanditaire.

Il hurle son appétit pour adhérer à l’OTAN quand la Turquie a déjà manifesté son veto à l’entrée de pays autrement plus dignes tels que la Suède ou la Finlande. 

Zelensky n’est pas le peuple ukrainien qui souffre sous l’occupation russe, et subit les crimes de guerre d’une piétaille mal commandée, mal dirigée et qui subit échec sur échec. Zelensky est l’incarnation du remords des européens qui s’extasient devant sa silhouette pour mieux oublier leurs erreurs de conduite, qui célèbrent son triomphe médiatique pour cacher leur incapacité à gérer leur faiblesse militaire. Zelensky est la marionnette de l’administration américaine qui joue le rétablissement de son prestige après l’humiliation de Kaboul, l’inféodation renforcée des pays européens au sein de l’Alliance Atlantique, l’intimidation de la Chine à travers la mise au pas de Poutine.

Mais pour renvoyer Poutine dans les casernes qu’il n’aurait jamais dû quitter, il faudra aux ukrainiens non seulement encore beaucoup de courage vis-à-vis des soudards qui les martyrisent, mais aussi beaucoup de patience, voire un peu d’incitation pour que leur président se résigne à oublier ses oripeaux de scène pour une conduite plus responsable.

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8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 09:40

 

Condamner l’agression de Poutine et les crimes commis par son armée avachie et sauvage n’implique pas de s’extasier devant le bataillon Azov,  le comportement de boutefeu de Zelinsky, et le nationalisme prétendu admirable de l’Ukraine.

L’ancien président Lulla a résumé de façon claire ce que pensent beaucoup en dehors de l’Europe occidentale et même à l’intérieur de celle-ci. Les crimes de Poutine n’exonèrent pas les responsabilités occidentales dans le déclenchement du conflit, et n'excusent pas les aberrations de conduite du président ukrainien.

L’hystérie des cercles bruxellois et des médias français est de tenter de faire oublier les fautes passées et les insuffisances actuelles des gouvernements européens et ukrainiens, en élargissant la responsabilité des potentats du Kremlin à tous les russes. Quelle absurdité, quel manque de respect pour leur culture, quel manque de reconnaissance pour leur contribution essentielle à la Libération.

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14 mars 2022 1 14 /03 /mars /2022 15:37

Maryse Burgot, Dorothée Ollieric, Agnès Vharamian nous parlent d’Ukraine. Pas du front dont elles n’ont aucune idée où il se trouve et font l‘économie d’aller chercher. Elles errent comme des âmes à moitié mortes entre la banlieue où est repéré un immeuble touché par un missile, une école qui n’a pas été rénovée depuis l’indépendance, une maternité dans des sous-sols d’un hôpital : c’est la guerre nous déclarent-elles. Les troupes russes ne leur sont pas fréquentables, sauf lorsqu’un pauvre bougre s’est égaré en pleurant dans une cité, les troupes ukrainienes sont ignorées à un point qui laisse songeur sur leur présence, seuls existent quelques miliciens matamores habillés de bric et de broc armés d’une pétoire indigne du plus petit caïd, rebaptisés résistants. Ce sont des envoyées très spéciales qui ne semblent être là-bas que pour relayer images du net, vidéos de prétendus témoins, et affirmer leur lutte contre la testostérone.

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7 mars 2022 1 07 /03 /mars /2022 12:01

Kharkov : trois batailles y furent livrées par l’armée russe contre l’armée allemande, les deux premières en 1942, particulièrement sanglantes et la troisième en 1943, (76 000 morts sur le champ de bataille) qui aboutit, enfin, à la libération de l’Ukraine par les troupes soviétiques. Le souvenir de ces luttes ne doit pas être obscurcit par l’agression de Kharkiv par les troupes de Poutine.

Lviv : nom obscur qui camoufle les noms célèbres de Lvov, patrie des rois polonais Poniatowski ou Sobieski, et celui de Lemberg, patrie de Simon Wiesenthal et autres célèbres ashkénazes.

Le révisionnisme de l’histoire est dans tous les rangs. Certes au Kremlin, mais aussi dans les médias occidentaux qui oublient trop vite des passés qui n'ont pas un siècle.

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22 février 2022 2 22 /02 /février /2022 18:24

 

L’ami des mafieux de Saint-Petersbourg a fait du chemin. Il a probablement gardé de son apprentissage des réflexes de brutalité, d’insouciance de toute forme de morale ou d’attendrissement. Mais après ses années de règne, il a acquis un talent indéniable, comme son prédécesseur Staline, pour ramasser les mises en prenant un minimum de risques.                                                                  

L’exemple de l’Ukraine est une parfaite illustration de sa méthode. Il a abusé américains et européens, hypnotisés par l’idée qu’il allait envoyer ses chars sur Kiev, leur faisant croire qu’il voulait négocier un accord avec l’Ukraine qui recolerait les accords de Minsk sous les auspices de l’Europe et des Etats-Unis. Il ne voulait rien négocier du tout ; ses deux objectifs ont été brutalement dévoilés : amputer l’Ukraine des provinces du Donbas déjà irrédentes, et négocier en direct avec les Etats-Unis après avoir disqualifié les européens. Ces deux objectifs correspondent à sa volonté de réaffirmer la place de la Russie, comme héritière de l’U.R.S.S. :   

- l’Ukraine est ravalée au rang de marche de l’empire que l’on peut recomposer sans vouloir l’occuper ;

- les Etats-Unis sont le seul interlocuteur avec lequel la Russie peut accepter de traiter et de faire des concessions ;

 

Je ne suis pas sur que Biden, ou son entourage se soient laissés abuser. Finalement le coup de force de Poutine en reconnaissant une indépendance des provinces irrédentes du Donbas ne les inquiète que peu ; rectification à la marge de l’empire russe guère plus importante que les affaires de l’Ossétie, de l’Abkazie, voire de la Transnistrie. Elle conforte leur idée que Poutine ne veut pas s’embarrasser du poids d’occuper les provinces d’Ukraine qui lui seraient hostiles. L’atout supplémentaire pour les américains est qu’il justifie la perpétuation de l’existence de l’OTAN et la vassalisation de l’Europe.

 

Je suis sur que les européens ont perdu sur toute la ligne. Ils ont cru à leur politique de gribouille qui a laissé leurs prétendus amis ukrainiens se moquer de l’application des accords de Minsk et refuser toute avancée sur le problème du statut des russophones et en particulier de ceux du Donbass. Toujours cette idée absurde que les choses s’arrangeraient à force de ne rien faire. Puis, dans l’urgence, en dehors de toute idée directrice, ces grotesques missions de petit télégraphiste essayant en vain d’obtenir une désescalade. Ils y ont perdu leur peu de prestige de grande puissance. Ils ont révélé leur impuissance. Ils vont se tirer une balle dans le pied en prenant des sanctions économiques dont les pays européens seront les premiers à souffrir en exportant moins vers la Russie et en important moins de gaz à bas prix.

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