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14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 09:45

L’histrion, vêtu de ses costumes de milicien, nous ressert une nouvelle époque de sa série télévisée ; mais l‘audience est devenue mondiale, et ses nouveaux partenaires sont présidents, ministres ou assemblées nationales. Il nous la joue Winston, avec du sang et des larmes et la résistance jusqu’au dernier vivant. Il a annexé la ville polonaise et jadis askhénaze de Lvov, la ville grecque et russe et jadis sépharade d’Odessa, la ville russe de Kharkov célèbre pour ses victoires sur les nazis, pour nous servir une Ukraine élargie à des terres qui n’en firent que rarement partie. Il célèbre la lutte du bataillon suprémaciste Azov qui s’est enfermé dans les sous-sols de l’aciérie de Marioupol avec des civils dont on imagine mal le consentement. Qu’a-t-il fait de son protecteur, l’oligarque ukrainien qui l’a porté au pouvoir, qui lui a enseigné les méthodes pour planquer son argent dans des sociétés écrans panaméennes ? Renvoyé au rang des comparses ?

Il clame son désir d’entrer dans la communauté européenne alors qu’il n’emplit aucune des conditions morales avec la corruption institutionnalisée des oligarques de son pays, avec les exportations de gangsters à la réputation sinistre pour exécuter les basses œuvres de n’importe quel commanditaire.

Il hurle son appétit pour adhérer à l’OTAN quand la Turquie a déjà manifesté son veto à l’entrée de pays autrement plus dignes tels que la Suède ou la Finlande. 

Zelensky n’est pas le peuple ukrainien qui souffre sous l’occupation russe, et subit les crimes de guerre d’une piétaille mal commandée, mal dirigée et qui subit échec sur échec. Zelensky est l’incarnation du remords des européens qui s’extasient devant sa silhouette pour mieux oublier leurs erreurs de conduite, qui célèbrent son triomphe médiatique pour cacher leur incapacité à gérer leur faiblesse militaire. Zelensky est la marionnette de l’administration américaine qui joue le rétablissement de son prestige après l’humiliation de Kaboul, l’inféodation renforcée des pays européens au sein de l’Alliance Atlantique, l’intimidation de la Chine à travers la mise au pas de Poutine.

Mais pour renvoyer Poutine dans les casernes qu’il n’aurait jamais dû quitter, il faudra aux ukrainiens non seulement encore beaucoup de courage vis-à-vis des soudards qui les martyrisent, mais aussi beaucoup de patience, voire un peu d’incitation pour que leur président se résigne à oublier ses oripeaux de scène pour une conduite plus responsable.

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8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 09:40

 

Condamner l’agression de Poutine et les crimes commis par son armée avachie et sauvage n’implique pas de s’extasier devant le bataillon Azov,  le comportement de boutefeu de Zelinsky, et le nationalisme prétendu admirable de l’Ukraine.

L’ancien président Lulla a résumé de façon claire ce que pensent beaucoup en dehors de l’Europe occidentale et même à l’intérieur de celle-ci. Les crimes de Poutine n’exonèrent pas les responsabilités occidentales dans le déclenchement du conflit, et n'excusent pas les aberrations de conduite du président ukrainien.

L’hystérie des cercles bruxellois et des médias français est de tenter de faire oublier les fautes passées et les insuffisances actuelles des gouvernements européens et ukrainiens, en élargissant la responsabilité des potentats du Kremlin à tous les russes. Quelle absurdité, quel manque de respect pour leur culture, quel manque de reconnaissance pour leur contribution essentielle à la Libération.

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14 mars 2022 1 14 /03 /mars /2022 15:37

Maryse Burgot, Dorothée Ollieric, Agnès Vharamian nous parlent d’Ukraine. Pas du front dont elles n’ont aucune idée où il se trouve et font l‘économie d’aller chercher. Elles errent comme des âmes à moitié mortes entre la banlieue où est repéré un immeuble touché par un missile, une école qui n’a pas été rénovée depuis l’indépendance, une maternité dans des sous-sols d’un hôpital : c’est la guerre nous déclarent-elles. Les troupes russes ne leur sont pas fréquentables, sauf lorsqu’un pauvre bougre s’est égaré en pleurant dans une cité, les troupes ukrainienes sont ignorées à un point qui laisse songeur sur leur présence, seuls existent quelques miliciens matamores habillés de bric et de broc armés d’une pétoire indigne du plus petit caïd, rebaptisés résistants. Ce sont des envoyées très spéciales qui ne semblent être là-bas que pour relayer images du net, vidéos de prétendus témoins, et affirmer leur lutte contre la testostérone.

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7 mars 2022 1 07 /03 /mars /2022 12:01

Kharkov : trois batailles y furent livrées par l’armée russe contre l’armée allemande, les deux premières en 1942, particulièrement sanglantes et la troisième en 1943, (76 000 morts sur le champ de bataille) qui aboutit, enfin, à la libération de l’Ukraine par les troupes soviétiques. Le souvenir de ces luttes ne doit pas être obscurcit par l’agression de Kharkiv par les troupes de Poutine.

Lviv : nom obscur qui camoufle les noms célèbres de Lvov, patrie des rois polonais Poniatowski ou Sobieski, et celui de Lemberg, patrie de Simon Wiesenthal et autres célèbres ashkénazes.

Le révisionnisme de l’histoire est dans tous les rangs. Certes au Kremlin, mais aussi dans les médias occidentaux qui oublient trop vite des passés qui n'ont pas un siècle.

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22 février 2022 2 22 /02 /février /2022 18:24

 

L’ami des mafieux de Saint-Petersbourg a fait du chemin. Il a probablement gardé de son apprentissage des réflexes de brutalité, d’insouciance de toute forme de morale ou d’attendrissement. Mais après ses années de règne, il a acquis un talent indéniable, comme son prédécesseur Staline, pour ramasser les mises en prenant un minimum de risques.                                                                  

L’exemple de l’Ukraine est une parfaite illustration de sa méthode. Il a abusé américains et européens, hypnotisés par l’idée qu’il allait envoyer ses chars sur Kiev, leur faisant croire qu’il voulait négocier un accord avec l’Ukraine qui recolerait les accords de Minsk sous les auspices de l’Europe et des Etats-Unis. Il ne voulait rien négocier du tout ; ses deux objectifs ont été brutalement dévoilés : amputer l’Ukraine des provinces du Donbas déjà irrédentes, et négocier en direct avec les Etats-Unis après avoir disqualifié les européens. Ces deux objectifs correspondent à sa volonté de réaffirmer la place de la Russie, comme héritière de l’U.R.S.S. :   

- l’Ukraine est ravalée au rang de marche de l’empire que l’on peut recomposer sans vouloir l’occuper ;

- les Etats-Unis sont le seul interlocuteur avec lequel la Russie peut accepter de traiter et de faire des concessions ;

 

Je ne suis pas sur que Biden, ou son entourage se soient laissés abuser. Finalement le coup de force de Poutine en reconnaissant une indépendance des provinces irrédentes du Donbas ne les inquiète que peu ; rectification à la marge de l’empire russe guère plus importante que les affaires de l’Ossétie, de l’Abkazie, voire de la Transnistrie. Elle conforte leur idée que Poutine ne veut pas s’embarrasser du poids d’occuper les provinces d’Ukraine qui lui seraient hostiles. L’atout supplémentaire pour les américains est qu’il justifie la perpétuation de l’existence de l’OTAN et la vassalisation de l’Europe.

 

Je suis sur que les européens ont perdu sur toute la ligne. Ils ont cru à leur politique de gribouille qui a laissé leurs prétendus amis ukrainiens se moquer de l’application des accords de Minsk et refuser toute avancée sur le problème du statut des russophones et en particulier de ceux du Donbass. Toujours cette idée absurde que les choses s’arrangeraient à force de ne rien faire. Puis, dans l’urgence, en dehors de toute idée directrice, ces grotesques missions de petit télégraphiste essayant en vain d’obtenir une désescalade. Ils y ont perdu leur peu de prestige de grande puissance. Ils ont révélé leur impuissance. Ils vont se tirer une balle dans le pied en prenant des sanctions économiques dont les pays européens seront les premiers à souffrir en exportant moins vers la Russie et en important moins de gaz à bas prix.

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11 janvier 2022 2 11 /01 /janvier /2022 15:41

L’union Européenne : il ne faut pas la quitter. Il faut en abuser. Il faut la laisser végéter en entravant toutes ses initiatives. Elle est incorrigible dans son statut actuel : pas de décision possible avec les systèmes de veto existants ; pas d’âme avec les refus obstinés de considérer qu’il existe une civilisation européenne qui ne se dissout pas dans un multiculturalisme mondial ni même dans un monde occidental ; pas d’avenir pour une organisation phagocytée par un germanocentrisme sans ambitions autres qu’une confort petit bourgeois. Elle a fait la preuve de son inefficacité en laissant la guerre s’installer de façon endémique dans les Balkans, en laissant l’industrie s’écrouler en France et dans tous les pays méditerranéens, en laissant un islamisme conquérant s’emparer de larges zones où règne une charia a peine atténuée.

 

L’exemple qui peut donner des idées est celui du groupe de Visegrad. Composé de la Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie, la Hongrie il essaie d’imposer un sous-ensemble au sein de l’Europe qui veut faire prévaloir ses priorités : l’intégration à l’Otan comme rempart contre la Russie, la volonté de limiter l’immigration. Ce groupe créé en 1991 essaie de s’élargir pour imaginer une nouvelle politique énergétique moins dépendante en lançant l’initiative des trois mers pour tenter d’élargir leur groupe aux pays baltes, la Roumanie, la Bulgarie, la Croatie.

 

Il est urgent de fonder un groupe de quelques pays autour de quelques idées fortes :

  • Une protection efficace contre l’immigration sauvage, venue de Turquie, du Maghreb, du Sahel,
  • Une politique énergétique pragmatique laissant une large place à une transition nucléaire,
  • Une politique de défense qui s’éloigne et de l’OTAN et d’un non-interventionisme mortifère,
  • Une politique étrangère qui affirme un rôle de présence internationale sur les plans du commerce et de la culture, sans être handicapée par une hostilité systémique vis-à-vis de la Russie,
  • Une politique budgétaire qui permet une entraide entre les pays du groupe.

L’idée serait à explorer avec un arc méditerranéen : Portugal, Espagne, Italie, Grèce, plus Malte et Chypre. Créer autour de ces pays volontaires un nouveau pôle de solidarité et de puissance destiné à faire face d’une part au groupe de Visegrad, d’autre part à la ligue des pays « radins » ou « frugaux » : Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche, soutenus en sous-main par l’Allemagne.

 

La France peut et doit jouer un rôle moteur dans une telle initiative. Il s’agit de répudier cet axe Franco-allemand qui conduit à la vassalisation envers une Allemagne handicapée par sa faillite morale et démographique. Il s’agit d’oublier cet atlantisme qui veut faire croire que les Etats-Unis seront toujours là, en toutes occasions, pour défendre le continent européen ; leurs soucis sont pour un temps plus tournés vers l’océan pacifique que l’océan atlantique. Il s’agit de créer un nouveau pôle dynamique au sein de l’Union Européenne, qu’il serve de nouveau moteur pour recréer une Europe plus adaptée au monde actuel que celle imaginée du temps de la guerre froide, plus efficace que celle trafiquée par des politiciens sans envergure, plus européocentriste que celle voulue par des intellectuels oublieux des valeurs maturées dans nos pays.

 

 

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2 janvier 2022 7 02 /01 /janvier /2022 15:58

L’Allemagne a perdu son âme pendant la première moitié du XXème siècle. Conquise, dépecée, violée, elle n’a dû une résurrection limitée qu’au conflit immédiat entre ses vainqueurs. Mais cette résurrection ne s’est faite que dans une acception purement matérialiste : elle s’est éclatée dans la production à outrance, la religion de la qualité des produits, la recherche d’un confort étriqué. Elle a refusé la main tendue par le général de Gaulle et n’a accepté dans sa proposition que la partie oubli du passé, et refusé tout le côté entente pour l’avenir. C’était l’aveu de la frilosité de ce pays, sa résignation à un destin mutilé, son abdication de toute responsabilité qui pourrait faire renaître les démons du passé.

 

Le couple franco-allemand est mort-né. La galopade effrénée des présidents français pour tenter de réanimer ce cadavre est dangereuse pour notre pays qui se trouve entraîné dans une spirale nihiliste. Ce qui est indispensable pour faire une nation est refusé avec entêtement par l’Allemagne : refus de toute armée digne de ce nom, refus de toute intervention extérieure même pour défendre des intérêts légitimes, asservissement au parapluie nucléaire américain et au commandement américain au sein de l’OTAN pour défendre son existence même. Ce qui est l’avenir du pays est négligé : décrue démographique, acculturation au panturquisme avec l’importation massive de paysans anatoliens islamisés. Dans cet énervement, les dirigeants naviguent à vue, n’espérant plus trouver d’autre avenir que celui de prolonger autant que faire se peut la survie de ce pays de vieillards et de jeunes sans boussole.

 

La France se retrouve alliée à un pays qui n’en fait qu’à sa tête :

  • C’est l’Allemagne qui a provoqué l’éclatement de la Yougoslavie et la guerre civile qui s’en est suivie ; par souci de ses intérêts court-termistes du développement de pays de sous-traitance en Slovénie et Croatie ;
  • C’est l’Allemagne qui est la cause de la création d’une Union Européenne ingérable qui a intégré des pays de l’Est qu’il lui fallait à tout prix détacher d’une Russie qu’elle croyait menaçante ;
  • C’est l’Allemagne qui a œuvré pour une zone monétaire qui a associé des zones aux coûts surévalués (tout l’arc méditerranéen et la France) et une zone aux coûts sous-évalués (Allemagne et pays du Nord); l'Allemagne a conservé son confort, les pays du sud ont perdu une grande partie de leur industrie.

 

A cette malédiction qui a vicié la création de l’Europe et quasiment saboté tout espoir de développement dans sa forme actuelle, elle a ajouté son égoïsme de vieillard sénile qui, dans son souci de protéger le peu de vie qui lui reste, prend ses décisions tout seul, sans s’embarrasser des avis d’autres qui pourraient l’entraver. Et j’importe un million de turcs pour trouver une main d’œuvre manquante à bas prix, et je ferme mes centrales nucléaires pour faire plaisir à des jeunes épris de décroissance, et j’importe du gaz de Russie pour faire fonctionner quand même mes usines : un bric à brac sans cohérence, marqué par l’improvisation, exempt de toute concertation avec ses voisins.

 

De cette analyse, ressort l’idée que l’urgence est de trouver d’autres points d’appui que ce pays mourant qui risque d’entrainer toute l’Europe dans sa crise de nerf existentielle. Il faudrait que les pays qui veulent survivre en prennent conscience et décident de cantonner l’Allemagne et ses valets nordiques dans une union particulière qui leur assurerait une fin de vie digne. Et rapide.

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 16:04

Association improbable de 47 pays dont les 27 pays de l’Union Européenne mais aussi tous les pays des Balkans y compris la Turquie, tous les pays du Caucase (Azerbaïdjan, Arménie, Géorgie), l’Ukraine, la Russie et la Norvège. On ne sait pas pourquoi la Biélorussie n’en est pas membre (rassurons-nous elle est candidate).

Le but de cette alliance entre états dont on ne voit ni les projets communs, ni les intérêts communs, serait « la sécurité démocratique » ! A hurler de rire quand on imagine Poutine, Erdogan ou le chef d’état de l’Azerbaïdjan dans cette pose.  Un petite cagnote de plus de 200 millions d’euros sert à entretenir un secrétariat général, une assemblée de députés de 324 membres et de 324 suppléants et un siège cossu à Strasbourg, et surtout faire fonctionner les perles de cette organisation ubuesque : la Cour européenne des droits de l’homme et un commissariat des Droits de l’Homme. Le coût peut paraître modique pour une organisation internationale ; en termes financiers oui, quoiqu’un sou est un sou ; le désastre est l’abdication de la jurisprudence française, voire la loi française devant les arrêts de la Cour Européenne des Droits de l’homme.

Pourquoi ne dénonçons-nous pas le traité de Londres qui a institué ce « machin » ? Peur de quelques grandes âmes qui se proclament humanistes ? Apathie devant un état de fait existant ? Et pourtant c’est bien la première étape pour que nos autorités judiciaires, législatives et exécutives reprennent la main sur un bien essentiel de la nation : le droit de gérer et contrôler son identité.

 

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 17:46

L’Allemagne n’a rien à dire, son égoïsme est confirmé. L’Union européenne ne commente pas, son inutilité est patente. Macron reste seul avec son humiliation publique, orchestrée par Biden avec ses deux acolytes, l’australien et l’anglais, conviés à exprimer dans une conférence à trois improvisée, le chef derrière son pupitre, les sous-fifres derrière leur écran pour exprimer que les Etat-Unis, l’Australie, la Grande-Bretagne faisaient front uni dans le Pacifique contre la Chine, et que de ce fait les australiens devaient s’équiper auprès des américains. Cette farce indique le degré de sérieux avec lequel le président Macron est pris par les grands dirigeants de ce monde. L’effondrement de la présence de la France est ancien quoiqu’ elle soit encore bien utile pour assurer des missions de sécurité dans le Sahel par exemple. Mais elle n’est pas assez estimée, ni assez importante, pour des gants soient pris. Fessée publiquement sans que personne ne s’indigne.

 

Cette humiliation ne fait que prendre la suite de bien d’autres dont en particulier la fuite de Kaboul organisée par Biden sans concertation, l’abandon unilatéral par Trump des accords avec l’Iran pour l’inciter à ne pas développer l’arme atomique, la décision d’Obama de ne pas bombarder la Syrie quand elle avait utilisé des armes chimiques sans prévenir le président Hollande. Quels que soient les présidents américains, leurs opinions, leur caractère, une constante s’impose à eux, l’Europe, et même les pays qui pourraient compter comme la Grande Bretagne, la France et l’Allemagne ne pèsent pas grand-chose en géopolitique.

 

La réponse n’est pas évidente. Une politique étrangère ne se reconstruit pas en quelques semaines. Mais il serait temps de réexaminer ce qui est mis sous le tapis depuis au moins trois quinquennats : l’incorporation de nos forces armées dans l’Otan, les missions de l’OTAN, notre politique vis-à-vis de la Russie qui ne peut être un allié de la Chine sur le long terme, la nécessité d’une armée française élargie à d’autre partenaires pour nos interventions à l’étranger, l’urgence d’un budget militaire européen pour qu’elle puisse assumer sa défense, l’avenir du traité militaire de Londres qui liait la France et la Grande Bretagne.

 

De cet échec, il faut faire un tremplin pour convertir un ressentiment légitime en une indignation orchestrée en Europe, oublier les pays vendus aux américains comme les belges, les polonais, les ukrainiens, reprendre un dialogue avec les turcs tout aussi englués dans l’OTAN, essayer de forger cette alliance méditerranéenne du détroit de Gibraltar au Proche-Orient, reprendre le commerce avec l’Iran. En résumé briser les tabous, revenir à la grande politique gaullienne qui était de faire entendre la voix de la France dans le monde bipolaire américano-russe qui est devenu sino-américain, privilégier l’autonomie stratégique de la France face aux impérialismes.  Macron saura-t-il concevoir puis mener ce renversement de politiques au-delà de mouvements d’irritation sans portée ? J’en doute.

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21 juillet 2021 3 21 /07 /juillet /2021 15:20

Dominique Moïsi s’extasie, dans Ouest-France, avec peu de mesure, sur Angéla Merkel : l’accueil des migrants en 2015, le traitement initial de la crise grecque en 2010, la politique à l’égard de la Russie et de la Chine.

 

Pas un mot sur sa politique écologique (ou plutôt populiste à l’égard des verts) qui a consisté à bannir l’énergie nucléaire au profit d’énergie renouvelable (éolien massivement) dont le bilan carbone est loin d’être assuré, et le bilan économique au moins peu clair. Elle a favorisé pour compenser le manque d’énergie, le développement à court terme des centrales au lignite (la plus polluante des énergies fossiles), et à moyen terme des centrales au gaz dépendantes d’un approvisionnement russe par le pipe North-Stream II. Elle a mis en œuvre cette politique à sa façon bien caractéristique : pas de concertation avec ses partenaires en particulier français, un seul slogan Germania über alles.

 

Une approbation de sa politique migratoire qui me paraît être et une erreur stratégique et une erreur méthodologique. Elle part, à son habitude sur un constat réaliste pour aboutir à des solutions malheureuses pour l’Europe :  les allemandes ne font plus d’enfants et la prospérité de l’industrie allemande va en conséquence manquer de bras, en particulier de bras peu chers. En alternative à la mise en domestication des pays voisins de l’est, elle joue une importation d’un million de turcs. Double avantage pour elle : elle satisfait le besoin de productivité des industriels allemands, et conclut une sorte d’alliance avec Erdogan sur la base d’un compromis non explicite : « j’admets vos ressortissants sur le territoire allemands de temps à autre et vous bouclez la frontière pour les autres migrants, qu’ils aillent passer à travers d’autres frontières vers d’autres pays ». Le cynisme de cette attitude me paraît à courte vue pour la perpétuation de la nation allemande et une attitude méprisante pour ses prétendus partenaires qui, bien entendu n’ont été avertis de rien. L’alliance France-Allemagne devient un leurre malgré les efforts désespérés des français et autre méditerranéens.

Une seule réprobation : son attitude ambigüe avec la Russie et l’Allemagne ; attitude qu’elle partagerait avec les dirigeants français. Moïsi, pleure sur le manque d’alignement sur la politique américaine. C’est son opinion. Il est possible d’en avoir une autre. Merkel essayé de jouer un double jeu : une alliance avec les Etats-Unis au sein de l’OTAN tout en protégeant ses intérêts industriels avec la Russie (North Stream II en particulier, mais pas seulement) et la Chine (un grand marché qu’elle n’entend pas sacrifier). Sa vision de boutiquière, rien perdre, tout gagner, la fait passer à côté de l’essentiel : pourquoi jeter la Russie dans les bras de la Chine, deux pays qui n’ont rien en commun, alors que l’Europe de l’Atlantique à Vladivostock a des potentialités fabuleuses ; pourquoi feindre de vouloir avoir une politique étrangère adulte sans avoir une armée digne de ce nom ; même les Etats-Unis sont indignés de l’avarice allemande ; quant aux français ils s’échinent, sans aucune reconnaissance de la part des européens, à maintenir vaille que vaille un outil militaire qu’ils n’ont pas les moyens de développer pour influer vraiment dans la géopolitique mondiale.

 

Merkel est l’archétype de ces politiques qui croient en la valeur de l’absence de pensée stratégique, et privilégient sans barguiner la navigation à vue qui permettrait de faire triompher Germania. Dommage pour ses partenaires au sein de l’Europe, et dommage pour l’Allemagne, car si Merkel a pu se permettre de jouer ce jeu si longtemps, elle le doit à des triomphes économiques fruits des intuitions stratégiques de son prédécesseur Gerhardt Schröder. Moïsi avoue ce bénéfice d’opportunité pour Merkel, mais se laisse abuser par des signes extérieurs de sympathie. Il me paraît court de vouloir juger des dirigeants politiques sur leurs qualités de communication.

 

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