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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 09:39

Comment se fier à l’Allemagne ! Tout le monde a eu et a encore sous les yeux l’exemple de l’extraordinaire égoïsme germanique : à la suite de la crise de 2008 le chômage a frappé durement beaucoup de pays européens ; l’Allemagne s’est relevée très vite et a souffert rapidement d’une insuffisance de main d’œuvre ; sa réponse a été de faire venir encore plus de turcs analphabètes d’Anatolie plutôt que de tenter de favoriser les échanges de population avec la France, l’Italie ou l’Espagne. Erasmus c’est bon pour les étudiants, les échanges de main d’œuvre entre pays c’est bon pour faire venir des polonais, ou autres roumains à basses charges sociales. Ce comportement dit tout de la façon dont l’Allemagne conçoit son développement sans en parler avec ses partenaires et en particulier la France.

Le soi-disant couple franco-allemand est un leurre que trimballe la diplomatie européenne depuis le fameux préambule au traité de l’Elysée de 1963 voté par le Bundestag qui vidait ce traité de son contenu d’une alliance forte entre les deux pays et qui réaffirmait toute la doctrine atlantiste. L’autonomie allemande s’est manifestée de façon brutale, dès que fut acquise l’union avec l’Allemagne de l’Est, lorsqu’elle a accéléré l’éclatement de la Yougoslavie en 1990-1991 au mépris du droit international et malgré les doutes de la France ; l’éternel « drang nach Osten » retrouvait toute son actualité.

Mais les conditions internationales changent. L’atlantisme est en train de couler depuis qu’Obama a été élu président, et l’arrivée de Trump ne va que renforcer cette politique que l’on peut qualifier de pacifico-centrée plutôt qu’isolationiste. Les Etats-Unis se désintéressent d’un bloc européen qui n’est pas vraiment menacé, qui refuse d’assurer sa défense, alors que leur véritable sujet d’intérêt est de contenir l’influence de la Chine, au prix d’un renforcement des forces dans l’océan pacifique et d’une normalisation des relations avec la Russie.

La Grande-Bretagne se trouve confrontée à l’isolationnisme américain en pleine progression après la présidence catastrophique de Busch. Elle ne peut plus choisr entre l’Europe et le grand large. L’océan Atlantique lui est devenu infranchissable car les américains dédaignent l’alliance anglaise ; les pays du Commonwealth s’éloignent doucement mais fermement de cette communauté qui devait remplacer un empire décrépit. Et pourtant ces mêmes anglais ont proclamé par référendum tout le mal qu’ils pensaient d’une construction européenne méprisante d’une culture et d’une identité déjà passablement chahutées par les immigrés de l’ancien Empire; mais leur refus d’une construction européenne sans âme, sans identité, sans frontière, sans diplomatie, sans armée, ouverte à toutes les immigrations choisies par l’Allemagne, sans défense contre les dumpings sociaux de pays trop hâtivement agglomérés à la construction européenne, tous ces refus signifient ils un divorce d’avec le continent ? Ce n’est pas certain, et surtout ce n’est pas leur intérêt. La Grande Bretagne ne peut rester seule si elle a perdu l’appui du Commonwealth, et des Etats-Unis.

La Russie est haïe par tous les médias occidentaux pour la brutalité de son pouvoir, méprisée pour son inefficience économique, caricaturée depuis Soljenitsyne par tous les libres penseurs qui pensent correctement à l’Ouest. Mais ce pays-continent se débat dans les douleurs d’un nouvel enfantement : les 80 ans de la férocité communiste aggravée par l’humiliation de la première guerre mondiale, et la souffrance engendrée par la seconde guerre mondiale ont rendu ce pays profondément malade. Il lui faut retrouver ses origines, sa vitalité, une raison d’être. Il est confronté à une dépopulation galopante, fruit de mauvaises conditions économiques et d’une sorte de dépression collective, in fine d’absence de foi en l’avenir. Il doit affronter des ennemis solides comme les chinois qui finiront par lorgner sur la Sibérie, ou les turcs sur les républiques plus ou moins émancipées de l’Asie Centrale, ou les musulmans sur les confins caucasiens.

Si la France prend conscience que l’Allemagne ne peut être ce partenaire fiable dont elle rêvait, il lui faut commencer à infléchir sa politique étrangère pour retrouver de vieilles amitiés. L’Entente avec les anglais et les russes pour bien signifier que l’Europe n’est pas imaginable sans ces deux pays et surtout n’est pas un jouet aux mains des allemands. Le principal sujet commun entre les trois pays est cette difficulté à assumer leur passé impérial : les anglais savent que la nostalgie du rule brittania n’est plus de mise, les français en ont assez de la repentance sur le colonialisme, les russes doivent admettre que les débris de leur empire sont fragiles. Ces trois puissances qui ont été, doivent trouver de nouveaux ressorts pour exister dans le futur : l’une est ouverte vers l’Ouest, l’autre vers le Sud, la troisième vers l’Est ; à elles trois elles peuvent concevoir et appliquer une politique mondiale ; toutes trois ont conscience que leur défense doit être assurée par elles-mêmes ; toutes trois ont un poids politique avec leur droit de veto au conseil de sécurité des Etats-Unis ; toutes trois ont un besoin urgent de rebondir économiquement, la première pour retrouver un espace économique suffisant pour ne pas étouffer dans des frontières trop étroites, la deuxième pour s’affranchir d’un modèle économique qui étouffe sous les contraintes réglementaires et le court-termisme social, la troisième pour enfin développer un espace immense sans compter uniquement sur des matières premières.

Une nouvelle triple entente ne peut pas voir le jour en quelques années. Mais des pas devraient être faits dans cette voie pour se libérer de la tutelle allemande. Deux exemples immédiats sont clairs pour lancer une telle action.

  • Avec les anglais arrêter de vouloir sanctionner leur Brexit par un chantage qui consiste à dire qu’il ne peut y voir de libre circulation des marchandises sans libre circulation des personnes ; cette dhoxa bruxelloise est justement ce qui fait mal à notre industrie : nous sommes obligés d’accueillir des centaines de milliers d’européens de l’Est sous-payés et surtout mal couverts socialement ; au nom de quel comportement suicidaire voudrions nous imposer à la Grande-Bretagne ce que nous devrions précisément renégocier au sein de la Communauté européenne.

  • Avec les russes arrêter de vouloir sanctionner l’annexion de la Crimée, région qu’un caprice stalinien avait rattaché à l’Ukraine, par des sanctions économiques ; ce qu’en pense les Etats-Unis devrait nous indifférer : ce n’est pas leur zone d’intérêts ; ce qu’en pense l’OTAN devrait nous conduire à remettre en cause notre appartenance à l’alliance militaire : nous n’avons pas de raison d’être à la remorque des diplomaties de la Pologne, et de la Roumanie.

Il ne s’agit pas d’un renversement d’alliances, mais de considérer qu’il existe une communauté d’intérêts entre France, Grande Bretagne et Russie et qu’elle ne doit pas être sacrifiée sur l’autel d’une amitié franco-allemande qui a fait long feu jusqu’à présent. 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 10:12

Branle-bas de combat dans tous les médias français. Les mines contristées, les voix chagrines, les indignations devant le mauvais sort fait à leur idole, Hillary Clinton, relevaient d’un enterrement en grande pompes. Rien ne pouvait calmer leur sidération devant l’effroyable exercice de démocratie qu’a pratiqué le peuple américain. Comme pour le Brexit, une fois de plus, les crétins, les mâles blancs, les sous éduqués, les laissés pour compte de la mondialisation ont formé une majorité ! Pas une bouche des grandes voix de France-Inter et d’ailleurs pour ne pas vitupérer les indignes qui ont voté contre la raison, les absurdes qui n’ont toujours pas compris les richesses du multiculturalisme,  les attraits de la délocalisation, les arriérés qui se révoltent contre les lumières des élites mafieuses. Incroyable déni de la démocratie, qui est un régime qui n’a qu’un seul intérêt qui est de donner un même droit civique à tous, en oubliant les origines, les éducations, les capacités. Mais les fausses élites qui prétendent nous gouverner n’arrivent toujours pas à intégrer que leurs diplômes ne sont pas des sauf-conduits, que leurs échecs méritent des punitions, que leurs promesses sociales, humanitaires, sont des mensonges pour beaucoup. Le Clintexit et le Brexit sont des coups de fouets bienvenus pour les marchands du Temple qui encombrent les espaces médiatico-politiques.

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 12:36

Une fois de plus les grands démocrates se désolent du résultat d’une élection. Pour cacher leur fureur devant le choix de la majorité des anglais en faveur de la sortie de leur pays de l’Union Européenne, ils prétendent que l’on a menti à un peuple qu’ils jugent assez crétin pour croire n’importe quelles balivernes. Le problème n’est pas de savoir si les crétins sont plus nombreux que les gens éclairés, ni s’il est légitime d’octroyer le droit de vote à tous les citoyens, mais plus simplement de comprendre les raisons des anglais : ils ne peuvent se préoccuper d’une zone euro qui ne les concerne pas, ni d’un espace Schengen auquel ils ne participent pas, ni d’un marché commun des biens et des services dans lequel ils resteront au bout des négociations à venir entre la Grande Bretagne et ce qui restera de l’Union Européenne. A quoi renoncent les anglais, alors ? A pas grand-chose : une politique de subventions de quelques régions et de quelques secteurs, dont ils pensent qu’au final ils pourront l’assumer en économisant les transferts de la Grande Bretagne au profit des ex-pays de l’Est et des pays du sud.

Mais les anglais ont voté pour ce qui déplait à ceux qui nous gouvernent : la libre circulation des travailleurs au sein de l’Europe avec le dumping social et l’écrasement des salaires qui l’accompagne ; ils ont aussi repoussé la gouvernance européenne faite d’absurdes mesquineries réglementaires, de prétentions injustifiées de l’administration bruxelloise, et d’une confiscation des pouvoirs régaliens des états. Ils ont voté contre la mondialisation prônée dans les discours en volapuk d’apatrides européens, contre la débandade sociale prônée par des allemands et leurs séides de l’est emportés dans leur seule quête de la productivité à tout crin, contre la négation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à vivre comme ils l’entendent, dissout dans un vague syncrétisme associant turcs, africains, scandinaves, méditerranéens, tous communiant dans un prétendu vivre ensemble aussi pauvre que niais.

Une fois de plus le vote sera qualifié de populiste parce qu’il diffère de ce que prônent ceux qui sont à la tête des états ou des grands entreprises. L’intéressant sera de voir comment, une fois de plus, un vote aussi symbolique sera mis de côté par des gens qui se croient intelligents et aptes à diriger, rangé dans le placard des âneries de peuples décidément incorrigibles, brocardé par les journalistes qui tentent de manipuler des opinions qui restent rétives. Un vote du même type s’est pourtant déjà manifesté, naguère, en France, aux Pays-Bas, deux pays fondateurs de cette Europe, et ont été jetés aux orties. Il serait temps que les gouvernants comprennent qu’il est temps d’agir et de réfléchir sur le destin d’un continent qui se shoote à la fausse monnaie créée par la Banque Centrale Européenne, aux règlements et aux directives communautaires qui ont laissé prospéré dumping social et trafic de travailleurs, à l’incroyable aboulie face à l’immigration qu’elle soit la conséquence des guerres du Moyen-Orient ou des désastres économiques africains.

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 11:51

Plus le quinquennat avance, plus le désastre de la politique étrangère menée par le président devient flagrant au même titre que sa politique économique.

L’inféodation de la France aux Etats-Unis, initiée par Nicolas Sarkozy avec la réintégration de notre pays dans l’organisation militaire de l’Otan, a été poursuivie avec vigueur : annulation des bombardements sur l’armée de Bachar el Assad après virage sur l’aile d’Obama, affrontement avec la Russie à propos de l’annexion de la Crimée sur injonction américaine, avilissement de notre pays face aux diktats judiciaires des Etats-Unis, inexistence dans les négociations sur le traité de libre-échange commercial entre Europe et Amérique.

L’amateurisme des décisions d’interventions extérieures déjà illustré lors de l’intervention libyenne de Nicolas Sarkozy (moyens insuffisants, absence d’objectifs) s’est à nouveau manifesté dans les choix stratégiques opérés : interventions au Mali et en Centrafrique fort sympathiques mais couteux et manifestement hors de nos moyens, poursuite de notre participation à la FINUL en tant que prétendue force d’interposition entre Israël et le Liban, et par contre inexistence de nos interventions en Syrie, ou en Lybie là où se jouent des enjeux majeurs de terrorisme et de flux migratoires.

L’asservissement de toute notre diplomatie à la préparation d’une conférence sur l’environnement, donne la prééminence aux relations de flatterie avec toutes une série de pays de deuxième zone au détriment de nos rapports avec les grands cyniques que sont la Chine, l’Inde, l’Indonésie, l’Iran, la Russie. Nous allons rechercher des succès illusoires dans une lutte contre un changement climatique, plus incantation contre les méchants occidentaux qui ont pollué la planète, que réflexion sur les économies en termes de ressources, et sur les énergies nécessaires au développement économique.

Dans ce micmac nous avons perdu notre crédibilité de puissance indépendante : méprisé ostensiblement par notre allié américain qui considère que les embargos qu’il décide où qu’il lève sont à appliquer doigt sur la couture par la France, comme dans le cas des vedettes Mistral, avec sanctions à la clef si une de nos entreprises s’avisait d’y déroger ; ridiculisé par les ennemis que nous nous inventons comme la Russie qui non seulement a bénéficié sans bourse délier de tous les transferts technologiques dans le cas des vedettes Mistral, mais de plus a interdit son territoire à nos productions agricoles avec des conséquences désastreuses pour nos paysans.

Pire nous avons perdu de vue ce qui devrait être un des objectifs européens majeurs : la sécurisation des glacis de l’Europe tant à l’est avec l’inconnue existentielle de la Biélorussie, de l’Ukraine, de la Moldavie, qu’au sud avec la menace toujours grandissante d’une insécurité terroriste en Méditerranée opérant depuis la Lybie ou la Syrie, sans ignorer l’instabilité menaçante au Maghreb et le cancer du conflit israélo-palestinien.

Des personnalités d’expérience donnent plus ou moins de la voix contre cette politique absurde. Mais qu’ils s’appellent Fillon, à droite, ou Védrine, à gauche, ils ne semblent avoir aucune prise sur les responsables. C’est bien dommage.

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 10:16

La rançon d’Isabelle Prime : trois millions de dollars prétend son interprète. Que l’on a tendance à croire malgré les dénégations de Fabius. C’est une tradition de la France que de payer : le New York Times, dans une étude de 2014 avait écrit que sur les 125 millions de dollars payés à en son temps à Al Qaïda, la moitié l’avait été par la France. Et l’on continue avec Prime comme avec Lazarevitch. Obama et Cameron s’étaient indignés naguère de ces méthodes de négociation de notre pays avec des mouvements terroristes. Mais nos gouvernants trouvent plus facile de gérer des accueils en fanfare à Villacoublay plutôt que de se montrer intransigeants avec des criminels. Toujours la même stratégie appliquée avec constance dans ce domaine comme dans tous les autres : privilégier le court-terme.

Et la libérée de se pavaner devant les micros, en faisant oublier son extrême imprudence d’être restée au Yémen malgré les mises en garde de notre ambassade, malgré le départ de nos personnels diplomatiques vers l’Arabie Saoudite. Tout cela pour une intrigante société de consultants americano-équatorienne qui vend des prestations à des ONG. Tout cela, non seulement au détriment du contribuable français, mais surtout en mettant en danger les personnels de nos services chargés de la repérer, de prendre contact avec ses geôliers, voire de tenter de la libérer. Et les médias de roucouler devant le courage de cette inconsciente au lieu de stigmatiser sa bêtise, son égoïsme.

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 10:36

L’accord qui se dessine avec la Grèce obéït aux principes de précaution, et de solidarité : par frousse les gouvernants européens imposent un accord absurde, au nom d’une prétendue solidarité ils empêchent les grecs de prendre leurs responsabilités.

La peur des marchés financiers (qui ne pensent pas que la Grèce soit too big to fail), la peur des russes (qui n’ont pas les moyens d’aider la Grèce, sinon épisodiquement), la peur des turcs (qui ont ironiquement proposé leur aide), la peur des opinions publiques (qui ne se font guère de souci pour leurs vacances dans le pays de la moussaka et du raisiné), la peur d’Obama et de Xi Jinping (qui ne pensent qu’à leur taux de croissance et donc à une résolution rapide de la crise) ont entrainé les européens dans un bricolage insensé consistant à remettre des sous sans donner les moyens d’un redémarrage ; ce serait remettre du carburant dans un moteur sans remettre de l’huile.

La solidarité est brandie curieusement, et comme toujours, pour privilégier une solution court-termiste : il faut aider tout de suite ceux qui se foutent de votre gueule depuis des années et qui continuent de le faire (il suffit de constater la baisse des recettes de TVA en Grèce de 40% depuis le début de l’année) ; le propos n’est pas, au fond, d’aider les grecs à s’en sortir, mais de donner aux autres peuples européens la satisfaction d’avoir aidé un pays dans le malheur ; la solidarité est la technique qui consiste à maintenir la tête hors de l’eau à un malheureux en train de se noyer, sans pour autant lui donner les moyens de sortir de l’eau.

Le désastre ce cette négociation au long cours sur le Grexit aura déjà eu des résultats perceptibles : méfiance retrouvée entre les peuples exaspérés par la longueur de cette grand guignolade, incrédulité des autres états du monde en la capacité de l’entité européenne à décider et surtout à décider rationnellement. Le résultat à venir sera, tôt ou tard, la constatation de l’impossibilité du remboursement de la dette, et l’inexistence des conditions nécessaires au redémarrage de l’économie. Ni l’un, ni l’autre de ces sujets n’ont été abordés dans le prétendu règlement proposé par Bruxelles.

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 10:16

Les grecs ont voté. Ils refusent de rester dans l’euro. Dans l’esprit des gauchistes ils ont exprimé leur refus des contraintes demandées par le FMI et l‘Union Européenne tout en voulant continuer de profiter de l’argent des autres. Le peuple grec a peut-être exprimé le choix de la sagesse :

  • sortir de l’euro, c’est à dire pouvoir revenir à une monnaie nationale dévaluée qui permet de relancer l’activité (tourisme tout de suite et relance industrielle ensuite), d’amputer sans le dire retraites et salaires par l’inflation sur les produits importés ;
  • rester dans l’Union Européenne pour bénéficier des subventions aux développements régionaux, et surtout de négocier des refinancements avec l’Europe pour pouvoir rembourser le FMI, suspendre le remboursement des prêts européens tout en payant les intérêts, assurer la liquidité des banques grecques ;
  • faire du coup les réformes indispensables sur la réorganisation fiscale dans un contexte d’une monnaie nouvelle et donc d’une inflation moins stricte que celle de la zone euro ;
  • revenir dans l’euro quand ils seront prêts.

Cette intuition géniale d’un peuple, devrait être explicitée par les dirigeants politiques de l’Europe qui devraient arrêter de se tétaniser sur le choix simpliste d’une Grèce dans ou en dehors de l’euro. En France un Védrine, un Giscard, un Juppé ont tenté de le dire. Que ne sont-ils relayés par des chefs d’état ou de gouvernement, ou par les hiérarques de Bruxelles. Quand la rapidité d’exécution est un facteur essentiel de la réussite, l’Europe donne le spectacle lamentable de l’indécision, les calculs de politique intérieure prennent le pas sur l’intérêt national en France ou ailleurs.

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 12:34

L’attitude de notre pays dans le conflit israélo-palestinien est au moins floue :  il reconnaît le droit à l’existence d’un pays palestinien, mais dans quelles frontières : celles de l’accord d’Oslo qu’aurait voulu appliquer Yitzhak Rabin s’il n’avait été assassiné ? Mais alors que ne l’entend-on condamner fermement les colonies israéliennes qui se sont installées et continuent de s’installer au-delà des frontières du cessez le feu de 1967 ? Comment accepte-il le blocus économique de Gaza depuis des années ?

Notre politique intérieure dans ce même conflit est bizarre : un appui continuel, affiché d’un  CRIF complètement aligné sur les positions intransigeantes de Netanyahu, et qui ne reflète probablement pas l’opinion de l’ensemble de la communauté juive de France.

Ce mélange de proclamations en faveur de l’existence d’un état palestinien, et d’une indulgence étrange pour les actions de l’état d’Israël, se voudrait être l’expression d’une diplomatie équilibrée entre les revendications du droit à exister d’un peuple et le désir de sécurité de l’autre ; la triste réalité est la conviction du pouvoir israélien que nous sommes alignés sur la tactique des américains, et surtout de celle du Congrès, et la perception par la rue arabe que nous n’essayons jamais d’user de notre influence pour contraindre Israël à des concessions.

Méprisé des américains qui nous considèrent comme de la valetaille bonne à tout juste adhérer à leurs positions, ignoré des israéliens  qui se bornent à nous remettre dans leur droit chemin, comme il y a quelque jours lorsque Netanyahu a téléphoné à Hollande pour qu’il réajuste un commentaire considéré comme trop favorable aux palestiniens (ce qu’il a fait …), il n’est pas surprenant que le gouvernement se retrouve en butte à des manifestations sur son territoire qui s’indignent de son inaction.  Il paie le prix de plus de dix ans d’  autisme, par une résurgence de l’antisémitisme sur son sol, et la disparition  de son influence sur la scène du Proche-Orient : beau résultat pour tenter de garantir et l’existence d’Israël dans des frontières sécurisées et la souveraineté de la Palestine.

 

 

 

 

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 18:03

L’énervé de la Maison-Blanche a encore frappé.  Il essaie de monter les européens contre la Russie dans son principe de toujours essayer de vassaliser ses alliés. Il faudrait se souvenir qu’Obama est ferme comme du caoutchouc ; sa conduite envers la Syrie de Bachar el Assad avait été particulièrement instructive : il a poussé les pions français et anglais au bord d’une intervention militaire pour tourner casaque au dernier moment, sans même prévenir ses naïfs  sicaires. Il ne faut pas oublier, qu’il laisse à la France la tâche démesurée pour notre pays de pacifier le Sahel ; aux petits de trimer pour la grande Amérique. Et enfin garder en tête sa détermination à ne rien faire directement en Irak, sauf là-bas à laisser le soin aux russes et iraniens de tenter de mettre fin à l’ébauche d’un état islamique terroriste.

 

Dans les crises, Obama se révèle velléitaire.  Plus personne ne comprend qui sont ses amis, ou ses ennemis : l’Arabie Séoudite contre les chiites ou l’Iran contre les sunnites,  les rebelles syriens contre Assad allié des russes, ou le gouvernement syrien contre les islamistes. Tout le monde constate son aboulie : pas d’intervention contre un régime syrien qu’il qualifie de génocidaire,  rien contre l’utopie terrifiante du nouveau khalifat  de Mossoul, l’absentéisme sur les réactions disproportionnées d’Israël contre le territoire de Gaza.

 

Si sa tactique laisse pantois, la stratégie diplomatique du président américain est illisible : veut-il combattre vraiment le terrorisme en quittant l’Afghanistan et s’abstenant au Sahel et au Proche-Orient ? veut-il affaiblir une Russie, encore fragile, voisine de l’ambitieux géant chinois et d’une asie centrale complètement incertaine ?

 

Au vu de tous ces errements, la seule réaction européenne que l’on attend, serait d’abord de dire aux Etats-Unis de ne plus intervenir dans les relations bilatérales entre Europe et Russie et de lancer une véritable négociation entre l’Union européenne et la Russie pour mettre sur la table un co-développement dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, des produits manufacturés. La prospérité de l’Eurasie est de beaucoup plus stratégique que de savoir si la Crimée fait ou non partie de la Russie.

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 18:02

L’Algérie, un pays récent. Conglomérat de tribus pour partie vassales de royaumes marocains et pour partie de royaumes tunisiens. Colonie turque puis française. Une nation qui a commencé à se forger contre un colonisateur obtus. Depuis figée dans une incompréhensible sujétion à une caste militaire corrompue, inefficace ; depuis en proie à deux sanglantes guerres civiles : la première contre les amis du colonisateur, la seconde contre les islamistes.

Existe-t-il une nation algérienne ? Peut-être chez des émigrés de ce pays invivable qui se rattachent à un arabisme difficile à accepter pour les tribus berbères, à un islamisme rejeté par ceux qui ne comprennent pas cette inféodation à un obscurantisme proche-oriental, qui cultivent la haine de leur pays d’accueil faute d’admiration pour les réussites de leur pays d’origine. Peut-être chez des émigrés de seconde génération qui n’arrivent toujours pas à comprendre que la seule nation algérienne est dans une diaspora sans attaches.

Leur soutien, en France, d’une équipe de footeux algériens, est la traduction d’un manque d’assimilation à leur pays d’accueil, et d’une nostalgie d’un pays qui ne fait pas rêver.

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