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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 16:31

La censure est omniprésente, protégée par des lois qui permettent à n'importe quelle association non représentative de vous trainer devant un tribunal, glorifiée par des médias qui au nom d'un humanisme que personne ne définit interdisent d'aborder un certain nombre de sujets, et surtout mise en oeuvre au travers de tous les moyens d'écoute modernes qui permet de traquer la moindre expression. Elle est devenue tellement intégrée à notre mode d'être que la délation est encouragée : les sociétés vous rédigent des codes de bonne conduite qui la promeuvent, les administrations prévoient récompenses substantielles et anonymat pour la susciter, les journalistes ont même inventé la théorie de la protection des sources pour en faire le pilier de leur métier. L'oxymore le plus évident est qu'au nom de la transparence sur certains on couvre d'un voile épais les pratiques nauséeuses des coquins qui ont escamoté des documents, espionné des conversations, fait fuiter des confidences, volé des photos, pillé des ordinateurs. L'autre incongruité est qu'au nom de grands principes, dont personne ne sait qui y adhère, sont défendus des catégories en piétinant des individus. Rien de neuf sous le soleil : la censure a toujours existé pour anéantir l'individu au nom d'idées; pour lui interdire de penser de façon autonome au profit des raisonnements développés par une oligarchie; elle a toujours été là aussi pour empêcher toute critique contre des institutions : le président, la justice, l'autorité publique. Voyez la levée de boucliers pour un adjectif prononcé par Guaino : est-il si malséant pour un juge qui a signé une tribune contre Sarkozy lorsqu'il était président, qui insulte les capacités d'une vieille dame qui n'en peut plus mais,  qui jette aux orties le respect dû à un ancien président même s'il ne l'apprécie pas ?  La censure régnait hier sur toutes les ondes : il ne fallait pas dire un mot contre le pouvoir judiciaire, il était séant de gloser sur tous les malheurs qui pourraient être réservés à un présumé innocent. La justice n'est qu'une institution parmi les autres, nécessaire mais trop suffisante. L'indépendance dont elle se targue n'est que la contrepartie de la confiance que veut bien lui donner le peuple. Son indépendance ne doit être mesurée que par rapport au pouvoir exécutif; elle a bien entendu comme toute institution des comptes à rendre à la Nation et à se titre, sans que ses membres soient individuellement insultés, elle doit pouvoir être critiquée.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 12:01

D'accord pour une fois avec Caroline Fourest lorsqu'elle demande le "droit à l'indifférence" en particulier pour la couleur de la peau.  Mais il ne faut pas borner ce droit à de simples différences physiques (la race); pourquoi  le limiter, aussi, à une disgrâce pathologique (le handicap),  à des expressions qui nous surprennent (les cultures exotiques), à des moeurs qui ne nous agréent pas.

Sous l'expression épouvantablement juridique, du droit à, et du mot à la connotation glaçante, l'indifférence,  se cache la véritable expression de la tolérance qui n'est ni consentement, ni approbation, ni  empathie voire même amour,  ni compréhension, ni recherche de compréhension. La tolérance la plus générale n'a pas besoin de justification de l'intellect, du coeur, de la science, de l'opinion des autres.

L'indifférence devrait s'exercer aussi vis-à-vis des opinions des autres, même si nous les pensons idiotes, ahurissantes, des actes véniels, hors normes, infantiles, même s'ils nous choquent. En clair il faut être tolérant envers ceux que l'on considère comme sots, crétins, arriérés.  Quelques exemples de comportements qui manquent d'indifférence :

-  plainte d'employés de la SNCF qui se sont estimés insultés par des propos d'un vieillard en fauteuil roulant ,

- plainte d'un père de voyou giflé par un maire,

- information de sa hiérarchie par un policier qui a reçu des billes, des tomates, et des boulettes de papier de la part du fils adolescent du président.

Dans tous les cas l'indifférence des offensés, les employés de la SNCF, le voyou, le policier auraient marqué leur tolérance, c'est-à-dire leur capacité d'analyse en acte véniel, d'un coup de colère d'un infirme en train de rater son train, d'une indignation d'un maire devant l'arrogance d'un jeune, de l'infantilité d'un comportement de cour de récréation.

Comme aurait pu le dire Caroline Fourest, si elle avait eu la moindre once d'éducation chrétienne, ils auraient du pratiquer le pardon.

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 15:57

Oui, il faut s’émouvoir de la relaxe demandée par le parquet dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. 

Celà s’appelle faire perdre à la justice sa cohérence : faut-il demander à la Mairie de Paris de rembourser à l’UMP et à Monsieur Chirac les sommes qu’elle reçut naguère ? Faut-il demander qu’Alain Juppé soit rejugé afin qu’il soit absous ? Les procureurs existent-ils pour sauver la mise d’un ancien président  de la République ?

Oui, il faut s’émouvoir de constater que sur des médias télévisuels se présentent des gens qui affirment l’un qu’il a été le transporteur de l’argent de la corruption, l’autre qu’elle a failli être violée, tout en précisant chacun qu’ils n’ont pas d’autres preuves que leur parole et d’autres motivations que leur désir de moralisation. Les journalistes existent-ils pour propager des rumeurs ?

Jacques Chirac , Robert Bourgui et Tristane Banon sont les derniers emblèmes de ces torsions que subissent la vérité pour des raisons qui ne sont pas d’état. Les pratiques chiraquiennes ont été tellement étalées qu’une condamnation ne changerait guère l’opinion que l’on peut avoir de ce triste sire, alors à quoi bon tenter de le disculper. L’accès de sincérité qui prend à la gorge l’avocat  Bourgui au mieux intrigue, au pire relève d’une manipulation à l’encontre de quelques personnes choisies, alors pourquoi l’aider dans sa manœuvre nauséabonde. L’attaque de Banon contre un homme à terre rappelle la sinistre mémoire des tricoteuses de la Révolution, faut-il donc hurler avec la louve.

L'énigme n'est pas que le mensonge existe, mais qu'il fascine les politiques et les médias.

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 23:05

Aux Etats-Unis c’est très grave de mentir. Triste phrase éructée par des personnes qui tentent de sauver (l’honneur ? le témoignage ?) de Nafissatou Diallo. Serait-ce qu’en France il est toléré de proférer des contrevérités au nom de certains combats (la lutte contre le machisme), il est admis d’être invité sur des plateaux de télévision pour tenir des propos invérifiables et pour le moins odieux (triste cas de la dénommée Tristane Banon et de sa mère).

Désolé, mais le mensonge est inacceptable partout et n’importe quelle lutte se défigure en travestissant la vérité, en sautant sur les conclusions, en croyant faire de la promotion de leurs combats dans l’approximation.  

Un des plus beaux mensonges de l’affaire DSK aura été la sacralisation de la victime : il fallait dans un esprit de symétrie aussi curieux qu’illogique défendre la présomption de vérité de ses propos face à la présomption d’innocence de l’accusé. Le seul problème est que la balance n’est pas égale : l’une peut dire la vérité pour laver son honneur, et gagner une réparation, elle peut tout autant mentir pour accéder à la notoriété et se faire une grosse pelote. L’autre n’a rien à gagner et tout à perdre qu’il mente ou non. La présomption d’innocence est la justification même de l’existence d’une enquête et de sa présentation à un tribunal pour qu'il puisse juger. L’accusateur (en l’espèce la victime) doit prouver son accusation et ses assertions doivent être en permanence mises en doute. C’est cela l’honneur de la justice, ou bien il faut revenir au duels judiciaires où chacune des parties est représentée par un héraut qui doit combattre pour elle jusqu’à ce Dieu ou le Destin désigne celui qui a menti.

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 10:22

L’illustre Xavier Bertrand s’est complu, une nouvelle fois, dans des contorsions qu’il ne maîtrise pas : un jour il assène que les médecins devront mettre la main à la poche pour contribuer à la réparation des méfaits du mediator, quelques jours après il proclame que les médecins ne seront pas les payeurs. Autrement dit, un jour il analyse, un autre il court après des électeurs.

Comment oser exonérer les médecins de la double faute qu’ils ont commise :

-          En prescrivant comme coupe-faim un médicament destiné officiellement aux diabétiques 

-          En faisant payer par la solidarité nationale des médicaments de confort (1 milliard d’euros par an, une bagatelle)

Comment oser limiter la faute au laboratoire Servier, en ignorant la complicité des organismes de tutelle, des cabinets ministériels, des ministres qui ont encouragé les médecins dans leurs pratiques répréhensibles non seulement en autorisant la mise sur le marché du médicament incriminé mais surtout en laissant se développer dans des proportions gigantesques une dérive de son utilisation.

Comment oser ne pas parler de la faute de soit disant malades qui assaillent leur médecin de demandes pour maigrir, qui les incitent à leur prescrire les médicaments qui  leur feront retrouver la taille svelte dont les font rêver publicités et magazines. Faux malades qui croient normal de se faire subventionner par la charité publique ; il ne s’agit plus de solidarité mais d’abus de biens de la nation.

Mais, quand on est un ministre qui a œuvré pour faire mettre sur le marché ce poison, qui a fermé les yeux, ou au moins s’est montré incompétent en ne traquant pas une dépense non justifiée d’un milliard d’euro par an, qui préfère flatter ses électeurs en ne stigmatisant pas leurs amoralité, il est bien plus facile de ne convoquer au tribunal que le producteur des molécules nocives.

L’illustre Xavier Bertrand est habile, mais il vend trop de fadaises et le peuple finira bien un jour par le rejeter d’un monde politique où il n’aurait jamais du être autorisé d’entrer.

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 15:55

Pauvre Jérôme Kerviel, heureux Daniel Bouton.  L’un doit essayer de regagner (une fois qu’il n’expiera plus sa peine) les quatre milliards que l’absurde précipitation de  la direction de la Société générale a fait perdre en quelques jours, l’autre peut  profiter tranquillement de ses retraites cumulées de fonctionnaire, et ancien salarié de la banque.

Je ne crois pas que Jérôme Kerviel conteste avoir abusé frauduleusement les systèmes de contrôle de la banque .  Qu’il soit puni ne choque personne. Qu’il soit condamné à rembourser cette somme astronomique fait perdre à sa sanction tout caractère de réalité. La disproportion est ennemie de la justice ; une telle peine n’est exemplaire ni pour le condamné (qui est de fait condamné à perpétuité sans autre espoir qu’une amnistie), ni pour ceux qui entendent le jugement (comment  appréhender un tel chiffre au niveau d’un individu).

Je suis intrigué de constater que la responsabilité de la banque ne soit engagée ni sur la stratégie suivie, ni sur la gestion de personnel pratiquée, ni sur les systèmes de contrôles en place. Stratégie d’aventurier sur les marchés financiers, à l’imitation de beaucoup d’autres banques ; mais la faute des autres n’excuse pas la sienne. Gestion de personnel probablement axée sur les seuls résultats, au mépris des règles élémentaires de cloisonnement des opérations  (l’employé du back office propulsé au front office), des pratiques usuelles de mise au vert régulière des traders  (Kerviel ne prenait quasiment pas de vacances), et système de contrôle dont il est loisible de dire qu’il a failli.

Un jugement qui laisse pantois : le fraudeur trinque au-delà de toute limite, la négligence coupable est absoute.

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 16:09

Les assassins courent toujours.  Après avoir autorisé le massacre de plus de cinquante  personnes,  la bande de coupables reste introuvable. Il faut dire que bien que leurs noms soient présents dans les esprits, aucune recherche n’a été lancée pour les identifier et les retrouver.  Loin de s’être volatilisés, ils se sont réfugiés dans des citadelles parfaitement connues : administrations centrales et territoriales, mairies, conseils départementaux et régionaux.  Pas d’enquête diligentée pour identifier les coupables, pas de garde à vue pour faire pression sur les présumés coupables, pas d’interpellation dans leurs refuges, pas d’humiliantes menottes. Rien. Le silence pesant qui règne dans les cimetières.  Le branle-bas de combat pour maltraiter et traquer ceux qui ont eu la veine d’échapper  aux inconséquences des criminels.

La tempête Xinthia  n’en finit pas de surprendre.  Que des zozos aient autorisé la construction de maisons dans des endroits connus comme inondables depuis plus d’un millénaire n’est pas un sujet.  Le principe d’évidence est oublié. Le principe de mise en danger de la vie d’autrui est bafoué.  Seul surnage le vasouillard principe de précaution . Alibi technocratique pour détourner l’attention.

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 10:35

Après avoir enterré les noyés de la tempête Xinthia, c’est la tempête elle-même qui est enterrée. Les insuffisances des administrations centrales (DRIRE, DREAL, DDE) qui préparent les grands plans de prévention des risques, oubliées. Les manques des administrations territoriales qui préparent les PLU, les instructions de permis de construire, passés à la trappe. La complicité active des élus locaux (conseillers municipaux, conseillers généraux, conseillers régionaux) qui dans un même élan ont favorisé le mitage criminel à l’origine de cette catastrophe, ignorée.

« Pas responsables, pas coupables », c’est le cri général (à la seule exception d’un maire aux paroles touchantes). Impunité revendiquée, mais non prévue dans les textes. Après le scandale de la mort de ces gens noyés par surprise dans leur sommeil, vient encore plus grand le scandale de l’irresponsabilité des politiques régionaux. Ils s’autorisent uniquement un peu de pitié, un peu de charité, et des remontrances à ceux qui n’étaient pas en charge.

Je trouve cela révoltant. Je ne comprends pas que tous ces élus veuillent se représenter à l’occasion des élections régionales. Ils doivent retirer leurs listes, les Royal, Bussereau, et autres compétiteurs. Ils ont tous participé à ce crime ; soit en autorisant des constructions, soit en les facilitant, soit en laissant, soit au minimum en ne disant rien. Il n'est pas démocratique de donner son vote à des malfaisants.

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 09:09

Extraordinaire : plus de 50 morts après la tempête Xinthia, (plus que lors de l’explosion d’AZF à Toulouse), mais pas d’aveu de responsabilité de qui que ce soit. Et pourtant : autoriser la construction dans des zones inondables, connues comme telles depuis la nuit des temps, ne pas entretenir des digues protégeant ces zones, sont bien des décisions de quelqu’un, ou une absence d’action de quelqu’un.  Il ne s’agit pas de clouer au pilori qui que ce soit ; ces fautes ont été le fruit de l’incurie de beaucoup ; il serait injuste d’épingler l’un plutôt que l’autre. Mais le minimum absolu est de sanctionner les politiques qui ont été élus dans ces deux régions des Pays de La Loire et de Poitou-Charente. Pourquoi laisser des gens aussi indifférents au sort de leurs électeurs continuer une mission pour laquelle ils se sont révélés insuffisants. Il faut faire la grève des urnes dans les deux départements . Le devoir civique n’est pas de reconduire des gens inaptes. Il est de les rejeter en bloc. Seule une abstention massive (totale) pourra leur faire comprendre qu'il faut dégager et vite.

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 14:31

Premier jugement exemplaire sur la catastrophe AZF.
Le tribunal a sanctionné une enquête sortie de l'ornière dès le début , sous l'influence d'un gourvernement acharné, dix jours après le onze septembre, à nier toute possibilité d'acte terroriste; les enquêteurs se sont orientés sur la piste accidentelle et ont donc négligé de recueillir, quand il en était encore temps, les éléments pouvant éclaircir d'autres hypothèses (attentat ou malveillance).
Le tribunal n'a pas considéré qu'il fallait absolument un coupable lorsque subsiste le doute.

Le seul point désolant est la complaisance avec laquelle les médias relaient les propos de ceux qui n'admettent pas l'application de ces deux principes. Propos haineux qui sont habituels et qui relèvent du lynchage  (il faut un coupable), du mépris de l'industrie et de ses salariés (c'est un encouragement à la diminution de la sécurité dans les usines), de la complaisance dans la lutte contre les odieuses multinationales (le méchant TOTAL), de la théorie du complot ("ils" se sont tous ligués contre le gentil manant).

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