23 décembre 2018
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Je ne comprenais pas pourquoi le gouvernement avait laissé des émeutiers piller des centres villes avec quasiment de l’indulgence. L’état avait la trouille ; ç’était palpable. L’explication est venue lorsque le pays atterré a appris que cet état ne payait pas les heures supplémentaires de sa police : il a craint, de toute évidence que la police fraternise avec les émeutiers.
Une administration inepte, au service d’un gouvernement incompétent a pris pour règle de ne pas appliquer les règles élémentaires : ne pas payer ses personnels (c’est vrai, aussi, pour la fonction publique hospitalière, l’armée, les professeurs), laisser agresser ses représentants (personnel médical des urgences, pompiers, CRS, agents de police, gendarmes), tolérer les discours fascistoïdes des engiletés saoulés à la bière qui envahissent les villes le samedi.
La dernière heure a sonné pour les émeutiers qui commencent à lasser même les médias avides de faux romantisme et de feinte compassion ; elle a sonné pour un état indigne qui prétend réformer alors qu’il lui faudrait d'abord gérer l’existant.
Le maître des horloges a perdu le fil des heures.
Published by olivier seutet
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16 décembre 2018
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Les gilets jaunes privilégient la franchise et la violence ; l’une les autorise à dire ce qu’ils ont envie sur tous les sujets ; l’autre leur permet d’obtenir ce qu’ils veulent d’un pouvoir en déliquescence. La franchise et la violence étaient ce que Mussolini admirait parmi ceux qui allaient le suivre dans la marche sur Rome.
Les gilets jaunes sont ultra-minoritaires dans les rues ; n’importe quel syndicat avouerait son échec s’il ne réussissait à rassembler qu’aussi peu de monde pour une manifestation ; mais des médias enamourés d’un prétendu mouvement jamais vu auparavant les ont ovationné malgré leur insignifiance.
Les gilets jaunes s’ennuient dans leurs pavillons, ils gagnent peu d’argent, ils méritent d’être considérés à l’égal des habitants des cités qui sont leurs voisins. Le mépris des élites leur a fait oublier tout ce qu’ils doivent à un état généreux à leur égard : la santé gratuite (c’est 3000 euros par an et personne soit 12 000 euros par an pour une famille de quatre personnes), des indemnités chômages comme il n’en existe nulle part ailleurs. Les gilets jaunes sont des ingrats que l’on a bêtement provoqués.
Les gilets jaunes sont des envieux : ils n’en peuvent plus de ne pouvoir consommer autant que d’autres ; ils en arrivent à dévaliser les magasins de luxe comme des superettes ; ils brulent ou rayent les voitures qu’ils ne peuvent pas se payer .Ils parent cette jalousie du voile de pudeur de la justice sociale. Curieux pour un pays où l’écart entre les niveaux de revenus est parmi les moins scandaleux.
Ils sont sortis de leur tranquillité aigrie quand des dirigeants absurdes se sont moqués d’eux. Ils s’en vengent. C’est logique, mais ce mouvement n’a rien d’admirable ni de constructif.
Published by olivier seutet
15 décembre 2018
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Quelques casseurs encouragés par l’ineptie et l’incompétence du pouvoir se sont habitués à manifester sans autorisation et à venir piller les boutiques dans Paris au grand amusement de petites gens qui, faute d’oser le faire eux-mêmes, encouragent lâchement leurs agissements.
Le président, dans un moment de trouille incoercible, encouragé par toute la classe politico-médiatique a balancé des cadeaux, non pas aux plus pauvres, mais à ceux qui ont gueulé le plus fort et qui ne sont pas si nombreux.
Deux tristes leçons où un nombre réduit de mécontents ont fait plier un état par la violence. Elles seront, sans doute, retenues par tous ceux qui désormais voudront faire aboutir une quelconque revendication.
Published by olivier seutet
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15 décembre 2018
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Le respect ne porte plus sur les personnes mais sur leur corps : ils doivent l’entretenir par le sport, l’exalter par les soins, le vénérer pour sa beauté.
Le corps des morts lui doit disparaître de la vue des vivants : incinérez-le, dispersez-le plutôt que de l’enfouir. Envoyez le dans des banlieues inatteignables, qu’il soit au plus loin des vivants. Enlevez-le de la vue de ceux qui ont le plaisir de continuer leur carrière de consommateurs.
Même le corps à l’agonie doit être caché : son aspect décrépi, fané, est une insulte à ceux qui survivent, une sorte de rappel de la l’ineffaçable rançon de la vie, la mort ! Le mourant est expulsé de son logement pour qu’il aille disparaître « dans la dignité » dans des mouroirs, hospices, asiles, ou toutes sortes de maisons spécialisées dans le camouflage de ces être fragiles et amochés.
L’atteinte à un corps encore glorieux est ressenti comme une infamie : les châtiments corporels sont ressentis comme un outrage quand ils ne sont qu’expéditifs ; la souffrance psychologique est préférée à la souffrance physique ; la durée de la peine qui torture l’esprit est privilégiée par rapport à l’instantanéité du châtiment physique ; l’une facilité la repentance imaginée du condamné, l’autre le pardon de celui qui inflige la peine.
Tout est dit de notre société qui, à force de porter aux nues la jouissance physique, d’idolâtrer ce corps physique qui peut la procurer, en vient à vouloir nier l’abaissement du corps, soit total dans la mort, soit dans les infirmités qui peuvent l’atteindre. La mort ne se prépare plus, elle est devenue un désastre qu’il faut camoufler ; plus question d’appeler le confesseur, voire le notaire, il faut mentir à tout prix, endormir dans un coktail de substances ; l’absence de futur est devenue une règle d’airain qui justifie toutes les lâchetés devant la fin de la vie. Des mots disgracieux prétendent nier la réalité de la décrépitude ou de la maladie ou de l’infirmité, au prétexte de ne pas les stigmatiser : le cortège des non-voyants, des mal-entendants, des personnes à mobilité réduite, disparaît sous un océan de larmichettes, un torrent de compassion, une pitié insupportable.
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13 décembre 2018
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Parole rabâchée qui peine à conserver un semblant de mystère. L’atmosphère (d’un livre, d’un film, de n’importe quelle production à prétention culturelle) est caractérisée de magique lorsqu’il n’y a vraiment rien à en dire. Le ton avec lequel est lâché cet adjectif dit tout de son insuffisance de sens, de sa superficialité snob, de son côté m’as-tu-vu.
A bannir.
Published by olivier seutet
11 décembre 2018
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Domaine à l’abandon. Le chef de l’état préfère panser les plaies de ceux qui ont cassé ou menacé de casser et n’a guère de mots pour les commerçants terrorisés et les habitants des centre-ville au bord de la panique. L’opposition déclare comprendre les insurgés, ce qui est louable, il est toujours bon d’exercer son intelligence, mais oublie dans sa touchante générosité de rappeler qu’il ne peut exister d’état de droit sans ordre.
Les gilets jaunes ont vu les cités à côté desquelles ils habitent être régulièrement embrasées par des manifestations de violence : voitures brulées, pharmacies pillées, boutiques saccagées, sans que la police sanctionne ces comportements. La leçon porte : puisque voyous et dealers ont carte blanche, pourquoi pas nous ?
Le maintien de l’ordre présente des risques de dérapages clament les lâches, il faut désarmer la police pour les éviter, il faut repousser avec douceur les perturbateurs sans les toucher, il faut expliquer, convaincre, mais surtout ne jamais être brutal : idéologie du laisser-faire qui conduit les cyniques à abuser de leur force, les profiteur à faire régner le désordre. Montrer ses muscles fait partie de la dissuasion, les utiliser fait partie de la pédagogie. Au risque de l’incident grave. Il ne s’agit pas de tirer du le peuple, mais de ne pas être terrorisé à l’idée qu’un incident grave peut survenir. On ne fait pas chef d’état si on a peur de tuer; si tel est le cas on fait autre chose.
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11 décembre 2018
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La rengaine d’aujourd’hui est qu’il faut la manifester envers les saoulots qui arpentent le pavé des villes le samedi en braillant contre les rupins. Il faut la témoigner aux voleurs en mal de montres et de costards qui viennent piller les boutiques des nantis. Ils sont en colère ! La belle affaire ! Chaque fois que je suis irrité devrais-je exiger que non seulement on supporte mes emportements mais que l’on me calme avec des mots doux.
Published by olivier seutet
9 décembre 2018
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Commentaires insensés des éditorialistes qui se couchent devant les déprédations des gilets jaunes. Qui ne se souvient des manifestations autrement importantes, sans incidents, de la Manif pour Tous qui se sont déroulées sous les commentaires acides des mêmes commentateurs. Fascination de la violence. Lâcheté devant des imbibés de bière qui prétendent représenter ceux qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois.
Une mesure forte serait de supprimer la redevance pour l’audiovisuel. Un bon cadeau pour le pouvoir d’achat des classes moyennes (les pauvres n’en paient déjà pas). Et un bon signal pour cette clique de journalistes d’avoir à se débrouiller tout seuls, d’être enfin libres de dire du mal de ceux qui les paient jusqu'à présent.
Une autre mesure forte serait d’abolir les spécificités du système de chômage des intermittents du spectacle. Elle permettrait de mettre fin à l’enrichissement scandaleux de toutes ces boites de production de journalistes et réalisateurs qui abusent du système.
Une dernière mesure forte pourrait être de rétablir les châtiments corporels, publics, pour tous les journalistes qui auraient contrevenus aux règles élémentaires de la courtoisie envers leurs invités et de la loyauté envers le pays qui les héberge.
Mais, sous la pression des bavasseux des médias, rien de tout cela ne sera envisagé et il faudra une fois de plus entendre des paroles d'abdication devant la colère, de compréhension des saccageurs, d'empathie avec les envieux.
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7 décembre 2018
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Il semble indispensable de l’exprimer. Adieu la maîtrise de soi, le contrôle de ses pensées, la pondération de ses sentiments. Les révoltés se vantent de laisser libre cours à leur colère, comme d’une victoire sur l’indifférence, un triomphe sur les élites. Et les commentateurs de s’extasier sur la justesse leur expression, sur sa sincérité, sur son côté « art brut ». Comment admirer la haine, la radicalité imbécile, la vulgarité de la pensée assortie de la suffisance de celui tout surpris d’être, pour une fois, le plus fort et qui compte bien en abuser.
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6 décembre 2018
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L’état doit enfin assurer son rôle premier, assurer l’ordre. L’état n’est toléré que s’il remplit cette obligation. Les citoyens lui délèguent le monopole de la violence à condition de pouvoir être protégés dans leur personne, dans leur bien, dans leur liberté de circuler et de s’exprimer.
La dérive ancienne est qu’il paraissait de plus en plus admissible de ne pas intervenir dans un certain nombre de lieux , les zones de non-droit à l’intérieur de cités, des lycées ou collèges au nom du respect ( ?) de la jeunesse, des établissements d’enseignement supérieur au nom de privilèges ( ?!) ; la conséquence en fut que la police n’entrait plus dans certains quartiers sauf furtivement ; les pompiers et autres autorités se faisaient caillasser ; les élèves et étudiants se croyaient intouchables.
La dérive nouvelle, est que ceux qui habitaient en face de ces zones de non-droit, qui avaient leurs enfants dans des lieux intouchables se sont mis à gamberger avec l’idée qu’ils pourraient aussi « avoir le droit » de faire n’importe quoi, empêcher les gens de circuler, insulter les passants, piller les magasins, taguer les monuments, bruler les signes extérieurs de richesse.
Les gilets jaunes ou la recherche de l’égalité avec les canailles que l’on a laissé trop longtemps prospérer.
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