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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 12:10

Après le triomphe de sa garde blanche qui dans un raid insensé, laissa les targui médusés, et lui rendit sa capitale de Tombouctou, alors Flamby se consacra lui-même Sonni ("le sauveur") du Mali.  Certes quelques hordes insoumises s'étaient retirés dans l'Adrar des Ifoghas, narguant le nouvel imperator dans leurs djebels poussiéreux, d'autres immondes chacals s'étaient camouflés dans l'anonymat de ruelles sordides des places conquises. Mais Sonni le Grand lança sa cruelle garde noire contre ces obscurantistes, réactionnaires, inféodés à un régime honni, qui refusaient l'avènement du nouveau soleil, symbole du progrès des recettes fiscales, de l'égalité devant le maître, de la corne d'abondance déversant ses bienfaits sur les plus fidèles.

 

N'en pouvant plus de ne pas proclamer aussitôt une gloire tant attendue, soucieux de profiter d'un bonheur peut-être éphémère, superbe d'en mettre plein la vue à des alliés qui ne l'avaient aidé que de doucereuses paroles,  Sonny le Grand fit son entrée triomphale dans la ville hurlant sa joie de retrouver enfin les bienfaits de la civilisation de consommation.

Pénétrant dans la ville sainte le porte-glaive El Drian, la lumière de l'Orient, revêtu du traditionnel tablier blanc, brandissait la truelle sacrée qui avait aplati les méchants.

Le suivait Quintus Fabius Maximus Ovicula (le mouton), bêlant son admiration pour celui qui l'avait asservi.

Sans importance, non considéré, issu de la vile tribu des Aï Rau, se trémoussait, en tentant vainement d'impressionner un public indifférent, le chef des Eunuques, le Petit Vizir.

Puis, glorieuse, royale, s'avançait la mère des négrillons, enrobée de ses châles, portant dans ses mains la calebasse où étaient enfermés les serpents qui sifflaient sa bravitude.

Derrière, le regard courroucé, la favorite, montrait fièrement ses seins pointés comme des obus sur ceux qui oseraient la défier; enragée de sa place médiocre elle balançait des mots aigres au tout venant.

Venait ensuite M'ST, la consacrée à Sol invictus, la redoutée maîtresse des chamans, celle qui connait les redoutables secrets qui guérissent des plaies de l'amour.

Dominant le cortège de son masque d'aigle, les cheveux bouclés voletant dans les tourbillons du vent des sables, on devinait le protecteur touche à tout du Monde Arabe, le membre viril de l'Institut.

Criant son adoration, incongrue dans ces étendues désertiques, trottinait la reine de la jungle, la magicienne maitresse des hyménées, qui savait faire enfanter n'importe qui.

Quasi incognito, le Prince des Asturies pensait et ne disait rien.

Et puis dans un tohu-bohu indescriptible à pied ou montés sur des chars rigolos, se trémoussaient les habituels suivants et suivantes : adoratrices de Sapho exhibant leurs appâts,  Sodomites sous la conduite de leur Bergé, saltimbanques intermittents, journalistes prenant religieusement des notes, et tout le menu peuple des arrière-cours du souverain, attachés, détachés, chargés, missionnés.

 

Ah Allah ! Que la guerre était jolie.

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Published by olivier seutet - dans portrait
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