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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 10:34

La crise financière est née de la complexification croissante des systèmes financiers. Les dirigeants des établissements financiers ne comprennent plus ce que font leurs employés :  certains jouent sans y être autorisés et engagent leur banque dans des risques anormaux (Kerviel), d’autres jouent et gagnent et sont rémunérés de façon extravagantes sans que personne ne sache vraiment si ces salaires sont à la hauteur des compétences montrées. Les dirigeants bancaires n’ont qu’une faible idée du risque des crédits qu’ils engagent et ce n’est pas surprenant : comment pourraient-ils analyser tous les risques des différents secteurs, des différents pays, et des différents produits dérivés qu’ils manipulent  .  Cette complexité des systèmes a entraîné une inflation des contrôles, des législations qui ont le résultat de complexifier encore plus les opérations, de rendre encore plus illisible les politiques suivies par les établissements financiers, et de ce fait d’accroître les risques systémiques (cf Guillaume Trémeau sur le site de l’Institut Turgot).

Beaucoup de solutions sont proposées pour sortir de cette impasse. Mais il y a à mon sens au moins un principe de base qui devrait être pris en compte à l’examen de chacune d’entre elles :  aboutit-elle à une simplification des systèmes, les rend-elle plus lisibles. Le chemin n’est pas de mettre plus de contrôles pour diminuer les risques, mais de tenter de simplifier afin de rendre les risques plus lisibles. Pour tenter d’aller dans ce sens des propositions sont sur le tapis depuis longtemps :

-          Ne faudrait-il pas interdire la transformation de dépôts « à vue » en crédit moyen ou long-terme ? Maurice Allais l’avait proposé. La solution permettrait au moins de limiter la création monétaire par les banques. Elle élimine la possibilité de retraits brutaux des fonds d’une banque. La conséquence en-est la possibilité élargie de mettre les banques en faillite puisque ce serait la sanction d’une mauvaise gestion de ses crédits et qu’il ne serait plus nécessaire de les protéger contre un mouvement d’opinion irrationnel . Est-ce un drame ?

-          Ne faudrait-il pas supprimer la déductibilité des intérêts des emprunts pour le calcul de l’impôt sur les sociétés ? Ainsi disparaîtrait cet infernal « effet de levier » qui conduit trop d’entreprises à se surendetter.  C’est la disparition des fonds d’investissements, mais est-ce un drame ?

-          Ne faudrait-il pas lier toute opération de couverture de risques (raison d’être des produits dérivés) à un sous-jacent physique (on ne peut acheter ou vendre des devises à terme que si l’on a une créance ou une dette dans cette devise, on ne peut acheter ou vendre des matières premières à terme que si  l’on a des stocks existants ou à venir etc…). C’est bien entendu la mort des hedge funds, mais est-ce un drame ?

Ces propositions ont évidemment des corollaires :  rémunération attrayante des dépôts moyen et long-terme des épargnants dans les banques. Ouverture plus large des marchés financiers aux financements des PME, voire des TPE.  Elles impliquent quelques surcoûts du fait de la perte de souplesse. Elles impliquent surtout une coordination internationale.  Ce serait une véritable refondation de l’économie des échanges.

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Published by olivier seutet - dans economie
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