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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 09:36

Image dégradante des Etats-Unis qui met quelqu’un en garde à vue pendant trente heures sur plainte d’une femme de ménage entrée par erreur  dans une chambre. Image d’une justice de desperados où le présumé innocent sort entravé, débraillé, mal rasé, au bout d’un interminable interrogatoire pour être offert comme objectif aux cameras du monde entier. Image de justiciers assoiffés de publicité (le corps judiciaire est élu) qui déploient une armada de policiers pour aller fouiller la chambre du présumé suspect, qui sous-entendent qu’il a quasiment pris la fuite (sur un vol qu'il avait réservé à l’avance, en téléphonant, sur son trajet,à son hôtel pour qu’on lui fasse porter un téléphone qu’il y avait oublié).

Incroyable nouvelle d’apprendre que le directeur général du FMI ne bénéficie pas de l’immunité diplomatique. Cela signifie que son patron actuel (comme le futur) est soumis à n’importe quelle pression du soit disant pays d’accueil, ce qui pour un personnage censé prendre des décisions (ou du moins de les faire approuver par son conseil d’administration) de nature mondiale est proprement insupportable. Cet épisode burlesque va immédiatement poser pour l’ensemble des pays membres du FMI la question soit du déménagement vers des cieux plus accueillant soit une protection minimale des membres de la direction de cet organisme pour qu’ils ne se retrouvent pas soumis au premier chantage venu.

Stupéfaction des autorités françaises qui, je l’imagine, doivent être partagées entre le désir légitime de protéger un ressortissant de notre pays contre des abus de procédure, et la crainte d’aggraver le cas du probable inculpé par des déclarations intempestives. Stupéfaction de ses amis, prêts à se lancer dans la bataille présidentielle, qui se retrouvent avec un héros entraîné dans un drame grand guignolesque, avec si l’enquête progresse des arguties dégradantes dont l’Amérique a le secret (souvenons-nous des attaques contre Clinton).

Je me sens triste de voir quelqu’un que je n’estimais pas particulièrement, mais dont je respectais les capacités immédiatement jeté aux chiens sur une plainte peu crédible, des déclarations hâtives d’un corps judiciaire affamé de gloire, et une absence de sureté diplomatique d’une organisation internationale d’un aussi grand prestige.

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Published by olivier seutet - dans monde
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