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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 17:28

Des hommes et des dieux : quelle déception ; pire quelle irritation.

Au nom de bons sentiments (la proximité avec les autres, l’aide prodiguée à des populations dans le besoin) qu’il n’est pas question de critiquer, est mis en scène un scénario fait d’arrogance et de complaisance.

Arrogance du chef de la communauté, imbu de son désir de sacrifice, qui, au nom de ses envies propres, manipule ses frères pour leur faire suivre son chemin vers le martyre ; pénétré de son intransigeance il décide seul ,au début , de l’attitude que doit avoir l’ensemble de la communauté vis-à-vis des terroristes ; puis s’apercevant de réticences de certains, il contourne l’obstacle pour leur faire admettre que le débat se résout entre partir ou trahir, et donc enfin emporte l’adhésion des plus opposés à un sacrifice dont ils ne comprennent pas le sens. Il est l’image du théologien intransigeant, enfermé dans une foi qui lui fait mépriser sa vie, vieille image de ceux que l’Eglise a toujours condamné : les adeptes d’un martyre qui est réservé à Jésus, celui-là seul qui avait le droit de donner sa vie au monde. Sourd aux avertissements des autorités (et le film ne cite que celles de l’état, mais on peut imaginer les conseils de son supérieur, de son évêque, des autorités françaises), il s’investit d’une mission unique d’être « lui » le témoin jusqu’à la mort de sa foi.

Complaisance sur leur présence  qui ne consiste qu’en du vide (faire du miel, écrire trois papiers). La grande exception, interprétée avec un talent immense, est celle du frère incarné par Michael Lonsdale : en contrepoint, il montre ce qu’est une mission : soigner qui que ce soit, avec les moyens du bord, avec une persévérance sans faille. Les figures des autres frères apparaissent, du coup, pour ce qu’elles sont, des brasseurs de vide. L’un est exemplaire, les autres sont gentils. L’un passe des messages  sur le pourquoi de ses choix (avec la jeune fille, par exemple), les autres contemplent.

Sous la houlette du réalisateur passent ces messages qui avilissent une religion : les fois se valent toutes (Coran, Bible, Evangile et tutti quanti), le courage est dans l’intransigeance (ce qui curieusement justifie tout à la fois l’attitude des moines et celle des islamistes), la bonté est l’essence de l’attitude religieuse (dissolution de la foi dans un piétisme angélique). Le réalisateur se vante d’avoir fait un film sur le courage : je l’ai pris comme une histoire du choc de deux sectes, l’une assoiffée de sang, l’autre  assoiffée de résignation. Les uns ont peur des incroyants qu’il faut éliminer, les autres ont peur d’un monde dans lequel ils n’ont pas leur place.  Je ne peux admettre ce que dit un moment le prieur : « l’échec peut être un chemin vers Dieu ». Le désespoir ne nourrit que des névroses.

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 10:07

Je viens de terminer ce livre qui laisse insatisfait.

Une analyse éclairante de la contraction de l’aire du sacré, que subit depuis Galilée et Descartes, l’église catholique : le progrès scientifique en proposant ses raisonnements sur la marche du monde, chasse Dieu de là où il était force d’explication ; Dieu s’en va de là où il n’avait rien à faire pour rester le seul maître des âmes et de l’amour.

Une analyse éclairante sur l’accélération inévitable de la déchristianisation : l’abandon de la religiosité  par tous ceux qui ne faisaient qu’en respecter les rites par influence, habitude, va s’accélérer par le seul jeu du recul de l’abandon de la tradition orale de la religion chrétienne au sein de la famille ; cette évolution est liée à la mondialisation qui bouleverse les repères, dilue les identités culturelles, abolit l’histoire au profit de la géographie.

L’église catholique se retrouve religion pionnière face à ce mouvement puissant qui atteindra un jour l’Islam et le bouddhisme. Longtemps religion du seul Occident, elle a subi et subit en avant-garde tous les bouleversements du progrès et de la mondialisation initiés par l’Europe et l’Amérique du Nord. Les mêmes effets toucheront les pays émergents au fur et à mesure du développement de l’acculturation : l’Amérique Latine (pour les chrétiens),  l’Afrique , l’Asie pour l’Islam, le bouddhisme.

Le diagnostic sur l’Eglise paraît plus sévère que mérité ; elle aurait  loupé au moins trois virages : l’abandon trop tardif de ses biens matériels, l’acceptation trop timide du progrès, le respect trop strict de la tradition. C’est une opinion. Le plus intéressant dans cette analyse est de penser qu’un regard d’historien, conscient de la longue durée est indispensable pour trouver des réponses à une brutale accélération d’une décomposition longtemps annoncée.

L’insatisfaction naît de l’absence de propositions constructives. La simple charité proposée comme témoignage de l’Evangile laisse sur sa faim. D’abord parce qu’elle existe déjà. Ensuite parce qu’elle ne prend pas en compte l’atout extraordinaire d’une église catholique qui se retrouve purifiée par les circonstances de tout ce qui la chargeait inutilement depuis des siècles. D’une église plus maigre, plus agile, il serait permis d’attendre autre chose qu’une résignation patiente dans l’attente de la grâce divine.

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 09:49

Triomphe des barbus islamiques intégristes. Une campagne de publicité nationale a été lancée par le gouvernement pour opprimer les femmes qui désirent assumer publiquement leur religion. Une loi va être votée dont tout le monde sait qu’elle sera au mieux inapplicable, au pire sujette à d’innombrables recours devant des juridictions de tout poil ; occasion future de relancer ce même débat sur la liberté d’habillement de ces pratiquantes.

Nos gouvernants ont aussi adopté la mode de se voiler la face. Plutôt que de s’attaquer au caractère néfaste de l’Islam fondamentaliste, ils préfèrent se livrer à une pitrerie sur un aspect marginal. Curieuse méthode que de soigner les effets (vestimentaires) plutôt que les causes. Invraisemblable aveuglement qui transforme un groupuscule en mouvement national sans lui ôter  la force de nuire.

Mais la crainte de stigmatiser une religion paraît les hanter ; révérence vis-à-vis d’associations antiracistes qui font la loi dans les médias. La peur laïcarde d’entraver l’exercice d’une religion semble leur interdire de voir tout ce qui se sépare les dérives hallucinées d’une interprétation à la fois rigoriste et partiale, de la pratique admise par une immense majorité de musulmans.  A régenter l’accessoire, il négligent l’essentiel .

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 11:02

Comme le dit Lies Hebbadj il n’est nulle part interdit d’avoir trois maîtresses en plus de son épouse mariée civilement ; il n’est pas plus interdit d’avoir douze enfants qui peuvent permettre à chacune de ces maîtresses  de bénéficier d’un certain nombre d’allocations de parent isolé. Il est difficile de réglementer le mode vestimentaire, sans sombrer dans le ridicule. De toute évidence le problème de l’Islam en France ne peut relever du domaine législatif. Il est un problème culturel.  Un problème culturel qui doit être résolu par l’ensemble des musulmans de France. Mais ils sont pour l’instant incarnés par une instance le Conseil Français du Culte Musulman qui n’est absolument pas représentative, et qui n’a pas de charte de conduite vis-à-vis de l’ensemble des pratiques culturelles de l’Islam : quelle est son opinion sur la femme adultère ? sur la polygamie et son corollaire la polyandrie ? sur les mariages mixtes (musulmane et non musulman/musulman et non musulmane) ? sur l’éducation dans les couples mixtes ? sur les cas possibles de non respect du ramadan ?

S’il est une réforme législative nécessaire, c’est plutôt là qu’il faudrait agir pour instaurer une véritable instance représentative et responsable.  Napoléon en créant le Grand Sanhédrin n’avait pas hésité à leur soumettre douze questions auxquelles ils  devaient répondre pour s’assurer de la  bonne intégration de la religion juive dans l’espace culturel d’alors. Pourquoi ne pas reprendre ce bel exemple ?

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 16:02

Comme le dit Alain Rioufol : « Feu à volonté sur les catholiques ». Le dernier exemple en est l’intitulé du  6h30/10h de France Inter, animé (encore pour longtemps ?) par Demorand ce jour de vendredi saint : l’Eglise Catholique et les scandales de la pédophilie.  

C’est un festival anticatholique sur cette radio qui se dit de service public. Par crainte elle n’ose pas attaquer le Judaïsme ou l’Islam. Les seules professions de foi respectées sont l’athéisme ou l’agnosticisme. La seule tolérée est le bouddhisme  version tibétaine.  Lâcheté et complaisance. Surf sur le culte de la personnalité (le Dalaï-Lama contre Benoit XVI), sur l’amalgame (les fautes individuelles deviennent des fautes collectives), sur l’ignorance (chrétiens, juifs, musulmans se retrouvent catalogués dans une même « religion du Livre », ou rassemblés dans des pratiques relevant du « fait religieux »).

Une critique majeure que je ferais à l’Eglise est de ne pas s’élever avec vigueur contre des comportements aussi partisans.

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 10:33

« Il n’y a pas de Juif ni de Grec ; il n’y a pas d’esclave ni d’homme libre ; il n’y a pas de mâle ni de femelle ; car tous vous êtes un dans le Christ Jésus. » Ainsi d’exprimait Paul dans l’Epitre aux Galates. Toute la religion chrétienne est portée par cet idéal où n’existent ni les races, ni les différences sociales, ni les différences de genre. Simple, lumineux.

Et qui était Chloé (I Cor. I,11) ? Qui était Prisca, associée d’ Aquilas (I Cor. XVI , 19)(II Timothée IV, 19)(Rom. XVI,3)(Act. XVIII) ? Et encore Lydia (Act. XVI, 15-40), Evodia associée de Syntyche (Philipp. IV, 2) ? Des femmes qui dirigeaient seules ou avec un associé (leur époux ?)  les églises citées par les Actes des Apôtres ou les Epitre ? De toute évidence la pratique des premiers temps de l’Eglise n’est guère contestable.

Quant à la célèbre expression de l’épitre aux Corinthiens « que les femmes se taisent dans les églises », citons le commentaire qu’en fait l’exégète François Vouga  dans l’Introduction au Nouveau Testament publié en 2000 :

« La consigne donnée aux femmes de faire silence dans l’Assemblée est vraisemblablement une glose tardive, ajoutée lors de l’édition du corpus paulinien … Elle interrompt le contexte consacré aux prophètes ; elle est fabriquée d’éléments disparates empruntés aux versets voisins ; elle contredit 1 Cor. 11.5 et emploie des arguments non paulinien. ». La messe est dite.

 

A quand des évêques femmes, à quand des évêques mariés, à quand la fin de la crispation sur ces questions secondaires ? A quand un Vatican III ?

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 11:54

L’Eglise (c'est-à-dire l’ensemble des fidèles, croyants pratiquants,  occasionnels, voire ceux se sentant une affinité ; non pas seulement un clergé) se doit d’avoir des opinions.  Trop de politiques veulent éliminer toute référence chrétienne de la sphère du politique au prétexte qu’il s’agirait d’une atteinte à la laïcité ; la religion proclament-ils (Madame Aubry, en dernier lieu) est une affaire privée et ne doit pas interférer avec  le domaine public. C’est une drôle de conception de la liberté d’expression. Les chrétiens ont inventé l’idée que le fonctionnement de l’Etat régalien se doit d’être indépendant  des croyances (« rendez à César …) ; certains avaient un peu oublié cette idée depuis Constantin jusqu’à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Mais cette séparation n’est valide que pour les actions régaliennes de l’Etat : la défense, le maintien de l’ordre, les impôts nécessaires au fonctionnement de la vie collective. Lorsque l’Etat se dilate pour englober dans ses fonctions l’ orientation des mœurs, une politique culturelle, un impératif éducatif, alors sa légitimité à vouloir tout régenter se dilue. Un chrétien non seulement se doit d’avoir des opinions chrétiennes sur les moeurs, l’éducation, la culture mais a pour obligation de les proclamer (au nom de sa liberté d’expression), et de tenter de les faire passer dans la société (au nom de sa loi morale). Les chrétiens sont divers, leurs opinions sont donc variées. La seule chose importante est pour moi qu’il n’existe pas d’opinions « obscurantistes » ou « modernes » ; ce ne sont que des adjectifs. Le « progrès », la « mode », l’ « opinion majoritaire » ne peuvent rien justifier, ce ne sont que des concepts parfaitement étrangers dans une religion. C’est au nom de ces adjectifs et de ces concepts que l’on voudrait éliminer des discussions passionnantes parce que difficiles : l’avortement non thérapeutique, le suicide (qui n’est pas l’euthanasie), le remariage chrétien, les principes d’éducation (qui ne sont pas nécessairement républicains), la sexualité (qui ne peut quand même pas se limiter à un hédonisme de tous les instants), la politique culturelle (qui ne peut être limitée aux « Lumières » plus le rap et les tags), et la litanie peut continuer.

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 21:24

Extraordinaire. Nous sommes la veille de Noël. Je regarde un des grands journaux télévisé. Noël est relégué entre un commentaire sur la burka et une diatribe contre les cathédrales : il est uniquement traité  comme une sorte de sympathique occasion de faire travailler le commerce, une fête pour les enfants à qui l’on va acheter les beaux jouets en plastique fabriqués en chine, ou un « réveillon » au cours duquel  les bonnes gens pourront se bâfrer et se pinter.

Inadmissible pour les chrétiens qui demain soir vont fêter la naissance du Christ, donc l’évènement extraordinaire (pour les croyants bien entendu) de l’intrusion de Dieu dans le Monde. Inadmissible cette omerta sur ce qui concerne une forte minorité en France. Et les présentateurs nous fatiguent avec  des sapins de Noël (qui ne représentent rien dans la tradition chrétienne), des pères Noël (adaptation d’un bon vieux Saint Nicolas hollandais métamorphosé par les américains). Ils n’ont qu’une crainte, apparaître comme inféodés à la religion.

La fatigante obsession de la laïcité, a été inventée par la Révolution Française, réinventée par les radicaux-socialistes de la troisième République. La liberté de pensée, la liberté de confession, n’ont rien à voir avec cette haine du religieux baptisée laïcité ; la caricature a remplacé le modèle ; la grimace le sourire. 

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 18:25

Très amusant de lire Me Geoffrin en défenseur des religions. Juste un petit problème : l'Islam n'est pas seulement une religion, c'est aussi une culture et un système politique. La seule expérience récente d'un Islam réduit à une simple religion a été menée par Ataturk; c'est donc possible; mais il faut quand même garder en tête qu'Ataturk a imposé sa volonté avec beaucoup de détermination, sinon de brutalité; et les résultats en Turquie ne sont pas encore complètement acquis. La voie est donc étroite pour nos pays occidentaux : il leur faut trouver le moyen de laisser les musulmans pratiquer leur religion à titre privé sans qu'ils empiètent sur la sphère publique. Les signes extèrieurs de la religion islamique doivent chaque fois être analysés pour savoir s'ils sont ou ne sont pas
des manifestations d'un impérialisme culturel, voire politique. C'est vrai pour le ramadan, les nourritures dans les cantines scolaires, la pratique de la polygamie, le port de la burka, et même pour le minaret (qui n'a pour fonction que de lancer l'appel du muezzin). Pour reprendre l'exemple d'Ataturk, afin de restreindre l'Islam au statut de religion privée, il n'a pas hésité à transformer l'ancienne Sainte-Sophie de Mosquée en musée, à abolir le califat, à interdire le port du voile dans les administrations et les écoles, à transférer du vendredi au dimanche le jour chomé hebdomadaire. Pleins de gestes symboliques. Il serait peut-être nécessaire aux pays occidentaux de marquer cette volonté d'accepter la religion, tout en refusant son envahissement culturel.

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